11 décembre 2005

René Guénon, Le Délire Théosophique, (fragment)

Parmi les pseudo-doctrines qui exercent une influence néfaste sur des portions plus ou moins étendues de la mentalité occidentale, et qui, étant d’origine très récente, peuvent se ranger pour la plupart sous la dénomination commune de « néo-spiritualisme », il en est, (…) qui n’ont aucun point de contact avec les études orientales, celle dont il s’agit plus précisément, et qui n’a d’ailleurs d’oriental que la forme extérieure sous laquelle elle se présente, est ce que nous appellerons le « théosophisme ». L’emploi de ce mot, malgré ce qu’il a d’inusité, se justifie suffisamment par le souci d’éviter les confusions; il n’est pas possible, en effet, de se servir dans ce cas du mot de « théosophie », qui existe depuis fort longtemps pour désigner, parmi les spéculations occidentales, quelque chose de tout autre et de beaucoup plus respectable, dont l’origine doit être rapportée au moyen âge; ici, il s’agit uniquement des conceptions qui appartiennent en propre à l’organisation contemporaine qui s’intitule « Société Théosophique », dont les membres sont des « théosophistes », expression qui est d’ailleurs d’un usage courant en anglais, et non point des « théosophes ». Nous ne pouvons ni ne voulons faire ici, même somairement, l’historique, pourtant intéressant à certains égards, de cette « Société Théosophique », dont la fondatrice sut mettre en œuvre, grâce à l’influence singulière qu’elle exerçait sur son entourage, les connaissances assez variées qu’elle possédait, et qui font totalement défaut à ses successeurs; sa prétendue doctrine, formée d’éléments empruntés aux sources les plus diverses, souvent de valeur douteuse, et rassemblés en un syncrétisme confus et peu cohérent, se présenta d’abord sous la forme d’un « Bouddhisme ésotérique », qui, comme nous l’avons déjà indiqué, est purement imaginaire; elle a abouti à un soi-disant « Christianisme ésotérique » qui n’est pas moins fantaisiste. Née en Amérique, cette organisation, tout en se donnant comme internationale, est devenue purement anglaise par sa direction, à l’exception de quelques branches dissidentes d’assez faible importance; malgré tous ses efforts, appuyés par certaines protections que lui assurent des considérations politiques, que nous ne préciserons pas, elle n’a jamais pu recruter qu’un très petit nombre d’Hindous dévoyés, profondément méprisés de leurs compatriotes, mais dont les noms peuvent en imposer à l’ignorance européenne; d’ailleurs, on croit assez généralement dans l’Inde que ce n’est là qu’une secte protestante d’un genre un peu particulier, assimilation que semblent justifier à la fois son personnel, ses procédés de propagande et ses tendances « moralistes », sans parler de son hostilité, tantôt sournoise et tantôt violente, contre toutes les institutions traditionnelles. Sous le rapport des productions intellectuelles, on a vu paraître surtout, depuis les indigestes compilations du début, une foule de récits fantastiques, dus à la « clairvoyance » spéciale qui s’obtient, paraît-il, par le « développement des pouvoirs latents de l’organisme humain »; il y a eu aussi quelques traductions assez ridicules de textes sanskrits, accompagnées de commentaires et d’interprétations plus ridicules encore, et que l’on n’ose pas étaler trop publiquement dans l’Inde, où l’on répand de préférence les ouvrages qui dénaturent la doctrine chrétienne sous prétexte d’en exposer le prétendu sens caché: un secret comme celui-là, s’il existait vraiment dans le Christianisme, ne s’expliquerait guère et n’aurait aucune raison d’être valable, car il va sans dire que ce serait perdre sa peine que de chercher de profonds mystères dans toutes ces élucubrations « théosophistes ».
Ce qui caractérise à première vue le « théosophisme », c’est l’emploi d’une terminologie sanskrite assez compliquée, dont les mots sont souvent pris dans un sens très différent de celui qu’ils ont en réalité, ce qui n’a rien d’étonnant, dès lors qu’ils ne servent qu’à recouvrir des conceptions essentiellement occidentales, et aussi éloignées que possible des idées hindoues. Ainsi, pour donner un exemple, le mot karma, qui signifie « action » comme nous l’avons déjà dit, est employé constamment dans le sens de « causalité », ce qui est plus qu’une inexactitude; ce qui est plus grave, c’est que cette causalité est conçue d’une façon toute spéciale, et que, par une fausse interprétation on arrive à la travestir en sanction morale. Nous nous sommes très suffisamment expliqué sur ce sujet pour qu’on se rende compte de toute la confusion de points de vue que suppose cette déformation, et encore, en la réduisant à l’essentiel, nous laissons de côté toutes les absurdités accessoires dont elle est entourée; quoi qu’il en soit, elle montre combien le « théosophisme » est pénétré de cette sentimentalité qui est spéciale aux Occidentaux, et d’ailleurs, pour voir jusqu’à il pousse le « moralisme » et le pseudo-mysticisme, il n’y a qu’à ouvrir l’un quelconque des ouvrages où ses conceptions sont exprimées; et même, quand on examine des ouvrages de plus en plus récents, on s’aperçoit que ces tendances vont en s’accentuant encore, peut-être parce que les chefs de l’organisation ont une mentalité toujours plus médiocre, mais peut-être aussi parce que cette orientation est vraiment celle qui répond le mieux au but qu’ils se proposent. La seule raison d’être de la terminologie sanskrite, dans le « théosophisme », c’est de donner à ce qui lui tient lieu de doctrine, car nous ne pouvons consentir à appeler cela une doctrine, une apparence propre à faire illusion aux Occidentaux et à séduire certains d’entre eux, qui aiment l’exotisme dans la forme, mais qui, pour le fond, sont très heureux de retrouver là des conceptions et des aspirations conformes aux leurs, et qui seraient fort incapables de comprendre quoi que ce soit à des doctrines authentiquement orientales; cet état d’esprit, fréquent chez ce qu’on appelle les « gens du monde », est assez comparable à celui des philosophes qui éprouvent le besoin d’employer des mots extraordinaires et prétentieux pour exprimer des idées qui, en somme, ne diffèrent pas très profondément de celles du vulgaire.

(fragment de l’Introduction à l’étude des doctrines hindoues, Vega).


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Rama Coomaraswamy, Have These Things Been Foretold? (excerpt)

"Let no one at that day say in his heart 'unless God willed it, He would not have permitted' No, The Apostle forewarns you, saying not that they may be excused, but condemned.'
(St. Cyr. Catech. XV 16, 1 7)

The interpretation of prophecies is always fraught with danger. While it is clear that Scripture contains prophecy, it is only in retrospect that one can clearly state that "God told you so." Moreover, the Spirit of Evil has spread abroad the earth from time immemorial and has always delighted in both giving false interpretations to the Word of God, and to giving false statements and prophecies that purport to be that Word. Nevertheless, it seems important to consider this aspect of the problem if for no other reason than to destroy the contention of those who, in the face of all contrary evidence, persist in saying "it cannot be,' or "it will not happen.'

St. Paul warns us in his second letter to Timothy that "The time will surely come when men will grow fired of sound doctrine,' and Christ Himself said "I know that, after my departure, ravening wolves will enter in among you, not sparing the flock speaking perverse things' (Acts 20:19). Such prophecies have of course been fulfilled throughout the history of Christianity, but we have some further guidelines. We know that at some time in history an "Antichrist' will arise and reign supreme. Indeed his reign will only be finished by the Second coming of Christ in glory. But we are told more. St Paul warns us in his letter to the Thessalonians "Let not man deceive you by any means, for that day shall not come, except there came a failing away first' (Thes: 2. 3-10). Thus as Cardinal Newman points out in his "The Patristical Idea of Antichrist,' prior to Christ's second coming there will be a reign of Antichrist, and prior to Antichrist, there will be a "failing away,' or to use Newman's words, "a certain frightful apostasy.'

There are other indications of the events that will precede the second coming. Thus Christ warns Matthew (Chapter 24) that there will be "false Christs,' and "false prophets,' "... showing signs and wonders,' "iniquity abounding,' and "love waxing cold.' He adds further "when ye shall see all these things, know that it is near, even at the doors... When ye shall see the abomination of desolation stand in the holy place... then let them that be in Judea flee into the mountains.'

We have two other "facts" (the author of this accepts what is Revealed as a "fact"), to be taken in consideration. One is that as St. John the Apostle said some 2,000 years ago, "the spirit of Antichrist (whereof you have heard that it should come), and even now already is it in the world" (2:18); and St. Paul's statement "now ye know what withholdeth, that he (Antichrist) might be revealed in his time... He that now withholdeth will withhold, until he be taken out of the way' (2 Thess. 2:6).

Let us sum up these "facts" in the words of Cardinal Newman: "the coming of Christ will be immediately, preceded by a very awful and unpararelled out-break of evil, called by St. Paul an Apostasy, a falling away, in the midst of which a certain terrible Man of Sin and child of perdition, the special singular enemy of Christ, or Antichrist, will appear; that this will be when revolutions prevail, and the present framework of society breaks to pieces; and that at present the spirit which he will embody and represent is kept under "the powers that be,' but that on their dissolution, he will rise his own evil way, under his own rule, to the exclusion of the Church'.

One of the particular signs of this time will be the "abomination of desolation' which we are warned of in both the Gospel of Matthew and Mark. This phrase occurs in several places in the Old Testament which "prefigures' the New Covenant. Thus in Daniel 9:27 it states "The Victim and the Sacrifice shall fail: and there shall be in the Temple the abomination of desolation,' and in Daniel 11:31, "and they shall defile the sanctuary of strength and shall take away the continual sacrifice, and they shall place there the abomination unto desolation.'. Now what else can "the continuous sacrifice' be than the Mass? And are we not warned that it is the Mass that will at some time in history be attacked? Listen to Malachi 1:7, "You offered polluted bread upon My Altars, and do you say: wherein have we polluted Thee?' Does not Jeremias speak in God's' Name when he says "My Tabernacle is laid waste, all My cords are broken: My children are gone out from Me, and they are not... Because the pastors have done foolishly, and have not sought the Lord: therefore have they not understood, and all their flock is scattered" (10:20-21). Indeed, history repeats itself, for we have the words of Ezechiel who says "Her, priests have despised my law, and have defiled my sanctuaries: they have put no difference between holy and profane" (22:26).

In Maccabees we have the story of Antiochus, the savage persecutor of the Jews, who is often taken as a type of Antichrist. Let us consider a few passages from this text that might well apply. "In those days went there out of Israel wicked men, who persuaded many, saying, let us go and make a covenant with the heathen that are round about us: for since we departed from them, we have had much sorrow. Then certain of the people were so forward herein, that they went to the King, who gave them license to do after the ordinances of the heathen... and (they) made themselves uncircumcised, and forsook the holy covenant and joined themselves to the heathen, and were sold to do mischief...'

And after these events, Antiochus returning from Egypt, attacked Israel. "And he (Antiochus) entered proudly into the sanctuary, and took away the golden altar, and the candlestick of light and all the vessels thereof, and the- table of the shew-bread, and the pouring vessels, and the the crowns. Still later, when he had returned to his own country, "King Antiochus wrote to his whole kingdom, that all should be one people, and every one should leave his laws: so all the heathen agreed according to the commandment of the king. Yea, many also of the Israelites consented to his religion, and sacrificed unto idols and profaned the sabbath...' Eventually, the continual sacrifice having been abandoned, he set up "the Abomination of Desolation upon the altar, and built idol altars throughout the cities of Juda on every side ... and when they have rent in pieces the books of the law which they found, they burnt with fire. " Even then there were those who refused to comply. "Many in Israel were fully resolved and confirmed in themselves not to eat any unclean thing, wherefore they chose rather to die...' Let us again turn to the comments of Cardinal Newman which while made almost a century ago, still are pertinent today.

"Is there no reason to fear that some such apostasy is gradually preparing, gathering, hastening on, in this very day... is there not an opinion avowed and growing that a nation has nothing to do with Religion: that it is merely a matter for each man's own conscience?-which is all one with saying that we may let the Truth fall from the earth without trying to continue it on and on after our time... Is there not a feverish and ever-busy endeavor to get rid of the necessity of Religion in public transactions?... An attempt to educate without Religion? - that is by putting all forms of Religion together, which comes to the same thing; - an attempt to enforce temperance, and virtues which flow from it by means of Societies which are built on mere principles of utility? An attempt to make experience, and not truth, the end and the rule of measures of State and the enactment of Law? An attempt to make numbers, and not the Truth, the ground of maintaining or not maintaining this or that creed. An attempt to deprive the Bible of its one meaning to the exclusion of all other, to make people think that it may have an attempt to supersede Religion altogether as far as it is external or objective, as far as it is displayed in ordinances, or can be expressed by written words. - to confine it to our inward feelings, and thus, considering how variable and evanescent our feelings are, an attempt in fact, to destroy Religion?'

And are not many of these ideas rampant in the Church today? What else is the "encounter with Christ" but an attempt to confine religion to our inward feelings? And what of the many new interpretations placed on Scripture, or the open acceptance of the teachings of our "separate brethren"? But there are still other statements from the Bible that are pertinent. Thus St. Paul tells us that Antichrist will "sit in the temple of God'. While the early fathers interpreted this as... the Synagogue, and some spiritual writers such as St. John of the Cross teach it refers to the individual soul, there is nothing to preclude the possibility that it can refer to some part (in place or time) of the Roman Church. Further, Daniel tells us "In his estate shall he (Antichrist) the god of forces, and a god whom his fathers know not shall he honor... " (I 1:38). Now, as Cardinal Newman says, what is meant by the words translated "god of forces,' and afterwards called "a strange God,' is quite hidden from us, and probably will be so till the event; but anyhow some sort of false worship is certainly predicted as the mark of Antichrist. Newman further points out that the Antichrist will be against idol worship as we usually understand the term, but that the idolatry involved will be such as that entertained by the French Revolution - the idols of "LIBERTY, EQUALITY AND FRATERNITY.' Perhaps the idol of "dynamic evolution' or "progress' will be chosen. After all, the Devil is above all a "seducer,' and so Newman warns us: "Do you think he (Satan) is so unskillful in his craft as to ask you openly and plainly to join him in his warfare against the Truth? No, he offers you baits to trap you. He promises you civil liberty; he promises you equality, he promises you trade and wealth... he promises you reform...'

And this enemy, as Newman says, "is characterized by some especial sin, open infidelity.” A further characteristic of the spirit of Antichrist is that he both speaks and does not speak in the Name of Christ. Let me explain this paradox. Christ told us "I am come in My Father's Name and ye received me not; if another shall come in his own name, him ye will receive.' ( John 5:43). That is to say, they will teach their own doctrines, and not the doctrines of Christ, their personal opinions and not the truth of All Times. Yet, those who speak with this "alien spirit,' "Having a form of godliness, but denying the power thereof " (2 Tim. 3:2-5), and "promising men liberty, while themselves the servants of corruption " (2 Pet. 2:10-19), will nevertheless give forth that they are speaking in Christ's Name: "Many will say to me in that day (of judgment): "who Lord, Lord, 'have not we prophesied in thy name... and then will I profess unto them, I never knew vou: depart from me, you that work iniquity' (Mat 7:22-23). Yes, God will complain again, as he did in Jeremias (12:10-11) "My pastors have destroyed My Vineyard, they have trodden My portion underfoot.' And why will all these things happen in such a way? Because, as St. Paul said after describing Antichrist "whose coming is with all deceivableness of unrighteousness in them that perish, because they received not the love of Truth, that they might be saved. And for this cause God shall send them strong delusion that they should believe a lie, that might be damned who believed not the Truth, but had pleasure in unrighteousness' (2 Tim. 2).

And so we see that in these days, if our contention is right, that the "Continual Sacrifice' is but rarely performed. And what is the "autodestruction of the Church' but the "destruction of the Vineyard'? "O God, they have defiled Thy Holy Temple (Ps. 78: 1) with "dance liturgies' and "picture-slide services.' "Thy Holy Places are come into the hands of strangers' (I Maccabees, 2: 8-12) in the manner of heretics and "separated brethren' preaching from our pulpis. "Behold our Sanctuary and our Glory’s laid waste' (ibid), for the tabernacles have been removed from the altars.' "And the sanctuaries shall be laid waste' (Amos, 7:9) and "My people have forsaken Me' (Jeremias 2:13) for the Churches are deserted.

One could of course "search the Scriptures' for still more clues - but we shall rest with one, the Apocalyptic "mark of the beast.' This is usually assumed to imply that man will worship some "animal' such as the "golden calf.' However, one possible understanding of the "beast' is man himself, that is man qua man which is so strongly stressed in some of the documents of Vatican II. This is man who is "the author of his own culture,' man who "is striving to come to an authentic and full humanity.' After all, the curse of the angel in 16:2 is "upon men who had the character of the beast.' This is man who no longer prays and acknowledges God in other than in vague and sentimental terms that have no meaning in reality. This is man whose relationship with the supernatural is one of personal "feeling' and "encountering' rather than one of "knowing.' and "accepting Revelation.' This is man "through his dealings with others, through reciprocal duties, and through fraternal dialogue, develops all his gifts and is able to rise to his destiny" (Pastoral Constitution on the Church, Paragraph 25). This is man whose faith is a "simple sublimating aspiration' rather than a "belief in the doctrines of the Catholic Church' (Andrew Greeley). This is man who no longer needs God or His Church, and who, if he does not proclaim that "God is dead,' at least relegates God to the "nursing home' for the aged and infirm. This is modern man who has divorced himself from all Tradition and is convinced that he can "make it on his own.' This is man who has reduced himself to the level of the "beast.' This is man who needs no special "mark,' but rather leaves his mark on all he touches.

And if this shocks one, let us consider the words of a celebrated anthropologist, Ashley Montagu: "I consider any so-called 'savage' far better human being, and an infinitely superior Christian to any so-called white man. I consider the modern European and his American counterpart a creature fallen so low that it would not be possible to full any lower. I know of no so-called 'primitive people' of whom it could not be said that they were better human beings than the members of the so-called 'advanced peoples' ' (from a letter to Ananda Coomaraswamy)

Of course, no one can with certainly claim that the Scriptural predictions quoted above apply to the present situation within the Catholic Church. What however, is frightening, is that all that is going on is consistent with these predictions and prophecies. As St. Alphonse of Liguori says, "the Devil has always attempted, by means of heretics, to deprive the world of the Mass, making them precursors of the Antichrist, who, before anything else, will try to abolish and will certainly abolish the Holy Sacrament of the altar..." (The Mass).

For the individual Catholic however, such speculation is not important. On the Day of Judgment, he will not be held responsible for interpreting prophecy, but for his actions. In the face of a situation that "smells' of all that we have been warned against, he must adhere with all his heart to heart to what is sure. In the face of what appears to be a constantly and ever-changing liturgical practice, he must adhere to that liturgy which is unchangeable - the Mass of All Times. In the face of doctrinal pronouncements that seem to follow the fashions of clothiers, he must adhere to the Doctrine of All Times. In the presence of a Faith that is described as "personal', "encounterish' and confined to one's "inward feelings,' he must to the Faith of All Times. Living in the when the Church's structures seem as evanescent as the sands of time, he must adhere to the Church of All Times. Above all, he must adhere to that Name which existed in the Bosom of the Father before time even came to be, the Sacred Name of Jesus!

Finally - a word about that other prophecy of Scripture, that persecutions will be visited upon the faithful "remnant' by the powers of Antichrist. I speak not of those persecutions that are now visited upon the priests that persist in saying the True Mass, but of those which will be visited upon the faithful, priest or lay, who refuse "to partake of unclean food.' The modernist hierarchy has abdicated its right to speak the Truth in the modern world - after all, our separated brethren also speak the truth. In a previous day, if the Pope should speak out on an issue such as abortion, millions of the faithful would obey and even governments would fear to be toppled. Today, when the Pope speaks, even his closest Bishops hasten to contradict him. His followers decry his words before the heretics have even had a chance to read them.

If the Church can no longer be a force for truth and morality, then governments will become the means of legislating truth and morality. Once this happens, those who cannot accept the "new morality' will become the "enemies of the people.' If euthanasia is proclaimed a government policy- and it has been so declared before in Holland, a Christian country - and it will be again - then those who refuse to accept this "good,' will have to be "re-educated.' Our religious beliefs will be allowed only if we keep them "private', and do not teach them to our children. When we feel called upon to speak against the prevailing tide - to witness to the truth - when we refuse to accept the "rulings' of a numerical majority or reject the demands and directives of any power group that happens to control the government, then we will be "obstructing'" the "will of the people' and will be declared "enemies of the State.'

On that day, there will no longer be a visible Church to speak for us and we will stand alone. There will be "weeping and gnashing of teeth,' if not in our day, then in days of our children. It is they who will accuse us and ask, why did you not stand firm on principle, why did you allow yourselves to be blown hither adhere and fro like a "reed in the wind'? Let us not become a generation that God loathes. Let Him not say to us, "Forty years I loathed that generation, and I said. They are a people of erring heart, and they know not my ways. Therefore I swore in my anger: They shall not enter into my rest.' (Psalm 44)


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Bibliography William C. Chittick





The Sufi doctrine of Rumi : an introduction. Tehran: Aryamehr University, 1974

The Sufi path of knowledge: Ibn al-`Arabi's metaphysics of imagination. Albany: State University of New York Press, 1989

Imaginal worlds: Ibn al-`Arabi and the problem of religious diversity. Albany: State University of New York Press, 1994

The self-disclosure of God: principles of Ibn al-`Arabi's cosmology. Albany: State University of New York Press, 1998

The heart of Islamic philosophy: the quest for self-knowledge in the teachings of Afdal al-Din Kashani. New York: Oxford University Press, 2000


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03 décembre 2005

René Guénon, L’erreur spirite, (fragment)

Le spirite qui, possédant quelques facultés médiumniques, s’enferme chez lui pour consulter sa table à propos de n’importe quoi, ne se doute pas que c’est tout simplement avec lui-même qu’il communique par ce moyen détourné, et c’est pourtant ce qui lui arrive le plus ordinairement. Dans les séances des groupes, la présence d’assistants plus ou moins nombreux vient un peu compliquer les choses: le médium n’en est plus réduit à sa seule pensée, mais, dans l’état spécial où il se trouve et qui le rend éminemment accessible à la suggestion sous toutes ses formes, il pourra tout aussi bien refléter et exprimer la pensée de l’un quelconque des assistants. D’ailleurs, dans ce cas comme dans le précédent, il ne s’agit pas forcément d’une pensée qui s’exprimera guère que si quelqu’un a la volonté bien arrêtée d’influencer les réponses; habituellement, ce qui se manifeste appartient plutôt à ce domaine très complexe que les psychologues appellent le « subconscient ». On a parfois abusé de cette dernière dénomination, parce qu’il est commode, en maintes circonstances, de faire appel à ce qui est obscur et mal défini; il n’en est pas moins vrai que le « subconscient » correspond à une réalité; seulement, il y a de tout là-dedans, et les psychologues, dans la limite des moyens dont ils disposent, seraient fort embarrassés pour y mettre un peu d’ordre. Il y a d’abord ce qu’on peut appler la « mémoire latente »: rien ne s’oublie jamais d’une façon absolue, comme le prouvent les cas de « réviviscence » anormale qui ont été assez souvent constatés; il suffit donc que quelque chose ait été connu de l’un des assistants, même s’il croit l’avoir complètement oublié, pour qu’il n’y ait pas lieu de chercher ailleurs si cela vient à s’exprimer dans une « communication » spirite. Il y a aussi toutes les « prévisions » et tous les « pressentiments », qui arrivent parfois, même normalement, à devenir assez clairement conscients chez certaines personnes; c’est à cet ordre qu’il faut certainement rattacher bien des prédictions spirites qui se réalisent, sans compter qu’il y en a beaucoup d’autres, et probablement un plus grand nombre, qui ne se réalisent pas, et qui représentent de vagues pensées quelconques prenant corps comme peut le faire n’importe quelle rêverie [1]. Mais nous irons plus loin: une « communication » énonçant des faits réellement inconnus de tous les assistants peut cependant provenir du « subconscient » de l’un d’eux, car, sous ce rapport aussi, on est fort loin de connaître ordinairement toutes les possibilités de l’être humain: chacun de nous peut être en rapport, par cette partie obscure de lui-même, avec des êtres et des choses dont il n’a jamais eu connaissance au sens courant de ce mot, et il s’établit là d’innombrables ramifications auxquelles il est impossible d’assigner des limites définies. Ici, nous sommes bien loin des conceptions de la psychologie classique; cela pourra donc sembler étrange, de même que le fait que les « communications » peuvent être influencées par les pensées de personnes non présentes; pourtant, nous ne craignons pas d’affirmer qu’il n’y a à tout cela aucune impossibilité.
Ce qu’il y a de curieux à noter comme conséquence de ces dernières considérations, c’est ceci: ceux même qui admettent qu’il est possible d’évoquer les morts (nous voulons dire l’être réel des morts) devraient admettre qu’il soit également possible, et même plus facile, d’évoquer un vivant, puisque le mort n’a pas acquis, à leurs yeux, d’éléments nouveaux, et que d’ailleurs, quel que soit l’état dans lequel on le suppose, cet état, comparé à celui des vivants, n’offrira jamais une similitude aussi parfaite que si l’on compare des vivants entre eux, d’où il suit que les possibilités de communication, si elles existent, ne peuvent en tout cas être qu’amoindries et non pas augmentées. Or il est remarquable que les spirites s’insurgent violemment contre cette possibilité d’évoquer un vivant, et qu’ils semblent la trouver particulièrement redoutable pour leur théorie; nous qui dénions tout fondement à celle-ci, nous reconnaissons au contraire cette possibilité, et nous allons tâcher d’en montrer un peu plus clairement les raisons. Le cadavre n’a pas de propriétés autres que celles de l’organisme animé, il garde seulement certaines des propriétés qu’avait celui-ci; de même, l’ob des Hébreux, ou le prêta des Hindous, ne saurait avoir de propriétés nouvelles par rapport à l’état dont il n’est qu’un vestige; si donc cet élément peut êter évoqué, c’est que le vivant peut l’être aussi dans son état correspondant. Bien entendu, ce que nous venons de dire suppose seulement une analogie entre différents états, et non une assimilation avec le corps; l’ob (conservons-lui ce nom pour plus de simplicité) n’est pas un « cadavre astral », et ce n’est que l’ignorance des occultistes, confondant analogie et identité, qui en a fait la théorie, c’est de limiter arbitrairement des possibilités que l’on peut dire proprement indéfinies (nous ne disons pas infinies). Les forces susceptibles d’entrer en jeu sont diverses et multiples; qu’on doive les regarder comme provenant d’êtres spéciaux, ou comme de simples forces dans un sens plus voisin de celui où le physicien entend ce mot, peu importe quand on s’en tient aux généralités, car l’un et l’autre peuvent être vrais suivant les cas. Parmi ces forces, il en est qui sont, par leur nature, plus rapprochées du monde corporel et des forces physiques, et qui, par conséquent, se manifesteront plus aisément en prenant contact avec le domaine sensible par l’intermédiaire d’un organisme vivant (celui d’un médium) ou par tout autre moyen. Or ces forces sont précisément les plus inférieures de toutes, donc celles dont les effets peuvent être les plus funestes et devraient être évités le plus soigneusement; elles correspondent, dans l’ordre cosmique, à ce que sont les plus basses régions du « subconscient » dans l’être humain. C’est dans cette catégorie qu’il faut ranger toutes les forces auxquelles la tradition extrême-orientale donne la dénomination générique d’« influences errantes », forces dont le maniement constitue la partie la plus importante de la magie, et dont les manifestations, parfois spontanées, donnent lieu à tous ces phénomènes dont la « hantise » est le type le plus connu; ce sont, en somme, toutes les énergies non individualisées, et il y en a naturellement de bien des sortes. Certaines de ces forces peuvent être dites vraiment « démoniaques » ou « sataniques »; ce sont celles-là, notamment, que met en jeu la sorcellerie, et les pratiques spirites peuvent aussi les attirer souvent, quoique involontairement; le médium est un être que sa malencontreuse constitution met en rapport avec tout ce qu’il y a de moins recommandable en ce monde, et même dans les mondes inférieurs. Dans les « influences errantes » doit être également compris tout ce qui, provenant des morts, est susceptible de donner lieu à des manifestations sensibles, car il s’agit là d’éléments qui ne sont plus individualisés: tel est l’ob lui-même, et tels sont à plus forte raison tous ces éléments psychiques de moindre importance qui représentent « le produit de la désintégration de l’inconscient (ou mieux du « subconscient ») d’une personne morte »; ajoutons que, dans les cas de mort violente, l’ob conserve pendant un certain temps un degré tout spécial de cohésion et de quasi-vitalité, ce qui permet de rendre compte de bon nombre de phénomènes.

(Fragment de L’Erreur spirite, Etudes Traditionnelles)

Notes:

[1] Il y a aussi des prédictions qui ne se réalisent que parce qu’elles ont agi à la façon des suggestions; nous y reviendrons quand nous parlerons spécialement des dangers du spiritisme.


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René Guénon, Metafizicã si filosofie (traducere de Radu Iliescu)

Nimic nu este, în domeniul filosofiei, mai relativ si mai contingent ca morala. Ca sã spunem drept, nu e nici mãcar o cunoastere de un nivel mai mult sau mai putin limitat, ci doar un ansamblu de consideratii mai mult sau mai putin coerent al cãrui scop si nivel intelectual nu pot fi decât practice, desi prea adesea ne facem iluzii în privinta lor. Într-adevãr, este vorba în exclusivitate de formularea unor reguli care sã fie aplicabile actiunii umane, si a cãror ratiune de a fi se gãseste în întregime în domeniul social, cãci singurul sens al acestora este faptul cã indivizii umani trãiesc în societate, constituind colectivitãti mai mult sau mai putin organizate. Mai mult decât atât, aceste reguli sunt formulate cofnorm unui punct de vedere special, care, în loc sã fie strict social ca la orientali, este punctul de vedere specific moral, strãin celei mai mari pãrti a umanitãtii. Am vãzut în ce fel acest punct de vedere a putut sã se introducã în conceptiile religioase, prin subordonarea socialului la o doctrinã care a suferit influenta elementelor sentimentale. Dar, în afara acestui caz, nu se prea vede ce îi poate servi de justificare. Înafara punctului de vedere religios care îi dã moralei un sens, tot ceea ce tine de acest domeniu ar trebui în mod logic sã se reducã la un ansamblu de conventii goale, stabilite si observate doar cu scopul de a face viata în societate posibilã si suportabilã. Însã, dacã s-ar recunoaste în mod deschis caracterul ei conventional si s-ar lua pozitie ca atare, nu ar mai exista moralã filosoficã. Din nou ceea ce intervine aici este sentimentalismul, care pentru a gãsi cu ce sã-si satisfacã nevoile speciale, se strãduieste sã considere aceste conventii drept ceea ce nu sunt deloc, de unde o desfãsurare masivã de consideratii diverse, unele rãmânând net sentimentale atât ca formã cât si ca fond, altele deghizându-se sub aparente mai mult sau mai putin rationale. De altminteri, dacã morala, ca tot ceea ce tine de contingentele sociale, variazã puternic dupã timpuri si tãri, teoriile morale care apar într-un mediu oarecare, oricât de opuse ar pãrea sã semene, tind toate spre justificarea acelorasi reguli practice, care sunt întotdeauna cele urmãrite îndeobste în acel mediu. Acest lucru ar trebui sã fie suficient pentru a arãta cã aceste teorii sunt lipsite de valoare realã, nefiind construite de fiecare filosof decât pentru a justifica post-factum conduita sa si a semenilor sãi, sau cel putin a celor care sunt cei mai apropiati de el, în acord cu propriile idei si cu propriile sentimente. Este de remarcat cã înflorirea acestor teorii morale se produce mai ales în epocile de decadentã intelectualã, fãrã îndoialã pentru cã aceastã decadentã este corelativã sau consecutivã expansiunii sentimentalismului, si de asemenea pentru cã prin speculatii iluzorii se conservã cel putin aparenta gândirii absente…
Din aceastã cauzã, dupã ce am separat complet metafizica de diverse stiinte asa-zis filosofice, mai trebuie departajatã, nu mai putin profund, de sistemele filosofice, la baza cãrora una dintre cele mai comune cauze este, am spus-o deja, pretentia de originalitate intelectualã. Individualismul care se afirmã prin aceastã pretentie este în mod clar contrariu oricãrui spirit traditional, si de asemenea incompatibil cu orice conceptie având un nivel metafizic veritabil. Metafizica purã este în mod esential în afara oricãrui sistem, pentru cã un sistem oarecare se prezintã ca o conceptie închisã si limitatã, ca un ansamblu mai mult sau mai putin îngust definit si limitat, ceea ce nu este în nici un fel conciliabil cu universalitatea metafizicii. Si de altminteri un sistem filosofic este întotdeauna sistemul cuiva, adicã o constructie a cãrei valoare nu poate fi decât în întregime individualã. În plus, orice sistem este în mod necesar clãdit pe un punct de plecare special si relativ, si se poate spune cã nu este pânã la urmã decât dezvoltarea unei ipoteze, în timp ce metafizica, ce are un caracter de absolutã certitudine, nu ar putea admite nimic ipotetic. Nu dorim sã spunem cã nici un sistem nu poate contine o oarecare parte de adevãr, în ceea ce priveste cutare sau cutare punct particular. Dar legitimitatea sistemelor provine tocmai din ceea ce sunt, iar falsitatea radicalã a unei asemenea conceptii luate în ansamblu este inerentã formei sistematice. Leibniz avea dreptate atunci când spunea cã “orice sistem este adevãrat în ceea ce afirmã si fals în ceea ce neagã”, adicã, în fond, este cu atât mai fals cu cât este mai strict limitat, sau, ceea ce revine la acelasi lucru, mai sistematic, cãci o asemenea conceptie sfârseste inevitabil prin a nega tot ceea ce este incapabilã sã continã. Si aceastã consideratie ar trebui, pe bunã dreptate, sã se aplice lui Leibniz însusi ca si altor filosofi…
Din cele precedente mai rezultã cã metafizica nu are nimic în comun cu conceptii ca idealismul, panteismul, spiritualismul, materialismul, care comportã exact caracterul sistemic al gândirii filosofice occidentale… Pentru moment nu dorim sã insistãm decât asupra unui singur punct, si anume afirmatia conform cãreia controversa dintre spiritualism si materialism, în jurul cãreia se învârte aproape toatã gândirea filosoficã de la Descartes încoace, nu intereseazã cu nimic metafizica purã. Acesta este unul dintre exemplele de problemã recentã la care fãceam aluzie adineaori. Într-adevãr, dualitatea “spirit-materie” nu fusese niciodatã formulatã ca absolutã si ireductibilã înaintea conceptiei carteziene. Strãmosii, mai cu seamã grecii, nici mãcar nu avuseserã notiunea de “materie” în sensul modern al cuvântului, nu mai mult decât nu o au actualmente cei mai multi dintre orientali. În sanskritã nu existã nici un cuvânt care sã rãspundã la aceastã notiune, nici mãcar de foarte departe. Conceptia unei dualitãti de acest fel are unicul merit de a reprezenta destul de corect aparentele exterioare ale lucrurilor. Dar, tocmai pentru cã tine de aparente, ea este complet superficialã, si, plasându-se într-un punct de vedere special, pur individual, devine negatia oricãrei metafizici imediat ce se doreste atribuirea unei valori absolute, afirmându-se ireductibilitatea celor doi termeni ai sãi, afirmatie în care rezidã dualismul propriu-zis. De altminteri, nu trebuie vãzut în aceastã opozitie dintre spirit si materie decât un caz foarte particular al dualismului, cãci cei doi termeni ai opozitie ar putea fi complet diferiti de aceste douã principii relative, si ar fi în egalã mãsurã posibil de imaginat în acelasi fel, conform altor determinãri mai mult sau mai putin speciale, o indefinitate de cupluri de termeni corelativi diferiti de acesta. La modul general, trasãrãtura distinctivã a dualismului este alegerea unei opozitii între doi termeni mai mult sau mai putini particulari, opozitie care, fãrã îndoialã, existã cu adevãrat dintr-un anume punct de vedere, si în asta constã partea de adevãr pe care o contine dualismul. Dar, declarând aceastã opozitie ca fiind ireductibilã si absolutã, când ea este doar relativã si contingentã, ajunge la interdictia de a merge dincolo de cei doi termeni pe care i-a pus fatã în fatã, si astfel se gãseste limitat prin ceea ce constituie caracterul lui de sistem. Dacã nu acceptãm aceastã limitare, si vrem sã rezolvãm opozitia la care dualismul nu vrea cu nici un chip sã renunte, sunt posibile mai multe solutii. Pentru început, douã se gãsesc în sistemele filosofice care pot fi clasificate sub comuna denominatie de monism. Se poate spune cã monismul se caracterizeazã esentialmente prin aceea cã, neadmitând existenta unei ireductibilitãti absolute, si vrând sã surmonteze opozitia aparentã, crede cã parvine la îndeplinirea scopului sãu reducând unul dintre cei doi termeni la celãlalt. Fiind vorba în particular de opozitia dintre spirit si materie, avem astfel, pe de o parte, monismul spiritualist, care pretinde sã reducã materia la spirit, si pe de altã parte, monismul materialist, care pretinde dimpotrivã sã reducã spiritul la materie. Oricare ar fi tipul de monism, el are dreptate atunci când admite cã nu existã nici o opozitie absolutã, cãci, în asta, el este mai putin îngust limitat ca dualismul, si constituie cel putin un effort pentru a penetra si mai mult fondul lucrurilor. Dar i se întâmplã aproape în mod fatal sã cadã într-o altã eroare, si sã neglijeze complet, dacã nu chiar sã nege, opozitia care, chiar dacã nu este decât o aparentã, meritã sã fie consideratã ca atare. Si în acest caz, caracterul exclusiv al sistemului este primul defect. Pe de altã parte, vrând sã se reducã în mod direct unul dintre cei doi termeni la celãlalt, nu se iese niciodatã complet din alternativa construitã de dualism, pentru cã nu se ia în calcul nimic care sã fie în afara celor doi termeni din care si-a fãcut principiile fundamentale. Ne putem chiar întreba dacã, cei doi termeni fiind corelativi, unul mai poate exista în absenta celuilalt, dacã este logic sã fie conservat unul dintre ei dupã ce a fost suprimat celãlalt. În plus, ne gãsim în prezenta a a douã solutii care, în fond, sunt mai echivalente decât par la prima vedere. Fie cã monismul spiritualist afirmã cã totul este spirit, sau cã monismul materialist afirmã cã totul este materie, acest lucru în cele din urmã nu conteazã decât foarte putin, cu atât mai mult cu cât fiecare se vede obligat sã atribuie principiului pe care îl pãstreazã proprietãtile cele mai importante ale celui pe care îl suprimã. Este de la sine înteles cã, pe acest teren, discutia dintre spiritualisti si materialisti sfârseste prin a degenera într-o simplã ceartã de cuvinte, cele douã solutii moniste opuse neconstituind în realitate decât cele douã fete ale unei solutii duble, de altminteri complet insuficiente. Aici trebuie sã intervinã o altã solutie, dar, dacã pânã acum am avut de-a face cu dualismul si monismul, adicã douã tipuri de conceptii sistematice si de tip pur filosofic, acum va fi vorba de o doctrinã plasându-se în punctul de vedere metafizic, si care, prin urmare, nu a primit nici un nume în filosofia occidentalã, care nu poate decât s-o ignore. Vom desemna aceastã doctrinã cu numele de “non-dualism”, sau si mai bine ca “doctrina non-dualitãtii”, dacã vrem sã traducem atât de exact pe cât este posibil termenul sanskrit adwaita-vâda, care nu are nici un echivalent uzual în vreo limbã europeanã… Fãrã sã admitã mai mult ireductibilitatea absolutã decât monismul, “non-dualismul” diferã profund de acesta, în faptul cã nu pretinde deloc ca unul dintre termeni sã fie pur si simplu reductibil la celãlalt. El le înfãtiseazã si pe unul si pe celãlalt în unitatea unui principiu comun, cel mai universal, si în care sunt în mod egal continuti, dar nu într-o relatie de opozitie propriu-zisã, ci într-una de complementaritate, printr-un fel de polarizare care nu afecteazã cu nimic unitatea esentialã a acestui principiu comun. Astfel, interventia punctului de vedere metafizic are ca efect rezolvarea imediatã a opozitiei aparente, si numai ea permite de altminteri acest lucru, acolo unde punctul de vedere metafizic îsi aratã neputinta. Si, ceea ce este adevãrat pentru distinctia dintre spirit si materie, este în egalã mãsurã pentru oricare alta dintre toate cele care ar putea fi stabilite între aspecte mai mult sau mai putin speciale ale fiintei, si a cãror multitudine este indefinitã. De altminteri, dacã putem lua în consideratie în mod simultan toatã aceastã indefinitate a distinctiilor care sunt astfel posibile, si care sunt în egalã mãsurã adevãrate si legitime conform punctelor lor de vedere respective, atunci nu mai suntem închisi într-o sistematizare mãrginitã la una dintre aceste distinctii excluzându-le pe toate celelalte…

(Fragment din Introducere generalã la studiul doctrinelor hinduse, Vega)


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René Guénon, Dos Extractos a Eric Ollivier

El Cairo, 31 de marzo de 1946:

Vuestra carta acaban de transmitírmela; desgraciadamente, no os puedo dar una respuesta muy satisfactoria en lo que concierne a las posibilidades de iniciación subsistentes en el mundo occidental. No pienso que, a este respecto, se encuentre algo en el Cristianismo, como tampoco en el Judaísmo. Por añadidura, no sé, después de lo que me decís si estáis particularmente vinculado a una forma de tradición determinada, lo que es naturalmente un punto muy importante...

Puesto que esas cuestiones parecen ser las que os interesan sobre todo, me permito señalaros que un nuevo libro mío se relaciona con ello especialmente, Aperçus sur l´Initiation, acaba de aparecer, a principios de mes, en las Editions Traditionnelles (Librairie Chacornac).

En cuanto a vuestra pregunta con respecto al tema de Gurdjieff y Lanza del Vasto, puedo, sin ninguna duda, responderos de manera totalmente negativa. El primero, que debe estar ahora en América (al menos no he oído decir que haya vuelto a Europa), ha constituido, con ayuda de lo que ha podido aprender en sus viajes a Oriente, una especie de método de entrenamiento psíquico bastante de fantasía, que parece incluso no carecer de peligro, y que en todo caso no se vincula absolutamente a nada auténtico. Para Lanza del Vasto, su caso es diferente: él no siente en el fondo ningún interés por las cuestiones doctrinales, y sus preocupaciones sin casi únicamente de orden social, lo que explica por lo demás sus relaciones con Gandhi (muy ignorante él también, hay que decirlo, desde el punto de vista tradicional). Ello no tiene ninguna relación con la iniciación, y no creo por otro lado que tenga pretensiones en ese dominio; pero él querría, con vistas a las realizaciones sociales que proyecta, fundar una “orden” cuyos miembros deberían pronunciar votos, y es de temer que ello gire más o menos hacia la “pseudo-religión”.

De una manera general, quienquiera que no está vinculado a una tradición regular, no puede ser considerado como un verdadero maestro espiritual. Entre la gente de este tipo, demasiado numerosa en nuestra época, los unos son realmente peligrosos por razones diversas, y los otros, bien que más inofensivos, no pueden más que hacer perder el tiempo a quines les siguen. ( ... )

Y Y Y Y Y

El Cairo, 26 de septiembre de 1946:

( ... ) La Masonería y el Compagnonnage pueden siempre transmitir una iniciación virtual, pero, en el estado actual de las cosas, no hay que contar con encontrar ahí el menor apoyo para ir más lejos, pues no se sospecha incluso lo que puede ser una realización cualquiera.

Yo creía que Mme. De Salzmann permanecía en Ginebra, donde tenía una escuela de cultura física antes de la guerra; si Gurdjieff, del cual su marido era antaño uno de los principales asistentes, está retenido en Francia, ello es sin duda lo que la habrá llevado hasta allí.

Canseliet (que no es Fulcanelli, pero que se las da de ser su continuador) no tiene ciertamente nada de un “maestro”; además, desde el punto de vista tradicional, no puede vincularse más o menos efectivamente más que a una de esas corrientes desviadas en el sentido “naturalista” a las cuales he aludido en diversas ocasiones.

Yo no sé lo que ha podido haceros pensar que M. Clavelle[1], era mi representante en París; él es simplemente uno de los que tienen la deferencia de ocuparse de las cosas que, por el hecho de la distancia a la que me encuentro, no puedo hacer yo mismo; por su parte, él se ocupa más particularmente de lo que concierne a los “Etudes Traditionnelles”, como otros lo hacen para las cuestiones relacionadas con la edición y la impresión de mis libros, etc.; les debo mucho reconocimiento a todos por la ayuda que me aportan así, pero en realidad, ninguno de ellos es mi representante propiamente hablando...

Publicados en el Dossier H: René Guénon, París, 1984.

[1] Marcel Clavelle, el cual firmaba habitualmente como Jean Reyor (Nota del T.)


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Renaud Fabbri, Patricia Reynaud, F. Schuon et la Tradition des Indiens d’Amérique, (note de lectura)

Article publié sur www.religioperennis.com
Frithjof Schuon a écrit plusieurs articles sur la tradition indienne et a collaboré à deux ouvrages sur cette question:
The Sacred Pipe, publié en France en 1953, où un chef indien parle de sa tradition;
- Yellowtail, Crow Medecine Man and Sun Dance Chief, An Autobiography, publié en 1991 par University Oklahoma Press
La tradition indienne présente selon Schuon les mêmes traces de primordialité que la tradition hindoue. C’est un rameau du shamanisme hyperboréen. Quant à elle, Schuon parlait de la “Transparence Métaphysique des Phénomènes”.
Les Américains Indiens reconnaissent la transcendance du Principe (Acbadadea) par rapport au monde. Les divinités secondaires ne sont que les aspects d’Acbadadea.
La tradition des Indiens d’Amérique est une des manifestations de ce que le Coran appelle “la religion primordiale” (Din al-Fitra). Elle intègre une doctrine des degrés du réel, de la hiérarchie des mondes, des états multiples de l’être. Il y existe aussi la notion de Maya, d’illusion cosmique.
Du point de vue de la vie spirituelle, on trouve, ches les Indiens, un ensemble de pratiques exotériques et ésotériques visant à assurer l’équilibre entre le Ciel et la Terre et à permettre à certains d’être délivrés de l’existence conditionnée. La religion des Indiens d’Amérique comporte quatre rites fondamentaux : le bain purificateur, la quête de la Vision Sacrée, la priére quotidienne et la Dance du Soleil. Schuon s’est beaucoup intéréssé à la Dance du Soleil. A tout cela s’ajoute la pratique de la retraite spirituelle et la quête de la Vision Sacrée.
Les enseignements des Américains Indiens intègrent aussi une cosmologie cyclique.


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Ibn 'Arabi, Le livre de l'extinction, (extrait)

Ibn 'Arabi, Sheikh al Akbar
Extrait de Kitab al fana' fi al muchahada, (Le livre de l'extinction dans la contemplation), ouvrage traduit de l'arabe par Michel Valsan. Paris, Les Editions de l'Oeuvre, 1984.
Au nom d'Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux! Louange à Allah qui prononce synthétiquement un décret immuable et qui assigne distinctivement un destin à toute chose, qui décide et exécute Ses décisions, qui reçoit satisfaction et accorde Sa satisfaction, qui est trop Saint dans Sa magnificence et Sa majesté pour être contre-partie de ce qu'Il transcende, de même qu'II est trop transcendant pour être "substance" ou "accident"!

Il a purifié les coeurs de ceux qu'll a préférés d'entre Ses serviteurs, et n'y a pas mis les maladies des doutes et des illusions. Il n'a pas placé ces serviteurs comme cibles pour les flèches de la contradiction et de l'hostilité, mais a fait briller pour eux, par l'Essence llluminative, le sabre dégainé de la Direction, de sorte qu'ils envahirent toutes les étendues! Parmi eux, il y en a qui, ayant été revêtus, se sont dévêtus.

Ceux qui portent leurs revêtements considèrent ce qui leur a été ainsi conféré comme un prêt, et ceux qui les ont ôtés, leur oeuvre surérogatoire se trouve convertie pour eux en obligatoire. ll les présente ainsi, comme un titre de gloire devant le Plérôme Suprême, et établit leur autorité dans les Mondes supérieur et inférieur, en leur accordant l'héritage du Ciel et de la Terre ainsi ils parcourent avec le pied intrépide de la précellence, I'Exaltation et l'Ampleur, et gouvernent de leurs sièges, en liant et en déliant!

Et que la Prière (dispensatrice de Grâce) soit sur celui (le Prophète Muhammad) auquel il fut dit: "Peut-être ton Seigneur te fera-t-ll des dons et tu seras ainsi satisfait" (Cor. 93,5), de sorte qu'il fut distingué de celui (Moïse) qui disait: "Je m'empresse vers Toi, ô Seigneur pour que tu sois satisfait” (Cor. 20, 84). Que cette Prière soit permanente dans la langue de l'éternité et ne connaisse donc jamais de fin, et qu'elle s'étende aussi sur les membres de Sa Famille, les Purs, et sur ses Compagnons, les favorisés de la Satisfaction divine, ainsi que sur ses Frères (les autres Prophètes) qui l'ont reconnu comme véridique, depuis leur station élevée et agréée!

La Réalité Divine Essentielle (al-Haqîqatu-l-Ilâhiyya) est trop élevée pour étre contemplée par l'"oeil" qui doit contempler, tant que subsiste une trace de la condition de créature dans l'"oeil" du contemplant. Mais lorsque "s'éteint ce qui n'a pas été" - et qui est (par nature) périssant - "et reste ce qui n'a jamais cessé d'être" - ce qui est (par nature) permanent- alors se lève le Soleil de la preuve décisive pour la Vision par soi (al-'lyân). Alors se produit la sublimation absolue (at-tanazzuhu-l-mutlaq) effective dans la Beauté Absolue (al-Jamâlu-l-Mutlaq), et c'est cela l'"OEil de la Synthèse et de la Réalisation par excellence" ('Aynu-l-Jam'i wa-l-Wujûd) et la "Station de la Quiétude et de la Suffisance Immuable" (Maqâmu-sSukûni wa-l-Jumûd). Cet Oeil voit alors les Nombres comme étant un "Unique", le nombre "Un" (Wâhid), qui, cependant, voyage dans des degrés numéraux et qui par ce voyage manifeste les entités des Nombres. C'est à cette station contemplative que se produit la glissade de celui qui professe (la doctrine de) l'"unification" (al-ittihâd), Celui-ci, voyant que l'Unique voyage dans des degrés numéraux dont l'existence est purement estimative (wahmiyya), où Il reçoit toutefois des noms qui varient avec les degrés, ne voit pas les Nombres comme étant autre chose que l'Un (al-Ahad): alors il dit qu'il y a eu "unification", Or (I'Unique, ou l'Un) ne paraît avec son propre nom (ism), en même temps qu'avec son essence (dhât), dans aucun autre degré que dans celui de l'Unité première (al-Wahdâniyya); toutes les fois qu'il paraît dans d'autres degrés que celui-là avec son essence, il ne fait pas paraître son propre nom, mais est nommé alors d'après ce que confère la réalité des degrés numéraux respectifs. Ainsi, par son "nom" propre, il produit l'extinction (yufnî) et par son "essence", il produit la permanence : quand tu dis "un" (ou "unique") (wâhid) s'éteint ce qui est autre que lui, par la vertu de ce nom, et quand tu dis "deux", l'entité du "deux" paraît par la présence de l'essence de l'Un à ce degré numéral, mais évidemment pas en raison du nom de Celui-ci, car ce nom est contradictoire avec l'existence dudit degré numéral, alors que son essence n'y fait aucune opposition.

Ce genre de dévoilement (kashf) et de science ('ilm) doit être caché à la plupart des créatures, en raison de ce qu'il y a en cela de trop élevé; au-dessous de cela, il y a un abîme profond, où la chute est beaucoup à craindre. En effet, si quelqu'un qui ne possède pas la connaissance des réalités propres des choses (haqâ'iq) et ignore la continuité infinitésimale des attaches universelles (raqâ'iq), en abordant cet ordre de doctrine contemplative, tombe sur quelque propos émanant d'un être qui a possédé effectivement une telle connaissance, alors que lui-même n'en a jamais eu quelque expérience directe il pourrait (s'autoriser à) dire (lui aussi): "Je suis Celui que j'aime, Celui que j'aime est moi". C'est pour cette raison que nous voilons et celons ce genre d'enseignement.

Hasan al-Basrî - qu'Allâh lui fasse miséricorde! - (qui donnait régulièrement un enseignement public), lorsqu'il voulait parler de ces mystères qui ne doivent pas se trouver sur le chemin de ceux qui n'en sont pas dignes, appelait à part Farqad as-Sabakhî et Mâlik Ibn Dinâr, ainsi que les autres présents d'entre les gens du "goût" initiatique (ahlu-dhawq), et fermant la porte aux autres, traitait de ces matières en séance intime. S'il n'y avait pas eu une nécessité d'observer le secret, il n'aurait pas procédé de cette facon. De même Abû Hurayra - qu'Allâh soit satisfait de lui! - a dit, selon ce que rapporte al-Bukhârî dans son Recueil de hadîths: "J'ai porté de la part du Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - deux "sacs": l'un, je l'ai dispensé entre vous tous; l'autre, si j'agissais de même, on me couperait cette gorge". De son côté, Ibn 'Abbâs, - qu'Allâh soit satisfait de lui! - en parlant du verset: "Allâh qui a créé sept Voûtes Célestes et autant de Terres; le Commandement descend entre elles" (Cor. 65, 12), déclarait: "Si je vous disais quelle en est l'interprétation (ésotérique), vous me lapideriez en disant que je suis un infidèle". D'autre part, 'Alî ben Abî Tâlib - sur lui la paix! - frappait sa poitrine et disait: "Ah! En vérité, ici il y a force sciences! Si seulement je trouvais des êtres qui puissent les porter!" Enfin, l'Envoyé d'Allâh - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - disait: "Abû Bakr vous est supérieur, non pas par le nombre des prières ou des jeûnes, mais par quelque chose qui est survenu dans sa poitrine", et il n'expliqua pas ce qu'était cette chose, mais se tut là-dessus. Toute science ne doit pas être expliquée par celui qui la possède, et le Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! -disait: "Parlez aux hommes selon la capacité de leurs intelligences".

De ce fait, quand quelqu'un trouve un livre traitant d'une science qu'il ignore et dont il n'a pas pris la voie, il ne doit pas s'en mêler, mais remettre le livre à ceux qui s'y entendent, sans se considérer tenu d'y croire ou de n'y pas croire, ou même d'en parler.

"Tout porteur de science religieuse n'est pas nécessairement savant véritable" (hadîth).

"Mais ils traitent de mensonge ce dont ils ne possèdent pas la science" (Cor. 10, 39).

"Pourquoi disputez-vous au sujet de ce dont vous n'avez pas une science?" (Cor. 3, 66).

Ainsi, nous sommes instruits que les hommes sont blâmés quand ils parlent sur une chose sans avoir parcouru la voie qui y mène.

Nous avons été amené à mettre en avant tout cela, du fait que les livres des gens de notre voie sont pleins de mystères, et que les spéculatifs (ahlu-l-afkâr) s'en saisissent et les considèrent selon leurs points de vue spécifiques, et de même les exotéristes (ahlu-l-Zâhir) les interprètent selon les acceptions les plus littérales, pour se mettre ensuite à en médire. Or, si on demande à tous ceux-là simplement les acceptions véritables des termes techniques qu'emploient, d'un commun accord, les initiés (al-Qawm) dans leurs formulations, on constate qu'ils les ignorent! Comment s'autorisent-ils alors à se prononcer sur des questions dont ils ne possèdent pas le principe? Peut-être même, quand ils voient les gens de cette voie s'entretenir à l'écart avec leurs compagnons au sujet de leurs expériences, leur arrive-t-il de dire: "Une religion cachée est une religion mauvaise"; or, ils ignorent les différents aspects de la Religion. Les initiés cachent, non pas la Religion, mais certaines conséquences de celle-ci et ce que le Vrai - qu'Il soit exalté! - leur a accordé pendant leur vie sous la règle d'obéissance et au moment même où ils Lui ont obéi. Ainsi, en matière de hadîths portant sur les règles religieuses, il se peut que pour eux soit "valide" un hadîth que les exotéristes sont d'accord pour déclarer "faible" et de "transmission défectueuse"; or les initiés peuvent tenir comme "valide" un tel hadîth, en tant qu'ils l'ont obtenu de leur côté par saisie intuitive (kashf), directement de celui qui l'a prononcé; de ce fait, ils en tiennent compte pour leurs pratiques spirituelles, autrement que ce n'est établi chez les savants littéralistes, et ces derniers les classent alors parmi ceux qui sont sortis de la religion, en quoi ils sont injustes, car la vérité peut être atteinte sous différents aspects, et celui-ci en est un. Inversement, il se peut qu'un hadîth considéré par les littéralistes d'un commun accord comme "valide", ne le soit pas en fait à la lumière du dévoilement intuitif, et les initiés n'en tiennent pas compte pour leurs pratiques.

Alors, combien est louable celui qui, dans de telles situations, s'abstient d'intervenir et, cherchant la direction salutaire, s'occupe de soi-même, de sorte que chacun se tiendra à la place qui est la sienne. Un tel homme est heureux, et s'assure la faveur de l'ordre total des réalités.

Ceux qui couvrent les mystères sous des expressions techniques emploient celle-ci conventionnellement, par précaution à l'égard des profanes, et ceux qui professent l'efficacité des "aspirations (ou énergies) spirituelles" (al himam, sing. al-himma), ne cessent de se tenir sur leurs voies claires et précises jusqu'à ce que des panneaux annonciateurs brillent pour eux, portés par les mains des Esprits Supérieurs qui résident au Degré de la Proximité à la Station de la Parole Bouche-à-Bouche (al-Fahwâniyya), panneaux sur lesquels des "Ecritures" bien tracées et saintes se lèvent pour eux, comme "témoins" de la réalisation qu'ils ont obtenue, et leur confèrent le transfert de ce mode (wasf) à un autre mode, par voie de sublimation (intiqâlan munazzahan). Alors le voile est enlevé, et ce qui avait été caché est mis à découvert! Alors est défait le bandeau, retiré le verrou, ouverte la serrure! Alors les "aspirations-énergies" propres à cet autre mode s'unifient pour scruter la Réalité Une (al-Haqîqatu-l-Ahadiyya), et l'être ne concoit plus qu'une seule aspiration" (hamm wâhid) et rien d'autre. De cette "aspiration" unique procèdent des influences qui portent effet sur la Réalité Pure (al-Haqîqa).

Ainsi, tantôt ces influences procèdent par abstraction de "l'aspiration unique", tantôt elles procèdent des dites aspirations au moment même où elles se produisent, mais c'est toujours Lui qui est le Visé selon toute face, même s'Il n'est pas connu, c'est Lui le cherché par toute aspiration, même s'Il n'est pas atteint, de même que c'est Lui l'énoncé par toute langue, même s'Il reste ineffable! Et quelle formidable stupeur on éprouve et quel immense soupir de soulagement on pousse lorsque "le bandeau est enlevé, et que la vue (basar) est devenue pénétrante", lorsque "le Soleil s'unit à la Lune", et que l'Influent (al-Mu'aththir) paraît dans son Influence (effet) (al-athar) pour être saisi par l'OEil de l'homme! Alors Il se montre à eux (les "spectateurs") sous diverses Formes, alors se produit la ruse à l'égard de ceux qui ont rusé, alors gagne celui qui a la foi et perd celui qui ne l'a pas!

Le Propos divin a apporté dans la langue la plus sainte la notion de "Pureté adorative" (al-Ikhlâs); celui qui purifie son adoration en l'affranchissant du pouvoir de l'idée de "rétribution", étant ainsi de conception "hanifienne" et de voie directe, celui-là s'acquitte du devoir de conformité au Commandement et appartient au "monde de la Lumière" ('âlamu-n-Nûr), et non pas au "monde du Salaire" ('âlamuI-Ajr).

"Allâh est la Lumière des Cieux et de la Terre" (Cor. 24, 35).

"Ils auront aussi bien leur salaire que leur Lumière" (Cor. 66, 8).

"Leur Lumière court devant eux" (Cor. 57, 12).

"La Lumière leur dit: "Je suis votre Seigneur!" et il La suivent.

Les Muhaqqiqûn (les Connaissants Compétents) ont abandonné le salaire chez Allâh; il ne leur est pas possible de le Lui réclamer car le temps leur fait défaut, tant ils sont préoccupés de Lui - qu'Il soit exalté! - Celui qui laisse lui échapper son lot concernant Allâh Lui-Même, celui-là est le perdant. Les oeuvres, qui sont les moyens par lequels on s'acquitte des obligations et de ce qui est proposé par la tradition prophétique, attirent par leur simple existence la récompense: ne te soucie donc pas de celle-ci. Les mouvements des corps auront nécessairement leurs fruits sensibles: ne demande donc pas ce que les mouvements comportent par eux-mêmes, car tu gaspilles inutillement ton temps. Allâh - qu'Il soit glorifié! - a dit au sujet de Soi-Même: "Il est chaque jour à une Œuvre" (Cor. 55, 29), or le "jour" est l'unité de temps, et l'"oeuvre du jour" en ce qui te concerne fut existenciée pour toi, non pas pour Allâh, car Il n'a pas de "besoins", et rien ne peut lui revenir de la part de Ses créatures qu'Il n'ait de Lui-Même. Ce qu'Il crée, c'est pour toi qu'Il le crée; tiens-toi donc ici en relation de correspondance avec Lui et occupe-toi, de ton côté, de Lui. Sois toi-même chaque jour à l'oeuvre pour ton Seigneur, tout comme Lui est à l'oeuvre pour toi. En vérité, "Il ne t'a créé que pour que tu L'adores", et pour que tu te réalises par Lui, non pas pour que tu te soucies de ce qui est autre-que-Lui. Ce qui est autre-que-toi et autre-que-Lui est cependant un don qui doit te parvenir. Allâh a dit au sujet de Soi-Même: "Je ne leur demande pas des vivres! Je ne demande pas qu'ils me nourrissent! C'est Allâh, celui qui donne les vivres!" (Cor. 51, 57-58). Et s'Il te dit: "Prends!", réponds: "C'est à Toi de prendre!" S'Il te dit: "Retourne!", réponds: "De Toi vers Toi". S'Il te demande: "Comment, lorsque Je te dis: "Prends!" me réponds-tu: "C'est à Toi de prendre!", alors que Moi Je n'ai pas à prendre pour moi?", réponds-Lui: "De même, moi en vérité, je ne saurais "prendre", car la prise est un acte, et moi je n'ai pas d'"acte". C'est Toi celui qui prend, car c'est Toi l'Agent (al-Fâ'il). Prends Toi-Même pour moi ce que Tu me donnes, et ne me dis pas: "Prends, toi (créature) qui ne peux prendre!", car si Tu me parles ainsi, par l'idée de prendre de Toi Tu mets un voile sur moi. Je ne puis rien prendre; comme Tu n'es pas à moi, et que je n'ai aucun pouvoir de prise, si je tâchais de prendre, j'obtiendrais le néant, ce qui est le pire des maux! Sinon... mais je demande plutôt à être exempté et pardonné de cet entretien dangereux, ô Celui qui saisit et n'est pas saisi, qui possède et n'est pas possédé!"

Il peut arriver que dans l'un de ces "lieux" (mawâtin) on te présente la Religion Droite instituée d'autorité par un organe prophétique, voie d'élection et de pureté et la Religion Non-Droite, sapientiale, mélangée, spéculative et intellectuelle, Tu discerneras entre les deux voies, et tu considéreras la fin ultime de chacune d'elles, qui est le Vrai (al-Haqq) - exalté soit-Il! -, selon ce qui fait ton bonheur et non le malheur. Prends alors la voie de la Religion d'élection et pureté, de mode prophétique, car elle est plus élevée et plus profitable. Bien que l'autre soit d'une très haute luminosité (rafî'u-l-manâr), et qu'elle soit également "vraie" selon un aspect, cependant sa trace s'efface du fait de l'existence de la voie prophétique. Si le fondateur d'une voie sapientiale était maintenant du monde des vivants et présent, il rejoindrait peut-être lui-même la Religion d'élection prophétique. Nous voyons déjà que la "Religion d'élection" elle-même (formulée par les Prophètes antérieurs) peut être ramenée à un égard ou à plusieurs égards à la "Religion d'élection et pureté" par l'effet des abrogations (que la Loi de cette dernière, la muhammadienne, a apportées à l'égard des lois religieuses antérieures).

N'est-il pas vrai que les législations (ash-Sharâ'i', sing. ash-Sharî'a) sur lesquelles reposaient les communautés religieuses antérieures, comme celles de Moïse et de Jésus - sur eux le salut! - ont été, à certains égards, abrogées par la Loi de Muhammad - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - Le Prophète a même dit: "Si Moïse était vivant, il ne pourrait faire autrement que de me suivre." A plus forte raison en sera-t-il ainsi de la législation sapientiale qui procède de l'"initiative personnelle" (ibtidâ'î) et qui est de mode spéculatif (fikrî), car elle est plus propre à être "enlevée", bien qu'elle aussi soit "vraie" selon un aspect, ainsi que nous l'avons dit.

Enfin, sache que le plus misérable des êtres est celui qui a un "livre" (Kitâb) et qui s'égare "en suivant ses passions", quoiqu'il ait une foi dans son livre. Mais ici il y a un point que je désire élucider, car on l'a peu relevé, et il est possible que certains s'y soient trompés quand ils ont examiné cette question sous le rapport de la "possibilité (d'exister ou de ne pas exister) de ce qui se trouve à l'état de potentialité" (aljawâzu-l-imkânî); l'état existenciel (al-wujûd) s'établissant sur l'une des deux solutions de l'alternative qui conditionne l'être possible (al-mumkin), il n'y a plus moyen de faire revenir l'être existencié (à l'état de simple possibilité indifférente). Il en est effectivement de même lorsque le Vrai - qu'Il soit exalté! - se révèle à une chose, car alors Il ne se voile plus jamais à elle, et également quand Il "inscrit" (kataba) la foi dans un coeur, Il ne l'efface plus. Or si quelqu'un dit: "Il s'est caché à moi après qu'Il s'est révélé", c'est qu'Allâh ne s'est aucunement révélé à lui, mais qu'Il lui a seulement montré quelque clarté; celui-ci a cru pouvoir dire alors: "C'est Lui!" (Huwa Huwa). Ensuite, comme l'être créé n'a aucune stabilité dans un état, lorsque l'état change, il dit qu'il y a "voile" (hijâb). Or, de même, l' "inscription" de la Foi et l'attribution des "Signes" (al-Âyât) et des "Evidences" (al-Bayyinât) ne cessent jamais lorsqu'elles sont des dons faits "dans les coeurs", et que dans ces coeurs se dressent les Témoins de réalisation (ash-Shawâhid, sing. shâhid). Si des choses qui ressemblent à ces réalités viennent à être retirées à quelqu'un, sache que ces choses n'avaient pas été "inscrites" dans la Table (al-Lawh) de son coeur, et l'être ne les "enveloppait" pas, mais était "enveloppé" par elles comme par un manteau; cet être n'avait reçu que les formules opératives et le droit de les prononcer et n'avait pas reçu leurs "réalités" mêmes; de tels dons peuvent être repris et ils peuvent donc cesser. C'est ainsi qu'Allâh a mentionné: "Récite-leur l'affaire de celui auquel Nous avons donné Nos Signes et qui s'en est dépouillé" (Cor. 7, 174). Les paroles "s'en est dépouillé" (insalakha min-hâ) expriment un fait analogue à l'enlèvement de l'habit par l'homme ou à l'abandon par le serpent de sa vieille peau. Les Signes en question étaient comme un habit sur le personnage (anonyme auquel se rapporte la mention coranique), dans le sens que nous venons de préciser; celui-ci ne détenait que le pouvoir de "prononcer" certaines formules opératives; quand il prononçait celles-ci, paraissait l'aspect caché du Nom (maknûnu-l-Ism) qui entrait dans ces formulations, ainsi que son effet produit par vertu spéciale (bi-l-khâssiyya). Dans le cas des moyens exceptionnels à vertu opérative, il n'est requis aucune condition de pureté rituelle, ou de sainteté personnelle, ni de conscience, ni de concentration, pas plus qu'il n'est question de foi ou de manque de foi: il ne s'agit que d'une simple prononciation de lettres déterminées, et l'effet se produit même si celui qui les prononce est distrait par rapport à ce qu'il articule. Une chose analogue arriva à l'un de nos compagnons qui, récitant le Coran et parcourant un certain verset, constata que ce verset lui occasionnait un certain effet; il s'en étonna sans pouvoir se l'expliquer. Alors il reprit la récitation depuis les versets antérieurs, et lorsqu'il arriva au dit verset il constata de nouveau lui-même l'effet. Et chaque fois qu'il le répétait, il observait cet effet. Ainsi, il connut que ce verset qui s'était "ouvert" par hasard, pendant sa récitation, est un des "lieux" coraniques à vertu spéciale; par la suite, il le prit comme "nom" (à invoquer opérativement) et produisait l'effet respectif chaque fois qu'il le voulait. Toutefois, une chose de ce genre ne séduit pas un Connaissant Véritable (Muhaqqiq), car celui-ci ne saurait se réjouir que de ce qu'il réalise effectivement en soi. C'est ainsi que lorsqu'on demanda à Abû Yazîd (al-Bistâmî): "Quel est le Nom Suprême (al-Ismu-l-A'zam) d'Allâh?", il répondit: "C'est la Sincérité! Sois sincère et prends n'importe quel nom divin que tu voudras!" Par cette réponse, il engagea à la réalisation effective (at-tahqîq), non pas à une simple prononciation de formule.

Allâh a dit: "Ceux-là, Il a inscrit dans leurs coeurs la Foi (al-Imân)" (Cor. 58, 22). Mais le coeur a deux "faces" l'une extérieure, l'autre intérieure. La face intérieure ne comporte pas l'"effacement" (al-mahw), elle est pure et sûre "fermeté" (ithbât). La face extérieure, par contre, comporte l'effacement: c'est proprement "la Tablette de l'Effacement et de l'Etablissement" (Lawhu-l-Mahwi wa-lIthbât); un temps, Allâh y établit une certaine chose, ensuite "Il efface ce qu'Il veut, et établit (une autre chose qu'Il veut), et chez Lui se trouve la Mère du Livre (Ummu-l-Kitâb)" (Cor. 13, 39)

Si l'homme attaché au "Livre" avait la foi dans la totalité de son Livre, il ne s'égarerait jamais, mais lorsqu'il croit en une partie du Livre et ne croit pas en l'autre partie, il est mécréant pour de vrai (al-kâfiru haqqan), car Allâh a dit: "Ils disent: "Nous croyons en une partie du Livre et ne croyons pas en l'autre! Et ils cherchent à se trouver une voie intermédiaire. Ceux-là sont les mécréants pour de vrai". (Cor. 4, 150-151). Or "les mécréants d'entre les Gens du Livre... sont les pires créatures" (Cor. 98, 5). Sous le rapport qui nous intéresse ici, ces mécréants d'entre les Gens du Livre sont les "littéralistes" (ashâbu-r-rusûm) et la plupart des "gens de spéculation rationnelle" (ahlu-n-nazari-l-fikrî) d'entre les philosophes et les théologiens, qui reconnaissent une partie seulement de ce que les Saints d'Allâh (Awliyâ'uLlâh) apportent en conséquence de ce qu'ils ont réalisé en fait de stases spirituelles (mawâjîd) et de secrets (asrâr) qu'ils ont contemplés et trouvés. Ce qui s'en accorde avec leurs propres opinions et connaissances, ces littéralistes et ces spéculatifs l'acceptent comme vrai et ce qui ne s'en accorde pas, ils le repoussent et le contestent, en déclarant: "Ceci est faux en raison de son désaccord avec notre preuve à nous!" Or il se peut que la "preuve" de ces pauvres ne jouisse pas de parfaites assises, alors qu'ils se l'imaginent parfaitement établie. Dans ces conditions ne vaudrait-il pas mieux s'abstenir de s'occuper de la parole en question et de la laisser à la responsabilité de son auteur, sans d'ailleurs que cela implique qu'on la reconnaisse comme vraie? S'ils procédaient ainsi ils recueilleraient le fruit de la non-ingérence.

Moi, par Allâh, je crains beaucoup pour ceux qui contredisent les Gens de notre Ordre (at-Tâ'ifa)! L'un d'entre eux (vraisemblablement Ru'aym) a dit: "Celui qui siège avec eux - c'est-à-dire avec les Connaissants des réalités essentielles d'entre les Soufis - et les contredit en quelque chose qu'ils ont réalisé sûrement (mimmâ yatahaqqaqûna bihi), Allâh lui enlève du coeur la lumière de la foi!" L'un des gens de spéculation rationnelle qui avait des prétentions à la sagesse vint poser une question à l'un des Muhaqqiqûn. J'étais présent, et les disciples de celui-ci assis. Le Muhaqqiq commença à traiter de la question posée. Le dialecticien dit: "Ceci n'est pas une chose valable selon moi. Explique-moi, peut-être suis-je dans l'erreur". Le Muhaqqiq vit que sa parole serait vaine et se tut, devant la contradiction et l'hostilité rencontrée, car les êtres de cette condition n'acceptent pas des situations pareilles en raison de l'impolitesse ainsi que de la privation de baraka qui en résulte. C'est ainsi que le Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - dit à ses Compagnons qui se trouvaient chez lui, et entre lesquels venait de se produire une contestation: "Chez moi, la contestation est inadmissible!" Une autre fois, il avait dit: "On me faisait voir la Nuit du Destin (Laylatu-l-Qadr), mais à ce moment-là deux hommes se disputaient (à côté de moi), et la "Nuit" fut enlevée". La voie de dévoilement et de contemplation n'admet pas qu'on contredise et réfute celui qui parle au nom de celle-ci. Un tel sacrilège se retourne contre le contestateur, alors que l'homme de réalisation reste heureux avec ce qu'il connaît. - Un des disciples de ce cheikh se releva et dit à l'importun: "Le point dont parlait notre maître d'une façon si claire est certain, même si je ne puis en donner moi-même l'explication". Le juriste (al-faqîh) répliqua: "Une bonne parole, exprimée dans une bonne forme, les intelligences peuvent la recevoir dès le premier moment. Si, quand on l'examine avec la pierre de touche de la logique, et qu'on la sonde avec les preuves existantes, elle s'en va sans consistance, c'est qu'elle est purement fausse, comme cette question qu'a exposée notre maître tout à l'heure". Le cheikh ne parla plus de cette question, le spéculatif n'ayant pas compris ce qu'il avait formulé et ce que sa langue avait exprimé. Ce fut pour le Muhaqqiq une instruction au sujet de ce qu'il y avait dans l'âme de ce spéculatif, et il vit qu'il convenait de s'abstenir de parler avec lui de ce genre de choses.

Ensuite, sache que la Foi (al-lmân) appuyée sur les oeuvres vertueuses se tient dans la Main de la Présence Très-Sainte (al-Hadratu-l-Muqaddasa), et pendant qu'elle s'y applique à sa tâche ('inda iqâmati-hi fîhâ), elle voit jaillir entre les Doigts de cette Main les rivières des sciences et des connaissances, des règles de sagesse et des secrets, et elle voit ce que détient cette Main pour les compagnons des stations initiatiques muhammadiennes. C'est de là que se nourrit la spiritualité (rûhâniyya) du résident au niveau de cette Présence qui est une des quatre Présences fondamentales, car les résidents des différentes Présences sont tous associés (quoiqu'à des degrés différents) à cette Station Sanctissime (à laquelle ils puisent les grâces correspondantes).

La première est la susmentionnée Présence de l'Application à la Tâche (Hadratu-l-Iqâma);

La IIe est la Présence de la Lumière (Hadratu-n-Nûr);
La IIIe est la Présence de l'Intellect (Hadratu-l-'Aql);
La IVe est la Présence de l'Homme (Hadratu-l-lnsân) qui est la plus complète sous le rapport existentiel (wujûdan).

Quand le serviteur accède à la Hadratu-l-Iqâma, il boit à la rivière de la Permanence (nahru-d-Daymûmiyya), et la résidence à cette "présence" lui confère le maqâm de la "crainte du Seigneur" (al-Khashyatu-r-rabbâniyya), la crainte sous le rapport spécial du nom divin "le Seigneur", (ar-Ridâ'u-l-ilâhî), car pour ce qui est du maqâm de la "crainte de Dieu" (al-Khashyatu-l-ilâhiyya sous le rapport du nom suprême "Allâh"), celui-ci lui résulte d'une autre "présence" différente de celle dont il est question ici, et qui sera traitée parmi les Demeures Initiatiques (al-Manâzil, sing. al-Manzîl) exposées dans nos "Révélations de la Mecque" (al-Futûhâtu-l-Makkiyya). Nous y parlerons également de la "crainte du Soi" (Khashyatu-l-Huwwiyya, sous le rapport du Pronom divin Huwa = Lui), dont nous ne pouvons traiter ici.

La Demeure initiatique dont nous avons parlé dans le présent écrit inclut les "Demeures de l'Extinction et du Lever des Soleils" (Manâzilu-l-Fanâ'i wa Tulû'i-sh-Shumûs): c'est à cette Demeure que correspond le degré de l'Ihsân (l'Accomplissement parfait de l'adoration). Il s'agit de l'Ihsân par lequel "Lui te voit" (yarâ-k, 2' Ihsan) non de celui par lequel "tu Le vois" (tarâ-H, lér lhsân), L'Ange Gabriel - sur lui le salut! - avait demandé au Prophète - qu'Allâh prie sur lui et le salue! - "Qu'est-ce que l'lhsân?" Il répondit: "Que tu adores (ou serves) Allâh comme si tu Le voyais (lEr Ihsân dont il ne sera plus question ici); car si tu ne Le vois pas, Lui te voit (fa-in lam takun tarâ-H, fa-inna-Hu yarâ-k, 2e Ihsân qu'il s'agira seulement d'interpréter d'une façon spéciale): cette dernière phrase comporte une acception à l'intention des Gens qui saisissent les significations subtiles (Ahlu-l-lshârât), car découpée ainsi: fa-in lam takun: tarâ-H, elle signifie: "si tu n'es pas: tu Le vois (effectivement)", ce qui revient au sens: "Sa vision n'a lieu que par ton extinction à toi-même".

L'alif du mot tarâ-H (représenté dans la transcription par le seul accent circonflexe) a été maintenu (car, dans la phrase découpée comme on le propose, on devrait avoir, compte tenu de la règle de l'attraction modale, tara-H, sans l'alif), afin que la vision (ar-ru'ya) s'appuie sur lui: si l'alif avait été retranché, la "vision" n'aurait pas été possible, car la lettre 1 (= H de tarâ-H) est un symbole de ce qui est "absent" (kinâyatun 'ani-l-ghayb), et l'absent n'est pas vu; en retranchant l'alif, on devrait "voir sans vision", ce qui est une idée contradictoire. Telle est la raison de son maintien.

Quant à la sagesse qui a présidé à la présence du hâ dans tarâ-H (car la phrase aurait pu être: fa-in lam takun: tarâ = "si tu n'es pas: tu vois"), c'est qu'on voulait signifier: "Lorsque tu vois" par l'existence de l'alif, tu ne peux dire: "J'ai enveloppé (tout) (ahattu)!", car Allâh est trop majestueux et trop glorieux pour être "enveloppé"; alors le H (= Lui), qui est pronom de ce qui t'échappe (ou de ce qui reste "absent" pour toi) en fait de Réalité du Vrai, lors de la Vision, se tient là pour te prouver l'irréalité de l'Enveloppement (al-lhâ.ta).

C'est Allâh qui est le Guide. Pas de Seigneur autre que Lui.

Ici finit ce qui nous fut destiné à rapporter au sujet de cette Demeure initiatique.

Le Livre est fini dans la louange du Roi Donateur.

Le sheikh al Akbar, Muhi-Din Ibn 'Arabi


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J. P. Laurant, René Guénon, l’Université et la culture occidentale, (note de lectura)

Publié dans René Guénon (1886-1951). Colloque du Centenaire, Le Cercle de Lumière, 1993.
René Guénon a fait de l’université l’image résumée de la pensée occidentale dans ce qu’elle avait d’essentiellement dévoyée et ceci d’autant plus facilement que l’Eglise catholique, autre pôle de l’intellectualité occidentale, pouvait, selon lui, constituer la base d’un redressement spirituel traditionnel.
Il a critiqué violemment les orientalistes.
« Il ne s’agit donc pas d’une opposition systématique, doctrine contre doctrine, pour la bonne raison que l’université est un corps mou dépourvu de doctrine mais du constat chez Guénon de l’impossibilité de faire passer un certain nombre de notions chez des intellectuels formés dans la deuxième moitié du 19ème siècle dominée par le positivisme, l’hypercritique et le matérialisme. » (p. 142)
Beaucoup de conceptions de Mircea Eliade, de G. Dumézil et d’Henry Corbin sont proches à celles formulées auparavant par René Guénon. Mais il y a évidemment des écarts considérables: Eliade est parfois trop personnel (et l’orginialité se paye!). Dumézil insiste trop sur des points de vues modernes (juridiques et historiques). Corbin confond certaines notions.
En conclusion:
1) la forme d’exposition adoptée par Guénon pour contourner l’obstacle universitaire et pour faire passer certaines notions traditionnelles a écoué; en revanche le langage des suivants a été admis.
2) les nouveaux points de vue sur religions et ésotérisme ne sont “passés” qu’en abandonnant l’idée de faire admettre le point de vue intérieur d’une réalisation spirituelle.


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Federico Gonzales, René Guénon, (note de lectura)

Article paru dans Symbolos, no 23-24, 2002

Les kabbalistes disaient qu’un écrit peut être lu pas uniquement selon les lettres, mais aussi en fonction des pauses d’entre les mots.

Guénon a écrit pour rendre une chance aux Occidentaux qui cherchaient sincèrement une réalisation spirituelle.

„L'on a reproché à Guénon de ne pas s'occuper plus amplement de la pensée classique (grecque et romaine), voire du néoplatonisme ainsi que d'autres éléments de la culture indo-européenne. Les allusions à ces doctrines sont cependant nombreuses dans son œuvre, qui n'est en aucune façon encyclopédique ou systématique, mais offre au contraire subtilement les éléments et les règles qui permettent d'affirmer la Culture Occidentale et les courants qui la constituent en tant que véhicules de la Connaissance et voies de réalisation spirituelle, laissant aux soins du lecteur –ou de l'apprenti– la tâche de reconstruire et d'expérimenter, comme s'il s'agissait d'un puzzle, sans laisser de vide, la Philosophie Pérenne, ce qui équivaut à la rendre effective, c'est-à-dire à la sortie du labyrinthe et l'accès au centre, image de l'Axe.”

„Mais en réalité ce sont les extrémistes religieux, les faux prophètes et la corruption et la dénaturation des signes qui caractérisent non seulement le monde profane, mais aussi l'espace ésotérique, ces mafias refusant toute possibilité d'une véritable initiation et représentant la structure des signaux les plus graves et les plus caractéristiques de cette fin de cycle.”

Il est intéressant d’observer que l’un des mythes modernes diffusés par les médias et le cinéma est celui de l’engloutissement du Titanic dans les eaux de l’océan. Un autre mythe est celui de la disparition des dinosaures. Sur la peur concrète de chaos il faut rappeler le virus Y2K.

La post-modernité a laissé place à la pré-apocalypse.

Frithjof Schuon, Jean Reyer et Jean Borella sont des „maîtres de la confusion” qui veulent passer pour des guénoniens.


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René Guénon, Extracto a Pierre Collard

Extracto del 11 de octubre de 1938

Para la pregunta de vuestro amigo, me encuentro bastante apurado, por las mismas razones, puesto que él se interesa en la “mitología hindú”, (donde, por lo demás, no hay “personajes”, sino una expresión simbólica de principios), podría al menos recomendarle los trabajos de A. K. Coomaraswamy, pero desgraciadamente, la mayor parte están dispersos en múltiples publicaciones difíciles de encontrar...

Yo no he “abrazado” la religión musulmana, como algunos quieren hacer creer por razones que escapan a mi comprehensión; la verdad es que estoy vinculado a las organizaciones iniciáticas islámicas desde hace una treintena de años, lo cual es evidentemente algo muy distinto. No he visto el artículo de las “Nouvelles littéraires” al cual hacéis alusión, pero dudo bastante lo que pueda ser, si, a juzgar por otro que ha aparecido en “L´Intransigeant”, y que es un tejido de falsedades y perfidias; ¿qué se puede pensar de un individuo que pretende haberme encontrado, mientras que yo ignoraba incluso su existencia antes de ver el artículo en cuestión? No sé por otra parte lo que sería posible hacer para impedir ladrar a los perros, quiero decir a los periodistas difundir mentiras y ¡mezclarse en cosas que no les conciernen de ningún modo ni que las publiquen!

Citado anónimamente en Jean Tourniac, Presence de René Guénon. Según un fragmento citado en Pierre Feydel, Aperçus historiques touchant à la fonction de René Guénon, Milán, 2003, estaría dirigido a Pierre Collard.


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Bibliography Vali Reza Nasr

With Hamid Dabashi and Seyyed Hossein Nasr. Shi'ism: Doctrines, Thought and Spirituality Albany: SUNY P, 1988.

With Hamid Dabashi and Seyyed Hossein Nasr. Expectation of the Millennium: Shi'ism in History. Albany: SUNY Press, 1990

With Gholam Reza Afkhami. The Oral History Colelction of the Foundation for Iranian Studies. Washington: The Foundation for Iranian Studies, 1991.

Islamization of Knowledge: A Critical Overview. Islamabad: International Institute of Islamic Thought, 1992.

The Vanguard of the Islamic revolution: The Jama'at-i Islami of Pakistan. Berkeley: University of California Press, 1994.

Mawdudi and the Making of Islamic Revivalism. New York: Oxford University Press, 1996.


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René Guénon, Forme traditionale si cicluri cosmice, (breviar de idei)

La alcãtuirea acestei fise am utilizat volumul Formes traditionnelles et cycles cosmiques, apãrut la Gallimard, 1970.

01. Ciclul este procesul de desfãsurare al unei stãri oarecare a manifestãrii.

02. În cadrul fiecãrui ciclul existã cicluri minore. În virtutea legii corespondenti existã analogii între ciclul mare si pãrtile sale restrânse.

03. În teoria hindusã a ciclurilor cosmice, se numeste Kalpa dezvoltarea totalã a unei lumi, a unei stãri sau a unui grad al Existentei universale. Fiecare subdiviziune a unui Kalpa poartã numele de Manvantara. Fiecare Manvantara este o erã a lui Manu. Fiecare Kalpa contine 15 Manvantara. Suntem în al saptelea Manvantara al acestui Kalpa.

04. Ideea de a considera istoria oamenilor ca fiind izolatã de restul manifestãrii este în exclusivitate o istorie modernã si categoric opusã tuturor traditiilor, care afirmã dimpotrivã cã existã o corelatie necesarã si constantã între planul cosmic si planul uman.

05. Fiecare Manvantara este împãrtit în patru Yuga (Krita-Yuga, Satya-Yuga, Treta-Yuga, Kali-Yuga). Alte cicluri cuaternare: cele patru anotimpuri ale anului, cele patru sãptãmâni ale lunii, cele patru vârste ale vietii omenesti. În antichitatea greco-latinã se vorbea de patru vârste: de aur, de argint, de bronz si de fier.

06. Fiecare Yuga este marcatã de o degenerescentã în raport cu cea care o precede. Fiecare Yuga este mai scurtã decât cea care a precedat-o (dupã modelul 10= 4 + 3 + 2 + 1).

07. Suma 10 = 4 + 3 + 2 + 1 este numitã în hermetism problema inversã a “cuadraturii cercului”. Tetraktysul pitagorician 1 + 2 + 3 + 4 = 10 este numit în hermetismul occidental “circulatura cuadrantului”.

08. Dacã durata exactã a unui Manvantara ar fi determinatã cu exactitudine, fiecare ar putea extrage deductii permitând prevederea anumitor evenimente viitoare. Or, nici o traditie ortodoxã nu a încurajat vreodatã cercetãri prin intermediul cãrora cineva sã ajungã sã cunoascã viitorul într-o mãsurã mai mult sau mai putin exactã, acest tip de cunoastere având mai multe inconveniente decât avantaje veritabile.

09. Dupã surse hinduse, durata unui Manvantara este de 4320 (adicã 360 x 12), repartizatã astfel: Krita-Yuga – 1728, Satya-Yuga – 1296, Treta-Yuga – 864, Kali-Yuga – 432. Însã sensul exact al acestor cifre rãmâne obscur.

10. Baza principalã a perioadelor cosmice este durata de 25920 de ani, adicã perioada astronomicã a precesiunii echinoxurilor. [Conform definitiei, precesiunea echinoxurilor este o miscare conicã foarte lentã efectuatã de axa de rotatie a Pãmântului în jurul unei pozitii medii, datorate atractiei gravitationale a Soarelui si a Lunii asupra zonei ecuatoriale a planetei.] Deplasarea punctelor echinoxiale este de un grad la fiecare 72 de ani. Numãrul de 72 este un submultiplu al lui 4320 (72 x 60), iar 4320 este un submultiplu al lui 25920 (4320 x 6).

11. Perioada “anilor cosmici” care apare în toate traditiile este jumãtatea precesiunii echinoxurilor: între 12000 si 13000 de ani (durata exactã fiind de 12960 de ani).

12. Dincolo de cifre, stim cã ne aflãm în Kali-Yuga, si încã într-una din fazele cele mai avansate.

13. Conform anumitor date traditionale, înclinarea globului terestru face parte din “cãderea” omului. La originea ea n-ar fi existat.

14. Originea tuturor traditiilor este polarã, deci nici occidentalã, nici orientalã. Conform vedelor, locul de unde au migrat hindusii era unul cãruia soarele îi fãcea turul orizontului fãrã a apune vredatã.

15. Druizii erau posesorii unei traditii care continea o parte notabilã de provenientã hiperboreanã.

16. Traditia primordialã, de origine polarã în sensul literal al cuvântului, are ca punct de plecare începutul prezentului Manvantara. Traditia atlantã a fost o traditie derivatã si secundarã. Hiperboreea corespunde Nordului, Atlantida – Occidentului.

17. Traditia atlantã apartine celei de-a doua jumãtãti a prezentului Manvantara.

18. Se pare cã durata civilizatiei atlante a fost egalã celei unui “an cosmic”, înteles ca jumãtatea perioadei precesiunii echinoxurilor. Cataclismul care i-a pus sfârsit pare sã coincidã cu 7200 de ani înaintea anului 720 al Kali-Yuga, acesta din urmã fiind punctul de plecare al unei ere cunoscute.

19. Mostenirea atlantã poate fi gãsitã în traditia ebraicã, cea care concepe lumea ca fiind creatã la echinoxul de toamnã (prima zi a lunii Thishri), si poate aceasta este ratiunea cea mai evidentã a enuntãrii serii înainte de dimineatã în povestea zilelor Genezei.

20. Semnificatia numelui de Adam este “rosu”, traditia atlantã fiind exact cea a rasei rosii.

21. Se pare cã potopul biblic corespunde cataclismului în care a dispãrut Atlantida.

22. Este deosebit de dificil de determinat în ce fel s-a fãcut jonctiunea curentului venit din Occident, dupã disparitia Atlantidei, cu un alt curent coborât din Nord si provenind direct din Traditia primordialã, jonctiune din care au rezultat diferite forme traditionale în ultima parte a acestui Manvantara.

23. Orice reconstructie arheologicã a unei traditii nu poate înlocui datele oferite de cãtre traditiile vii, singurele care conteazã.

24. Sângele constituie una dintre legãturile organismului corporal cu starea subtilã a fiintei vii, care constituie propriu-zis sufletul sãu. [Trebuie adãugat faptul cã sufletul nu este totuna cu spiritul, la fel cum starea subtilã nu este aceeasi cu scânteia divinã din om.]

25. Asa cum focul este polarizat în luminã si cãldurã, starea subtilã este legatã de starea corporalã în douã moduri diferite si complementare: prin sânge în ceea ce priveste calitatea caloricã si prin sistemul nervos în ceea ce priveste calitatea luminoasã.

26. În cazul focului, lumina reprezintã aspectul superior, iar cãldura – aspectul inferior.

27. Se poate spune cã sângele este în raport direct cu latura inferioarã a stãrii subtile, de unde interdictia de a consuma sânge, absorbtia lui antrenând tot ceea ce este mai grosier din vitalitatea animalã, care poate antrena grave consecinte prin amestecul cu elementele psihice ale omului. Folosirea frecventã a sângelui în practicile magice, chiar în vrãjitorie, este explicabilã prin atractia entitãtilor “infernale” care are loc în conformitate cu natura acestuia.

28. Qabbalah înseamnã în ebraicã “traditie”, fiind vorba de o traditie esotericã si initiaticã. Talmudul reprezintã traditia pur exotericã, religioasã si legalã.

29. Validitatea oricãrei traditii este conditionatã de transmiterea regulatã si neîntreruptã prin intermediul unui “lant” de persoane autorizate. [Adicã ceea ce în crestinism se numeste “succesiune apostolicã”.]

30. Stiintele sacre apartinând unei forme traditionale date fac parte integrantã din ea, cel putin ca elemente secundare si subordonate, departe de a reprezenta adãugiri fãcute artificial.

31. Existã în zilele noastre tendinta de a nu tine cont de stiintele sacre, pentru cã nu sunt reductibile la nivelul “filosofiilor” sau a “misticismelor”, singurele care convin modernilor.

32. Este la modã în unele cercuri academice sã se punã Qabbalah ebraicã pe seama neo-platonismului grec, pentru cã existã un principiu conform cãruia totul vine de la greci. Aceastã idee este în întregime falsã, întâi de toate pentru cã spiritul iudaic n-a fost niciodatã deschis împrumuturilor, apoi pentru cã neo-platonismul, în ciuda unor idei esoterice, este o doctrinã pur exotericã.

33. S-a formulat o pretentie despre o asa-zisã origine greacã a esoterismului islamic. În realitate, doar filosofia este la arabi de origine greacã, în timp ce esoterismul nu poate fi asimilat acesteia.

34. Este perfect normal ca aceeasi stiintã sacrã sã se gãseascã în traditii diverse, cãci adevãrul, în orice domeniu s-ar gãsi el, nu este monopolul unei singure forme traditionale în detrimentul celorlalte.

35. Acolo unde existã asemãnãri între douã traditii, acestea se explicã mai putin prin “împrumuturi” cât prin “afinitãti” datorate unui ansamblu de conditii comune si asemãnãtoare (rasã, tip de limbaj, mod de existentã etc.).

36. Denominatiunile inventate de cãtre sistemele filosofiei moderne occidentale nu sunt aplicabile decât acesteia în exclusivitate. “Exportarea” lor cu scopul de a întelege doctrinele traditionale duce la o falsã cunoastere a acestora.

37. Ceea ce s-a pãstrat din hermetism nu constituie o doctrinã traditionalã completã. Este vorba de cunostinte nu de ordin metafizic, ci cosmologic, acesta din urmã fiind doar secundar si contingent, o aplicatie a doctrinei la cunoasterea “lumii intermediare”.

38. Magia este o stiintã (sau un grup de stiinte) destinatã sã producã fenomene mai mult sau mai putin extraordinare, mai ales dar nu exclusiv la nivel sensibil.

39. Magia este cea mai inferioarã dintre toate aplicatiile cunoasterii traditionale, cea mai dispretuitã, al cãrui exercitiu este abandonat celor ale cãror limitatii individuale sunt prea constrângãtoare pentru a le permite dezvoltarea altor posibilitãti.

40. Unul din semnele orbirii epocii noastre este faptul cã cei care stiu cu adevãrat sã citeascã simbolurile nu sunt decât o infimã minoritate. Dimpotrivã, prea multi “profani” se cred calificati sã interpreteze “stiinta sacrã”, pe care nu fac decât s-o racordeze dupã bunul plac al imaginatiei lor mai mult sau mai putin dezordonate.

41. Între “evolutionismul” antitraditional si acceptarea datelor traditionale, trebuie fãcutã o alegere inevitabilã, si orice compromis nu poate decât sã conducã la contradictii insolubile.

42. Chiar în cazul în care o stiintã traditionalã si o stiintã profanã au în aparentã acelasi obiect de studiu, punctul de vedere este totalemente diferit, si între cele douã existã o distantã incomensurabilã.


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