18 mars 2006

René Guénon: influence en Iran et en Turquie, (texte intégral)





Né en France, mort en Egypte où il passa la dernière partie de sa vie, René Guénon (1886-1951) est la figure de proue d'un courant critique à l'égard du monde moderne au nom de la Tradition éternelle et universelle. Son oeuvre a également un écho en dehors du monde francophone et occidental: l'influence qu’exerce sur certaines élites intellectuelles en Turquie et en Iran en est une bonne illustration.

En décembre 2001, l'association Politica Hermetica avait consacré à Paris un colloque à "René Guénon: lectures et enjeux". Comme d'habitude, les communications présentées à l'occasion de ce colloque - le seizième déjà - ont été publiées dans le volume annuel de la série Politica Hermetica.

Comme tout ouvrage collectif, il contient des textes variés, qu'il ne nous est pas possible de tous évoquer ici: il y est question - sous la plume de Jérôme Rousse-Lacordaire - de lectures catholiques de Guénon, un autre chapitre est consacré à Guénon et au bouddhisme (par François Chenique), une table ronde évoque la réception de René Guénon dans la franc-maçonnerie française...

Nous nous arrêterons uniquement ici à deux chapitres contenant des informations peu connues sur l'influence de Guénon dans certains milieux contemporains en Turquie et en Iran.

Comme le résume à la fin de son texte sur l'Iran Mark Sedgwick - enseignant à l'Université américaine du Caire et responsable du site Traditionalists.org - Guénon n'attire bien sûr pas des foules en Turquie et en Iran, mais il s'y est formé l'équivalent de son audience occidental: un milieu relativement modeste numériquement, mais important intellectuellement. Cela contraste avec son faible impact en Egypte, malgré les longues années qu'il y passa - et il suggère quelques raisons qui peuvent expliquer cette situation.

Spécialiste réputé des confréries soufies en Turquie et ailleurs, Thierry Zarcone - dont Religioscope a récemment évoqué le dernier ouvrage - se penche sur la réception de Guénon en Turquie. Si l'on trouve déjà une mention isolée du penseur français dans les années 1950, il faut attendre la fin des années 1970 et surtout les années 1980 pour voir Guénon et d'autres auteurs de l'école dite "traditionaliste" commencer à être connus de lecteurs turcs. Des versions turques de la Crise du Monde moderne et d'Orient et Occident commencent alors à circuler. Plusieurs articles de Guénon sont également traduits en turc par Mustafa Tahralï, professeur à l'Université d'Istanbul, qui avait découvert Guénon en France au début des années 1970, alors qu'il y préparait sa thèse. "Les principaux traducteurs de Guénon sont en règle générale des diplômés ou des enseignants des facultés de théologie islamique", souvent des spécialistes du soufisme (p. 128).

Cependant, il s'agit ici d'un soufisme de type "savant", comme celui dont Guénon lui-même se sentait proche, remarque Zarcone: en revanche, le monde des confréries (bien présent en Turquie malgré les turbulences de l'histoire contemporaine) "n'a absolument pas été réceptif à ses idées", ce que l'auteur de l'article explique par le "supraconfessionnalisme" de Guénon, qui ne peut guère exercer d'attrait sur ceux qui insistent au contraire sur le caractère musulman du soufisme et regardent "la religion du Prophète comme la seule acceptable" (p. 134). Pour d'autres raisons, la franc-maçonnerie ignore largement Guénon.

La découverte de Guénon par des intellectuels iraniens est un peu antérieure, explique pour sa part Mark Sedgwick. Il faut citer ici notamment le nom de Seyyed Hossein Nasr, qui vit aux Etats-Unis depuis la chute du Shah en raison des liens étroits qu'il avait accepté de développer avec le régime impérial. Sedgwick raconte notamment l'épisode de la création de l'Académie impériale iranienne de philosophie, une entreprise "traditionaliste" soutenue financièrement par l'impératrice Farah. Comme on le sait, plusieurs ouvrages de Nasr ont également été traduits en français.

Si Nasr est celui qui a introduit la pensée de Guénon et d'autres auteurs de l'école "traditionaliste" en Iran, les autres intellectuels iraniens contemporains influencés par ces idées sont loin d'avoir tous été des sympathisants de l'ancien régime en Iran. Au contraire, note Sedgwick, trois des sept membres du comité chargé par Khomeyni de la réforme des universités iraniennes après la Révolution islamique avaient lu Guénon avec intérêt. En fait, comme le montre Sedgwick, on trouve parmi les lecteurs iraniens de Guénon aussi bien des opposants en exil que des représentants de différentes tendances issues de la Révolution islamique, conservatrices aussi bien que libérales. Il se trouverait même des cercles intellectuels de la milice des basidjis pour vouloir le retour de Nasr en Iran, malgré ses orientations politiques passées.

La théorie de l'"unité transcendante des religions" soutenue par le courant "traditionaliste" a occupé une place non négligeable dans le débat qui a agité certains milieux intellectuels iraniens ces dernières années sur le pluralisme religieux, signale Sedgwick.

En définitive, remarque-t-il, ce n'est pas dans les pays les plus traditionnels du monde musulman que le courant guénonien a eu le plus d'impact, mais au contraire dans des pays plus "modernes". Il ne nous paraît pas impossible que cela s'explique aussi en partie par la présence d'élites intellectuelles ayant un bon niveau de formation selon les critères et méthodes académiques de l'Occident - mais sans doute les deux choses vont-elles de concert. (JFM)

Politica Hermetica - N° 16 - René Guénon: lectures et enjeux, Lausanne, L'Age d'Homme, 2002 (290 p.)
Signalons en outre que l'important livre de Mark Sedgwick, Against the Modern World: Traditionalism and the Secret Intellectual History of the Twentieth Century, est annoncé chez Oxford University Press pour septembre 2003. Pour plus de précisions sur le contenu de cet ouvrage: http://www.aucegypt.edu/faculty/sedgwick/trad/book.htm

http://www.religioscope.info/article_60.shtml


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Nicolae Berdiaev, La création, (fragment)

La source de l’extase créatrice et de l’aperception géniale est incluse dans l’énergie sexuelle: tout ce qui est authentiquement génial est érotique. Mais cette génialité créatrice est étouffée dans le courant sexuel qui aboutit à l’acte sexuel. C’est l’acte sexuel lui-même qui est contraire à toute génialité et à toute universalité; il reste toujours provincial. Si la génialité est pénétrée d’érotisme, elle n’est à aucun égard sexuelle au sens différencié et spécialisé de ce mot. Sans doute, un être de génie peut vivre une vie sexuelle différenciée, il peut s’adonner à la plus extrême débauche, mais la génialité en lui sera un obstacle à cette direction prise par son énergie sexuelle, et il y aura au fond de lui-même comme une profonde cassure. La génialité est incommensurable à l’aménagement des formes bourgeoises de la vie, au point que la vie de l’homme génial peut ne pas être une vie "naturelle". Ce sont ces profondes convulsions de la sexualité humaine qui doivent amener l’avènement de l’époque nouvelle créatrice.

(fragment de l’ouvrage Le Sens de la création, Un essai de justification de l’homme, 1916)

Pour la philosophie de la création, il est fondamental de reconnaître que l’homme ne se trouve pas dans un système achevé et stabilisé d’être; ce n’est qu’à cette condition que l’acte créateur de l’homme est possible et se comprend. Il y a aussi une autre thèse capitale, c’est que l’acte créateur de l’homme n’est pas seulement un regroupement et une nouvelle répartition de la matière du monde, n’est pas seulement une émanation, un écoulement de la matière primordiale du monde, n’est pas non plus une simple mise en forme de la matière dans le sens d’une superposition qu’on lui imposerait de formes idéales. À l’acte créateur de l’homme s’ajoute un élément nouveau, qui n’a jamais existé, qui n’est pas inclus dans le monde tel qu’il nous est donné dans sa constitution, un élément provenant d’un autre plan du monde et qui se fraie un passage, un élément qui n’a pas son origine dans des formes idéales éternellement données, mais dans la liberté, non point une liberté obscure, mais une liberté éclairée. La possibilité d’une puissance de création dans le monde témoigne de l’insuffisance de ce monde, d’une victoire continuelle sur lui, de l’existence pour lui d’une force partant d’un autre monde ou de couches plus profondes que ce monde de platitude. En outre, la puissance créatrice de l’homme atteste que l’homme appartient à deux mondes et qu’il est appelé à une situation royale dans le monde. Pascal prononçait une parole très profonde quand il disait que la conscience que prend l’homme de son néant est un signe de sa grandeur.
J’ai déjà dit que l’apparition de puissants créateurs ne pouvait être déduite du milieu ni expliquée par un rapport causal. Pouchkine ne pouvait être engendré par le milieu de son temps, et son apparition, de ce point de vue, doit être présentée comme un miracle. Et cela est vrai pour toute conception créatrice en elle expire toujours le vieux monde. Non seulement ce que crée le "moi", mais l’existence même du "moi" est déjà un effort créateur, un acte créateur synthétique. Gundolf a raison quand il dit que la puissance de création est une expression de toute la vie de l’homme. L’homme crée sa personne et dans la puissance créatrice il exprime cette personne. Dans l’autoconstruction du moi, de la personne, l’esprit humain accomplit un acte créateur de synthèse. Un effort créateur de l’esprit est nécessaire pour empêcher la désagrégation du moi, le dédoublement et la décomposition de la personne. L’homme n’est pas seulement appelé à la puissance créatrice comme activité dans le monde et sur le monde, mais il est lui-même puissance de création et sans cette puissance il n’a pas de personnalité. L’homme est un microcosme et un microthéos. Il n’est une personne que quand il ne veut pas être partie de quelque chose ou être composé de parties. La figure de l’homme est unité créatrice.

(fragment de l’ouvrage Essai de métaphysique eschatologique, 1947)

Il serait faux de croire que le culte de la création est celui de l’innovation et de l’avenir. Car l’acte créateur authentique n’est pas plus tendu vers l’ancien que vers le nouveau: il est dirigé vers l’éternel. Mais tout en étant orienté vers lui, il peut avoir pour résultat quelque chose de nouveau, l’innovation dans le temps n’étant que la projection, la symbolisation du processus créateur se déroulant dans la profondeur de l’éternité. La création peut donner le bonheur, mais celui-ci n’est qu’une conséquence; car jamais la félicité n’est la fin de l’acte créateur, qui connaît ses souffrances et ses tourments. L’esprit humain a deux tendances, deux orientations: l’une le portant vers la lutte, l’autre vers la contemplation. La création se déroule à la fois dans les deux; elle comporte une inquiétude et la contemplation marque en elle un temps de repos. Aussi est-il impossible de scinder ces deux tendances, ou de les opposer l’une à l’autre. Car l’homme est un être destiné à la lutte et à la manifestation de sa force créatrice, à la conquête d’un rang royal dans la nature, tout en étant un être destiné à la contemplation mystique de Dieu et des mondes spirituels. La contemplation ne nous apparaît comme étant passive, inactive, que par comparaison avec l’énergie que déploie la lutte dirigée vers le monde. Mais l’activité créatrice orientée vers Dieu équivaut à une contemplation. On ne peut pas conquérir Dieu au moyen d’une lutte active, analogue à celle que nous soutenons contre les éléments de la nature. Nous ne pouvons que le contempler à l’aide d’une orientation ascendante de notre esprit. Mais cette contemplation constitue notre réponse à l’appel divin. Car on ne peut voir dans la contemplation qu’un amour, qu’une extase d’amour; or, l’amour est toujours une création.

(fragment de l’ouvrage De la destination de l’homme, Essai d’éthique paradoxale, 1931)

La conscience messianique tournée vers l’avenir était propre aux Hébreux anciens; le regard vers le siècle d’or, c’est-à-dire vers le passé, était particulier aux anciens Grecs. Mais il y a une sphère dans laquelle le royaume messianique de l’avenir et le siècle d’or du passé se rapprochent l’un de l’autre et se fondent en un unique espoir. C’est pourquoi, quand on tourne un regard plus pénétrant vers l’activité créatrice, on peut dire qu’en elle il y a un élément prophétique: elle prophétise un autre monde, un autre état, transfiguré, du monde. Mais cela veut dire que l’acte créateur est eschatologique, qu’en lui s’exprime l’impossibilité de se contenter de ce monde qui nous est donné, qu’en lui ce monde finit et qu’un autre commence. Tout état créateur de l’homme est de cette sorte, même s’il ne produisait rien. L’importance de cet état pour la vie intérieure de l’homme consiste en ce qu’il dénote une victoire sur l’accablement, sur l’humilité, provoqués par la déchéance de ce monde, et la réalisation d’un essor. C’est pourquoi l’activité créatrice signifie la possibilité de surmonter ce monde, de dépasser l’être figé, elle signifie la possibilité d’une délivrance, d’une libération et d’une transfiguration. Les romantiques aimaient rattacher le processus créateur de l’artiste à l’imagination productive de type onirique. Cela est inadmissible sous la forme où l’affirmaient les romantiques, mais il y a là une part de vérité.

(fragment de l’ouvrage Essai de métaphysique eschatologique, 1947)


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René Guénon, Fragmentos de cartas a Louis Cattiaux

El Cairo 31 de enero de 1948

Estimado Señor,
Acaba de recibir vuestra carta, así como el ejemplar completo de vuestro libro*, el cual os agradezco. Cuando hable de él en los “Etudes Traditionnelles”, entiéndase bien que diré francamente lo que pienso de él como me pedís, y como demás hago siempre.
Por el momento, permitidme solamente plantearos una cuestión respecto a la disposición de vuestro texto en dos columnas paralelas: entre lo que aparece así confrontado, hay cosas cuya relación es bastante visible, y hay muchas otras por el contrario, para las cuales no aparece muy claramente; ¿os sería posible explicarme un poco cuáles han sido vuestras intenciones adoptando esta disposición?
Excusad estas notas escritas precipitadamente, y creed...

El Cairo, 24 de mayo de 1948

Estimado Señor,
Habría debido agradeceremos antes las nuevas explicaciones que habéis querido darme en vuestra carta del 7 de abril; me excuso por no haber podido hacerlo, habiendo estado un poco fatigado durante este tiempo.
La pluralidad de sentidos me parece ser una cosa completamente natural, pues es inherente a todo simbolismo, y desde que se apela a éste, no hay necesidad de quererla expresamente para que exista. Ahora, si comprendo bien, es el sentido alquímico el que consideráis en cierto modo como fundamental con relación a los otros; parecería según eso, que vuestro punto de vista se relaciona sobre todo con el orden “cosmológico”, bien que naturalmente ese sentido sea también susceptible de una transposición a un orden superior; pero me refiero a aquello con lo cual se relaciona directamente. Si habéis leído lo que he escrito con respecto al hermetismo en los “Aperçus sur l´Initiation”, podréis fácilmente comprender lo que quiero decir.
No puedo más que aprobar enteramente que hayáis modificado algunos pasajes que tenían un aire un poco demasiado enigmático. No hay que olvidar que ciertas indicaciones numéricas, que son cosa totalmente normal cuando uno se sirve de ciertas lenguas como el árabe y el hebreo (e incluso hasta cierto punto el griego, bien que estén mucho menos ligadas a su misma constitución), no lo son ya en las lenguas occidentales. En el alfabeto latino, el orden mismo de las letras no puede dar gran cosa, porque no corresponde a un valor numérico; por ello además es totalmente imposible, como quiera que pretendan algunos, calcular realmente el número de un nombre europeo. Por otra parte, hay que desconfiar de ciertas aproximaciones lingüísticas que son debidas a apariencias engañosas; así, Christos nada tiene en común con la raíz Kri, siendo ji y kappa en griego dos letras totalmente diferentes; en efecto, Cristo no es más que la traducción literal del hebreo Messiah. En cuanto a Cristóbal, no conozco ese nombre más que una deformación de Christophoros en español; no me explico pues el sentido que pensáis encontrar en él.
Lo que decía a propósito de los Evangelios es desgraciadamente demasiado verdadero; la mayor parte de los cristianos actuales parecen haber tomado la determinación de no ver en ellos otra cosa que trivialidades morales y sociales.
La traducción del “Tao-Te- King” por P. Salet es probablemente la más defectuosa de todas; este hombre, que es un astrónomo de profesión, ha traducido así todo tipo de textos sin conocer las lenguas en que han sido escritos, haciendo simplemente una especie de media, lo que no es un procedimiento muy serio... Es cierto que ninguna traducción puede ser enteramente satisfactoria, pero es lo mismo para todos los libros Tradicionales sin excepción.

El Cairo 7 de octubre de 1948

Acabo de recibir vuestra carta del 31 de agosto, que ha debido cruzarse con mi respuesta a la precedente, pues me parece os he escrito hacia mediados de último mes.
Como podéis pensar, no estoy en absoluto sorprendido de la acogida hecha a vuestro libro; ya se trate del clero, de la universidad o de otros medios, por todas partes está la misma mentalidad estrecha y limitada, salvo muy raras excepciones. Aún hay que estimar que felizmente no se trate más que de aislamiento como decís, sin manifestación de una hostilidad más “actuante”. En lo que me concierne, en los últimos tiempos que estuve en Francia, eso era verdaderamente insostenible de todas las maneras; felizmente, desde que estoy aquí, todo el mundo no puede más que ladrar, lo que es evidentemente mucho menos molesto.
En cuanto a la cuestión que me planteáis, debo confesaros que estoy un poco apurado para responderla. En los países islámicos, la gente que se interesa en las cosas de este orden no conoce generalmente ninguna lengua europea; los otros están demasiado “occidentalizados” o “modernizados”, lo que es igual en el fondo. En la India, es preciso al menos que un libro esté escrito o traducido en inglés para poder alcanzar un público más o menos extenso, pues los que saben allí francés son un número ínfimo. Hay todavía una dificultad de otro género: y es que la forma de vuestra obra es demasiado diferente de os modos de expresión de las tradiciones orientales para que sea asimilable tal cual es.
Yo diría incluso que no sería traducible, y que sólo se podría considerar más que una suerte de adaptación, lo que necesitaría evidentemente un trabajo considerable. Sin embargo, si la traducción inglesa de la que me habéis hablado se editara en América, podrías quizá intentar hacerla penetrar en la India; pero verdaderamente no veo demasiado lo que sería posible hacer aparte, a menos que haya circunstancias más satisfactorias, pero hay que ver las cosas como son: en el dominio puramente metafísico, se pueden siempre encontrar en todas las tradiciones equivalencias exactas, pero no es lo mismo cuando se trata de un punto de vista cosmológico como aquel al que se refiere el hermetismo.
Como quiera que sea, deseo que a pesar de todo no os dejareis descorazonar demasiado fácilmente por la lamentable mediocridad del mundo occidental actual; hay que pensar que se trabaja para algunos solamente, y no preocuparse de los otros.
Creed, os lo ruego, en mis sentimientos muy cordiales

El Cairo 7 de febrero de 1949

Por lo que hace al prefacio de Lanza del Vasto, es cierto que, cualesquiera que sean sus cualidades, no presenta una relación muy directa con el libro mismo; yo creo que en el fondo, después de todo lo que se me ha dicho de él, está mucho más preocupado por realizaciones sociales que por cuestión de doctrina; por lo demás, ¿habría podido tomar a Gandhi como su maestro si fuera de otro modo?
Sin duda, la inteligencia y la comprehensión de los medios literarios no llegan muy lejos, y se puede decir otro tanto de la de los medios universitarios; tampoco podría sorprenderme de la estupidez prodigiosa que habéis destacado en el prefacio de esta traducción del Corán de la que yo ignoraba hasta ahora su existencia, lo mismo que ignoraba totalmente el nombre de Octave Pesle; se puede verdaderamente esperar todo por parte de tales gentes. Es risible, en efecto, pero es también peligroso, porque el común de los lectores cree demasiado fácilmente en la competencia de esos imbéciles diplomados y acepta ciegamente todas sus ideas falsas. No se sabrá nunca todo el mal que los orientalistas han hecho desde ese punto de vista, y hasta qué punto han impedido toda verdadera comprehensión de las doctrinas tradicionales entre muchas gentes que habrían sido capaces para ella si no hubieran sufrido la influencia de sus escritos; por lo demás, ellos no hacen ahí, aunque inconscientemente lo más a menudo, que cumplir muy exactamente el papel que les es asignado en la empresa de falsificación de la mentalidad actual...
Fuera de tales consideraciones, hay que decir también que una traducción del Corán, como por lo demás de todas la Escrituras sagradas, es en realidad una cosa totalmente imposible; quiero decir que la mejor traducción concebible no podría nunca verter más que el sentido más exterior, lo que evidentemente es por completo insuficiente, puesto que lo que se escapa forzosamente es incluso en el fondo ¡lo que hay de más esencial!

El Cairo 2 de abril de 1949

Para las Escrituras sagradas, es muy cierto que no se puede ver contradicción entre ellas más que en la medida que no se las comprende. En cuanto a las traducciones, es verdadero que incluso las peores no pueden no dar a pesar de todo alguna cosa con sentido; pero ¿no pensáis que ellas no son utilizables más que por aquellos que tienen ya datos suficientes, y que arriesgan sobre todo el extraviar a los otros?
Yo no sabía que Lanza del Vasto continuaba su experiencia, pues había oído decir que los primeros resultados conseguidos eran más bien descorazonadores. Se me ha dicho también (pero no sé si es cierto) que había acudido recientemente a Gurdjieff, pero que se había retirado casi enseguida, no pudiendo admitir las vejaciones y brutalidades a las cuales todo el mundo está expuesto por parte de tal personaje; ello, en todo caso, concordaría muy bien con lo que sé de los singulares métodos de éste.

El Cairo 8 de junio de 1949

Estimado Señor,
(...)
Os agradezco el ofrecerme tan amablemente el envío de un marco para vuestra pintura, pero cuanto más lo pienso más me parece casi imposible que arribe sin accidente, de modo que en definitiva valdrá más que encuentre un medio para arreglar eso aquí mismo. Para la materia del centro, habláis de un “exudado de roca”; eso me recuerda algo de lo que he oído hablar antaño, que algunos hermetistas llamaban “mantequilla de montaña” y a la cual parecen atribuir gran importancia; me pregunto si no se tratará de la misma sustancia...
(...)
Decía que no hay azar; no solamente estoy enteramente de acuerdo con vos al respecto, sino que incluso me parece algo totalmente evidente; en el fondo, el azar no es más que una seudo idea inventada por los occidentales para no confesar que hay cosas cuyas causas se les escapan, o que rechazan plegarse a su manía de las explicaciones racionales.
Os felicito por vuestra admiración por el Corán, que prueba que, a pesar de toda la imperfección de las traducciones, sentís su significación real; es igualmente una lástima que no hayáis persistido en vuestra intención de aprender el árabe, lo que os habría sin duda permitido encontrar ahí mucho más aún...
(...)
Yo no sabía que Lanza del Vasto había estado también con Ivanoff; también un personaje muy siniestro y que ha hecho numerosos engaños; parece incluso que, a pesar de lo que le ha ocurrido, algunos no están de vuelta, y se proponen obtener su rehabilitación. Gurdjieff es de un género muy distinto, pero no menos inquietante; ejerce sobre sus discípulos una verdadera fascinación, que testimonia seguramente una fuerza psíquica poco ordinaria, pero que, espiritualmente, es un signo muy desfavorable; por lo demás, todos los pretendidos “maestros” que no surgen de una forma tradicional determinada, son por ello mismo a evitar pura y simplemente.

El Cairo 7 de octubre de 1949

En lo que concierne a los críticos de arte, religiosos o no, no creo, ¡ay!, que haya gran cosa que hacer para acabar con la incomprehensión de la que dan prueba, salvo muy raras excepciones. Es demasiado cierto también que la mayoría de los cristianos actuales limitan su horizonte al punto de vista que se designa con el nombre bárbaro de “historicismo”, en cuanto a la doctrina, es evidente que ello no les interesa en manera alguna.
He destacado frecuentemente que, cuando algunos hablan de ”trascendencia” del Cristianismo, lo que entienden por tal es justamente la negación de toda verdadera trascendencia, quiero decir de toda significación profunda; me pregunto lo que podría haber de trascendente en las banalidades morales y sociales en que se complacen exclusivamente. La verdad es que el espíritu moderno se infiltra cada vez más por todas partes, incluso en lo que debería serle más radicalmente opuesto; un ejemplo verdaderamente espantoso, es esta “reorganización de las órdenes religiosas” de la que se habla actualmente y que, equivale de hecho muy simplemente a la desaparición de las órdenes contemplativas como tales; cuando se ven cosas así, ya no puede sorprender nada...

El Cairo, 30 de noviembre de 1949

Lo que decís de la influencia persistente del racionalismo cartesiano en Francia es demasiado verdadero; solamente permitidme deciros que me sorprendo del valor que parecéis atribuir a Krishnamurti. Debo reconocer que éste me ha sido simpático en una determinada circunstancia, cuando ha tenido el coraje de desprenderse de los dirigentes teosofistas y de sus proyectos “mesiánicos”; pero eso es todo, y no prueba evidentemente nada desde otro punto de vista. Sus “enseñanzas” son algo tan vago e inconsistente como es posible, sin ninguna base doctrinal sólida, y donde cada uno puede encontrar lo que quiera (eso me ha hecho pensar siempre, en ciertos aspectos, en la filosofía de Bergson); en cuanto a su actitud claramente antitradicional de oposición a todos los ritos, es el peor signo posible para alguien que pretende desempeñar un papel de guía espiritual.
(...)
El grupo del “Simbolismo Cristiano”* está ciertamente animado de las mejores intenciones, le falta solamente tener datos suficientemente bien establecidos, de modo que acogen cosas muy desiguales, pero quizás un poco más experiencia podrá remediarlo eso. Por otro lado, hay dificultades desde el punto de vista financiero, de suerte que su revista no puede aparecer más que muy irregularmente; no hay desgraciadamente lugar para sorprenderse por ello, pues los que se interesan en tales cuestiones son no solamente bastante raros, sino también, como decís, muy dispersos y difíciles de alcanzar.
Sí, en nuestra época, donde todo está industrializado y comercializado, los médicos no piensan apenas más que en sus intereses, y los fabricantes de medicamentos “de moda” lo mismo; pero hay también en el lanzamiento de ciertos productos algunos intríngulis, de los que probablemente quienes los recomiendan son generalmente inconscientes, y que son todavía menos tranquilizadores...

El Cairo 2 de enero de 1950

Me complace ver que en el fondo estamos bien de acuerdo en lo que concierne a nuestra apreciación de Krishnamurti; yo había creído comprender, por lo que me decíais la otra vez, que lamentabais que no hubiera tenido éxito en Francia como en América, y eso es lo que me había sorprendido. La verdad es que en América no importa cuál empresa seudo espiritual encuentra siempre una clientela, y es incluso tanto más numerosa y entusiasta cuando se trata de algo más “simplista” y vacío desde el punto de vista intelectual... o más extravagante, pues las fantasmagorías de todo tipo prenden allá con una increíble facilidad.
(...)
La proximidad del fin del ciclo presente no tiene duda para ninguno de los que tienen conocimiento de ciertos datos tradicionales, todos concordantes en el mismo sentido; la aceleración sin cesar creciente de la que habláis no es dudosa, es incluso fácil de comprobar en todo lo que pasa a nuestro alrededor; yo lo he indicado, por lo demás expresamente en diversas ocasiones, y sobre todo en el “Règne de la Quantité”.
(...)
En cuanto a las reacciones hostiles del ambiente con respecto a los que buscan escapar a él de una u otra manera, son cosas totalmente naturales en suma, pero no por ello son menos molestas, sobre todo cuando, como parece serlo para vos, encuentran un soporte en el entorno inmediato.
La confusión del “reposo del ser”, es decir, del estado no-manifestado con la Nada, es bien evidente en efecto, en los filósofos modernos (seudo-metafísicos), y más particularmente en aquellos que, como Bergson, pretenden poner toda la realidad en el devenir. Ya he oído hablar de ese existencialismo cristiano al que se remite, parece, Kierkegaard (del cual no sé por lo demás gran cosa); he oído incluso decir que Maritain y Gilson se habían puesto de acuerdo para sostener que el tomismo mismo ya era un existencialismo: pero para saber lo que se quiere entender exactamente por “existencialismo”, debo confesaros que no he podido lograrlo. He intentado leer “El Ser y la Nada” de Sartre; eso no es para mí más que verbalismo puro y simple, adornado con inverosímiles complicaciones psicológicas; decididamente, la filosofía es algo bien poco interesante en el fondo,,,
Os agradezco la consideración cosmológica que me exponéis al final de vuestra carta; si comprendo bien, se viene en suma a decir que lo no-manifestado es superior a lo manifestado, lo que es en efecto una noción totalmente evidente desde el punto de vista de la metafísica tradicional, y que, consecuentemente, toda manifestación puede ser considerada como una “caída”. O al menos como un “descenso” (para ello no es incluso necesario que tenga lugar en la materia, si es que sea susceptible de tener un sentido bien preciso, lo que me parece bastante dudoso).
Solamente que yo prefiero decir no-manifestado allí donde decís “ser en reposo” y “ser en acto”, porque lo que se opone habitualmente al acto es la “potencia”, y no puede haber ninguna potencialidad en el estado principial; es al contrario en las “tinieblas exteriores” donde se encuentra la potencialidad pura, y en realidad lo manifestado, puesto que de ella participa, no puede jamás estar completamente “en acto”. Añado aún que lo no-manifestado va más allá del Ser, al tiempo que éste no es propiamente más que el principio de la manifestación universal; pero, aparte toda cuestión de terminología, me parece que estamos muy de acuerdo aquí sobre lo esencial; me diréis si estas observaciones responden bien al sentido que tenéis in mente.

El Cairo 20 de febrero de 1950

El –Khidr no es exactamente el mismo que Melquisedec (Melki-Tsedek), bien que hay entre ellos una relación bastante estrecha la diferencia es la que existe entre la vía iniciática que surge del “Polo” y la de los Afrâd, siendo esta última además excepcional. En la Kábala, hay algo similar con los dos hermanos “dotados de perpetua juventud”, Metatron y Sandalfon.

Lo esencial, como decís, es estar de acuerdo en el fondo. La palabra “alquimia” da lugar, en efecto, en la mayoría de la gente, a la confusión de la que habláis, y varias veces lo he señalado; creo que “hermetismo” convendría mejor (o bien se podría decir "alquimia espiritual” para evitar todo equívoco). “Gnosis” tiene un sentido mucho más extenso, y por otra parte tiene el inconveniente de que muchos confunden “gnosis” y “gnosticismo”, lo que sin embargo no es la misma cosa: En cuanto a la “tradición primordial” la expresión no sería aplicable en ese caso, pues no se trata en realidad más que de una forma derivada, como además lo son todas las que se puede conocer actualmente.
A propósito de Krishnamurti, acabo de saber que ha dejado California para retornar a la India; ¿Qué podrá hacer allí sino añadir más desorden del que ya causa ahora como en todas partes la invasión de las ideas modernas? En cuanto a los Americanos, es demasiado cierto que acuden a todo indistintamente, y parece incluso que cuanto más extravagante es una cosa, más ocasión tiene de lograr algo entre ellos; tal es en cierto modo la contrapartida de su mentalidad de hombre de negocios, y son como los dos polos opuestos de un mismo estado de desequilibrio.
El complementarismo, (más bien que la oposición) entre la potencia y el acto pertenece a las terminologías aristotélica y escolástica; la potencia tiene aquí el sentido de “potencialidad”, que no tiene nada en común con el otro sentido según el cual Dios es designado como el Todopoderoso (lo mismo que por otra parte, el acto de que se trata nada tienen que ver con la acción); esas acepciones diferentes para un mismo término (y hay muchos otros ejemplos en las cuales ello es todavía más molesto) muestran bien la insuficiencia de todo el vocabulario occidental, comprendido incluso aquel que se ha esforzado en ser más riguroso. El “espejo oscuro” me parece corresponder exactamente a la pasividad universal, pero por otro lado es, en el fondo, idéntico a la pura potencialidad.
¿Es muy exacto decir que la sal es solamente la unión del azufre y del mercurio, o no es más bien el producto de esta unión? La confusión filosófica del ser no-manifestado con la nada es sin duda enorme, pero hay que percatarse de que todo lo que los hombres son incapaces de concebir (y el horizonte intelectual de los filósofos modernos está muy estrechamente limitado, no puede en efecto aparecerles más que como la nada
(...)

El Cairo, 20 de marzo de 1950

El vocabulario occidental ha sido siempre más o menos insuficiente y se ha prestado a muchas confusiones, puesto que incluso una terminología que quiere ser tan precisa como la de los escolásticos no está exenta de ellas: pero eso se ha agravado en los tiempos modernos. La grosera simplificación cartesiana sin duda tiene mucho que ver, pero ¿no pensáis que no habría podido ser adoptada tan fácil y tan generalmente si no hubiera respondido a cierta mentalidad que existía ya en Occidente y a la cual no ha hecho más que dar una expresión más nítidamente definida? No creo que una filosofía pueda “prender” si no es como una “cristalización” de tendencias preexistentes, mucho más que el punto de partida de una nueva orientación de la mentalidad.
Como quiera que sea, no es menos cierto que es sobre todo desde Descartes cuando los occidentales no han ya sabido hacer ninguna distinción entre el “alma” y el “espíritu”, habiendo tomado esas dos palabras indistintamente y aplicándolas de una manera tan vaga y confusa como es posible. No recuerdo quién (quizás es Leibniz, pero no estoy seguro) ha escrito que “no hay cosa tan absurda que no haya sido dicha por algún filósofo”; sin duda es demasiado verdadero.
Estamos muy de acuerdo en lo que concierne a la sal; pero no me explico bien que habléis del “azufre terrestre” y del “mercurio celeste”: eso no viene a hacer a la tierra masculina y al Cielo femenino, frente al simbolismo tradicional más generalmente admitido? (digo más generalmente porque parece que la tradición de los antiguos egipcios sea la excepción; pero se saben realmente tan pocas cosas de ella que es imposible conocer la razón de esta anomalía al menos aparente y bastante sorprendente a primera vista).
(...)

El Cairo 24 de abril de 1950

En cuanto a la historia de ese joven pintor reprochándoos el no querer divulgar vuestros conocimientos, está muy conforme, efectivamente, a la mentalidad actual; se reconoce ahí esta característica de nuestra época que yo he llamado “el odio por el secreto”, y que se manifiesta en todas las circunstancias.
Por lo referente a la ciencia moderna, como es puramente exterior y superficial, es evidente que el secreto ahí carecería de objeto, a menos que no se tratase simplemente de reservarse el monopolio de una invención cualquiera, lo que no concierne por otra parte en realidad más que al orden de las aplicaciones industriales.
(...)
Tenéis razón en no perder vuestro tiempo en ir a escuchar a Krishnamurti, pues no hay nada que sacar de las vagas banalidades que despacha; su origen hindú contribuye a darle prestigio entre mucha gente, pero él es completamente ignorante de las doctrinas tradicionales, habiendo recibido una educación exclusivamente anglosajona y habiendo vivido siempre, salvo en su infancia, en Europa o en América. Para mi, no puedo considerarlo más que como un producto del occidente actual.
Bien entendido, la separación de lo espiritual y de lo corporal es una concepción totalmente moderna; su primera formulación explícita es en suma el dualismo cartesiano.
Sin duda que la cuestión del azufre es muy compleja, pues ahí hay varios aspectos diferentes; sería interesante situarlos exactamente los unos con relación a los otros, pero evidentemente eso no es fácil...

El Cairo 7 de mayo de 1950

No es sorprendente que haya una censura aquí, pues, si en Europa no estáis ya en estado de guerra desde hace largo tiempo, nosotros lo estamos siempre al no estar firmada la paz entre Egipto y el Estado de Israel. Entiéndase bien, ello no puede ser molesto más que para la gente que se ocupa de política o de comercio; en cuanto a los que son como vos, es evidente que no les concierne en nada.
(...)

El Cairo, 4 de noviembre de 1950

Hay también, en vuestra carta misma, algo que, para decirlo francamente me parece más bien inquietante; y es cuando habláis de vuestro libro como “escrito bajo la inspiración de Dios”. Sin duda hay muchos tipos de inspiraciones, e incluso la que viene directamente de los mundos superiores no es forzosamente divina por ello, pues ahí hay todavía una multitud de grados intermedios; en efecto, sólo los libros sagrados de las diferentes tradiciones son verdaderamente inspirados por Dios, y no debe ya haber ningún Profeta hasta el fin del ciclo actual, que además no está quizás muy alejado... Por otro lado, si consideráis vuestro libro como inspirado, ¿cómo es que habéis osado aportar después adiciones y modificaciones como habéis hecho? Hay ahí también algo que confieso no comprender.


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Nicolae Berdiaev, Sfârşitul Renaşterii, (note de lectura)

Ediţia în limba română a apărut la Editura Omniscop, Craiova, 1995. Prezenta lucrare reproduce ediţia apărută în 1936, în traducerea prof. Măria Vartic, sub auspiciile Arhidiocezei Sibiu.

Sfârşitul Renaşterii
I
Istoria clasică ia sfârşit, noi ieşind din Istorie. Acest lucru a devenit evident când a izbucnit războiul mondial. Ritmul Istoriei a devenit catastrofic.
“Oamenii care presimţeau viitorul aveau de mult conştiinţa că erau iminente catastrofe şi distrugeau simptomele spirituale ale acestora, sub aparenţele unei vieţi liniştite şi bine întocmită. Aceasta, pentru că evenimentele se desfăşoară în realitatea spiritului înainte de a se manifesta în realitatea externă a Istoriei. A fost ceva clătinat şi distrus în sufletul omului modem, înainte de a se fi zguduit şi distrus valorile sale istorice. Şi faptul că azi întregul univers intră în disoluţie nu trebuie şă mire pe cei care au fost atenţi la transformările spiritului.” (p. 24)
Tot ce părea stabil în modernitatea europeană se deplasează în nici o parte. Toate erupţiile sunt posibile, în sens material şi spiritual.
Teoriile progresului, care au sedus secolul al XIX-lea, se dovedesc lipsite de credibilitate. Mai binele şi mai frumosul nu sunt în viitor, ci în eternitate şi în trecut.
Istoria modernă, cea care se încheie, a fost concepută în epoca Renaşterii. Asistăm la sfârşitul Renaşterii, corespunzător sfârşitului umanismului care i-a servit drept bază spirituală. Posibilităţile acestei întreprinderi s-au sleit.
Întreaga Istorie modernă a fost o dialectică modernă de autorevelaţie, apoi de autonegaţie a propriilor principii. Umanismul este minat de scepticism, după ce, în loc să-l întărească pe om, l-a minat.
Ulrich Hutten, în zorii Istoriei moderne, a spus: “Spiritele s-au trezit. E bine de trăit.” Astăzi, nu se mai poate spune acelaşi lucru.
“Istoria modernă e o întreprindere care nu a reuşit, care nu a glorificat pe om, cum a lăsat pe acesta să nădăjduiască. Făgăduinţele umanismului nu au fost ţinute. Omul încearcă o oboseală imensă şi e cu totul gata să se sprijine pe orice fel de colectivism în care ar dispare definitiv individualitaea omenească. Ornul nu-şi poate îndura părăsirea sa, singurătatea sa.” (p. 26)

II
Odată cu Renaşterea, forţele omului s-au dezlănţuit. A vrut să fie stăpânul său, fără ajutor de Sus. A părăsit deci religia, în umbra căreia a trăit în Evul Mediu.
Trufia umanismului a fost o fatală rătăcire, un abuz de sine însuşi, pornit de la o autonegaţie virtuală a omului şi a căderii sale.
Din momentul în care s-a rupt de centrul spiritual, omul s-a racordat la false centre periferice, pierzând profunzimea în favoarea unei superficialităţi trecătoare.
Existenţa tridimensională a omului tradiţională este înlocuită cu existenţa bidimensională, fără verticalitate, a modernului.
Extraordinarul avânt artistic al Renaşterii este explicabil având persistenţa filoanelor creştine şi medievale, încă nesecate. Renaşterea nu era încă o epocă pe deplin păgână.
În istorie, o renaştere este cu putinţă, dar sub forma unei introspecţii a modelelor reputate, nu a unei retrăiri, a unei restaurări având ca obiect o epocă moartă. Degeaba s-a considerat Friedrich Schlegel un medieval, degeaba s-au crezut oamenii Renaşterii nişte antici.
Înaintea Renaşterii păgâne, există o Renaştere medievală, o trezire a posibilităţilor creatoare sub suflul creştinismului. Din aceasta din urmă fac parte: arta gotică, pictura primitivilor italieni, Sfinţii Dominic şi Francisc, Ioachim de Flore şi Sfântul Thomas d’Aquino, Dante şi Giotto. Ei alcătuiesc împreună Trecento, punctul culminant al gândirii europene.
În Quattrocento are loc coliziunea dintre principiile creştine şi cele păgâne. Are loc concomitent un eşec al Renaşterii pur păgâne în epoca creştină. Nu e de mirare că arta renascentistă s-a îndreptat spre un academism fără viaţă.
“Umaniştii epocii Renaşterii nu au rupt în mod absolut cu creştinismul; nu s-au ridicat contra Bisericii, dar starea lor religioasă a fost răceala şi indiferenţa. Ei nădăjduiau să descopere pe om îndreptându-se hotărât spre această lume şi întorcând spatele celeilalte. Şi prin aceasta au pierdut profunzimea. Omul descoperit de ei, omul Istoriei noi, nu va fi profund, ci va fi constrâns să rătăcească la suprafaţa vieţii. Pe această suprafaţă, liberă de orice legătură cu profunzimea, omul va încerca să-şi experimenteze forţele creatoare. Va produce mult, dar va sfârşi prin a se epuiza şi prin a pierde credinţa ce şi-o pusese în sine însuşi. Nu era un efect al întâmplării faptul că individualitatea omului în secolul al XVI-lea se manifestă prin crime odioase. Umanismul a putut elibera energiile omeneşti, dar nu se poate spune că, spiritualiceşte, a ridicat pe om; dimpotrivă, l-a secat.” (p. 30)
Renaşterea nu a reuşit şi nu putea reuşi, pentru că problema pusă de ea este insolubilă. Iar ceea ce s-a realizat este cu totul altceva decât s-a dorit şi imaginat. A fost probabil greu de imagiant, pentru cei vinovaţi de ruperea cu profunzimile spirituale, că vor urma: masinismul, materialismul, pozitivismul, socialismul, sleirea energiei spiritual-creatoare.
Renaşterea l-a negat pe omul spiritual, creator prin excelenţă, şi l-a afirmat pe omul natural, sclav al necesităţii. Triumful acestui tip uman trebuia să ducă la sterilitatea creatoare.
Reîntoarcerea omului Renaşterii spre natură n-a însemnat o participare interioară, ci o supunere la materialitatea naturii.
“Renaşterea închidea în ea însăşi sămânţa morţii; iată pentru ce se găsea, la temelia ei însăşi, contradicţia distructivă a umanismului, a acestui umanism care, pe de o parte, ridica pe om şi îi atribuia puteri nelimitate şi, pe de altă parte, nu vedea în el decât o fiinţă mărginită, neştiutoare de libertatea spirituală.” (p. 31)
Renaşterea a descoperit forţele creatoare ale omului ca fiinţă naturală, nu spirituală. Acest joc creator s-a apropiat de deznodământ în secolul al XIX-lea.
Umanismul lui Feuerbach şi a lui Auguste Comte, apostolii “religiei umanităţii”, nu mai are nimic în comun cu cel al Renaşterii. Este un umanism epuizat, debilizat.
Tot ce a fost grandoare autentică în Renaştere, avea o legătură cu Evul Mediu creştin.

III
Întreaga mare activitate creatoare europeană era, fundamental, creştină şi catolică. Cât despre catolicism, era saturat de antichitate, într-atât încât nu avem dreptul să spune că Renaşterea a redescoperit-o.
Ascetismul medieval a fost o excelentă instrucţie pentru creaţie, o concentrare a puterilor creatoare.
Cele două surse ale umanismului sunt antichitatea şi creştinismul. Degenerarea sa a început atunci când omul a încetat să mai fie înfăţişat fără Dumnezeu, apărând împotriva lui Dumnezeu.
Umanismul, rupând-o cu creştinismul, o rupe şi cu antichitatea, distrugându-l de două ori pe om. “Tradiţia sacră a culturii e legată prin mii de fire de tradiţia sacră a Bisericii creştine şi o rupere completă cu această tradiţie duce la decăderea culturii, coborând calitatea acesteia. Epuizarea Renaşterii în Istoria contemporană, slăbirea energiei sale creatoare sunt urmările îndepărtării sale şi de creştinism şi de antichitate; şi toate acele renaşteri parţiale pe care istoria noastră le-a cunoscut au fost o întoarcere şi la creştinism şi la antichitate.” (p. 33)
Reforma este rezultatul temperamentului rasei germanice din Nord, înzestrată cu o mare adâncime spirituală. Reforma nu e o creaţie religioasă, ci o revoltă sterilă din punct de vedere teologic.
Tot ce a fost profund şi autentic religios în Reformă, ţine până la urmă de catolicismul originar. La baza ei s-a aflat o sete de reînnoire spirituală în chiar interiorul catolicismului, dar pe care negaţia autorităţii a anulat-o.
Revolta Reformei a condus la “luminile” secolului al XVIII-lea, la raţionalism, la revoluţie, la socialism şi la anarhism. Deja, în aceste etape ale Istorie, avântul creator al Renaşterii este secat.
Secolul al XVIII-lea este pedeapsa Renaşterii, răscumpărarea pentru păcatele orgoliului umanist.

IV
Pentru a se ajunge la Renaştere, a trebuit ca forţele creatoare să se adune din belşug. Modernitatea le-a cheltuit pe toate, odată cu iluziile umaniste.
Toate realizările istoriei reprezintă tot atâtea eşecuri formidabile. În viaţa istorică a umanităţii niciodată nu s-a realizat ceea ce omul şi-a propus ca scop.
Reforma, “Luminile”, pozitivismul secolului al XIX-lea sunt descompuneri ale Renaşterii.
“Avem puternice motive să credem că puterile creatoare ale omului nu pot fi regenerate şi identitatea omului restabilită decât printr-o nouă epocă de ascetism religios. Numai o astfel de epocă, singură o astfel de epocă, revenind la sursele spirituale ale omului, va putea să concentreze toate puterile acestuia şi să împiedice ca identitatea sa să se pulverizeze cu totul.” (p. 36)
Trebuie admisă legea că omul, într-o existenţă limitată, nu poate crea frumosul decât dacă crede într-o existenţă nemuritoare, absolută, nelimitată. Raportul exclusiv al omului cu existenţa terestră îl face sec şi superficial.
Istoria modernă a fost clădită pe iluzia că personalitatea omului putea înflori fără ajutorul marilor curente de ascetism religios.
Individualitatea omului este puternică atunci când admite realităţi şi valori supraindividuale.
Umanismul pusese o problemă colosală, cea a omului. Faptul nu era negativ în sine. Soluţia corectă a problemei era ca, în libertate, omul să-l accepte pe Dumnezeu. Din nefericire, nu a fost aşa.

V
Sociologismul extrem al modernităţii nu este decât o altă faţă a individualismului extrem. Socializarea transformată în religie este deznodământul incontestabil al Renaşterii.
Identitatea omenească dispare în abstracţie şi izolare. Or, procesul umanismului este cel al unei dezorganicizări, omul modern fiind un atom răzleţ.
În absenţa graţiei divine, nu există viaţă concretă, numai existenţă abstractă.
Cei doi care domină forma gândirii moderne, Fr. Nietzsche şi Karl Marx, ilustrează autonegarea şi autodistrugerea umanismului. Primul este exponentul individualismului abstract, cel de-al doilea, al colectivismului abstract. Supraomul înlocuieşte la Nietzsche pe Dumnezeul pierdut. Marx a idealizat un supraom colectivist.
Morala lui Marx, neadmiţând valoarea personalităţii umane, sfârşeşte prin a fi antiumanistă.
“Nietzsche este întors spre Renaştere, vrea să trăiască impulsia creatoare a Renaşterii, dar el a trecut pe un alt plan, în care nu mai este posibil să regăsească izv oarele Renaşterii istorice. Marx întoarce spatele pentru totdeauna Renaşterii, ca unei lumi burgheze; el este setos de o epocă nouă, în care nici nu se poate măcar visa de supraproducţie creatoare. Nici opera lui Nietzsche, nici a lui Marx nu au însemnat triumful omului. Ele au demascat numai iluziile umaniste.” (p. 40)
Omul va fi negat şi de Max Stirner, care a dat o altă lovitură umanismului.
“Renaşterea care se sfârşeşte, Renaşterea care a fost liberul joc al puterilor regatului intermediar al omului, pretenţia de a crea o viaţă perfectă, fericită şi frumoasă în acest regat umanist, a fost distrusă în timpurile modeme. Democratizarea şi extensiunea sa i-au fost fatale. Umanismul creator nu poate subzista decât într-o selecţie a societăţii omeneşti. Astfel era în epoca Renaşterii. „Luminile" şi revoluţia au introdus nivelarea în regatul umanist şi au elaborat dezagregarea lui interioară. Renaşterea se întemeiase pe o inegalitate; şi ea nu era posibilă decât prin aceasta. Setea de egalitate, care a cuprins pe omul contemporan, a marcat sfârşitul Renaşterii. Aceasta este „entropia" în viaţa socială.” (p. 40)

VI
Viaţa Renaşterii a fost ierarhizată, ca orice viaţă organică. Abstractizarea a însemnat o nivelare. Puterile umane, ieşind din starea organică, s-au supus stării mecanice.
Nu a fost evident de la început că eliberarea de “organic” va însemna intrarea în “mecanic”.
Maşina a distrus întreaga structură a societăţii omeneşti, legată de natură. Structura organică a vieţii este ierarhică, deci cosmică. În organismul cosmic părţile sunt supuse întregului, dar şi legate de centru.
Dacă Renaşterea a căutat izvoarele perfecţiunii în natură, epoca ulterioară a căutat să supună natura, pe care a simţit-o sufleteşte străină. Sfârşitul Renaşterii a reprezentat nu numai omorârea omului, ci şi a naturii.
Arta modernă distruge arta Renaşterii, pentru că anulează imaginea naturii şi a omului. Ea nu-şi mai caută formele acolo unde le-a căutat Renaşterea, ci le cere de la maşină.
“Cubismul unui mare pictor ca Picasso dezmembrează deja trupul omului şi tulbură identitatea artistică a omului. Pictura futuristă, în care curentele de mâine au înlocuit repede pe cele de azi, împing încă mai departe divizarea identităţii omeneşti. Marginile oricăror forme naturale au fost violate; totul trece în orice formă, iar omul în obiecte neînsufleţite; anunţuri de ziare, bucăţi de sticlă şi tocuri de pantof pătrund în orice formă naturală pentru a o distruge. Formele trupului omenesc fiind tot formele antice, distrugerea lor este ruptura definitivă cu antichitatea.” (p. 43)
Dinamismul artei moderne a pierdut ritmul cosmic.
Criticismul kantian este una din fazele târzii ale Reformei. Filosofia germană contemporană descompune cunoaşterea în concepte la fel cum pictura lui Picasso descompune corpul omenesc în cuburi.
În măsura în care omul şi-a căutat autodefiniţia şi autoafirmaţia, omul a ajuns la negaţia şi distrugerea de sine. Gnoseologia contemporană este urmarea decăderii spirituale.

VII
Socialismul nu este decât o altă faţă a individualismului, rezultatul descompunerii şi dezagregării individualiste. “Socialismul şi individualismul sunt, deopotrivă, duşmani ai unei concepţii organice a lumii. Socialismul apare astfel ca simptomul strălucit al Renaşterii; în el încetează liberul joc al puterilor creatoare, ale omului în timpurile modeme. Forţele omeneşti sunt legate împreună şi depind, în mod necesar, de un centru; acesta, nemaifiind religios, devine social. Pateticul individualităţii creatoare este înlocuit prin pateticul muncii colective obligatorii şi organizate; individualitatea omului este subordonată colectivităţilor, maselor. Figura omului este eclipsată de fantoma colectivismului.” (p. 46)
Centrul de greutate al vieţii moderne s-a mutat în domeniul economic, în funcţie de care ştiinţa, arta, cultura înaltă au devenit doar un reflex. Omul modern însuşi, schimbat în forţă de producţie, a devenit o categorie economică.
Conştiinţa clasei proletare nu are nimic umanist, este antiumanistă. Omului i s-a substituit clasa.
Materialismul economic nu coexistă umanismului, ci i-a luat locul.
Renaşterea era aristocratică. Socialismul, condamnând aristocraţia, pune capăt Renaşterii. Renaşterea a proclamat drepturile omului. Socialismul le-a pus capăt, instituind drepturile colectivităţii. Odată cu colectivismul, se produce o întoarcere spre Evul Mediu, dar nu pe bază religioasă, ci pe baza materialistă a antireligiei.
Evul Mediu a fost internaţionalist, universalist. Modernitatea a aparţinut statelor naţionale. Anarhismul este sfârşitul statului, opera Renaşterii. “În anarhism nu se produce numai o autonegare a statului umanist, ci şi o autonegare şi distrugere a pricipiului personalităţii; este crahul definitiv al individualismului în culmea aparentului său triumf. Principiul personalităţii era strâns şi indisolubil legat de principiul statului. În anarhism triumfă întreaga forţă oarbă a masei, duşmană a personalităţii şi a statului. Spiritul anarhic nu este creator, el poartă în sine o duşmănie înverşunată şi vindicativă în locul bogăţiei creatoare. Este în el o revanşă contra minciunii umaniste. Când societăţile omeneşti sunt stăpânite de setea egalităţii, atunci ia sfârşit orice fel de Renaştere, orice abundenţă creatoare.” (p. 48)
Pasiunea egalităţii ţine de invidie şi de neant.

VIII
Istoria modernă este istoria măririi şi decadenţei iluziilor umaniste. Este, concomitent, istoria întunecării spiritului omenesc. Părăsindu-l pe Dumnezeu, omul s-a consacrat unui zeu fără chip, necesităţii inumane.
Universul uman a fost elaborat de forţele divine, iar imaginea omului este dată tot de divinitate. Omul Istoriei moderne nu a fost capabil să creeze decât haos, iar propria sa imagine este şi ea haotică. Energia sa creatoare este pulverizată.
Asistăm la barbarizarea lumii Europene, care nu se mai poate cu nimic apăra. Europa este spre apusul ei, iar societatea europeană a intrat în caducitate. Trăim nu doar începutul unei lumi noi, ci sfârşitul unei lumi vechi. Epoca noastră aminteşte de sfârşitul imperiului roman, de agonia lumii antice. Din punct de vedere spiritual, timpul nostru aminteşte de universalismul şi sincretismul lumii elene.

IX
După marile încercări ale timpului nostru, trebuie să se producă o adâncire a religiosului, o revărsare a harului. “Judecând după numeroasele simptome, ne apropiem de o nouă epocă istorică, de o epocă asemănătoare primului ev mediu, acela încă obscur al secolelor al Vll-lea, al VIII-lea şi al IX-lea care au precedat Renaşterea medievală.” (p. 52)
De-a lungul epocii de barbarie civilizată care se prefigurează, trebuie purtată mai departe flacăra creştinismului. În creştinism se relevează şi păstrează imaginea omului. Umanismul şi-a primit adevărata umanitate tot de la creştinism. [Trebuie spus că Berdiaev, ale cărui intuiţii sunt formidabile, profetice chiar, ignoră tot ceea ce depăşeşte graniţele creştinismului, şi în plus, păcătuieşte prin a considera că numai creştinii au valoare ontologică. Este creştinocentrist în măsura în care alţii erau modernocentrişti.]
Modernii spun că creştinismul nu a reuşit, nu şi-a ţinut făgăduinţa, şi conchid că ar fi absurdă o întoarcere la valorile sale. În realitate, umanitatea creştină a trădat valorile sale, a desfigurat creştinismul. Reforma ar fi fost cu adevărat spirituală dacă, în loc să se îndrepte împotriva valorilor catolicismului, s-ar fi îndreptat împotriva decăderii umanităţii catolice. Adevărul creştin nu trebuie făcut responsabil de păcatele şi căderile oamenilor.
Nu se poate concepe o regenerare spirituală a omului decât printr-o adâncire a creştinismului. “Europa contemporană a avnsat prea mult în trădarea revelaţiei creştine, a personalităţii omeneşti şi, de aceea, a lăsat-o pe aceasta pradă vârtejului instinctelor elementare, care se însărcinează să o fărâmiţeze. Astfel, ea a lăsat să pătrundă în sânul civilizaţiei sale un principiu haotic care poate să o arunce într-o perioadă de barbarie. Dar nici un vârtej, nici un instinct elementar nu este capabil să stingă lumina revelaţiei creştine a Dumnezeului-Om. Porţile iadului nu o vor putea birui. Iată pentru ce izvorul luminii va subzista, oricât de des ar fi întunericul înconjurător.” (p. 53)

X
În Rusia nu a exista Renaştere, acest spirit nu a atins poporul rus. Dar ruşii şi-au însuşit ultimele fructe ale umanismului european, în epoca dezagregării acestuia. Distrugând imaginea omului, a drepturilor sale şi a libertăţii sale creatoare, ruşii experimentează în forma sa extremă ruina Renaşterii.
“Netrăind însăşi Renaşterea, neposedând nici o amintire strălucită despre un trecut de bogate creaţii, întreaga mare literatură rusă a rămas străină de spiritul Renaşterii şi în ea nu se simte belşugul de forţe, ci un rău al sufletului, torturanta căutare a unui mijloc de a scăpa de pierzanie. în Puşkin singur se poate distinge ceva asemănător spiritului Renaşterii, dar spiritul lui nu a dominat în literatura rusă.” (p. 54)


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Luc-Olivier d'Algange, René Guénon et la Tradition Primordiale, (texte intégral)





Exerçant avec une souveraine lucidité cet art de l'Universel qu'est la métaphysique, René Guénon sut convier notre intelligence à se déprendre de toute partialité et de tout assujétissement aux absurdes débats du monde moderne. Dès lors que l'on se situe à la hauteur des Principes, le paysage apparaît dans son ensemble et nous comprenons, par exemple, en quoi et pourquoi des forces politiques, qui paraissent s'opposer, conspirent en réalité au même but, fut-ce en toute ignorance de cause.

Voici longtemps que la terrible rivalité des fascismes et des communismes ne dissimule plus davantage leur identité que celle-ci ne se distingue de l'identité démocratique et bourgeoise.
La définition guénonienne du monde moderne en tant que Règne de la Quantité nous donne à comprendre, dans sa sereine et lumineuse démonstration, les mêmes précises raisons d'être des fulgurantes intuitions de Bernanos. Il existe ainsi des moments de grâce ou le langage du coeur entre en parfaite concordance avec le langage de l'lntellect. Cette concordance est pure musique, langue des oiseaux, comme disent les Alchimistes, dont le secret appartient aux poètes.

L'ldée Royale, au regard de la primordialité de la Tradition dont l'oeuvre de René Guénon porte témoignage s'amplifie et s'approfondit pour trouver enfin sa véritable dimension qui n'est plus d'ordre politique. La vérité et la vertu du Symbole dépassent toute interprétation pragmatique. Le roi n'est pas seulement celui dont l'intéret personnel se confond avec l'intéret de la nation, il est d'abord le trés-obéissant Serviteur de l'Unique souveraineté de l'Esprit, l'auguste et principal témoin de la sainteté de l'Esprit vers laquelle toute oeuvre politique et artistique doit s'orienter.

Dans cette perspective, l'ldée Royale est la clef de voute du principe d'apesanteur des sociétés humaines dont la vocation primordiale fut toujours de s'arracher à la matière et au temps.
La Tradition Primordiale dont nous entretient l'oeuvre de René Guénon ne se situe pas à l'origine de l'Histoire mais en son coeur qui est hors du temps. La diversité des formes symboliques et religieuses n'est autre que cette périphérie dont chaque point détermine un rayon dont la juste méditation peut nous reporter vers le centre pour peu que nous en pressentions l'existence.

On peut dire, à cet égard, de l'oeuvre de René Guénon, qu'elle nous délivre à tout jamais de ce piège, - de grande malignité, - qui consiste à opposer les traditions les unes aux autres et à faire ainsi l'oeuvre du Diviseur. La division précède l'uniformité de même que le sens de l'unité sauve, du syncrétisme et de la confusion moderniste, la légitime beauté singulière de la forme et du style.

Oeuvre française, l'oeuvre de René Guénon serait ainsi, de par les actes et les constitutions d'une chevalerie française, I'exaucement de l'intelligence et la délivrance de ce feu royal qui glorifie de ses chatoyements l'unificence des traditions dans le creuset de la France Aurélienne.

L'ésotérisme de René Guénon, sa gnose, dont certains feignent de s'inquiéter, si, de fait, elle abolit le particularisme qui absurdement préconcoit un "salut" différent selon les religions, ne fut jamais que la recherche éminemment traditionnelle de la vérité intérieuredes religions, qui n'est autre que la sophia perennis.

Loin de rejoindre les amalgames formalistes de l'oecuménisme moderne, - contre lequel les intégristes auraient raison de nous alarmer s'ils ne le faisaient avec des arguments aussi pauvres et une morale aussi misérable, - cette recherche ésotérique n'est pas sans analogie avec les réflexions de Saint Augustin sur la "religion vraie" laquelle, je cite: "n'a jamais cessé d'exister depuis l'origine du genre humain ". De même pour le Cardinal Nicolas de Cuse: " Il y a donc une seule religion et un seul culte pour tous les êtres doués d'entendement et cette religion est présupposée à travers la variété des rites." Chacun se souvient également de la phrase fameuse de Joseph de Maistre: "La vraie religion a bien plus de dix-huit siècles, elle naquit le jour ou naquirent les jours."

Semblablement, la vérité de l'ldée Royale échappe à tout particularisme. Sa splendeur même, dans la mémoire francaise, est le miroir d'une vérité qui dépasse toute mémoire et tout pays et, par cela même, donne à cette mémoire et à ce pays une légitimité et une mission qui ne se réduisent pas au coup de force ou à l'ambition personnelle ou collective.

En établissant la distinction primordiale entre l'Autorité et le pouvoir, l'oeuvre de René Guénon nous établit au coeur de ce dessein limpide qui nous éveille au retour vers le centre, vers l'Unité, qui est cette Norme métaphysique, véritablement sacrée et royale qui seule peut nous délivrer de l'esprit de secte et de division que le moderne a favorisé au-dela de toute mesure: " L'esprit, écrit René Guénon, est unité, la matière est multiplicité et division et plus on s'éloigne de la spiritualité, plus les antagonismes s'accentuent et s'amplifient."

Qu'elle parlât au nom du "progrès" ou de la "tradition", la bourgeoisie fut toujours, avant toute chose, soucieuse de ses intérêts. Le progrès n'est jamais pour elle que celui de ses affaires et jamais la tradition, selon son propos, n'eut d'autre but que de conserver ses biens. Usant de la vieille stratégie qui consiste à diviser pour régner, la bourgeoisie inventa des appartenances et des identités afin de tirer profit de leurs antagonismes.

Or, on ne saurait concevoir oeuvre plus étrangere aux sinistres stratégies de la bourgeoisie, et donc promesse plus royale, que l'oeuvre de René Guénon dont le centre de gravité est radicalement ailleurs. La culture elle-même, - telle que la bourgeoisie s'en délecte, une culture d'objets, susceptible d'être analysée, expliquée et vendue, - est dans l'oeuvre de René Guénon tout simplement hors de propos, comme désormais elle est devenue hors de propos pour tout auteur digne de ce nom. Comment nommer un écrivain qui ne voit dans son oeuvre qu'un travail? Comment oeuvrer avec le langage si l'on méconnait ses vertus de divine spéculation. Notre génie n'est autre que notre confiance et notre transparence.

L'oeuvre de René Guénon, qui dépasse magnifiquement la politique et la littérature tout en les éclairant, peut se lire comme une oeuvre de purification. Afin de recevoir et d'être reçu, et d'être au vrai sens le récipiendaire de l'Ordre de l'Esprit-Saint, l'âme doit conquérir, par l'ardent désir de ne rien posséder, la diaphanéité de l'aube première, véritable primordialité de la Tradition.

Extrait du numéro 25 de La Place Royale © 1994


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Nicolas Berdiaeff, Le Mal, (fragment)

C’est aux sommets de l’esprit, et non pas dans les bas-fonds de la matière, que le mal se manifesta pour la première fois. Le mal originel possède une nature spirituelle et il s’accomplit dans le monde spirituel. Le mal d’ici-bas, qui nous enchaîne au monde matériel, n’en est que la résultante. L’esprit qui se crut Dieu, et qui s’éleva orgueilleusement sur les hauteurs, tomba dans les basses régions de l’être. Le monde est un organisme hiérarchique dont toutes les parties sont liées entre elles, où tout ce qui s’accomplit sur les sommets se répercute dans les vallées. Ne pouvait se détacher de Dieu que toute l’âme du monde, embrassant en elle toute l’humanité, toute la création. Le mythe de Satan reflète symboliquement l’événement qui s’est déroulé au sommet même du monde spirituel, au plus haut degré de la hiérarchie de l’esprit. C’est là que les ténèbres se condensèrent originellement, que pour la première fois la liberté donna une réponse négative à l’appel divin, au besoin que Dieu éprouve de l’amour de son autre lui-même; c’est là que la création commença à s’affirmer elle-même et s’engagea dans la voie de l’isolement, de la division et de la haine. L’homme se détacha de Dieu avec toute la création, avec toute la hiérarchie universelle; il fut séduit par les forces spirituelles. L’orgueil est la tentation d’un esprit supérieur qui veut se substituer à Dieu.

(fragment de l’ouvrage Esprit et Liberté, Essai de philosophie chrétienne, 1928)

La pensée philosophique ne s’est pas suffisamment souciée du problème du mal: la pensée moderne moins encore que la pensée antique. Il existe néanmoins toute une série de tentatives pour rechercher l’origine du mal. Dans ces tentatives la pensée philosophique s’est du reste toujours unie à la pensée religieuse. Tout essai de connaissance du mal par la raison, même s’il s’agit d’une doctrine théologique basée sur la Révélation, fait disparaître du problème du mal tout son contenu problématique et mystérieux; il aboutit toujours ou à justifier ou à nier le mal. Le mal est absolument irrationnel et sans fondement, il n’est déterminé ni par le sens, ni par la raison. On peut se demander quelle est la cause du mal, car c’est le mal qui a fait naître le monde de la nécessité, de l’enchaînement, où tout est soumis à la causalité. Or le mal originairement se lie à la liberté, non à la causalité. Si étrange que cela puisse paraître, telle est la ressemblance entre le mal et l’esprit. La liberté est indice du mal autant que de l’esprit, et c’est le mal pourtant qui détruit et l’esprit et la liberté. Il est vrai que le mal vient de l’esprit et non pas de la matière. En disant que la cause du mal est la liberté, nous signifions que le mal est sans cause. Liberté signifie ici absence de cause. Ce n’est qu’ensuite, par ses conséquences, que le mal tombe au pouvoir de la causalité. Le mal peut être cause, mais il est lui-même sans cause. La liberté est l’ultime mystère. La liberté est irrationnelle. Elle donne également naissance au mal et au bien, elle ne choisit pas, mais engendre. Il est impossible d’élaborer un concept rationnel de la liberté, elle succombe à toute définition rationnelle. C’est ce qu’on appelle un concept-limite (Grenzbegriff). Le mal est sans cause, sans raison d’être, il naît de la liberté.
De même on ne saurait dire que Dieu est une cause, que l’action de Dieu sur le monde et sur l’homme est celle d’une cause engendrant des effets. Dieu est liberté et non cause. Ainsi s’éclaire la tragédie divine. La tragédie divine se transforme eu comédie divine, si on construit un système de pensée où tout descend du haut vers le bas, où tout vient de Dieu et est embrassé par Dieu.

(fragment de l’ouvrage Esprit et Réalité, 1937)

Le mystère irrationnel de la liberté qui n’est ni créée, ni déterminée par Dieu ne signifie nullement qu’il existe un autre être à côté de celui de Dieu, n’implique aucunement un dualisme ontologique. Le dualisme ontologique serait déjà une rationalisation. En posant une liberté qui, sans agir à la façon d’une cause, produit le mal en même temps que toute nouveauté cosmique, on ne bâtit pas une quelconque doctrine théologique ou métaphysique, on se tient à la description intuitive d’un mystère révélé dans l’existence. La liberté signifie ici la limite de toute pensée rationnelle, elle est irrationnelle, sans fond, sans base et ne peut être ni expliquée, ni objectivée. Elle est la réfutation des doctrines théologiques rationalisées sur l’origine du mal. Mais dans le mystère de la liberté nous rencontrons le mystère du mal et le mystère de l’acte créateur. Nous sommes alors en présence de la tragédie divine, d’une rencontre, d’une lutte et d’un dialogue, d’une réponse de l’homme à Dieu. Le Ungrund du grand visionnaire et devin J. Boehme est précisément la liberté. On ne peut conceptualiser le Ungrund, il est en deçà des limites de la rationalisation, il s’agit d’un mythe, d’un symbole, et non d’un concept. On ne peut penser conceptuellement le mal, on ne le pense que mythiquement, symboliquement. Dieu, la création du monde et de l’homme, le mal, l’objectivation du monde et de l’homme, les innombrables souffrances du monde et de l’homme - tout cela ne peut être décrit et exprimé que sous forme de tragédie symbolique. Tout système de concepts aboutit au monisme qui en considérant toutes choses comme descendant du haut vers le bas nous voile le mystère irrationnel du mal et le mystère irrationnel de la création.

(fragment de l’ouvrage Esprit et Réalité, 1937)

La personne se forme au cours de ses conflits avec le mal qui existe en elle-même et autour d’elle. C’est un des paradoxes de la personne que la conscience de la personne suppose l’existence du mal et du péché. L’insensibilité pour le mal, le péché, la faute va de pair avec l’insensibilité pour la personne, avec sa dissolution dans le général, le social et le cosmique. Le lien qui existe, d’une part, entre le mal et la personne, d’autre part entre le péché et la faute, a pour effet la personnification du mal, la représentation d’une personne comme l’incarnation universelle du mal. Mais cette personnification du mal a, d’autre part, pour effet l’affaiblissement de la faute et de la responsabilité personnelles. C’est ce qui fait la complexité du problème qui se pose également à propos des rapports entre toute personne particulière et le mal. Nul homme, pris à part, ne peut être une incarnation et une personnification du mal. Chacun n’est porteur que d’une parcelle du mal, ce qui fait qu’il est impossible de porter un jugement définitif sur qui que ce soit, et c’est ce qui pose des limites au principe du châtiment. Un homme peut bien commettre un crime, mais l’homme, en tant que personne complète, ne peut être un criminel, et on ne doit pas le traiter comme une incarnation du crime : il reste une personne, il porte en lui l’image de Dieu. Et la personne qui a commis un crime n’appartient pas tout entière à l’État et à la société. La personne est un citoyen du royaume de Dieu, et non de celui de César, et les jugements et condamnations dont elle est l’objet de la part de l’État ou de la société ne peuvent être que partiels, ne sont jamais définitifs. C’est pourquoi le personnalisme se prononce énergiquement et d’une façon radicale contre la peine de mort. La personne humaine ne peut être socialisée, car la socialisation est toujours partielle et ne s’étend jamais aux couches profondes de la personne, à sa conscience, à ses rapports avec les sources mêmes de la vie. La socialisation qui s’étend aux couches profondes de l’existence, aux sources mêmes de la vie signifie le triomphe du on (Das Man), du quotidien social, le pouvoir tyrannique du moyen et du général sur l’individuel et le personnel. C’est pourquoi le principe de la personne doit être mis à la base d’une organisation sociale qui n’entraîne aucune socialisation pour l’existence intérieure de l’homme. La personne doit être envisagée autrement que sous l’aspect d’un moyen au service du "bien commun". Le bien commun a en effet servi à justifier beaucoup de formes de tyrannie et d’esclavage. Être au service du bien commun, c’est-à-dire de quelque chose qui n’a pas une existence propre, n’exprime que d’une façon abrégée, abstraite, impuissante le devoir d’être au service du bien du prochain, de tout être concret. C’est, dans le monde objectivé, placer l’homme sous le signe d’un nombre mathématique.

(fragment de l’ouvrage De l’esclavage et de la liberté de l’homme, 1946)


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Julius Evola, Metafizica sexului, (note de lectura)

Traducere de Sorin Mărculescu. Bucureşti, Editura Humanitas, 2004.
Titlul original: Metafisica del sesso, 1969, Edizione Mediterranee.
Prefaţă, de Fausto Antonini
“Lectura lui Evola a fost una din cele mai entuziasmante ale tinereţii mele. Şi e sigur că, dacă ar trebui să aleg faimoasele zece cărţi ce ar merita să fie salvate în beneficiul descendenţilor galactici, aş trece pe listă cel puţin două sau măcar una dintre cărţile lui Evola.” (p. 6)
Doi cercetători germani au adus probe în sprijinul unuia dintre adevărurile evoliene: deosebirea dintre sexe e programată de întreaga şi în întreaga natură din motive aproape complet străine de cele ale reproducerii. Natura dispune de suficiente metode de reproducere pentru a fi elaborat complicatul mecanism al sexelor doar în scopul perpetuării unei specii. Scopul principal al reproducerii sexuate este acela de a augmenta sistemele de apărare împotriva atacurilor venite din exterior.
“Femeia absolută e integral feminină, aşa cum o dovedesc femeile ce s-au apropiat cel mai mult de această femeie absolută, adică femeile aparţinînd civilizaţiei din valea Indului: talie foarte subţire, şolduri foarte largi, fese ample, late şi proeminente, coapse puternice, glezne fine, sîni atît de turgescenţi, încît — după cum spune o poezie indiană — printre ei nu poate trece nici măcar tulpina unei flori de lotus, ochi mari, gură cărnoasă şi senzuală, nas mic, păr foarte lung.” (p. 7)
Evola ancorează diferenţa dintre bărbat şi femeie în marea tradiţie clasică şi preclasică: bărbatul ca element unitar, ca spirit şi cer, femeia ca element diadic, ca pămînt, ca materie.
Evola a fost complet denegat de lumea academică şi de intelectuali, preponderent de stânga. “Gîndirea lui a fost răstălmăcită şi calomniată, asociată cu nazismul şi fascismul, cu care neîndoios au existat unele raporturi, asociat cu rasismul, cu care nu a avut nici o legătură în accepţia de rasism biologic, asociat cu atitudinile reacţionare, cîtă vreme atitudinea lui Evola e singura nu doar umană, ci umanistă şi istoriceşte credibilă ce se poate identifica pe planul culturii contemporane.” (p. 9)
Evola e un mare demistificator într-o epocă de mistificare generală, de anihilare completă a gândirii.
Comunismul s-a prăbuşit, dar spiritul lui dăinuie: materialismul, stupiditatea, reductivitatea la zero, incapacitatea de a conjuga spiritul cu materia. Lumea capitalismului nu se deosebeşte, prin spiritul ce o însufleţeşte, prin ideologia profundă, de comunism.
Evola a polemizat cu aproape tot ce a fost exaltat de epoca modernă: cu luminismul, cu istorismul idealist şi neoidealist, cu psihanaliza, cu sexologii şi sexofilii,
Tragedia cea mai cumplită a lumii contemporane este aceea că “demonia economiei” se combină cu o voluptate a degradării, a abrutizării, a promiscuităţii, a preferinţei pentru tot ce e mai rău.
“Evola n-a apucat să vadă formele cele mai aberante, cele mai sinucigaşe, cele mai penibile şi cele mai ignobile şi mai cretine al feminismului. Noi însă, care le-am văzut, putem aprecia ce a devenit femeia „graţie" feminismului.” (p. 11)
Femeia modernă nu maimuţăreşte bărbatul, ci tot ce este mai rău în el: aroganţa lui.
În lumea modernă, nu mai există “barbaţi” şi “femei”. Nu mai există bărbaţi pentru că nu mai există virilitate, curaj, lealitate, transparenţă, coerenţă, fidelitate faţă de înţelegeri, dispreţul faţă de primejdii şi capacitatea de a înfrunta moartea şi viaţa; nu mai există femeie fiindcă nu mai există acea disponibilitate, care, cu un cuvînt oarecum ambiguu, se poate numi şi docilitate sau pudoare sau spirit de supunere sau capacitate de întîmpinare şi de disponibilitate profundă, care nu numai că face ca femeia să fie femeie şi bărbatul bărbat, ci îi îngăduie şi lui şi ei să fie tot mai mult ei înşişi, aşadar să fie tot mai mult atraşi şi atrăgători în raport cu sexul opus.
Opera lui Julius Evola “constituie un veritabil calc, un soi de contrafigură sau de basorelief sau de figură în contralumină necesară pentru a înţelege în profunzime, în sens spiritual şi ocult, în sens subtil şi metafizic, lumea sexualităţii de azi, atît în degradarea ei penibilă, cît şi în caracteristicile ei specifice, de perversiuni şi turpitudini.” (p. 14)
Sexus înseamnă divizat, implicând o ramificaţie recognoscibilă a androginului primordial. Deloc lipsit de întâmplare, lumea modernă tinde spre unisex, femeile şi bărbaţii semănând unii cu ceilalţi.
Cel mai mare merit al operei lui Julius Evola îl găsim atunci când întreprindem, cu mijloacele psihologiei profunzimilor, analiza perversiunilor.
Homosexualul pur psihic are probleme extrem de grave în raport cu figurile parentale. Homosexualitatea e o mărturie a incapacităţii de a-l accepta sexual şi mental pe celălalt.
Cea mai gravă tragedie a modernităţii este prăbuşirea tuturor valorilor. Modernitatea a devenit o enormă raţionalizare a represiunii.
“[...] inutil să mai amintim încă o dată că marile iubiri ale istoriei occidentale, Paolo şi Francesca, Othello şi Desdemona, Romeo şi Julieta, Heloiza şi Albélard, toate sfîrşesc rău, din pricină că Occidentul a blestemat dragostea în expresia ei completă. Totul e fals, totul e mistificat. Curtea cea mai bine primită e cea mai brutală, chiar dacă e criticată, curtea făcută unei femei în fond nu mai există. Atingerea uşoară a unei mîini de către altă mînă poate fi capabilă să provoace un orgasm, după cum exaltarea continuă a tipului de atlet al sexului poate provoca numai greaţă. Dezorientat însă e sufletul, sufletul în care sexul şi sentimentul s-au scindat.” (p. 21)
Adevărata represiune în Occident nu este represiunea sexului, ci e represiunea unităţii dintre sex şi sentiment. Sexul modern este vulgarizat, fiziologizat, debarasat de orice obligaţie. El nu mai e spirit, aventură, creaţie, dăruire, descoperire, tremur.
“Julius Evola e un autor profund izolat, deoarece a atins culmi de adevăr, a prins în cleştii cercetării dialectice şi ai adevărului noduli dureroşi ai unei omeniri în descompunere. Julius Evola ar trebui citit în şcoli, explicat, introdus în programele de învăţămînt sau măcar contestat şi criticat, pentru că la adevăr nu poţi ajunge decît prin exerciţiul dialectic.” (p. 22) [Aici prefaţatorul se înşeală, întâi de toate când spune că Evola e singur, din fericire o întreagă şcoală a gândirii perennialiste există, iar Evola e unul dintre membrii ei inconturnabili, apoi când foloseşte expresia “omenire în descompunere” – înclin să cred că dezastrul nu a cuprins chiar toată omenirea, sau cel puţin nu este la fel de profund în toate civilizaţiile actuale.]
Matriarhatul în care ne aflăm prezintă acest paradox, şi anume acela că femeile care-l comandă nu sunt în esenţă, ci nişte avortoane stângace de bărbaţi rataţi.

Introducere
1. Delimitarea subiectului
Termenul de “metafizică” va fi utilizat în două accepţiuni. Prima este cea filosofică, deci căutarea principiilor şi semnificaţiilor ultime. A doua accepţiune este cea etimologică, prin “metafizică” înţelegându-se ceea ce trece dincolo de fizic.
Ştiinţele apte să furnizeze puncte de vedere asupra explorării dimensiunilor potenţiale ale experienţei erosului au dispărut. Omului modern i-a rămas numai sexul profan, singurul pe care îl iau în considerare psihologii şi sexologii contemporani.
Este suficient să aruncăm o privire asupra istoriei, etnologiei, istoriei religiilor, folclorului, mitologiei, pentru a lua contact cu forme ale erosului în care au fost luate în considerare posibilităţi profunde ce lăsau să se întrevadă semnificaţii de ordin transfiziologic şi transpsihologic. Aceste aspecte ale sexualităţii, în lumea modernă, au devenit lantente până la indiscernabilitate.
S. Peladan a spus: “Faptul că omenirea face dragoste aşa cum face aproape totul, adică stupid şi inconştient, nu e un impediment ca misterul ei să-şi păstreze demnitatea ce i se cuvine.” (în La Science de l’amour, Paris, 1911, p. 102)
În perioada modernă, operele romancierilor şi dramaturgilor au avut ca obiect aproape exclusiv dragostea şi sexul.
Havelock Ellis a relevat că femeile care scriu cărţi despre problemele sexuale, cu deplină seriozitate, sunt cele care ştiu cel mai puţine despre acest domeniu. Cele care ştiu cel mai mult sunt cele ce n-au scris nimic.
Cercetările psihanalizei sunt inoperante din cauza prejudecăţilor deformate şi alterate despre fiinţa umană de la care porneşte. Printr-o inversiune cvasidemonică, psihanaliza a scos în evidenţă o primordialitate subpersonală a sexului.

2. Sexul în lumea modernă
Rolul jucat de sex în civilizaţia actuală ţine de o anume obsesivitate a sexului. În nici o altă epocă femeia şi sexul n-au stat ca acum în prim plan. “Striptease-ul, obiceiul american ca o tînără să se urce pe scenă şi să se dezbrace încetul cu încetul, scoţîndu-şi unul după altul articolele de vestimentaţie tot mai intime, pînă la minimul necesar pentru a menţine în rîndul spectatorilor tensiunea proprie „complexului de aşteptare" sau starea de suspans, pe care nuditatea imediată, completă şi impudică ar distruge-o, are valoarea unui simbol în care se concentrează tot ceea ce, în ultimele decenii ale civilizaţiei occidentale, s-a dezvoltat în toate domeniile sub semnul sexului.” (p. 34)
Tipurile feminine cele mai seducătoare sunt azi promovate prin toate mijloacele tehnice disponibile (reproducere a imaginii lor şi difuzare prin televiziune, cinema, postere, reviste s.a.), ele devenind focare de erotism cu rază internaţională de acţiune.
Asistăm la o pandemie a sexului, dar una de tip cerebral: sexul a impregnat sfera psihică, producând o gravitaţie inconştientă în direcţia femeii şi a dragostei.
Lumea modernă are proiectat pe fundalul ei o tonalitate erotică, o excitaţie difuză şi cronică, dar care poate coexista cu o anumită castitate coruptă, cum ar fi în cazul multor tinere exhibarea propriei nudităţi fără dorinţa unei finalităţî sexuale (autism al libidoului).
Este remarcabil faptul că răspândirea pandemică a interesului pentru sex şi pentru femeie marchează toate epocile crepusculare, şi epoca noastră nu face excepţie.
În Antichitate, pornind de la o analogie cu corpul omenesc, s-a spus că există un sediu al vieţii intelectuale şi spirituale (situat în cap), un sediu al impulsurilor sufleteşti, mergând până la eroism (situat în piept), şi un sediu inferior (situat în pântece şi sex). În civilizaţia noastră, interesul predominant nu mai este nici de natură spirituală, nici de natură sufletească, ci s-a fixat pe ultimele coordonate, cele mai josnice.
În tradiţia antică indiană a celor patru vârste ale lumii, ultima, Kali-Yuga, vârsta întunecoasă, este dominată de zeiţa Kali, care nu este numai cea a distrugerii, ci şi cea a dorinţei şi a sexului.
Semnul pandemiei sexuale este ginecocraţia, adică preeminenţa tacită a tot ceea ce este condiţionat de elementul feminin.

Capitolul I. Eros şi dragoste sexuală
3. Prejudecata evoluţionistă
Semnificaţia care e atribuită sexului depinde de modul în care e concepută natura umană. O antropologie care recunoaşte omului o demnitate nu exclusiv naturală, va fi opusă semnificaţiei pe care o dă o antropologie care consideră omul doar o specie printre multe altele.
Dacă, aşa cum pretind sexologii moderni, omul s-ar trage din animal, atunci şi sexualitatea omului n-ar fi decât o prelungire a instinctelor animalice. Tendinţa modernă de a readuce superiorul la inferior, de a explica superiorul prin inferior (în cazul de faţă, umanul prin fiziologic şi animal), s-a impus şi în acest caz.
Pentru antropologia psihanalitică, fundamentul omului este constituit de un element subpersonal (instinctele, subconştientul). În funcţie de acest fond, psihanaliştii pretind să explice dragostea şi viaţa sexuală.
Punctul de plecare al acestui studiu nu va fi teoria modernă a evoluţie, ci doctrina tradiţională a involuţiei. Ontogeneza (istoria biologică a individului) nu repetă de fapt filogeneza (presupusa istorie evolutivă a speciei), ci reparcurge posibilităţile eliminate, oprindu-se la schiţe şi trecând mai departe.

4. Dragoste şi sex
Obiectul esenţial al acestui studiu nu este sexul sub aspectele sale brute, ci fenomenul mai vast şi mai complex al dragostei, fireşte, sub aspectul mai îngust al dragostei sexuale.
Obiectul studiului este dragostea-pasiune, cea despre care Paul Bourget spunea: “Există o stare mentală şi fizică în timpul căreia totul este abolit în noi, în gîndirea noastră, în inima Şi în simţirile noastre... Numesc stareţa aceasta dragoste.” (în Physiologie de l’amour moderne, Paris, 1890, p. 47).
Nu există nici un progres în trecerea de la dragostea sexuală la dragostea cu coloratură socială. Existenţial, are loc nu un spor, ci un minus, o cădere de intensitate şi de nivel.

5. Erosul şi instinctul reproducerii
Este o eroare proclamarea modernă a unei noi religii naturaliste a sexului şi a trupului. Exponentul cel mai cunoscut al acestei tendinţe este D. H. Lawrence. Punctul său de vedere este acela că nu poftele şi dorinţele “naturale” îi fac pe oameni bestiali, ci imaginaţia, intelectul, principiile, tradiţia. Instinctele, lăsate în pace, ar face mai puţin rău. Lawrence a spus: “Religia mea este credinţa în sînge şi în trup, care sînt mal înţelepte decît intelectul."
Peladan are dreptate când scrie: “În dragoste, realismul nu are mai multă valoare decât în artă. Imitarea naturii, pe plan erotic, devine imitarea bestiei.” (în La Science de l’amour, Paris, 1911, p. 210)
A fi natural, în sensul pe care îl vrea D. H. Lawrence, înseamnă de fapt a se denatura.
Amorul sexual nu face parte din nevoile fizice ale omului, ci este pentru el o nevoie psihică. “Numai la indivizii cei mai primitivi circuitul se închide atît de rapid, încît în conştiinţa lor este prezent în exclusivitate actul final al procesului, sub forma unei concupiscenţe carnale vehemente şi imperative legate univoc de condiţionări fiziologice şi, parţial, şi de condiţionări de ordin mai general ce stau în prim-planul sexualităţii animale.” (p. 44)
Nu există un “instinct al reproducerii” la om, precum în cazul animalelor. În mitologia sexologilor, acesta, împreună cu “instinctul de conservare”, ar regla marile acţiuni ale oamenilor.
Ambele instincte sunt discutabile. Există impulsuri care pot anula “instinctul de conservare”, mergând până la autoanihilarea individului. Cât priveşte “instinctul de reproducere”, este o explicaţie cât se poate de abstractă a impulsului sexual. Realitatea reproducerii este percepută a posteriori, şi nu are nici o legătură cu trăirea sexualităţii ca atare. Este o eroare fundamentală a numi instinctul sexual drept instinct de reproducere. Reproducerea este un efect posibil al activităţii sexuale, dar nu este cuprinsă în trăirea excitaţiei sexuale. În misterul pe care îl implică atracţia dintre două fiinţe de sex diferit, reproducerea, ca fapt al conştiinţei, este cu desăvârşire exclusă.
Soloviov nota: „Cu cît urcăm mai mult pe scara organismelor, cu atît descreşte potenţa de înmulţire, în timp ce sporeşte forţa atracţiei sexuale... în sfîrşit, la om înmulţirea are proporţii mai mici decît în tot restul regnului animal, pe cînd dragostea sexuală atinge o maximă importanţă şi intensitate."
Pasiunea sexuală comportă aproape întotdeauna o deviere a instinctului, reproducerea speciei fiind deci aproape întotdeauna evitată.

6. Mitul “geniului speciei”
Una din puţinele încercări de a schiţa o metafizică a dragostei sexuale întreprinse în epoca modernă, cea a lui Schopenhauer, pentru a susţine pentru a susţine ideea că finalitatea dragostei este reproducerea, face apel la un “geniu al speciei”, menit să provoace atracţia dintre protagonişti.
Conform lui Schopenhauer, scopul dragostei ar fi procrearea unei fiinţe cât mai aproape de tipul pur, perfect şi capabil de supravieţuire al speciei. Frumuseţea feminină şi plăcerea ar fi armele pe care le foloseşte “geniul speciei” pentru seducerea individului.
Ideile schopenhaueriene sunt simple speculaţii pornite de la concepţiile lui Darwin.
Dacă într-adevăr reproducerea ar fi direcţionată spre acele exemplare considerate mai potrivite, la exemplarele cele mai puţin nobile ale speciei umane sexualitatea ar trebui să fie cea mai redusă, or, în realitate, tocmai la acestea ea este cea mai mare, exemplarele acestea fiind şi cele mai fecunde.
Multe dintre actele cu finalitate erotică nu au nici o finalitate biologică: sărutul, atingerile, mângâierile, amestecarea respiraţiilor, etc. Frenezia atingerilor multiple pe care cei doi o trăiesc în timpul actului sexual este şi ea lipsită de finalism biologic.

7. Erosul şi tendinţa către plăcere
O altă tendinţă pune la baza relaţiei sexuale tendinţa spre plăcere. Dacă sexul este văzut în mod conştient de o cale a plăcerii, se poate vorbi de desfrâu şi libertinaj. “Cine iubeşte cu adevărat are prezentă, cînd posedă o femeie, la fel de, puţin ideea plăcerii ca şi pe cea a progeniturii.” (p. 51)
Freudismul a greşit atunci când a pus la baza vieţii erotice şi psihice “principiul plăcerii”.
În epocile de decadenţă, sexualitate disociată de erotism este folosită ca un drog. Dar nu întotdeauna orice ars amandi a fost coruptă, ca acum. Această artă a fost cunoscută în Antichitatea europeană şi este şi astăzi cunoscută la unele popoare orientale. Hetairele, femei maestre în această artă, şi-au avut statuile alături de cele ale comandanţilor de oşti. Existenţa unei ars amandi ne face să bănuim existenţa unei ştiinţe secrete, mai cu seamă acolo unde se atestă legătura dintre femeile care o posedau şi anumite culte.

8. Despre “voluptate”
P. Piobb a spus: “Spasmul [sexual] este unul dintre acele fenomene care scapă fiziologiei propriu-zise. Ea trebuie să se mulţumească cu constatarea faptului şi doar cu descrierea mecanismului său nervos.” (Vénus, la déesse magique de la chair, Paris, 1909) Orice tentativă de explicare profană a plăcerii sexuale este condamnată la insucces.
Culmea vulgarităţii a fost atinsă de pozitivismul secolului al XIX-lea: “Nevoia genetică poate fi considerată ca o nevoie de evacuare; alegerea este determinată de stimuli care fac evacuarea mai plăcută.” (S. Fere, L’instinct sexuel, Paris, 1865, p. 6) Rămâne să ne întrebăm de ce evacuarea vezicii în timpul micţiunii nu provoacă aceeaşi plăcere.
Sexologii nu pot explica de ce plăcerea simţită în visele erotice are un indubitabil caracter extatic, fără ca poluţîa să o însoţească în toate cazurile. În principiu, plăcerea simţită în vis poate fi invocată ca unul dintre argumentele ce demonstrează posibilitatea unui proces erotic disjunct de condiţionările fiziologice obişnuite.
Se poate observa la castraţii lipsiţi de glande seminale o anestezie sexuală, dar nu în toate cazurile. La unii dintre ei, dorinţa sexuală persistă, sau chiar se acutizează.
Sunt atestate apoi cazuri în care, extrema intensitate a dorinţei, în loc de a produce în cele din urmă ejacularea, o inhibă.
H. Ellis, după o examinarea a încercărilor de definire a “voluptăţii”, a recunoscut că impulsul care conduce la plăcere este oarecum independent de glandele sexuale şi de starea lor.
Teoria hormonală a urmărit explicarea excitaţiei sexuale ca efect al intoxicaţiei hormonale, ba chiar unii au vrut să explice prin asta îndrăgostirea. Totuşi, exerienţele au demonstrat că acest lucru nu este valabil nici măcar la animale, la care saturaţia hormonală se produce abia în momentul coitului, şi nu înainte. Dacă însă această teorie ar avea vreun fundament oarecare, ar trebui explicat şi ce anume conduce la saturarea hormonală, altfel am comite o judecată de tipul: “deschiderea ecluzelor unui dig este ceea ce produce apa prin cădere”.
Teoriei psihanalitice a libidoului i se poate înscrie la activ recunoaşterea caracterului autonom, elementar, al impulsului ce se manifestă în dorinţa de unire sexuală. Dar este o eroare să se considere plăcerea sexuală ca un fenomen pur negativ, ca pe o uşurare necesară pentru încetarea unei stări precedente dureroase sau penibile.
Dorinţa sexuală este un fapt complex, în care faptul fiziologic este doar parte. Excitaţia sexuală este preponderent psihică, şi ea este cea care provoacă excitaţia fizică. Unitatea corporală luată în sine nu este decât mecanismul pe care se sprijină şi prin care se vehiculează un proces de ordin superior.

9. Teoria magnetică a dragostei
Nici finalismul biologic, nici impulsul genezic, nici ideea abstractă a plăcerii nu sunt de natură să explice erosul.
Tradiţiile antice consideră că erosul este starea determinată direct de polaritatea sexelor, în acelaşi fel în care prezenţa unui pol negativ şi a unuia pozitiv determină fenomenul magnetismului.
Potrivit doctrinei tradiţionale extrem-orientale, întâlnirea unor indivizi de ambele sexe, chiar şi fără o atingere, produce un fluid, numit tsing, provenit din polaritatea lui yin şi yang. Această energie e o specificare a forţei vitale, tsri, şi creşte proporţional cu gradul de sexuare a bărbatului şi femeii, cu gradul de yin şi yang prezent în fiecare. “Această forţă specială indusă magnetic are drept corespondent psihologic starea de vibraţie, de beţie difuză şi de dorinţă proprie erosului uman.” (p. 58)
În acest fluid, tsing, trebuie căutată baza obiceiurilor unei populaţii în care s-a menţinut sensul forţei elementare a sexului. Regula spune că nici o femeie nu poate frecventa singură un bărbat, mai ales dacă e căsătorit. Nu contează vârsta femeii, pentru că sexul nu are vârstă.
Există o magie naturală a dragostei, fapt hiperfizic absolut pozitiv, care intervine şi în viaţa oamenilor celor mai comuni. Vorbim de puterea de fascinaţie a unei femei fără să ne dăm seama că utilizăm un termen folosit în vechime pentru un soi de sortilegiu.
O concepţie similară cu cea exprimată de doctrina extrem-orientală a fost cunoscută şi în Islam. În Europa ea poate fi găsită la Marsilio Ficino şi Giambattista della Porta. Ficino spune (în Sopra lo amore, Ed. Levasti, VII, 7) că la baza febrei amoroase se află o infecţie a sângelui provocată în acelaşi mod ca şi “deochiul” (it. malocchio), lucru care este riguros exact în plan “subtil”, ştiut fiind că forţa tsing din învăţătura chinezească se aprinde din priviri, apoi trece în sânge, moment din care îndrăgostitul poartă în sânge fiinţa iubită.
Trebuie avut în vedere că atunci când se vorbeşte de sânge se are în vedere o realitate transfiziologică.
Un fenomen caracteristic dragostei este concentrarea asupra fiinţei iubite, fără ca voinţa să intervină în vreun fel. Andreas Capellanus, în Liber de arte amandi, definise dragostea ca o agonie rezultată din meditaţia extremă asupra unei persoane de sex opus.
Eliphas Levi spunea că întâlnirea atmosferei magnetice a două persoane de sex opus provoacă o totală ebrietate de “lumină astrală”. “Lumină astrală" e sinonimă, cu lux naturae, termen folosit în mod special de către Paracelsus. Ăkasha din tradiţia indiană, aor-ul kabbalismului şi multe alte expresii ale învăţăturilor sapienţiale au aceeaşi semnificaţie. Prin acestea toate se face aluzie la fondul hiperfizic al vieţii şi al naturii înseşi, la un „eter vital" înţeles ca „viaţă a vieţii" — în Imnurile Orfice: eterul, ca „suflet al lumii", din care izvorăşte orice forţă vitală. în privinţa termenului lux naturae se poate observa că asociaţia dintre lumină şi viaţă este recurentă în învăţăturile tradiţionale ale celor mai diverse popoare şi se face auzită şi în înseşi cuvintele iniţiale din Evanghelia după Ioan.” (p. 64-65)
Aspectul tipic de “visători” al îndrăgostiţilor este un loc comun.

10. Treptele sexuării
Conceptele de bărbat şi femeie utilizate îndeobşte sunt termeni generici. În fapt, procesul de sexuare are trepte multiple, nimeni nefiind bărbat sau femeie în egală măsură. Se ştie că biologic, în primele faze embrionare, se întâlneşte androginia sau bisexualitatea. Însă dintre cele două sexe posibile, unul este abandonat în stare de schiţă.
Odată produsă sexuarea, apar caracterele sexuale distincte de ordin diferit: caracterele primare, legate de glandele sexuale şi organele de reproducere, apoi caracterele secundare, privind trăsăturile somatice tipic masculine sau feminine. Caracterele terţiare sunt cele privitoare la sfera psihologică, cea comportamentală, înclinaţiile spirituale, morale, afective.
Conceptul aristotelician de entelehie, revitalizat în cadrul vitalismului lui Driesch, este un principiu pur biologic: entelehia este o forţă pur formativă din interior, cu aspecte fizice doar în manifestările ei. Ea este “viaţa vieţii”, având astfel un caracter hiperfizic.
Este limpede că la baza sexelor diferite stau entelehii diferite.
Unul din numele atribuite “corpului subtil” este acela de “corp aromatic”. Relaţia cu simţul olfactiv nu este lipsită de importanţă sexologică. Intoxicaţia erotică e susceptibilă să se producă nu doar prin intermediul privirii, ci şi al mirosului.
Termenul latinesc fascinum a avut o legătură esenţială cu lumea olfacţiei. Mirosul bărbatului şi mirosul femeii în termeni pur materiali, secreţionali, poate fi explicat şi în funcţie de un element psihic “subtil”.
În fiecare individ concret, calitatea masculină şi calitatea feminină sunt prezente în doze diferite, neexistând nici bărbaţi puri, nici femei pure. Bărbatul pur şi femeia pur trebuie concepute ontologic şi metafizic, ca potenţe reale primordiale, care, chiar dacă sunt prezente în bărbaţi şi femei în grade de manifestare diferite, sunt totuşi permanent şi invizibil prezente în ei.
Prima lege a atracţiilor sexuale este a ceea că fiecare bărbat normal şi fiecare femeie obişnuită este un dozaj diferit al calităţilor masculine pure şi al calităţilor feminine pure. Pe baza acestei legi, Platon a formulat relaţia sexuală sub forma unui complementarism, fiecare fiinţă făcând parte dintr-un întreg perfect, şi fiind aflată în căutarea celeilalte jumătăţi.
Schopenhauer, reluând ideea, spune că precondiţia unei pasiuni puternice este ca două persoane să se neutralizeze reciproc, aşa cum un acid şi o bază formează o sare.
Weininger a propus o adevărată formulă despre fundamentul prim al atracţiei sexuale. Pornind de la ideea că există ceva femeiesc în fiecare bărbat, şi ceva bărbătesc în fiecare femeie, el consideră că atracţia maximă dintre un bărbat şi o femeie se trezeşte în momentul în care, adunând masculinitatea şi feminitatea prezente în amândoi, se obţine omul absolut.

11. Sex fizic şi sex intern
Consideraţie de principiu: în măsura în care nu sunt atestate forme ale unei depăşiri efective ale condiţiei umane, sexul continuă să fie conceput ca un “destin”. A fi bărbat sau femeie este o dimensiune a existenţei, nu un accident.
Punctul de vedere conform căruia sexul este o diferenţiere care implică aproape în exclusivitate partea fizică şi biologică a naturii umane, este abstract şi neorganic, el nu poate fi valabil decât pentru o umanitate debilitată prin regresiune şi degenerescenţă. “Adevărul e însă că sexul, înainte şi dincolo de trup, există în suflet şi, într-o anumită măsură, în spiritul însuşi. Eşti bărbat sau femeie în interior, înainte de a fi astfel şi exterior: calitatea masculină sau feminină primordială pătrunde şi impregnează întreaga fiinţă, aşa cum o culoare pătrunde un lichid.” (p. 72) Condiţia umană implică sexul.
Fiinţa umană se compune din două părţi: masca si faţa. Masca este exterioară, artificială, dobândită, se formează în viaţa de relaţie şi formează “persoana”. Faţa trebuie pusă cu cealalată dimensiune a individului, cea esenţială. În funcţie de indivizi, în funcţie de civilizaţie, una dintre cele două parţi este mai dezvoltată. Limita degenerativă corespunde unei dezvoltări aproape exclusive, teratologice, a măştii, a individului “social”, intelectual, practic şi “spiritualizat”, care menţine foarte puţine raporturi cu fiinţa sa profundă şi esenţială. Numai în asemenea cazuri sexul poate fi considerat secundar şi neglijabil.
Civilizaţia modernă, practicistă, intelectualistă şi socializantă, pune tot mai mult accentul pe ceea ce este lipsit de conexiune cu latura esenţială a fiinţelor umane, este neorganic şi potenţial standardizat. Femeia a putut să pătrundă în toate domeniile, egalizându-se cu bărbatul, tocmai pentru că înzestrările, aptitudinile, comportamentele, activităţile cele mai caracteristice pe care le răspândeşte civilizaţia modernă nu mai au decât o foarte slabă legătură cu planul profund.
Chestiunea inferiorităţii, egalităţii sau superiorităţii femeii în raport cu bărbatul este lipsită de sens, pentru că imaginează o comensurabilitate între bărbat şi femeie, adică exact acolo unde lipseşte măsura comună. “Întrebarea dacă „femeia" este superioară sau inferioară „bărbatului" e la-fel de inutilă ca şi întrebarea dacă apa e superioară sau inferioară focului.” (p. 74)
Criteriul de măsură pentru fiecare sex nu poate fi dat de sexul opus, ci de “ideea” propriului sex. “Revendicările” femeii moderne au la bază ideea greşită că femeia, luată în sine, este inferioară bărbatului. O femeie care e în mod desăvârşit femeie este în realitate superioară unui bărbat care este imperfect ca bărbat, la fel cum un ţăran impecabil este superior unui rege nevrednic de funcţia sa.
În mod indubitabil, există bărbaţi după corp, care nu sunt astfel şi după spirit, aceeaşi constatare fiind valabilă şi în cazul unor femei. Tipologic vorbind, decisiv rămâne sexul intern, sexuarea exprimată în termeni fizici, oricât de dezvoltată, este una trunchiată şi vidă.

12. Condiţionări şi forme ale atracţiei erotice
Conform învăţăturilor tradiţionale, esenţa fiinţei umane se împarte în două straturi, dintre care unul este mai profund. Aşadar, fiinţa umană este împărţită în: masca (domeniul exterior, superficial), domeniul fiinţei profunde (factorii ereditari, precum şi cauze, prescurtări şi experienţe care depăşesc nivelul unei vieţi omeneşti), nivelul al treilea şi cel mai profund (compus din forţe elementare superioare şi anterioare individuaţiei). În acest din urmă plan se găseşte prima rădăcină a sexului şi forma originară a erosului.
Nu este totdeauna adevărat că forma cea mai vulgară şi mai animalică de dragoste e aceea în care nu iubeşti o femeie, ci femeia. Poate fi exact contrariul.
Când se spune că dragostea ori se naşte din prima clipă, ori nu se naşte, este vorba de acele cazuri în care, mulţumită unor circumstanţe speciale, forţa stratului celui mai profund acţionează într-un mod direct, neobstaculat, predominant.
Nivelul intermediar este cel al “idealizărilor” femeii iubite, în el se află originea iluziei că iubim o femeie pentru calităţile ei, că ea este unica opţiune.
Dacă însă erosul este fixat în nivelul superficial al fiinţei, dislocabilitatea lui este maximă, pentru că pe acest plan totul este neorganic, fără rădăcini. În acest caz factorii determinanţi sunt ambientali: clasa, moda, tradiţia, vanitatea etc. Dragostea “civilizată”, burgheză, se defineşte prin aceşti factori.
Este suficient ca erosul să-şi reia brusc adevăratul caracter, să-şi urmeze condiţionările profunde, pentru ca să acţioneze în mod catastrofal asupra a ceea ce s-a format în domeniul relaţiilor pur sociale. Aceste cazuri nu sunt rare în civilizaţia modernă, tocmai pentru că aceasta a nutrit iluzia că relaţiile dintre sexe pot fi centralizate şi sistematizate pe planul cel mai exterior, social, neorganic şi artificial.
“La individul comun şi cu deosebire la individul civilizat din Occident, experienţa erotică se numără printre acelea ce prezintă mai mult un caracter pasiv. E ca şi cum procesele corespunzătoare ar apărea şi s-ar derula de la sine, fără ca voinţa persoanei să intervină: ei nu îi este dat nici măcar să le centreze exact într-unui sau altul din cele trei domenii sau niveluri menţionate.” (p. 82)
Poligamia are drept presupoziţie naturală un tip masculin, în care Eul are un mai mare grad de libertate în raport cu erosul, un tip la care experienţa erotică în sine are mai multă însemnătate decât relaţia cu o femeie sau alta ca persoană. “De vreme ce nu am afirmat că aceasta ar corespunde întotdeauna unor situaţii identice cu cele orientate spre exterior şi neorganice, proprii orientării libertine, se poate recunoaşte că trecerea de la poligamie (sau de la matrimoniul antic admiţînd ca integrare legitimă concubinajul) la monogamie, în pofida opiniilor conformiste azi precumpănitoare, nu este cîtuşi de puţin un semn că un tip superior de bărbat ia locul unuia inferior, ci exact dimpotrivă; este mai degrabă simptomul unei potenţiale şi mult mai puternice aserviri a bărbatului faţă de eros şi de femeie, ceea ce nu e, într-adevăr, semnul unei civilizaţii superioare.” (p. 82)
Deseori, ritualurile antice de căsătorie se identifică cu practici magice de dragoste, care trezesc forţa de atracţie dintre sexe ca pe o putere irezistibilă.
Concluzia primului capitol: “Am respins orice interpretare biologică finalistă a faptului erotic, iar explicaţia întemeiată pe însuşi „principiul plăcerii" freudian am considerat-o la fel de nesatisfăcătoare ca şi aceea ce recurge la un fantezist „instinct al reproducerii" ca fapt primar al impulsului erotic. Teoria „magnetică" ni s-a părut mai corespunzătoare cu realitatea; am aprofundat această teorie cu ajutorul unor date extrase din învăţăturile tradiţionale, care vorbesc despre o stare sau despre un fluid declanşat „catalitic" în îndrăgostiţi prin prezenţa forţelor fundamentale (yin şi yang) care definesc polaritatea sexuală şi sexuarea în general: corelativul este o deplasare a planului conştiinţei, care, la rîndul său, devine cauza unei activări magice a puterii de imaginaţie şi a unui monoideism mai mult sau mai puţin intens. Doctrina antică despre o alterare invizibilă ce se produce în sînge atunci cînd sîntem cuprinşi de eros a fost revalorizată de noi. În sfîrşit, au fost examinate condiţionările legate de complementarismul existenţial al fiinţelor ce se iubesc, în cadrul unei doctrine despre straturile multiple ale persoanei: s-a relevat însă că, drept bază a tot şi drept forţă primară, trebuie să luăm în considerare ceea ce provine direct din; raportul masculinităţii absolute cu feminitatea absolută. Şi, în această privinţă, cu atît mai intens va fi procesul, implicînd toate efectele unei atracţii elementare, cu cît mai hotărîtă va fi diferenţierea sexelor, adică sexuarea.” (p. 85)

Capitolul II. Metafizica sexului
13. Mitul androginului
Forma specifică prin care lumea tradiţională a exprimat semnificaţiile ultime ale fiinţei a fost mitul. Mitul tradiţional are valoarea unei chei. Mai ales în perioada recentă, s-a încercat explicarea mitului cu ajutorul istoriei naturale, a biologiei, a psihologiei. În realitate mitul este cel care le poate explica pe toate acestea.
În Banchetul lui Platon, există două teorii despre dragoste, expuse de Aristofan şi Diotima. Prima, priveşte mitul androginului. Potrivit lui Platon, a existat o rasă primordială, diferită de tot ce se poate vedea astăzi. Ea avea o putere miraculoasă, dar şi o trufie fără margini, care a condus-o la ideea de a se căţăra până la cer, pentru a-i alunga pe zei. Este mitul hybris-ului Titanilor şi Giganţilor, care poate fi găsit şi în Biblie, despre Turnul din Babel. În mitul transmis de Platon, zeii decid să-i taie pe oamenii primordiali în două. Dar fiinţele noi obţinute au în ele amintirea stării primordiale, şi de aici dorinţa de reconstituire a unităţii. Pentru Platon, aceasta este semnificaţia ultimă, metafizică şi eternă a erosului.
Rasa primordială trebuie concepută ca o stare, ca o condiţie spirituală primordială, nu atât în sens istoric, cât ontologic, din punctul de vedere al unei doctrine despre stările multiple ale fiinţei. Această stare este cea a unei fiinţe absolute, nescindate, neduale, a unei integralităţi sau unităţi pure.
În mitul platonician există o variantă a motivului tradiţional general al “căderii”. “În ansamblu, mitul platonician se numără deci printre acelea ce fac aluzie la trecerea de la unitate la dualitate, de la fiinţă la privarea de fiinţă şi de viaţa absolută.” (p. 88)
Cheia metafizicii sexului este: “Prin diadă, spre unitate.”
Etimologia cuvântului amor, propusă de un “Fedele d’Amore”, deşi fantezistă, nu e mai puţin semnificativă: “Particula a înseamnă „fără"; mor (mors) înseamnă „moarte"; reunindu-le, avem „fără moarte", adică nemurire.” (A. Ricolfi, Studi sui Fedele d’Amore, Milano, 1933, vol. I, p. 63).
Iubind, omul caută confirmarea de sine, participarea la fiinţa absolută. Există un aspect “prometeic” în eros, pentru că ţelul final al încercării de integrare nu este o stare mistică tulbure, ci condiţia unei “fiinţe” care înseamnă şi putere.
Este de notat că mediile în care s-a practicat magia sexuală şi erotismul msitic au fost aceleaşi care au profesat pe faţă şi doctrina “unităţii” în termenii unei negari a oricărei distanţe ontologice veritabile între creator şi creatură, mergând până la dispreţul pentru legile divine şi umane. Trebuie enumeraţi reprezentanţii indieni ai “Căii mâinii stângi”, Fraţii Spiritului Liber din Evul Mediu. În zilele noastre, reprezentantul cel mai cunoscut este satanistul Aleister Crowley.
Concomitent, la Platon întoarcerea la starea de fericire supremă la care conduce erosul este asociată cu depăşirea impietăţii, cauza primă a sepărării omului de divin.

14. Erosul şi varietăţile beţiei
În teoria asupra erosului formulată de Diotima în Banchetul lui Platon, erosul este ceea ce umple distanţa dintre om şi zeu.
Platon a evidenţiat distincţia între două feluri de “manie”, una pricinuită de bolile lumeşti, şi alta de părăsirea rosturilor obişnuite, ca urmare a unui îndemn divin. Erosul este o manie din a doua categorie.
Platon distinge patru tipuri de nebunie pozitivă, nepatologică: nebunia iubirii, pusă pe seama Afroditei şi a lui Eros; nebunia profetică, raportată la Apollo, nebunia iniţiaţilor, raportată la Dionysos; nebunia poetică, raportată la Muze. Toate aceste manii au în comun o stare de beţie aptă să provoace o transcendere de sine.
Este ciudat că Platon nu menţionează beţia eroică, aflată sub semnul lui Marte.
Trebuie avut în vedere un trunchi, cel al ebrietăţii insufleţitoare, faţă de care erosul este o ramură. Este semnificativ faptul că termenul “orgie”, care a sfârşit prin a însemna dezlănţuirea simţurilor, la început s-a unit cu atributul “sacru”: “orgiile sacre”.
“Dar cînd această beţie a erosului, înrudită cu celelalte ebrietăţi de ordin suprasensibil de care vorbeşte Platon, se specializează şi devine dorinţă intensă, iar apoi dorinţă exclusiv carnală; cînd, ca să spunem aşa, din condiţionantă ea devine condiţionată din cauză că se leagă în întregime de determinismele biologice şi de senzaţiile tulburi ale naturii inferioare, atunci ea se degradează şi eşuează sincopat în forma constituită de „plăcere", de voluptate venerică.” (p. 93)
În momentul în care intervine starea de beţie, mentalul individului pierde controlul în favoarea unei forţe ontologice superioare sau inferioare în raport cu principiul personalităţii umane. Pe această frontieră extrem de subţire evoluează magia sexuală.
Unul dintre modernii care au preluat şi interpretat greşit teoria platoniciană este Ludwig Klages. Extazul avut în vedere de el este unul teluric, sau chiar demonic.
“Există, aşadar, o fenomenologie total diferenţiată a „maniei" şi a erosuîui, a cărei însemnătate, din punct de vedere practic, nu va putea fi niciodată îndeajuns subliniată. Trebuie totuşi să considerăm ca sigur că atît posibilitatea negativă menţionată adineauri, cît şi cea opusă, pozitivă, a unei manii „divine" sînt Ia fel de depărtate atît de orice manie de origine patologică, cît şi de impulsul brut şi orb al erosului animalizat. De asemenea distincţii importante nici etnologii, nici istoricii religiilor şi psihologii de azi nu se preocupă însă mai deloc.” (p. 94)

15. Biologizarea şi căderea erosului
Diotima spune că, prin iubire, toţi oamenii tind către “bine”, dar trebuie ţinut cont că în gândirea grecească “binele” nu era o categorie morală, ci una ontologică, identificându-se cu calitatea a ceea ce este perfect şi complet. Fiind o aspiraţie către posesia veşnică a binelui, dragostea este o aspiraţie către nemurire.
Dincolo de aspectele de o deconcertantă modernitate darwinistă, în erotologia expusă de Diotima răzbate spiritul arhaicei religii pelasgice şi telurice a Mamei.
Este esenţial să remarcăm că prin cele două teorii expuse în Banchetul lui Platon, avem două concepţii antitetice: una în spirit metafizic, uranic, viril, cealaltă în spirit teluric-matern, “fizic”.
Procesul hermeneutic modern trebuie răsturnat: inferiorul se deduce din superior, superiorul este cel care explică inferiorul. Instinctul fizic provine din metafizic.
Pe planul vieţii de relaţie bărbatul are nevoie de dragoste şi de femeie pentru a scăpa de angoasa existenţială şi a-şi făuri un sens pentru existenţa sa. “Sentimentul acesta alcătuieşte substratul sociologiei sexului, al sexului ca factor al vieţii în comun: de la căsătorie la dorinţa de a avea o familie, copii şi descendenţă, dorinţă cu atît mai vie, cu cît decazi mai mult de la nivelul magic al sexului şi intuieşti confuz deziluzia năzuinţei celei mai adînci a fiinţei, dindărătul mirajului fulgerător survenit în clipele primelor contacte şi în culminaţiile pasiunii.” (p. 101)
Şi mai marginală este căutarea abstractă, vicioasă, a plăcerii venerice ca narcotic şi calmant contra lipsei de sens a existenţei finite.

16. Afrodita Urania. Erosul şi frumuseţea
Diotima spune că există două tipuri de dragoste, după cum există şi două Afrodite: Afrodita Urania şi Afrodita Pandemia. Una e dragostea vulgară, cealalată e dragostea de origine divină.
Produşii Afroditei Urania ar fi: operele de artă şi legile marilor oameni ai istoriei. Însă în acest caz am avea de-a face cu un eros care nu mai este suscitat de o femeie, ci de ideea de frumuseţe însăşi. Dragostea legată de sex este prezentantă ca o precumpănire a calului negru asupra calului alb, amândoi înhămaţi simbolic la carul sufletului.
Cu teoria dragostei ca dorinţă după frumuseţea pură se intră în metafizică, dar nu în metafizica sexului.
Conceptul de “dragoste platonică” nu pare să aibă un fundament iniţiatic, necunoscându-se nimic despre şcoli mistice în care această dragoste să fi condus la o tehnică a extazului pus efectiv în mişcare, in timp ce mistica plotiniană a frumuseţii are de la început alt caracter.
“Ca atare, teoria platoniciană a frumuseţii constituie un caz excepţional, care nu e deloc uşor inteligibil sub raport existenţial. În ansamblu, iubirea platonică ar putea fi pusă în legătură cu o stare de beţie specială, pe jumătate magică şi pe jumătate intelectuală (beţie a formelor pure): deosebită ca atare de „calea umedă" (via umida) din dragostea misticilor şi inseparabilă de spiritul unei civilizaţii care, la fel ca şi cea grecească, vedea consacrarea divinului în tot ce reprezintă limită şi formă desăvîrşită.” (p. 105)
Aplicate la domeniul dragostei sexuale, aceste concepţii duc la un dualism paralizant. Scrierile lui Giordano Bruno, ilustrând concepţia dublului eros, ilustrează sălbăticirea şi degradarea dragostei sexuale, căreia i se neagă posibilităţile profunde.

17. Impulsul sexual. Mitul despre Poros şi Penia
Tot în Banchetul este amintit un alt mit, cel al naşterii lui Eros. El ar fi apărut din împreunarea dintre Poros, copleşit de beţie şi oboseală, şi Penia, venită să cerşească ceva. Semnificaţia profundă este că Poros reprezintă plinătatea, adică Fiinţa, în timp ce Penia reprezintă lipsa, privaţiunea (de Fiinţă), care este atribuită materiei.
Erosul se prezintă astfel ambivalent, potrivit dublei eredităţi, paternă şi maternă. Este vrăjitor şi vânător, bogat şi sărac, muritor şi nemuritor.
“Explicat în aceşti termeni şi eliminînd unele referiri intelectulizante aflate în expunerea lui Platon, mitul unei asemenea originii a lui Eros este profund. El luminează semnificaţia metafizică a dorinţei extroverte a sexului ca substrat al “ciclului procreaţie” relevîndu-i contradicţia fundamentală şi incurabilă.” (p. 107)
Mitul acesta poate fi asociat cu o serie de alte mituri ale căderii. Împreunarea stării de beţie (Poros) cu lipsa de mijloace (Penia) echivalează cu dragostea mortală a lui Narcis pentru propria imagine reflectată în apă. În tradiţiile orientale, la baza iluziei (Maya) este aşezat faptul misterios şi iraţional constând într-o sincopă transcedentală (beţia lui Poros) şi într-o dorinţă care au împins-o pe fiinţă să se identifice cu celălalt-în-raport-cu-fiinţa.
Prima dintre naşterile lui Eros este pusă de Plotin în legătură cu Afrodita Urania, fecundată de principiul intelectual pur masculin. Dragostea primordială ia naştere între cei doi şi din propria lor frumuseţe, ea este dorinţa reciprocă a iubitului şi a iubitei, care-şi văd unul în celălalt propriul reflex, de a procrea fiinţe perfecte.
A doua naştere a lui Eros, cu referire la mitul lui Poros şi al Peniei, este conform lui Plotin dorinţa ce se aprinde în partea inferioară, marcată de iraţionalitate şi de o eternă privaţiune, fiind o fantasmă a “binelui” adevărat.
Natura dragostei şi a dorinţei revelate în mitul lui Poros şi al Peniei este de “viaţă amestecată cu non-viaţă”. “Şi îndrăgostiţii, moştenitori ai beţiei de care a fost înfrînt Poros la naşterea Afroditei, nu-şi dau seama că, în timp ce, dorind şi procreînd, îşi închipuie că duc mai departe viaţa, dau lor înşile moartea, că în timp ce îşi închipuie că depăşe: dualitatea, o reconfirmă.” (p. 109)
În unirile sexuale determinate de erosul devenit impuls sexual extravertit şi pandemic diada nu mai este depăşită. “S-a putut astfel spune că odrasla îşi ucide tatăl şi că zeul pămîntului îi amăgeşte pe cei ce cred că-şi găsesc în femeie complementul şi sfîrşitul neliniştii. Naşterea animală sincopează şi întrerupe naşterea eternă sau renaşterea. Eterogeneza (procreaţia celuilalt, a copilului) ia locul autogenezei — a integrării androginice.” (p. 109-110)

18. Despre homosexualitate
Goethe a spus despre homosexualitate că face parte din natură, deşi este împotriva naturii.
Dacă considerăm erosul în formele sale sublimate, care se conexează cu factorul estetic, în asemenea măsură încât de la frumuseţea unei singure fiinţe s-ar trece la extazul pe care îl poate provoca o frumuseţe depersonalizată, necorporală, atunci nu contează că punctul accidental de plecare este o fiinţă de acelasi sex.
Termenul de “uranism”, folosit pentru descrierea homosexualităţii, are în vedere exact distincţia dintre Afrodita Urania şi Afrodita Pandemia.
Dacă luăm homosexualitatea în accepţiunea corespondenţei complete cu relaţiile sexuale dintre bărbat şi femeie, putem foarte bine să vorbim despre o deviaţie, dar nu dintr-un punct de vedere strict moralist, ci unul al metafizicii sexului. Este o incongruenţă să aplicăm, cum face Platon, semnificaţia metafizică din mitul androginului în domeniul dragostei homosexuale. În cazul unui asemenea tip de dragoste nu se mai poate vorbi de efortul principiului masculin si al aceluia feminin de a fi cuprins în fiinţa primordială.
În sexologie se face distincţia între două tipuri de homosexualitate: una congenitală, şi una dobândită, condiţionată de factori psiho-sociologici şi ambientali. Cel de-al doilea tip include forme cu caracter de viciu şi forme care presupun predispoziţii latente ce se manifestă în anumite împrejurări.
Homosexualitatea datorată predispoziţiei ţine de un proces de sexuare incomplet, în care caracterul nici unui sex nu este predominant asupra celuilalt. Se au în vedere caracterele fizice, dar mai cu seamă psihice. M. Hirschfeld a numit această stare “formã sexualã intermediarã”.
Mai există însă şi posibilitatea unor mutaţii constituţionale, a unor cazuri de regresie, când faptul de a fi bărbat sau femeie să slăbească, prin neutralizare, sau reducere la stare latentă a caracterelor sexuale. Iar mediul social este departe de a fi indiferent faţă de acest fenomen: “într-o civilizaţie unde domneşte egalitarismul, unde diferenţele sînt contracarate, unde se favorizează promiscuitatea, unde vechiul ideal de „a fi noi înşine" nu mai spune nimic, într-o societate clivată şi materialistă este evident că fenomenul de regresie şi, o dată cu el, homosexualitatea, sînt deosebi de favorizate, aşa încît nu e deloc întîmplătoare dezvoltarea impresionantă a fenomenului homosexualităţii şi a „celui de-al treilea sex" în vremurile „democratice" din urmă, la fel stînd lucrurile şi în cazul schimbărilor de sex la o scară ce pare a nu-şi găsi echivalentul în alte epoci.” (p. 115)
Au exista bărbaţi homosexuali care nu erau deloc efeminaţi, ci războinici, neîndoios virili ca înfăţişare şi comportament. În cazul lor este corect să vorbim de viciu.
Antichitatea clasică a atestat nu doar pederastia exclusivă, ci şi bisexualitatea, şi se pare că voinţa esenţială era aceea de a experimenta totul.
Cât despre invocarea idealului de completitudine hermafrodită la pederastul care face atât pe bărbatul cât şi pe femeia, este cum nu se poate mai falsă, având în vedere că o completitudine androginică autentică are loc pe plan spiritual şi nu implică o altă fiinţă.
Ca atare, când nu este “constituţională”, explicabilă în termenii unor forme de sexuare incompletă, homosexualitatea este o deviaţie, un viciu, o perversiune.

Capitolul III
Fenomene de transcendeţă în dragostea profană
19. Sexul şi valorile umane
Trăsătura care în orice dragoste umană autentică atestă fundamentul ei metafizic este transcendenţa: în raport cu fiinţa individuală, în raport cu valorile ei, cu regulile ei obişnuite, cu însăşi viaţa ei fizică.
În viaţa obişnuită există puţine alte stări în care, ca în cele condiţionate de dragoste, să se realizeze un anumit grad de transcendenţă. Dragostea poate promova deopotrivă elevaţia şi eroismul, ca şi laşitatea, josnicia, crima şi trădarea.
Din punct de vedere metafizic, tirania dragostei şi a sexului, întreaga capacitate a erosului de a răsturna, slăbi sau subordona totul, este semnul impulsului existent la om de a trece dincolo de limitările individului finit.
Funcţia nutritivă, deşi incomparabil mai necesară decât cea a reproducerii, nu produce nimic similar cu aceasta. Numai în cazuri de foame extremă funcţia nutritivă îl poate copleşi pe individ.
Stimulentul pentru crearea Bisericii Anglicane, ruptă de Roma, a fost problema sexuală a lui Henric al VI-lea.
Un rol deloc neglijabil în declanşarea Reformei l-a avut sexualitatea lui Luther, care nu suporta disciplina monastică.
Există în mod indubitabil aspecte negative pe care erosul le implică uneori: pierderea valorilor esenţiale ale moralei. Dragostea este recunoscută ca fiind dincolo de bine şi rău. Dacă sensul ultim al impulsului care-l împinge pe bărbat spre femeie este nevoia de a fi în sens transcendent, atunci toate acestea sunt de înţeles.
“Mirajul pe care însăşi dragostea profană îl oferă ca reflex sau presimţire a ceea ce poate da erosul trecînd pe un plan superior — fericirea supremă scontată în unirea cu un anumit individ de sex opus — e atît de puternic, încît, dacă e refuzat sau anihilat, însăşi viaţa îşi pierde orice atracţie, devine goală şi lipsită de sens, astfel încît dezgustul îi face pe unii chiar să şi-o ia. Din acelaşi motiv, pierderea fiinţei iubite din pricina morţii sau trădării sale poate fi o durere mai puternică decît oricare alta.” (p. 122)
Contribuţia pozitivă a lui Schopenhauer e de a fi arătat că suferinţele produse din dragoste le depăşesc pe toate celelalte, iar acest fapt nu se datorează empiriei psihologice, ci transcendentale, împrejurării că cel lovit nu este individul finit, ci individul esenţial şi eterne.
Mai există şi cazul în care dragostea sexuală se asociază nu afinităţilor de caracter şi înclinaţii intelectuale, ci urei atroce. Elementul ură, în dragoste, poate avea o semnificaţie metafizică certă.

20. “Dragoste veşnică”. Gelozie. Orgoliu sexual
Există sentimentul că în femeie găsim viaţa, viaţa însăşi, într-un sens superior. Este firesc ca dragostei să i se asocieze atât un sentiment de nelinişte, cât şi o nevoie de eternizare. Este neliniştea ca nu cumva starea de înălţare să înceteze. Nu există dragoste suficient de intensă încât să nu implice nevoia unei durate fără sfârşit.
Dacă singura raţiune a dragostei ar fi cea procreativă, ar fi absurdă existenţa dorinţei ca nevoia de posesie să se eternizeze dincolo de actul sexual. Dar există o logică ce ţine de metafizica sexului.
Concomitent, nici fidelitatea, nici gelozia nu sunt pretinse pentru perpetuarea speciei. Fidelitatea pentru o fiinţă reprezintă chiar un obstacol în calea liberei pandemii genezice. Dar dacă o anumită femeie îndeplineşte condiţiile pentru ca nevoia de fiinţă să se calmeze, pentru ca privaţiunea creaturii să se anuleze, ideea ca această femeie să treacă la alţii poate răni nucleul existenţial cel mai profund. Prin ura amoroasă care poate ucide în asemenea cazuri, nici specia, nici individul nu câştigă nimic.
Fenomenul geloziei ţine de nevoia de autoconfirmare, iar cel ce-l încearcă vrea să-şi dovedească faptul că “este”. În acest caz, Eul caută în caută în sentimentul posesiei şi în egoismul sexual o compensaţie pentru sentimentul său obscur de inferioritate. Aproape întotdeauna efectul real este o consolidare a egoismului individual empiric.
În experienţele erotice curente se întâlnesc mai cu seamă două momente contradictorii: impulsul de a te pune în valoare posedând şi tendinţa de a ieşi din limitele proprii în unirea cu altcineva.

21. Fenomene de transcendenţă la pubertate
În clipa în care experimentăm pentru întîia dată starea provocata de polaritatea sexelor, încercăm aproape întotdeauna un fel da spaimă, de frică sau de nelinişte, deoareee avem senzaţia mai muli sau mai puţin distinctă că acţionează o forţă nouă, mai înaltă, nelimitată în ansamblul psiho-fizic al fiinţei individuale.
Apariţia forţei sexului produce o tulburare, iar dacă organismul, din cauza unei slăbiciuni congenitale, nu o poate depăşi, se poate declanşa o formă specifică de alienaţie mintală numită hebefrenia, adică nebunia pubertăţii. “Toate aceste manifestări pot fi interpretate fie ca o racordare ratată a energiei la „circuitele" în care forţa elementară, supraindividuală, a eresului, transformată şi redusă, produce formele obişnuite ale sexualităţii individuale, fie ca un deranjament structural al acelor circuite, din pricina căruia nu se produce, sau se produce doar parţial, adaptarea ansamblului psihofizic la energie sau a energiei la acesta.” (p. 128)
Ca manifestări negative ale pubertăţii, sunt: atacuri isterico-epileptice, melancolie, depresie, exaltare, accese de manie masturbatorie. Mai poate surveni oprirea dezvoltării intelectuale, inhibarea mentalului, lucru care e de domeniul patologiei. În îndrăgostire, acest lucru poate surveni în mod normal.
Mai trebuie luată în considerare şi apariţia unor impulsuri suicidare în adolescenţă, lucru care ţine de anticiparea complexului sexualitate-moarte.
Tot ce ţine de patologia adolescenţei se întâlneşte şi în cazul unor îndrăgostiri, dar mai cu seamă la prima experienţă a dragostei.
Adolescenţa poate înregistra intense treziri ale sentimentului religios. Psihologii au constatat că crizele spirituale şi convertirile se petrec în mod precumpănitor în perioada pubertăţii.
O zicală arabă: “Vei vedea îndrăgostindu-te.” Se spune că această zicală a provocat iluminarea unui sufist.
Experienţa erotică implică o dislocare a constiintei individuale obisnuite de veghe, având loc o deplasare tendenţială, spre “exaltare”, către sediul inimii. Are loc o anumită iluminare. O nobleţe înseninează figurile îndrăgostiţilor.
Şi azi, noaptea este considerată timpul cel mai potrivit pentru unirea sexuală. Pentru multe populaţii, era prescris prin tradiţie acest moment şi nu altul pentru dragostea sexuală. De exemplu, în Sparta, unde femeile se înfăţişau goale în multe circumstanţe bărbaţilor, îmbrăţişarea intimă nu putea avea loc decât noaptea.
Riturile de trecere din societăţile tradiţionale privesc adolescentul, şi ele singure validează noua calitate de “bărbat”. Neiniţiatul, indiferent de starea lui biologică, este considerat ca făcând parte din rândul femeilor, animalelor şi copiilor. Aceste rituri fac apel la forţa sexului, chemată pentru a produce o transformare profundă a fiinţei, ducând spre ecloziunea virilităţii interioare.

22. Dragoste, inimă, vis, moarte
Trebuie văzut în rolul jucat de inimă în limbajul îndrăgostiţilor mai mult decât reflexul unui sentimentalism dulceag, antrenarea centrului fiinţei umane însăşi.
Noaptea se produce o schimbare de stare, şi anume trecerea conştiinţei în sediul inimii.

23. Complexul dragoste – durere – moarte
Cazul afinităţii rare şi misterioase dintre două fiinţe, legate printr-o dorinţă insaţiabilă, constă într-o inversiune: simbolul este identificat cu persoana iubită, iar persoana este iubită în sine. În loc ca dragostea să fie o înălţare, are loc o idolatrie, un fetişism. În acest caz se întâlneşte adesea un soi de vampirism sexual, şi nu rareori se stabilesc raporturi de servitute sexuală între parteneri. Aceste situaţii se pot sfârşi cu o criză sau o prăbusire.
Don Juan, cu a sa căutare a absolutului care-i scapă mereu, suferă supliciul lui Tantal, cel care voia să bea apă dar care, deşi aflat până la brâu în ea, imediat ce se apleca vedea apele părăsindu-l. Interesant este că în formele cele mai vechi ale legendei spaniole, eroul se retrage la o mănăstire. Setea nepotolită şi mereu înşelată nu se poate domoli decât printr-o ruptură netă cu lumea femeii.
Proverb: “But a thin veil divides Iove from death.”
Băutura de dragoste din mitul lui Tristan şi al Isoldei este departe de a fi irelevantă. Amestecul special avea capacitatea de a trezi forţa erosului elementar, neutralizând ceea ce, în individul empiric, s-ar fi putut opune. Ca o consecinţă a acestui caz, era firesc să apară complexul dragoste-moarte, dorinţa de anihilare.

24. Voluptate şi suferinţă. Complexul sado-masochist
Dacă iubirea-impuls sexual îl răneşte din punct de vedere metafizic pe individul transcendent, un moment de autodistrugere este şi psihologic un moment esenţial al dragostei-pasiune, chiar şi al amorului pur fizic. Freudismul a trebuit să constate, în individ, existenţa unei pulsiuni de moarte, dincolo de “principiul plăcerii”, pe care însă nu l-a putut explica.
Este de presupus că atât libidoul, cât şi tendinţa distructivă, au un substrat comun. Mauclair a spus: “Voluptatea e o agonie, în sensul cel mai strict al cuvântului.” (în Magie de l’amour, p. 24)
Există un aspect metafizic al suferinţei. Orice durere fizică este modul în care conştiinţa individului experimentează ceva distructiv, dar care tocmai datorită acestui fapt conţine un factor de transcendenţă în raport cu unitatea închisă a individului. E oarecum adevărat ce a spus Wordsworth, că suferinţa are natura infinitului.
Durerea fizică poate avea resurse extatice, în unele forme de asceză aberantă. “Dacă gradul de activitate a amanţilor ar fi şi mai înalt, n-ar mai fi cazul să vorbim despre „voluptate", ci de o beţie superioară: de acea beţie nefizică despre care am vorbit în repetate rînduri ca despre fondul potenţial al , oricărui eros, beţie care, în acest caz special, în înseşi situaţiile de „spasm" şi de „moarte" ale amorului carnal nu şi-ar pierde calitatea şi nici nu s-ar vedea sincopată, ci şi-ar atinge intensitatea-limită.” (p. 144)
Există o ambivalenţă a oricărui impuls erotic intens, deoarece fiinţa iubită este şi afirmată, dar şi negată prin dorinţa de anihilare. Dorinţa erotică este unită cu un impuls de cruzime. Sub forma patologică, este cazul delirului sadistic criminal.
În China, persoana de care eşti legat în mod irezistibil prin dragoste se numeşte yihin-cia, adică “duşmanul predestinat”.
“Se caută în femeie o „apă a vieţii" care să fie totodată o apă care ucide, o apă de felul acelora care în simbolul alchimic sînt numite „ape corosive" [...]. Şi această condiţie este realizată mai cu seamă în identitatea freneziei, a orgasmului şi a climax -ului, în ceea ce, în termeni indieni, se numeşte samarasa acuplării.” (p. 147)
Schrenk-Notzing a creat neologismul “algolagnie” pentru a denumi plăcerea prin suferinţă în erotism. Trebuie însă distins între o algolagnie activă (sadism) şi o algolagnie pasivă (masochism).
Un anume nivel al complexului sado-masochist figurează chiar şi în formele curente ale erotismului. La nivelul datelor imediate ale conştiinţei, la femei prevalează predispoziţia masochistă, iar la bărbaţi cea sadistă. Din punct de vedere metafizic şi subtil, lucrurile stau invers. “În realitate, sadistul erotic nu s-ar comporta ca atare dacă suferinţa celuilalt i-ar fi complet străină, dacă ea nu ar avea nici un ecou în el; dar el se identifică cu durerea celuilalt, o aspiră şi o absoarbe şi în mod corespunzător aceasta acţionează în el ca un excitant, ca un factor pentru propria plăcere exaltată. Ceea ce înseamnă că el e şi un masochist, că satisface în acelaşi timp nevoia ambivalenţă de a suferi şi de a-l face pe celălalt să sufere, atenuîndu-i contrastul prin repartizarea exterioară într-un subiect şi într-un obiect. La fel stau lucrurile pentru masochist sau pentru femeie: aceasta realizează imaginativ şi absoarbe ceea ce face sau trăieşte celălalt făcîndu-i răul, cînd acest fapt îi constituie un motiv de îmbătare.” (p. 148)
Conţinutul de sadism şi masochism dintr-o acuplare normală acţionează spre a dezvolta cu reciprocitate tendinţele de transcendere.
Sadismul şi masochismul sunt patologice atunci când se transformă în situaţii indispensabile pentru actul sexual normal. Cazul este diferit când acestea se prezintă ca hiperestezii şi forme macroscopice ale unui element prezent în esenţa cea mai profundă a erosului.

25. Extaze erotice şi extaze mistice
Există o convertibilitate a senzaţiilor dureroase în senzaţii voluptoase, prezentă şi în flagelarea mistică. S-au relevat momente comune în extazele erotice şi extazele mistice. “Aceste corespondenţe au fost deseori subliniate de către psihologi şi psihiatri, dar aproape întotdeauna în mod : inoportun şi cu intenţia mai muît sau mai puţin deliberată de a compromite unele forme ale experienţei religioase prin raportarea lor la fapte erotico-isterice aberante.” (p. 151)
Cele mai multe dintre extaze prezintă un caracter impur şi suspect, iar în afara unor cazuri excepţionale, au puţin de-a face cu adevărata spiritualitate.
La multe populaţii primitive, tehnicile de parvenire la extaz sunt deseori substanţial identice cu cele ale unor rituri erotice. Din vremurile străvechi, dansul a fost folosit pentru a se ajunge la extaz. Reflexele degradate ale acestei practici s-au păstrat şi în lumea modernă, unde dansul este conexat erotismului. Este totuşi o recunoaştere a puterii virtuale pe care o are erosul de a conduce dincolo de individ.
Jelaleddin Rumi a spus: “Cine cunoaşte puterea dansului trăieşte întru Dumnezeu, fiindcă ştie cum ucide dragostea.”

26. Despre experienţa acuplării
Numeroşi autori au considerat semnificativ faptul că, în momentul acuplării, amanţii sunt cuprinşi de seriozitate, abandonând orice glumă, orice galanterie, orice frivolitate. Actul erotic presupune un înalt grad de concentrare. Are loc la cei doi o stare de conştiinţă diminuată, o stare de “transcendent” parţială.
“Conştiinţa obişnuită se poate menţine intactă în momentul limită al acuplării aproape la fel de puţin cum poate trece în mod lucid pragul somnului cu vise, în care se realizează o schimbare analoagă de stare, o ruptură de nivel analoagă. Între cele două cazuri există însă, în principiu, diferenţa datorată beţiei, raptus-ului propriu stării erotice în general, dar absentă din trecerea la starea de somn, căreia ne abandonăm de obicei doborîţi de oboseală şi dispuşi anume să ne pierdem conştiinţa.” (p. 154)
La începutul orgasmului sexual are loc o schimbare de stare, se produce o traumă în individ, provocată de traversarea organismului de o putere “care ucide”.
“În ceea ce priveşte stările care se manifestă în structura cea mai profundă a individului, trebuie, în general, să facem deosebirea dintre cazul unirii efective a unui bărbat cu o femeie pe baza magnetismului generat de fiinţa lor polar diferenţiată, şi cazul pe care l-am putea numi o utilizare de comun acord a corpurilor într-un scop la urma urmelor autoerotic nu mult deosebit de masturbaţie, adică pentru a ajunge la simplul spasm organic sub forma unei satisfaceri individuale fie a bărbatului, fie a femeii, fie a amîndurora, fără o efectivă comunicare şi fuzionare. Aceasta din urmă e situaţia care, în definitiv, se realizează atunci cînd oamenii se orientează către simpla „căutare a plăcerii", cînd „principiul plăcerii" domină unirea în asemenea măsură, încît îi conferă acel caracter extrinsec menţionat de noi atunci cînd am respins ideea că un atare principiu poate fi motorul cel mai profund al erosului. în acest caz, fiecare dintre cei doi amanţi e afectat de un soi de impotenţă; se bucură doar pentru sine, ignorînd realitatea celeilalte fiinţe, neajungînd la acel contact cu substanţa intimă, subtilă şi „psihică" a acesteia, singura capabilă să alimenteze o intensitate dizolvantă şi iniţiatoare de extaze.” (p. 155)
Este posibil ca, în Biblie, termenul “a cunoaşte” o femeie să fie folosit ca sinonim pentru “a poseda”, în sensul metafizic. În Kamasutra (II, X), actul sexual dintre un bărbat şi o femeie dintr-o castă inferioară este numit “împreunarea eunucilor”.
Novalis spunea că: “femeia este supremul aliment vizibil care face trecerea de la trup la suflet”.
Forţa liberă a sexului poate acţiona în mod purificator, catartic.
Spengler a văzut corect atunci când a spus că orgia dionisiacă are în comun cu asceza faptul că este duşmanul corpului.
“Cine a încercat să prelungească spasmul sexual dincolo de o anumită limită insis-tînd asupra unuia sau altuia dintre procedeele excitative, vorbeşte de senzaţia insuportabilă a unei forţe — „ca a unei electricităţi" — care ţîşneşte din rinichi şi străbate ascendent şira spinării. în această fază, pentru cei mai mulţi, experienţa încetează a mai fi dezirabilă, ea pare a prezenta un caracter exclusiv fizic şi dureros, nu poate fi suportată, e abandonată.” (p. 159) Îndărătul unei atare fenomenologii nu e poate hazardat să presupunem trezirea forţei bazale kundalini, la care aspiră practicile din yoga tantrică.
Trezirea forţei bazale este conţinută şi în dansul oriental al pântecului, executat de femeie pe fond erotic. Dar aceasta depăşeşte erosul exclusiv profan, deoarece acest dans, despre care în Occident există ideea că ar fi un soi de varieteu exotic, are un caracter sacru şi tradiţional. G. de Georgio l-a evocat astfel: “Am asistat la un adevărat dans al pîntecelui, unul arăbesc, cu arabi stînd pe vine care-i marcau ritmul: eu eram singurul european. De neuitat. Acest dans, fireşte sacru, este o deznodare a forţei kundalinî, o evadare în altitudine. Simbolic vorbind, e extraordinar de bogat, de vreme ce femeia e cea care îl execută, şi suferă foarte mult (dansul adevărat e foarte dificil), aproape ca la o naştere, şi este o naştere: dar lucrul cel mai frumos, cel mai impetuos e acompaniamentul vocal pe care-l susţine femeia însăşi: cîntece răpitoare ce punctează evadarea, ciclul deznodării, zeificarea ascensională, trecerea de la un inel la altul, de la primul la ultimul centru."

27. Varietăţi ale pudorii. Metafizica pudorii
Este de presupus că stările negative şi depresive post coitum se succed împreunărilor neautentice, prilej acceptat de comun acord pentru o plăcere solitară. De fapt, aceste stări depresive sunt foarte asemănătoare celor instalate după masturbare. Se poate, desigur, să intre în joc şi o senzaţie de culpă, dar trăită nu pe plan moralist, ci transcendental. Interesant este că ele apar doar la bărbat, nu şi la femeie, în cazul în care a consimţit acuplarea.
Trebuie să ne punem întrebarea dacă bărbatul, care se simţea întreg şi suficient, descoperă, când întâlneşte femeia, că e doar jumătate de om, şi dacă nu cumva această conjunctură îl face vulnerabil. Problema e complexă. Pe de o parte, privaţiunea este consubstanţială individului finit.
Există în individ, sub formă embrionară, ceea ce în Orient s-a numit elementul extrasamsaric, virilitatea transcendentă, sau, principiul supranatural al personalităţii umane.
Există o pudoare care nu are referinţe sexuale. Ea ţine de goliciune, de funcţia micţiunii şi a defecării. Unii consideră că nu este înnăscută, aducând ca argument că nici copiii, nici anumite populaţii primitive nu o manifestă. Se cade aici în greşeala de a se socoti “natural” ceea ce ar rămâne în incipienţă dacă nu găseşte mediul unei societăţi care să încurajeze tendinţa respectivă.
Fenomenul pudorii, sub aspectul său cel mai general, provine din impulsul pe care îl resimte omul de a pune o distanţă între sine şi “natură”. El nu se manifestă în stadii prepersonale (copil) sau involutive (sălbatic).
În forma sa sexuală, pudoarea există faţă de propria nuditate, faţă de organele sexuale şi faţă de actul sexual. În cazul femeii, pudoarea este un ingredient al activităţii sexuale, şi o putem încadra în caracterele ei sexuale terţiare. Acest aspect funcţional nu se întâlneşte în pudoarea masculină. Pudoare feminină este un fapt sexual, care încetează atunci când femeile sunt între ele, în timp ce pudoarea masculină este un fapt etic, care nu este abandonat nici într-un anturaj pur masculin (facem abstracţie de civilizaţii primitive, sau de cele degenerate, ca cea contemporană).
Obiectul maxim de pudoare în popoarele arabe şi persane era până nu demult gura. La chinezi, un obiect particular al ruşinii erau picioarele, pe care femeile nu consimţeau adesea să le arate nici propriilor soţi. “Realitatea este, în acest context, că o anumită parte a corpului are doar o valoare de simbol şi arătarea, neascunderea ei înseamnă o deschidere de sine, o nesustragere, uni mod de a nu mai fi pentru sine. Pe această bază, adică pe baza acestei funcţionalităţi simbolice a pudorii, în care partea reprezintă fiinţa cea mai intimă, putem înţelege că obiectul ei poate varia, chiar dacă în mod firesc prevalează referirile la acele părţi ale corpului femeiesc corelate cu sexualitatea, altfel spus cu utilizarea sexuală a femeii.” (p. 166)

28. Semnificaţia orgiei
Abstracţie făcând de cazurile de regresiune naturalistă, sau de degenerare libertină, unul din puţinele contexte în care erosul se evidenţiază în forma sa nudă constă în riturile şi serbările orgiastice colective. În acest caz oscilaţia erosului e rezolvată în sensul sacral.
Formele orgiastice reprezintă ceva intermediar: condiţionările individuale ale erosului sunt depăşite, dar concomitent nu este vorba de un tip de unire diferit de cel uzual, adică de cel ce conduce la fecundare. Totuşi, se pare că în cazurile de orgie colectivă sacrală fecundările sunt mai puţin numeroase decât ne-am aştepta.
În promiscuitatea orgiastică, finalitatea cea mai evidentă este anularea individului social. Trebuie remarcat că, inclusiv printre sălbatici, promiscuitatea apare doar conexă unui element ritual. Atunci are loc o eliberare cvasitotală.
Unele serbări ale populaţiilor sălbatice, având caracter sezonier, au dat naştere unor interpretări unilaterale (rituri de fecunditate, de fertilizare etc.), tocmai pentru că nu s-a ţinut seama că ceea ce se întâlneşte în domeniul etnologiei reprezintă nu ceva primar, ci ceva ocultat sau degradat.
Saturnaliile romane, care au un caracter indiscutabil orgiastic, celebrează, potrivit interpretărilor populare ale epocii, o întoarcere temporară la epoca primordială, al cărei rege fusese Saturn-Cronos, epocă în care nu existau nici legi, nici deosebiri sociale între oameni. “E aceasta traducţia exoterică a unei idei mai profunde: se oferea, în termeni temporali, istorici, ca reevocare a unui trecut mitic, participarea la o stare mai degrabă deasupra timpului şi istoriei şi, în termenii unei aboliri a deosebirilor sociale şi a interdicţiilor, se prezenta finalitatea cea mai adevărată, aceea de a depăşi interior forma, limita individului ca atare.” (p. 171)
În ansamblu, susţinute de instituţiile sacre şi alimentate de participările colective, sărbătorile orgiastice aveau ca scop operă catarctică şi de spălare a spiritului, de neutralizare a tuturor stratificărilor conştiinţei empirice prin intermediul sexualităţii.
În multe religii, apele sunt elementul care “purifică”, spală păcatele, şi acest simbolism s-a păstrat şi în botezul creştin. Or, în simbolismul tradiţional apele apar conexe femeii, mamei. Fundamental, orgiile sunt o regresiune eliberatoare în inform, săvârşită sub semnul feminin. Experienţele orgiastice sunt pe linia eliberărilor extatice proprii Misterelor Femeii şi ale Mamei, lor opunându-se iniţierile celebrate sub semnul uranico-viril.
Contactul cu Apele poate deschide nucleul supranatural al individului, dar îl pot şi dizolva.

29. Marchizul de Sade şi “Calea Mâinii stângi”
Există un sadism aberant, o nevoie a unor indivizi nevrotici sau taraţi de cruzime înţeleasă ca afrodiziac psihic pentru obţinerea satisfacţiei sexuale, şi un sadism natural, un element al erosului activat pentru a conduce posibilităţile erotice dincolo de limitele obişnuite.
Există un sadism pe fond sexual, dar există şi un sadism cu sens larg, în care referirea la sex şi femeie poate lipsi. Esenţiale în acest din urmă caz este plăcerea răului, plăcerea cruzimii, plăcerea de a distruge.
Sadismul, în accepţiunea sa generică, se încadrează într-o categorie cuprinzând fenomenele foarte complexe, şi care definesc o orientare existenţială elementară.
O definiţie a perversiunii: “Avem de a face cu perversiunea atunci cînd subiectul resimte plăcere în executarea anumitor acte doar pentru că acestea sînt prohibite, doar pentru că acestea, potrivit unei morale date, sînt considerate ca „rău" sau ca „păcat".” (p. 174)
Dacă luăm în considerare omul care a dat numele “sadismului”, Donatien-Alphonse-François de Sade, este de presupus că la el era vorba doar de o perversiune intelectuală. Nu se ştie nimic despre fapte de o gravitate deosebită, despre care ar fi trebuit să dea seama.
Totuşi, există o anumită linie de gândire în operele lui Sade, care permite justificarea filozofică a “sadismului”. Şi este vorba despre ideea că forţa predominantă în univers este cea a “răului”, a distrugerii. Forţa destructivă ar fi prevalentă deci în natură, iar cei de partea ei trebuie consideraţi a fi prietenii divinităţii, în timp ce, dimpotrivă, cei ce urmează calea binelui, a virtuţii, ar trebui consideraţi adversarii lui Dumnezeu.
Tema sadistică propriu-zisă este cea legată de voluptatea legată de distrugere. Sadismul sexual este pur episodic, aplicaţie printre altele.
Există în filozofia lui Sade o contradicţie evidentă: percepţia răului ca o transgresiune implică o normă, o lege care nu este cea a răului. Logic, dacă sadistul ar dori să se bucure de plăcerea transgresiunii, el ar fi constrâns să practice bunătatea şi virtutea, considerate de el contrarii voinţei divine.
Orice formă de satanism, pentru a fi consecventă, presupune recunoaşterea intimă a sacralităţii şi a legii pe care o ultragiază.
Într-o concepţie completă despre divinitate, trei aspecte principale sunt puse în evidenţă: puterea care creează, puterea care conservă şi puterea care distruge, iar acesta este cazul triadei hinduse: Brahma, Vişnu, Şiva. Vāmācāra, sau “Calea Mâinii stângi”, este în strictă legătură cu funcţia distrugătoare a lui Şiva. Spre deosebire de Sade, nu există în această exaltare a distrugerii nici o nuanţă de transgresiune sacrilegă, ci un cadru ritual, sacrificial şi transfigurator.
“Calea Mâinii stângi” este definită în textul numit Bhagavad Gita.
Sade, neavând o conexiune la o tradiţie situată în “Calea Mâinii stângi”, nu poate trece de nişte intuiţii fiziologice, fără un corespondent practic. Omul lui Sade, în apogeul distrugerii şi a violenţei, nu depăşeşte stadiul unui “supraomism” incipient.
În tradiţia indiană, manifestarea are două faze, două aspecte esenţiale. Primul, dominat de Brahma şi Vişnu, este cel al dezvoltării, al determinării, şi este legat de “Calea Mâinii drepte” (dakşinākāra). Al doilea, dominat de Şiva, este cel al distrugerii, al disoluţiei, al indeterminării, şi este legat de “Calea Mâinii stângi” (vāmācāra).
Apectului creativ din prima etapă îi corespunde etica fidelităţii faţă de propria natură. În cea de-a doua fază, are loc îndepărtarea de propria natură, fie prin asceză, fie prin o formă disolutivă.
Tantriştii spun că deosebirea dintre “Calea Mâinii stângi” şi “Calea Mâinii drepte” este aceea dintre vin şi lapte. Cu toate acestea, este vorba de metode diferite de realizare a aceluiaşi scop.

30. Rasputin şi secta hlâştilor
Secta rusească a hlâştilor a practicat, în deplin secret, rituri orgiastice, cel mai probabil forme degradate ale unor rituri precreştine, nu fără a prelua, paradoxal, idei din noua religie.
Presupoziţia dogmatică a sectei era că omul este potenţia Dumnezeu. În cadrul riturilor, se urmărea realizarea mistică a naturii christice, în cazul bărbatului, şi a Fecioarei, în cazul femeii.
După izvoare, se poate identifica o prelugire a riturilor orgiastice antice, care se celebrau sub misterelor Marii Zeiţe htonice.
Este de remarcat că în afara uzului ritual şi extatic, secta practica o asceză ce mergea până la condamnarea căsătoriei.
Din această sectă făcea parte şi stareţul Grigori Efimovici, zis Rasputin (din rusescul rasputnik, dezmăţat). Venise la curtea ţarului pentru a-l învăţa “sfinţirea prin păcat”. Această idee trebuie pusă în legătură cu cea a Sfântului Augustin, care afirmase că virtutea poate fi un motiv de păcat, atunci când este îmbibată cu orgoliul creaturii căzute. “Într-un asemenea context, a ceda trupului ar fi un mod de a te umili, de a distruge orgoliul Eului — al „despotului întunecat" — pînă la ultimele sale rămăşiţe, constînd tocmai în orgoliul propriei virtuţi. În termeni existenţiali, şi nu morali, orgoliul ce trebuie umilit prin punerea în libertate a sexului şi prin non-rezistenţă, prin „păcătuire", e însă în legătură cu limitaţia individului finit, ce poate fi suprimată prin intermediul unei experienţe speciale, paroxistice a erosului.” (p. 186)

Capitolul IV. Zei şi zeiţe, bărbaţi şi femei
31. Mitologie, ontologie şi psihologie
În doctrinele lumii tradiţionale se găseşte tema unei polarităţi puse în legătură cu cea a sexelor. În istoria religiilor această împrejurare a trecut drept antropomorfism: “[...] după ce a creat zeii după chipul şi asemănarea sa, omul şi-a transpus şi proiectat în ei şi diferenţierea sexuală proprie fiinţelor muritoare de pe pămînt. Astfel, toate acele diade şi dihotomii nu ar fi decît produse ale fanteziei, al căror unic conţinut concret ar fi experienţa umană a sexului.” (p. 188)
În realitate, pentru omul tradiţionale sexul este o forţă supraindividuală, un principiu transcendent, înainte de a fi o realitate fizică. Eternul masculin şi eternul feminin sunt esenţe, faţă de care sexuarea opusă a fiinţelor umane nu este decât un caz particular.
În loc ca sexul omenesc să fie baza pentru a surprinde ce este real şi pozitiv în figurile divine diferenţiate sexual, tocmai conţinutul unor asemenea figuri este în măsură să ofere cheia pentru înţelegerea aspectelor celor mai profunde şi mai universale ale sexului la bărbat şi la femeie. Numai asemenea figuri pot furniza înţelesul a ceea ce se poate numi virilitatea absolută şi feminitatea absolută. Doar din sacrum sexuale şi din mitologia sexului pot fi deduse bazele pentru o caracterologie şi pentru o psihologie a sexului.
Principiile virilităţii şi ale feminităţii absolute nu sunt simple concepte, abstracte şi lipsite de fundament. Sunt principii-potenţe de ordin transindividual, care condiţionează calitatea de bărbat sau de femeie a fiecărui individ, existând anterior şi mai presus de fiecare bărbat muritor şi de fiecare femeie muritoare. Existenţa acestor principii este metafizică.
Şcolile tantra şi sahaiya recunosc în diviziunea masculin-feminin realitatea ontologică exprimată prin perechea principiilor Siva şi Sakti, sau cea a personificărilor mitologice ale lui Krşna şi Rādhā.
Acestui domeniu special i se poate aplica doctrina platoniciană a ideilor, fiind vorba aşadar nu de o abstracţie conceptuală a intelectului, ci de o rădăcină a realului de ordin superior.
Privând psihologia de orice sprijin doctrinar adecvat, lipsind-o de contactul cu ontologia, Jung eşuează în încercările de a explica misterul sexelor. Având în vedere tratamentul nevropaţilor, el comite în plus eroarea de a crede că religia şi iniţierile vizau doar remontarea indivizilor marcaţi de conflicte psihice. Jung “desaturează” arhetipurile, le privează de încărcătura lor mitică şi magică. “Dimpotrivă, pentru omenirea tradiţională cunoaşterea realităţii metafizice a arhetipurilor sexuale a slujit drept premisă pozitivă în multiplele varietăţi ale sacralizării sexului, în practici şi rituri menite nu să readucă o fiinţă scindată, o fiinţă ce se luptă cu „complexele" sale, la o normalitate banală, ci să iniţieze un sistem de evocări şi de participări dincolo de omenescul pur şi simplu, să provoace deschideri ale Eului tocmai faţă de acele „încărcături" care, la Jung, se reduc la rolul de simple halouri inexplicabile în jurul imaginilor inconştientului.” (p. 191)

32. Diada metafizică
Ideea de bază este că creaţia sau manifestarea are loc prin intermediul unei dualităţi de principii cuprinse în unitatea supremă.
Conform lui Aristotel, masculinul este forma, femininul este materia. Forma este aici puterea care suscită mişcarea, materia este cauza materială şi instrumentală a oricărei dezvoltări. Femininul este aşadar potenţa pură, indeterminată, care poate asuma orice formă, dar în absenţa formei nu este nimic. Termenul grecesc pentru materie nu semnifică materia lumii fizice, ci o entitate abisală, care posedă şi nu posedă fiinţa tocmai în măsura în care este sinonimă potenţialităţii pure. În termeni pitagoricieni, acesta este şi principiul Diadei, în opoziţie cu Unitatea, care este o alteritate în raport cu receptacolul material. Sub expresia cea mai abstractă, aşa se prezintă eternul masculin şi eternul feminin în metafizica tradiţională.
Masculinul poate fi pus în legătură cu fiinţa (în accepţiunea cea mai înaltă), iar feminitatea cu devenirea. Masculinul ţine de imutabilitate, de stabilitate, iar femininul de mutabilitate, de curgere.
Fiinţa, la Plotin, este principiul intelectual conceput ca principiul olimpic, prezenţă imuabilă şi lumină pură, luând aspectul Logosului atunci când fecundează şi pune în mişcare potenţa cosmică. Femininul e forţa-viaţă.
“Natura” are în greceşte un sens care se deosebeşte de cel modern, şi este corect să fie identificată cu principiul feminin. În simbolismul tradiţional, principiul “supranatural” a fost identificat cu bărbatul, iar principiul “natural” cu femeia.
Principiul feminin a fost asociat cu Apele. Acestea incorporează mai multe semnificaţii: viaţa nediferenţiată, curgerea, instabilitatea, devenirea (în lumea contingentă), fertilitatea şi creşterea sub toate formele. Apelor li s-a asociat simbolul orizontalei, în opoziţiei cu verticala, asociată masculinului (falusul erect).
Principiul masculin a fost asociat cu Focul.
“Ca în multe alte cazuri, aici trebuie să ţinem seama însă de polivalenţa proprie simbolurilor tradiţionale, adică de disponibilitatea lor de a constitui suportul unor semnificaţii foarte diferite, care nu se exclud una pe alta, ci urmează logica unor perspective diferite.” (p. 194)
Tradiţia extrem-orientală cunoaşte diada Cer-Pământ, Cerul fiind asociat cu perfecţiunea activă (khien), iar Pământul cu perfecţiunea pasivă (kimen).
Numerele impare sunt în relaţie cu Cerul, numerele pare cu Pământul. Unitatea reprezintă începutul, dualitatea este manifestarea, trei este tot număr masculin, conţinând atât principiul generator cât şi creaţia, deci totul. Acest simbolism poate fi găsit în toate tradiţiile.
Diada extrem-orientală yang-yin este o corespondenţă a celei anterioare. Yang are natura Cerului, este activ, pozitiv şi masculin, în timp ce yin are natura Pământului, este pasiv, negativ si feminin.
Triadele şi hexagramele formate din reprezentările grafice ale lui yang şi yin reprezintă cheia situaţiilor fundamentale pe care le poate înfăţişa realitatea, atât în ordinea spirituală câ şi în cea naturală. Sub aspect dinamic, yang şi yin sînt forţe opuse, dar şi complementare. Calitate yang au lumina şi soarele, calitate yin umbra şi luna; focul e yang, apele sînt yin; vîrfurile sînt yang, văile sînt yin; spiritul este yang, sufletul şi forţa vitală sînt yin; purul e yang, abisalul e yin ş.a.m.d.
Lui yin i se atribuie calitatea rece, umedă şi întunecoasă. Lui yang, calitatea caldă, uscată şi luminoasă. Lui yin îi sunt proprii potenţele elementare anterioare formei, partea nocturnă a fiinţei umane.
Cu aceleaşi sensuri, în sistemul Sāmkhya apare dualitatea purusha (principiul masculin) – prakriti (principiul feminin).
Siva este prezent peste tot sub aspectul imutabil, conştient, spiritual, stabil, în timp ce Sakti este prezentă sub aspectul schimbător, inconştient-vital, natural, dinamic.
În tantrismul speculativ, în legătură cu Sakti este pusă Maya, concept ce semnifică iluzia lumii, irealitatea lumii vizibile.
Se spune că Siva fără Sakti ar fi incapabil de orice mişcare, după cum Sakti fără Siva ar fi inconştientă.
Duhul Sfânt, din creştinism, ar putea fi considerat entitate feminină. În ebraică şi aramaică termenul “spirit” este feminin. A fost simbolizat printr-o porumbiţă, care la rândul ei a fost asociată unor divinităţi feminine: cu Potinia cretană, cu Ishtar egitpeană, cu Derceto, cu Mylitta, cu Afrodita.

33. Arhetipuri demeterice şi arhetipuri afroditice. Fecioara. Nuditatea abisală
“Pentru a ajunge la caracterizări diferenţiate în domeniul mitologiei e însă necesară o deosebită capacitate de discriminare. Într-adevăr, aici ne întîmpină o mulţime de figuri ce au aproape întotdeauna un caracter polivalent, slujind, aşadar, drept substrat unor semnificaţii foarte variate, nu numai datorită multiplicităţii aspectelor ce pot fi cercetate şi descoperite în ele, dar şi datorită unor cauze exterioare, istorice, ca urmare a proceselor de amestec, transformare sau juxtapunere a unor mito-logeme şi culte diverse în diferitele civilizaţii şi deseori chiar în cadrul uneia şi aceleiaşi civilizaţii.” (p. 201)
Imaginile corespunzătoare principiului feminin pot fi grupate în două mari categorii: tipul afroditic şi tipul demeteric. Primul corespunde arhetipului iubitei, al doilea, arhetipului mamei.
Tipul demeteric este caracterizat întâi de toate prin tema fecundităţii. Ginecocraţia demetric orientată nu a fost neapărat o suveranitate socială a femeii, ci o preeminenţă a ceea ce avea legătură cu ea, ajungându-se la ideea imortalităţii telurice, a nemuririi întru Mamă.
În epifaniile indiene ale Marii Zeiţe (Kali, Bhairavi, Karala şi Durga) se găseşte cea mai fericită expresie a principiului afroditic al feminităţii primordială ca formă dizolvantă, extatică, răvăşitoare. Zeiţele afroditice sunt concepute ca fecioare.

34. Diferenţe tipice ale virilităţii din mit
La limita inferioară este figura telurico-poseidonică a virilităţii. Pe un plan ceva mai înalt este Hefaistos-Vulcan, zeul focului, dar este vorba de un foc încă dezordonat, tulbure, elementar. Apollo prezintă deja o epifanie elevată a principiului masculin, mai luminoasă. Reprezentativ pentru această triadă este Dionysos, reprezentantul virilităţii sălbatice, promiscue.
Cu Ares se inaugurează virilitatea războinică, eroică. Pe aceasta o continuă şi o sublimează Heracles, ale căror munci simbolizează şi ele virilitatea eroică.
Dar virilitatea pură este reprezentată până la urmă de Apollo, desprins de elemente telurice şi de raporturi cu zeiţe.

35. Masculinul şi femininul în manifestare
Nu există nici o doctrină metafizică şi tradiţională completă care să fi considerat Diada ca punct suprem de referire în viziunea asupra lumii. În tradiţia extrem-orientală, dincolo de yiu şi yang se găseşte Marea Unitate, Tai-Ki. Plotin vorbeşte şi el de Unul superior şi anterior dualităţii.
Principiul masculin reflectă Unul, în întrupează în procesul manifestării universale. Cât despre principiul feminin, el este identificabil “naturii”, care nu este coexistentă lui Dumnezeu, ci derivă din El, având o “realitate secundă”. În virtutea acestui simbolism, există o preeminenţă ontologică şi metafizică a masculinului faţă de feminin. Dar nu există şi o preeminenţă de fapt, întâlnindu-se situaţii în care femininul se dovedeşte superior.
“Există situaţii ce se regăsesc pretutindeni: în cosmos şi în perioadele acestuia; în istorie şi în epocile ei; în structura şi în spiritul cultelor, ale civilizaţiilor şi ale societăţilor însele, în acestea din urină potrivit opoziţiei dintre civilizaţia Tatălui şi civilizaţia Mamei, dintre civilizaţia androcratică şi civilizaţia ginecocratică, dintre instituţii bazate pe dreptul patern pur şi civilizaţii matriarhale; în indivizi, deoarece predominanţa unuia sau a celuilalt principiu dă loc sexuării (ca sex atît al corpului, cît şi al sufletului), „bărbaţilor" şi femeilor.” (p. 216)
Hristos a reunificat în sine bărbatul şi femeia, la nivel principial. Prin graţia mântuirii a devenit omul capabil să înfăptuiască virtual această lucrare pentru toţi creştinii.
Tema hermafroditului este prezentă în lucrările lui Leonardo da Vinci, mai cu seamă în cele înfăţişându-i pe Sf. Ioan şi pe Bacchus.

36. Despre demonia femininului. Simbolismul acuplării inversate
În tradiţiile multor popoare principiul feminin a fost asociat cu seducţia, dar şi cu elementul “demonic”.
Tendinţa demonică feminină se explică prin captarea şi absorbirea principiului virilităţii transcendente sau magice. În natura femininului intră tendinţa de a absorbi şi subjuga acest principiu. S-a vorbit despre o “moarte aspiratoare” pe care bărbatul o suferă prin femeie, deoarece pierderea principiului magic viril, prin confundarea cu substanţa feminină făcută din dorinţă, echivalează, pentru bărbat, cu “ştergerea din Cartea Vieţii”. Se poate astfel vorbi de un “război al sexelor” pe un plan anterior şi superior faţă de tot ce poate avea asemenea trăsături în domeniul relaţiilor pur individuale, profane.
“Femeia” poate da viaţa, dar barează, sau tinde să bareze, accesul spre ceea ce se află dincolo de viaţă.
Exista două tipuri de Mistere: Marile Mistere, Ammonice, şi Micile Mistere, Isaice. Este potrivi să le considerăm pe primele de esenţă masculină, iar pe cele din urmă de esenţă feminină.
“Misterele Mari sau Ammonice pot fi definite drept acelea ce au legătură cu „reascensiunea", cu reorientarea spre înalt a curentului, cu depăşirea nivelului „cosmic"; ele stau deci sub semnul virilităţii transcendente, deschizînd seria situaţiilor în care aceasta cîştigă tot mai mult superioritatea.” (p. 225)
În legătură cu operaţiile Artei Regale (despre care se spune că reproduce în fazele sale opera creaţiei), în hermetismul alchimic acest simbolism se prezintă într-o formă riguroasă. Aici se vorbeşte de o primă fază, aşa-numita domnie a Femeii, a Apelor sau a Lunii, sau albedo, în care Femeia deţine superioritatea asupra Bărbatului şi-l reduce la natura ei (Misterele Mici). După ce Bărbatul s-a dizolvat în principiul opus, survine însă domnia zisă a Focului sau a Soarelui, sau rubedo, în care Bărbatul îşi recîştigâ superioritatea, stă pe Femeie şi o reduce, de astă dată la natura lui; şi spre a desemna această de-a două fază, textele utilizează uneori tocmai simbolismul incestului dintre Fiu şi Mamă.
Acuplarea inversată, într-o civilizaţie ginecocratică, semnifică suveranitatea principiului feminin exercitată înclusiv în timpul actului de perpetuare a vieţii. Într-o societată orientată androcratic însă, semnificaţia este total opusă. Suveranitatea masculină este subliniată exact de imobilismul celui ce o incarnează.

37. Falus şi menstre
În domeniul istoriei religiilor, cultului falic i s-a atribuit aproape întotdeauna o semnificaţie exclusiv naturalistă, obscenă, fiind redus la un cult al fecundităţii şi al virilităţii procreatoare. În realitate simbolismul falic a fost utilizat şi pentru a reprezenta principiul virilităţii transcendente, magice, supranaturale. El a fost asociat şi misterului învierii, din această cauza era prezent pe morminte în Grecia şi Roma.
În Egipt au existat Misterele falice, în care trebuiau să se iniţieze cei ce doreau să devină preoţi au unor culte speciale.
În India, falusul este unul din simbolurile lui Siva.
Deloc naturalist şi priapic, falusul semnifică principiul luminos uranic. Se pare că numai în epocile finale, de decădere a moravurilor, falusul a dobândit aspectul “obscen” în accepţiunea modernă.
“Nu va fi lipsită de interes o ultimă referire la tradiţia egipteană. Conform unui mit al acestei tradiţii, Osiris, “zeul primordial", ar fi fost sfîşiat în bucăţi, dar diversele părţi ale trupului său au fost regăsite şi el a fost recompus. Nu i s-a regăsit însă falusul. Dezmembrarea e un simbol al trecerii de la lumea Unului la aceea a multiplicităţii şi a individuaţiei. în lumea aceasta fiinţa primordială încearcă să se recompună în om. Omul e însă încă lipsit de falus, nu de virilitatea fizică, ci de cea transcendentă, de puterea creativă sau magico-divină. îl va găsi — şi va fi întreg doar ca iniţiat şi ca „osi-rificat". Motivul falusului lui Osiris ni se prezintă ca o variantă a motivului general conform căruia ceva e pierdut şi apoi regăsit: cuvîntul sacru pierdut sau uitat, adevărata băutură cerească pe care nu o mai ştim, Graalul însuşi care a devenit invizibil etc.” (p. 230)
Multe concepţii şi credinţe privesc menstruaţia feminină ca fiind impură. Femeia la pubertate şi parturienta erau izolate de comunitate şi purificate. Se considera că menstrele au o influenţă capabilă nu numai să paralizeze sacrul, ci să lovească nucleul cel mai profund al virilităţii.
O veche concepţie indiană consideră că o femeie la menstruaţie are substanţa unui paria, adică reprezintă elementul demonic, înfrânat proporţional cu ierarhia castelor superioare.
Tot ce are legătură cu corpul femeii, toate secreţiile ei, au fost folosite în magia erotică. Totul, mai puţin menstruaţiile. Efectul acestora din urmă a fost mai degrabă antiafrodiziac.

38. Psihologia masculină şi psihologia feminină
Structurile mitologiei sexului pot servi ca bază pentru deducerea principiilor generale ale unei psihologii a bărbatului şi a femeii, capabilă de o abordare profundă a acestora.
În măsura în care reflectă esenţa principiului feminin, fiecare femeie aparţine ontologic “naturii”, în sens cosmic, nu doar material. Fiecare bărbat, în măsura în care încarnează esenţa principiului opus, transcende “natura”.
“Realitatea este că azi omul nu mai are nici o idee despre ceea ce e cu adevărat supranatural şi, ca urmare, tipul bărbatului absolut a dispărut aproape în întregime. Limite altcîndva perfect limpezi au devenit în zilele noastre, prin regresiune, extrem de labile.” (p. 237)
Simbolismul apelor şi a variabilităţii lunare furnizează cheia psihologiei celei mai elementare a femeii. Potrivit naturii “umede” şi “lunare”, apar instabilitatea, inconsecvenţa şi nestatornicia naturii femeiei, dar şi a bărbatului care are ceva de femeie în el. Tot de acestea ţine mobilitatea expresiei fizionomice a femeiei, în care trăsăturile nu se întipăresc, ca în cea masculină.
Arta în care excelează cel mai mult femeile este teatrul, iar în fiecare actor este ceva feminin.
Psihismul feminin este plastic, credul, adaptabil, sugestionabil. Pe de altă parte, ea poate fi neofobă şi conservatoare.
“În ceea ce priveşte logica, trebuie să avem în vedere două accepţiuni ale ei. Nu e vorba de logica curentă, pe care femeia, la nevoie, ştie să o folosească „instrumental" cu o indiscutabilă abilitate şi subtilitate, deşi nu frontal, ci polemic şi evaziv, ca într-o luptă de gherilă, într-un mod foarte apropiat de sofistică. E vorba, dimpotrivă, de logica înţeleasă ca expresie a unei iubiri pentru adevărul pur şi pentru coerenţa interioară, care duce la un stil riguros şi impersonal de gîndire, constituind, pentru bărbatul absolut, un fel de imperativ lăuntric. De această logică femeia e aproape incapabilă, căci ea nu o interesează defel.” (p. 240)
Weininger a spus că femeia absolută ignoră imperativul etic, ca lege interioară, detaşată de orice conotaţie empirică. Femeile sunt legate de “etica socială”, care nu este o adevărată etică, ci un obicei.

39. Femeia ca mamă şi femeia ca iubită
Din punct de vedere metafizic masculinul este corelativul complementar al femininului, dar dincolo de asta el reflectă caracterul a ceea ce este anterior şi superior Diadei. Toate raporturile bazate pe Diadă au pentru femeie un caracter esenţial şi îi epuizează legea naturală a fiinţei sale, în timp ce pentru bărbat nu este deloc aşa. Femeia absolută este numai sexualitate, în timp ce bărbatul absolut este sexualitate şi ceva în plus.
Femeia, prin intermediul sexualităţii şi a maternităţii, înfloreşte şi-şi transpune în act propria fiinţă. Femeia se perpetuează pe sine, în timp ce bărbatul îşi perpetuează familia, casta, neamul.
Proprie femininului este eteritatea, raportarea la altul, eterocentrismul. În acelaşi timp, masculinul se raportează la sine. Viaţa feminină este aproape întotdeauna lipsită de valoare proprie, fie şi în nevoia de a fi remarcată, recunoscută, adulată, admirată, dorită. “Că valorile eticii feminine sînt foarte diferite de cele ale eticii masculine se vădeşte, s-o spunem în treacăt, şi din faptul că o femeie ar trebui să-l dispreţuiască pe bărbat pentru un asemenea comportament adulator deseori adoptat pentru a nu obţine de la ea nimic decît trupul. Se întîmplă însă exact contrariul.” (p. 244)
Arhetipului afroditic (femeia-iubită) îi corespunde starea pură, amorfă din punct de vedere dinamic. Arhetipului demeteric îi corespunde starea de forţă a vieţii legată de o formă, orientată către o formă.
Indiferent însă dacă e vorba de tipul mamei sau de tipul iubitei, la femeie este caracteristică o angoasă existenţială mai mare decît cea a sexului opus, oroarea de singurătate, sentimentul unui vid neliniştitor cînd nu are şi nu posedă un bărbat. Lăsată singură cu sieşi, femeia trăieşte groaza de nimic.
“Trebuie să reţinem în fapt că de-a lungul istoriei s-a produs un soi de atrofie chiar fiziologică a ceea ce, la femeie, putea corespunde cu o sexuare completă sau cu. o aproximare maximă de „femeia absolută". Aşa se face că la femeile orientale, în rîndul cărora s-a păstrat în cea mai mare măsură tipul antic, respectivul comportament fiziologic în acuplare este încă aproape normal şi se îmbină cu posibilităţi fiziologice devenite extrem de rare printre europencele moderne, în timp ce erau probabil prezente şi la femeile occidentale din Antichitate. Este vorba, aici, de un simbol fizic sau de o reverberaţie a unei semnificaţii esenţiale.” (p. 248)

40. Milă, sexualitate şi cruzime la femeie
Într-o legendă persană, se enumeră printre ingredientele din care a fost clădită femeia: “tăria diamantului şi dulceaţa mierii, cruzimea tigrului, strălucirea caldă a focului şi răceala zăpezii”. Coexistă, la femeie, tendinţa spre o milă şi spre o cruzime deosebită, fiecare net superioare a ceea ce este capabil să ofere bărbatul.
Tipul feminin afroditic se prezintă sub două forme: tipul inferior, “femela” în sens primitiv, şi tipul superior, cu aparenţe caste.
Nu se poate spune dacă depinde doar de circumstanţe exterioare, economico-sociale, faptul că femeia e capabilă în dragoste să urmărească un aspect practic pozitiv, în mai mare măsură decât bărbatul, care poate fi acuzat de instinctivitate şi căutare iresponsabilă a plăcerii.

41. Despre puterea de fascinaţie a femeii. Activitate şi pasivitate în dragostea sexuală
Caracteristicii metafizice a femeii eterne ca magiciană îi corespunde în general puterea de fascinaţie feminină. Tipul afroditic este asociat frecvent cu tipul magicienei în mituri şi legende. “Că femeia e conexată mai mult decît bărbatul de „pămînt", de elementul cosmico-natural, e un lucru demonstrat chiar şi pe planul mai material al influenţelor pe care femeia, spre deosebire de bărbat, le resimte de pe urma ritmurilor periodice ale universului (de exemplu, în ciclul menstruaţiilor).” (p. 252)
Femeia are dispoziţii clarvizionare şi magice în sens restrâns, în opoziţie cu înalta magie, cu teurgia bărbatului.
“În puterea de fascinaţie a nudului feminin există un moment de vertij asemănător celui provocat de vid, de abisul fără fund, [...] substanţa primordială a creaţiei şi a ambiguităţii nefiinţei sale. Această trăsătură aparţine exclusiv nudului feminin. Efectul nudului masculin asupra femeii nu numai că e, prin comparaţie, destul de redus, dar e specializat, e de ordine esenţialmente fizică şi falică, acel nud nu acţionează asupra ei decît în termenii banali ai sugerării unei eficienţe musculare şi animalice a „masculului".” (p. 254)
Despre posesie şi viol: “Dacă bărbatul în general cunoaşte plăcerea deflorării şi a violului, tot ceea ce, în această plăcere, se poate raporta la instinct sau la orgoliul primei posedări nu e decît un element de suprafaţă; faptul cel mai profund e senzaţia, fie şi iluzorie, furnizată de gestul fizic, de a viola inviolabilul, de a o poseda pe cea care, în rădăcina ei ultimă, în „nuditatea" sa, nu va fi nicicînd posedată prin intermediul carnalităţii; dorinţa de a o poseda pe această „fecioară" se învălmăşeşte obscur în aceea de a o poseda pe femeia inaccesibilă anatomic sau pe femeia care se opune. Şi nu alta este şi originea unui element specific al sadismului conexat nu numai cu actul deflorării, ci însoţind aproape fiecare acuplare: e ceva diferit de algolagnia ambivalenţă despre care am mai vorbit, e ceva cu mult mai profund, e o cruzime şi o ferocitate ce corespund senzaţiei transcendentale de intangibilitate fascinantă, de „răceală", de impracticabilitate a substanţei feminine elementare.” (p. 254)
Rezerva şi rezistenţa unei femei au funcţie de excitant sexual. Dacă o femeie şi-ar manifesta dorinţa proprie, ar sfârşi prin a-l dezgusta pe orice bărbat neanimalizat, care însă este atras de inocenţă.
Există o lege potrivit căreia orice energie inhibată sau obstaculată se potenţează, traducându-se într-o influenţă care, cu cât e mai subtilă, cu atât e mai eficace.
“Femeia râmîne în orice caz kāminî, cea a cărei substanţă e sexualitatea, cea care, dincolo de pragul conştiinţei celei mai periferice, „gîndeşte la sex, gîndeşte despre sex, gîndeşte sex, se complace în sex". Inhibarea impersonală, „naturală", a acestei dispoziţii se exprimă sub forma unei puteri subtile, magice, care constituie aura specială de fascinaţie ce înconjoară tipul „cast" şi „inocent" de femeie şi care produce asupra fiecărui bărbat diferenţiat un mai mare efect decît orice comportament feminin grosolan de impudic şi de lasciv. Tocmai cînd toate acestea nu sînt voite, cînd la femeie nu e vorba nici de o viclenie, nici de o inhibiţie conştientă de esenţă morală, ci de un dat al naturii sale, de ceva elementar existenţial a cărui rădăcină arhetipică este cea indicată mai sus de noi, dispune femeia de acea forţă mult mai periculoasă.” (p. 256)
Dacă din perspectiva metafizică, bărbatul este activ şi femeia activă, în mod curent lucrurile stau invers. După o expresie a lui Titus Burckhardt, bărbatul este pasiv activ, iar femeia este activ pasivă.
Tipurile moderne ale bărbatului occidental: bărbatul activ obsedat să producă, bărbatul atlet cu voinţă inflexibilă, sunt sărace în virilitate interioară. Aceste tipuri sunt cele mai dezarmate în faţa puterii subtile a femeii.
Diferenţa de natură între femeie şi bărbat nu implică o ierarhizare. Problema superiorităţii şi a inferiorităţii unuia faţă de celălalt e lipsită de sens.
Exceptând sexuarea elementară, nici un bărbat nu este exclusiv bărbat, şi nici o femeie nu este exclusiv femeie. În fazele regresive ale civilizaţiei, mulţi bărbaţi prezintă trăsături feminine pregnante, şi invers.
“Un punct trebuie însă considerat ca sigur, şi anume că dacă e arbitrar să judecăm femeia în funcţie de bărbat ori de cîte ori considerăm cele două sexe în sine, o asemenea judecată e legitimă cînd e vorba de componentele sau dispoziţiile celuilalt sex pe care un bărbat sau o femeie le poate găzdui sau dezvolta în sine. în acest caz, e vorba într-adevăr de imperfecţiuni în raport cu tipul, de o lipsă a „formei", de hibridismul ce caracterizează un ins neîmplinit sau degenerat. Iar din punctul de vedere al eticii tradiţionale este rău şi nonvaloare ceea ce la femeie e bărbat şi la bărbat femeie.” (p. 262)

42. Despre etica sexelor
În concepţia tradiţională, etica nu este un domeniu autonom, cum este înţeles în modernitate. Ea are atâta valoare normativă câtă îşi poate extrage din sfera sacrului şi a metafizicii.
Orice etică adevărată, tradiţională şi nu filosofică, se bazează pe restabilirea a ceea ce corespunde naturii proprii a fiecărei fiinţe. Formula ei este “fii tu însuţi!”, sau “fii credincios ţie însuţi!” Prin “sine însuşi” se înţelege natura cea mai profundă.
Caracterul elementar al masculinităţii este a-fi-pentru-sine, cel al feminităţii este a-fi-pentru-altul. Etica fiecărui sex este dezvoltarea acestor caractere elementare, corespunzătoare fiecărui individ în parte.
Virilitatea pură este realizată de războinic şi de ascet. Feminitatea pură este realizată de iubită şi de mamă. Luate în sine, nici dispoziţia maternă, nici dispoziţia afroditică nu au vreo valoare etică, deontologică; ambele atestă apartenenţa femeii la „natura" simplă.
“Lăsăm pe de-a-ntregul la o parte „problema femeii" şi pe cea a „relaţiilor sexuale" aşa cum le concep oamenii moderni, cu sau fără legătură cu căsătoria, divorţul, emanciparea, amorul liber şi aşa mai departe. Toate acestea sînt probleme inexistente. Unica problemă serioasă e aceea a măsurii în care, într-o societate dată şi într-o epocă dată, bărbatul poate fi el însuşi şi femeia poate fi ea însăşi, într-o aproximare hotărîtă de arhetipurile corespunzătoare, şi a măsurii în care, dincolo de varietatea formelor exterioare şi de diferitele cadre instituţionale, raporturile dintre ei reflectă legea naturală imuabilă înrădăcinată în metafizica însăşi a masculinului şi a femininului, lege care este: integrare şi completare reciprocă într-o subordonare de principiu a femeii faţă de bărbat. Restul — ca să ne exprimăm în manieră nietzscheeană — e inepţie, şi în introducere am arătat deja în ce stare ne găsim în lumea modernă occidentală, în ceea ce priveşte bărbatul, femeia şi sexul, graţie aşa-zisului „progres".” (p. 267)

Capitolul V. Sacralizări şi evocări
Lumea dinaintea modernităţii avea alte dimensiuni şi înţelegea suprasensibilul ca pe o parte fundamentală a realităţii şi ca pe o “prezenţă” virtuală.
În domeniul profan, au fost date următoarele soluţii problemei sexului:
1. sacralizarea instituţională a unirii sexuale;
2. forme cultice evocatoare şi sacramentale ale unirii sexuale;
3. detaşarea ascetică a forţei sexuale de planul Diadei şi transmutarea ei internă în scopul unei realizări supranaturale;
4. regim special al unirii sexuale în scopul unei rupturi existenţiale de nivel.
Există aşadar:
a) o magie sexuală primitivă (rituri de fecunditate, orgii sacre);
b) o magie sexuală individuală operativă în sens restrîns, ceremonial;
c) o magie sexuală iniţiatică.

43. Căsătoria ca “Mister” în lumea tradiţiei
Familia antică, mai mult decât o asociere naturală, a fost o instituţie cu bază religioasă. Această constatare este valabilă pentru fiecare civilizaţie tradiţională, nu doar pentru Antichitatea europeană.
În căsătoria antică, factorul individualist juca un rol foarte redus, afectul şi înclinaţia protagoniştilor fiind secundare in faţa preponderenţei neamului. Se făcea distincţia între femeia care era primită în dignitas matrimonii, şi instituţia legală a concubinajului, dedicată experienţei erotice pure.
Dorinţa de a procrea era precedată de ritualuri speciale, incluzând o perioadă de abstinenţă. Prin procreaţie nu se înţelegea conservarea speciei, ci transmiterea forţei mistice a propriului sânge. Adevăratul scop al căsătoriei nu era descendenţa cu orice preţ, ci “fiul datoriei”, adică primul născut de sex masculin.
În familia sacralizată, polaritatea sexelor este legată de un regim de complementaritate.
În tradiţia brahmanică, femeia unită cu bărbatul prin sacrament, a fost asociată la origine cu soţul în cult şi ritualuri. Căsătoria prezenta caracteristicile unui “mister”, într-un regim de ritualizare.
Căsătoria, aşa cum e cunoscută azi, e un “mister profanat”.
Claude de Saint-Martin a spus: “Dacă neamul omenesc ar şti ce anume este căsătoria, ar nutri, în acelaşi timp, o dorinţă extraordinară şi o frică teribilă de ea, deoarece prin intermediul ei omul poate redeveni asemănător cu Dumnezeu sau sfîrşi într-o ruină totală.”
“Pentru aria islamică, un ritual ce-l aminteşte în parte pe cel indoeuropean mai sus citat, ne arată cît de străină îi e acestei tradiţii ideea că sexualitatea ar fi ceva păcătos şi obscen, în legătură cu care orice referire la divinitate ar fi o blasfemie. Potrivit acestui ritual, în momentul intromi-siunii soţul va spune: „în numele lui Allah cel iertător şi milostjv, Bismallah al-rahman al-rahim." Apoi, femeia şi bărbatul vor spune împreună: „în numele lui Allah" şi, în sfîrşit, doar bărbatul, în clipa cînd o simte pe femeie abandonîndu-se, iar el e gata să ejaculeze, va rosti restul formulei, adică cuvintele: „cel iertător şi milostiv." (p. 272)
Ibn Arabi vorbeşte de o contemplare a lui Dumnezeu în femeie.
În Kabbala ebraică, nu există condamnarea ascetică a vieţii sexuale, căsătoria fiind unul din misterele cele mai sacre ale Legii. Adevărata căsătorie are valoarea unei reproduceri simbolice a lui Dumnezeu cu shekhina.
Asupra doctrinei chineze a unirilor regale: “O sută douăzeci sînt femeile regelui, în afara celei care îi este în sens eminent soţie. Folosinţa tuturor acestora are şi semnificaţia unui rit şi se supune unui simbolism precis. Femeile regale sînt împărţite în patru grupe, diferite atît prin număr, cît şi prin valoare, în sens invers proporţional: mai numeros este grupul alcătuit din femei considerate mai puţin nobile. Femeilor le e dat să se apropie de rege numai în anumite nopţi, în raport descrescător faţă de noaptea cu lună plină, începînd din grupul cel mai numeros şi exterior, ale cărui femei sînt chemate în nopţile aproape întunecoase, lipsite de lună, pînă la ultimul grup, alcătuit doar din trei femei, care dispun de cele două nopţi anterioare nopţii sacre cu lună plină, în aceasta din urmă, cînd, din punct de vedere macrocosmic, luna dezvăluită în toată strălucirea ei se găseşte faţă în faţă cu soarele, doar regina rămîne în faţa regelui, în faţa Bărbatului Unic, şi se uneşte deplin cu el. Este ideea unei uniri care, absolută în centru, se repetă atenuată pe treptele unde domneşte tot mai mult multiplul şi unde atît demnitatea cît şi forţa Unului sînt mai mici în fecundarea materiei: reflectări tot mai condiţionate a ceea ce se actualizează în hierogamia cuplului regal, într-un sistepf de participări ce repetă un sistem cosmic.” (p. 274)

44. Creştinismul şi sexualitatea
În privinţa căsătoriei, în catolicism sunt prezente urmările interferenţei nelegitime dintre principii şi norme referitoare la două planuri distincte. Religiile tradiţionale cu fond creaţionist au cunoscut două legi. Prima priveşte viaţa concepută ca operă divină, şi sacralizează viaţa în lume. A doua, priveşte minoritatea care are vocaţie ascetică şi este calea detaşării, a transcendenţei (calea lui Siva). “Spre deosebire de ebraismul antic, de mazdeism, de hinduismul vedic, de Islamul însuşi şi aşa mai departe, catolicismul a confundat cele două ordine şi a introdus valori ascetice în domeniul existenţei obişnuite, una din consecinţe fiind o condamnare a sexului, ba chiar o adevărată ură teologică faţă de sex.” (p. 275)
Pavel denunţă căsătoria ca un pis-aller. Pornind de la această poziţie, viaţa sexuala a fost considerată un păcat, tolerabilă doar în căsătorie.
Sacralizarea căsatoriei s-a făcut tardiv în creştinism, prin sex. al XII-lea, dar în scopuri pur temporale.
Celibatul sacerdotal în catolicism provine din confuzia dintre preotul de mir şi călugărul ascet. În numeroase civilizaţii tradiţionale această identificare nu s-a făcut. Dimpotrivă, dinastia sacerdotală tradiţională se bazează pe continuitatea sângelui, suport pentru continuitatea influenţei spirituale.

45. Prostituţia sacră. Hierogamiile
Fiecare cult tradiţional vizează actualizarea prezenţei reale a unei anumite entităţi suprasensibile într-un anumit mediu sau transmiterea participativă către un individ sau un grup a influenţei spirituale corespunzătoare. Mijloacele utilizate în acest scop sunt riturile, mijloacele şi sacramentele. Printre acestea, mai multe civilizaţii au utilizat şi sexul.
În Misterele Marii Zeiţe, anumite practici erotice cuprindeau şi prostituţia sacră. În unele civilizaţii era uzanţa ca fecioarele, înaintea nunţii, să-şi ofere virginitatea unui străin, care să slăvească în ele pe Zeiţă.
Hierodulele, preotese al căror cult consta în actul pentru care modernii n-au găsit alt termen decât “prostituarea”, celebrau misterul dragostei trupeşti nu în sensul unui rit formalist şi simbolic, ci acela a unui rit magic operativ.
Este de reţinut că hetairele antice şi orientale chiar în afara unor cadre cultice şi instituţionale îşi desfăşurarau o activitate care nu era profană, ele fiind calificate să confere dragostei un deznodământ pe care astăzi nu-l mai cunoaştem.
“Noţiuni despre ceea ce se poate numi fiziologia hiperbiologică şi subtilă sînt atestate la hetairele extrem-orientale, care adeseori erau reunite în corporaţii ce-şi aveau „stemele", însemnele lor simbolice proprii şi propria lor tradiţie străveche. Avem motive să credem că în unele cazuri ars amatoria profană a luat naştere prin degradare din elemente exterioare ale unei ştiinţe sui generis bazate pe un fond de cunoştinţe tradiţional şi sacerdotal; nu e exclus ca printre posturile indicate în opere, precum cele patruzeci şi opt de Figurat Veneris a lui Froberg, să se numere şi unele care la origine au avut valoare de mudră, adică de posturi magico-rituale aplicate la actul sexual, dat fiind că, aşa cum vom arăta, uneje semnificaţii de acest gen au subzistat pînă şi în practici de magie sexuale ale unor medii moderne.” (p. 282)
În băuturile de dragoste nu este vorba de arta de a face să ia naştere pe cale anormală o pasiune obişnuită, ci de arta de a conferi experienţei sexului dimensiuni diferite de cele proprii erosului obişnuit.
“Tocmai această eventualitate trebuie luată în considerare în examinarea altor complexe rituale antice: o posibilă sexuare transcendentală, adică încorporarea efectivă, fie ea momentană sau aproape durabilă, în anumite fiinţe umane de sex femeiesc a divinităţilor sau arhetipurilor de acelaşi sex, în aceiaşi termeni prin care în catolicism se vorbeşte despre prezenţa reală a divinităţii în ostii, aşa cum stabileşte ritul. In multe monumente egeene, reprezentările preoteselor se confundă adeseori practic cu cele ale Marii Zeiţe24, şi ele ne fac să presupunem că primele au fost obiectul concret al cultului datorat celorlalte; apoi e un fapt cunoscut că şi în figurile istorice ale unor suverane mediteraneano-orientale au fost venerate imaginile aşa-zicînd vii ale unor Ishtar, Isis şi ale altor divinităţi de acelaşi tip. Trebuie să avem însă în vedere şi cazul de încarnări momentane ale acestor divinităţi într-o fiinţă dată, determinate de o atmosferă magico-rituală de acelaşi tip cu cea în care ar trebui în principiu să aibă loc misterul — mysterium transformationis — în însăşi liturghia creştină.” (p. 283)
În Misterele Eleusine, unui hieros gamos ca rit iniţiatic i se adăuga ritul cultivării pământului.
Există şi cazul hierogamiilor parţiale, în care numai una dintre părţi este transfigurată spre esenţa ei, în timp ce cealaltă parte este dirijată doar spre procreaţie.
Fundamentul doctrinar al tuturor acestor rituri e ideea că limita umană şi individuală poate fi înlăturată, că în individ — bărbat sau femeie — prin transsubstanţiere, în anumite cazuri, se poate întrupa, arăta sau activa o „prezenţă reală”. Omul modern nu poate pricepe această idee, pe care o consideră de altfel ca fiind o fantezie.

46. Incubi şi sucubi. Fetişism şi procese de evocare
În foarte multe legende şi mituri eroice este prezentantă o femeie supranaturală ca donatoare a vieţii, a înţelepciunii, a sănătăţii, a unei hrane mistice, a forţei sacre.
Fenomenele de sucubat şi incubat sunt evocate încă de pe vremea sumerienilor.
Faptul că nu este vorba întotdeauna de simple imaginaţii ale unui erotism schizofrenic, este atestat printre altele de unele fenomene extranormale, manifestate nu rareori ca o consecinţa a fenomenelor de “posedare”.
Dincolo de orice condiţionări contingente, fundamentul oricărei experienţe erotice importante este raportul ce se stabileşte între o persoană şi principiul pur, fiinţa, al unui individ de sex diferit.
Termenul de “fetişism”, preluat din limba portugheză, a însemna propriu-zis “vrajă”. El se referă la o anumită emoţie nejustificată nici de valoarea, nici de calitatea intrinsecă a obiectului simbolic.
Dacă o anumită persoană excită, motivul este pentru că ea evocă ceva obscur, care o depăşeşte. Din acest punct de vedere, fetişimul este omniprezent şi normal. Există însă şi un fetişism aberant, patologic, al cărui mecanism este similar.
În dragoste, ceea ce exaltă şi fascinează este “femeia ocultă”, căreia fiinţa umană corespunzătoare îi serveşte de suport.

47. Procese de evocare în dragostea cavalerească medievală
A existat cu siguranţă o lirică trubadurescă şi o „dragoste curtenească" cu care cadrează în mare măsură judecata curentă a istoricilor culturii şi literaturii medievale. Au existat într-adevăr şi „Curţi ale iubirii", între 1150 şi 1200, prezidate de femei care au trăit cu adevărat şi au fost bine cunoscute, precum Eleonore d'Aquitaine, regina Franţei, contesa de Flandra, contesa de Champagne, Ermengarde de Narbonne, Clarette de Baulx, Este-phanette de Gantelme şi altele. Cu totul diferit însă, trăit până la ultimele consecinţe, a fost rolul deţinut de femeie în cadrul instituţiilor cavalereşti.
Femeia reală, în Evul Mediu, a fost prea puţin “idealizată” şi a fost tratată într-un mod foarte puţin ideal. Date fiind diferenţele uriaşe între situaţia reală şi rolul jucat de femeie în instituţiile cavalereşti, ne putem întreba dacă nu este vorba de o “femeie închipuită” asociată unui regim de evocări.
Alegerea simbolismului femeii şi a iubirii nu a fost accidentală şi irelevantă, capabilă doar să furnizeze un limbaj artificial şi simbolizant.

48. Despre experienţele iniţiatice ale “Supuşilor Iubirii”
Printre membrii marcanţi ai acestei organizaţii se numără Dante Alighieri, Guido Cavalcanti, Cino da Pistoia. Întreaga poezie a Dulcelui Stil Nou este legată de ei.
Pentru Fedeli d’Amore, Amor este puterea capabilă de a determina spiritul să iasă din adăpostul său, de a-l face să zboare.
Nicolo da Rossi, tratând despre treptele şi puterile adevăratei iubiri, consideră drept culminaţie a tuturor acestora extazul, ceea ce înseamnă deschiderea spiritului către stări supra-individuale şi supra-raţionale ale fiinţei.
“[...] trebuie, aşadar, să respingem, în legătură cu „Supuşii Iubirii", atît interpretările estetizante şi realiste care vor să raporteze totul la femei reale şi la experienţele unei simple iubiri omeneşti transpuse, sublimate şi hiperbolizate de către poet, cît şi interpretările pur simbolice care pun pe tapet simple abstracţii sapienţiale sau chiar personificări ale unei Gnoze („Sfînta înţelepciune”) ca putere iluminantă, dar fără nici o legătură efectivă cu forţa feminităţii.” (p. 309-310)

49. Despre semnificaţia Sabatului şi a “liturghiilor negre”
“În general, „demonologia" secolelor trecute este un domeniu interesant care încă aşteaptă să fie studiat dintr-un punct de vedere corect. Un asemenea punct de vedere nu e nici cel al teologilor, care pun totul în sarcina satanismului, aşa cum a fost deja cazul Ia judecătorii Inchiziţiei, nici cel al oamenilor care ar vrea să reducă totul la pure superstiţii sau la fapte ce ţin de resortul psihopatologiei şi al isteriei.” (p. 311)
Pentru a declanşa subiecţilor experienţele interioare care ţin de Sabatul vrăjitoarelor, izvoarele indică faptul că se utilizau substanţe din clasele afrodisiacelor, narcoticelor şi stupefiantele: beladona, opiul, macul, trifoiul cu patru foi, măselariţa, omagul, frunzele de plop etc. Suportul acestora era grăsimea animală, cu ajutorul căreia se prepara un unguent, aplicat ulterior cutanat. Urma un somn profund, bogat în vise lucide şi viziuni, dar şi în trezirea forţei elementare a sexului, activată pe plan extatico-vizionar.
Este de presupus că acţiunea stupefiantelor nu avea nimic în comun cu dezordinea pe care o au în modernitate, fiind dirijate într-un mod şi direcţie de neconceput în zilele noastre.
Johannes Vierus, în Daimonomania, susţine că Sabatul vrăjitoarelor avea loc în stare de transă, corpul rămânând imobil. Era vorba de un somn letargic sau cataleptic, din care subiectul nu putea fi trezit nici cu ajutorul împunsăturilor sau al arsurilor. Este însă nimerit să nu excludem fenomenul bilocaţiei.
Nu trebuie exclusă împrejurarea ca în Evul Mediu să se fi perpetuat rituri extrem de vechi, extatice, care culminau în actul sexual ca sacrament, şi care au trecut în ochii Bisericii Romano-Catolice drept Sabatul vrăjitoarelor.
În ce priveşte conţinutul experienţelor sabatice, este vorba de evocări tulburi de arhetipuri şi de situaţii rituale raportabile la culte orgiastice antice.
În unele ritualuri clandestine este atestată tehnica inversării “diabolice” a ritualului catolic. Se pare că unele dintre liturghiile negre au fost oficiate în scopuri magice de către Catherina de Medici. Un amănunt important este necesitatea ca ritul să fie săvârşit de un preot hirotonisit, singurul om care posedă taina transsubstanţierii.
“Ca ultimă consideraţie referitoare exclusiv la Sabat, vom menţiona că, chiar dacă se utilizează aceleaşi mijloace, experienţele de genul acesta, cînd nu se reduc la simple orgii onirice ale fanteziei erotice individuale, ci presupun contacte şi evocări reale, sînt foarte greu de conceput pentru omul modern. Atmosfera psihică necesară nu mai există, iar procesul de tot mai accentuată materializare l-a închis pe individul uman în sine însuşi, în pura lui subiectivitate. Cu excepţia unor cazuri într-adevăr excepţionale, astăzi tot planul experienţelor posibile dincolo de procesele psihice normale e de aşa natură, încît, în principiu, i se pot aplica doar interpretări banale de tipul celor jungiene sau se încadrează în domeniul numit azi „psihedelic", ţinînd de o utilizare profană şi dezordonată a unor droguri.” (p. 321)

50. Doctrina despre androgin în misticismul creştin
Cu Ioan Scotus Eriugena, doctrina androginului îşi face apariţia în misticismul creştin. Fără o conexiune cu Scotus, Jakob Böhme o expune şi el. Totuşi nu se expune nicăieri în creştinism o cale iniţiatică a sexului, precumpănind categoric misticismul asexual.
Există o aversiune în creştinism faţă de experienţa sexului, care împiedică la ajungerea la o metafizică a sexului chiar pe autorii care intuiesc mobilul profund al acestei relaţii.
Doctrina despre androgin a reprezentat în creştinism o sămânţă extranee aruncată pe un ogor inadecvat, pe care nu putea ca să fructifice.

Capitolul VI. Sexul în domeniul iniţierilor şi al magiei
51. Transmutările în preceptul castităţii
Problema sexualităţii poate fi soluţionată prin transmutarea ascetică a forţei sexului în vederea unor realizări de ordin supranatural. În majoritatea tradiţiilor iniţiatice există preceptul abstinenţei, a evitării contactului cu femeia, fapt ce pare în ochii modernilor ca fiind un imperativ moral. În realitate, forţa sexului nu este suprimată, ci canalizată. Forţa sexului trebuie afirmată, sau transformată.
Preceptul abstinenţei vizează dirijarea forţei sexuale spre un alt plan. Iar în acest scop există tehnici şi procedee interioare. Atunci când în doctrinele esoterice se vorbeşte despre sex, se are în vedere o forţă mult mai profundă decât libidoul freudian.
“[...] transmutaţia, de care este vorba în asceza avansată, nu trebuie confundată cu dislocările şi sublimările de care se ocupă psihanaliza şi cu tehnicile prin care aceasta încearcă să rezolve problemele personale ale sexului. Nu e cazul, în legătură cu toate acestea, să vorbim despre o transmutaţie veritabilă, acţionînd asupra rădăcinii; e vorba de o fenomenologie periferică în marginea vieţii obişnuite şi profane, avînd de a face în esenţă cu situaţii patologice lipsite pentru noi de interes. Cînd sînt aplicate tehnici conştiente de tipul celor yogice, pentru ca transformarea să aibă loc trebuie să existe în spiritul celui ce o pune în lucrare un punct de referinţă cu adevărat transcendent şi în măsură să-i absoarbă totalitatea fiinţei, aşa cum este cazul în asceza avansată, nicidecum în subiecţii psihanalitici.” (p. 320)
Transformarea forţei ce se manifestă obişnuit în sex se produce de la sine, dacă întregul spirit este efectiv centrat pe ceva superior. Astfel stau lucrurile la sfinţi, la mistici, şi la asceţii superiori. Semnul cel mai sigur că s-a petrecut transmutarea este calmul şi indiferenţa faţă de sex, care nu au nimic în comun cu aversiunea puritană.
A XIV-lea carte a Tarotului, numitã “Cumpãtarea”, reprezintã o femeie înaripatã care transvazează un lichid dintr-un recipient de argint într-un recipient de aur fără a vărsa nici o picătură din el, în timp ce, simbolizînd creşterea interioară spre înalt, lîngă ea se văd flori răsărite din pămînt.
Există o forţã ce ia naştere din orice autodominare, din orice inhibare activã. Potrivit unei vechi învãţãturi ezoterice dominarea oricãrui impuls de o anumitã intensitate elibereazã o energie mai înaltã şi mai subtilã. Acumularea acestei energii conduce la formarea unei “aure magnetice” speciale, personalitatea împrãştiind o teamã sacrã, şi putând sã-i influenţeze pe ceilalţi cu vorba sau cu privirea. Aceeaşi energie poate fi utilizatã pentru contemplaţie sau pentru realizarea spiritualã.
Într-o perspectivă metafizică şi ascetică, în împrejurarea pur animalică cu femeia se risipeşte nu doar simpla energie vitală, ci virilitatea transcendentă a bărbatului. Tocmai în această ordine de idei trebuie recunoscut în ascet o formă superioară de virilitate.
Forţa obţinută prin abstinenţă poate fi utilizată şi în cazul “magiei negre”, unde este la fel de riguros necesar.

52. Tehnici de transmutaţie endogenă în kundalini-yoga şi în daoism
Spre deosebire de tot ce este caracteristic ascezei mistice, în Yoga este vorba de procese bine controlate, de tehnici aplicate în condiţii de anticipare a efectelor, ratificate de o tradiţie multiseculară.
Energia sexuală, pur instrumentală, poate fi utilizată pentru trezirea energiei kundalini.
În tantrism, Yoga este diferită de practicile sexuale. Este vorba de două căi diferite, destinate unor oameni cu dotări diferite. Cei în care predomină principiul sattwa se îndreaptă spre calea care exclude femeia, cei în care predomină rajas, dimpotrivă, spre calea care foloseşte femeia.
Sensul cuvântului “kundalini” este “cea care e înfăşurată”, cu trimitere la o forţă elementară. Pentru tantra kundalini reprezintă Zeiţa, Sakti primordială din oameni. Când ida şi pingala, cei doi curenţi, sunt opriţi, kundalini începe să curgă ascendent, parcurgând un canal axial care străbate coloana vertebrală. Trezirea forţei kundalini în absenţa cunoştinţelor necesare poate provoca tulburări grave, mergând până la nebunie şi moarte.
Misterul transmutaţiei a fost cunoscut şi de către daoişti, şi de către alchimişti. Ca şi în Yoga hindusă, stăpânirea fluidului seminal joacă un rol primordial, definitoriu.

53. Sexul în Kabbala şi în Misterele Eleusine
În aceste două tradiţii s-au dezvoltat tehnici pentru a se obţine o ruptură de nivel extatic cu ajutorul unirii dintre un bărbat şi o femeie. Ca şi în Yoga, scopul este decondiţionarea Eului.
Unele curente secrete ale kabbalismului nu au fost străine de practici de magie sexuală. Trebuie luată în calcul secta Sabbatienilor şi doctrinele lui Jacob Franck.
Despre utilizarea magiei sexuale în Misterele Eleusine avem mărturii provenit de la Clement Alexandrinul, Theodoret şi Psellos.

54. Practici sexuale tantrice
Pentru actuala epocă, cea a unei Sakti fără nici o oprelişte, este indicată calea spirituală care s-ar putea rezuma prin formula “a călări tigrul”. “E ca şi cum am spune să nu evităm o forţă periculoasă şi nici să nu o contracarăm în mod direct, ci să ne prindem de ea şi să ne ţinem bine, în ideea de a obţine pînă la urmă victoria.” (p. 347)
Tantrele tind să transforme otrăvurile în nectar. Ele uzează spre eliberare de forţele care au condus spre neant şi pierzanie. Este o cale dificilă ca mersul pe tăişul unei săbii sau ţinutul unui tigru în frâu.
Totuşi, este vorba de o cale spirituală regulată, şi nu de un alibi pentru dezlănţuirea simţurilor.
Rădăcinile tantrismului conduc spre un ansamblu de practici orgiastice, vecine cu vrăjitoria.
La femeile care au fost utilizate în practicile tantrice se constată dispariţia treptată a menstruaţiei. Ar putea fi vorba de un simbol fiziologic concret al unei transformări concrete a posibilităţilor demetrice în cea afroditică. Femeile care au fost mame nu mai pot fi utilizate în practicile tantrice.

55. Despre formele şi pericolele unirii sexuale în tantrism
Formele iniţiatice ale tantrismului se deosebesc de cele orgiastice. Este vorba de o conduită specială constând în reţinerea spermei.
Este de presupus că operaţia sexuală tantrică are loc într-o stare de beţie lucidă şi aproape de transă, care comportă activarea stării subtile, prin aceasta fiind inhibată şi criza ejaculatorie fiziologică a orgasmului erotic.
Se pare că oprirea spermei, la care se adaugă tehnica opririi respiraţiei, provoacă o ruptură de nivel ce duce la uciderea mentalului (manas).
“Cînd în Tantre se vorbeşte despre sămînţa masculină şi despre sămînţa feminină ca despre două principii care, unindu-se, generează curentul ascendent al iluminării în acelaşi mod în care, în acuplarea obişnuită, sperma şi ovulul, unindu-se, dau naştere nucleului primar al embrionului, trebuie să ne referim efectiv la acele corespondente hiperfizice detaşate, oprite, fixate şi aduse în situaţia de a se contopi [...].” (p. 360)
Există în Tantra o asceză care durează vreme de câteva luni, în imediata contingenţă a femeii, iar despre contactul sexual se poate vorbi ca despre o realizare superascetică.
Femeia încorporează principiul care poate produce calitatea potenţială de “buddha” a bărbatului, în acelaşi context în care femeia “Supuşilor Iubirii” simbolizează “Madonna Inteligenza”, Gnoza salvatoare.
Se poate pune întrebarea în ce măsură practicile sexuale tantrice conduc la aceleaşi rezultate ca trezirea pur yogică a kundalini. Opinia predominantă e însă că prin practicile sexuale~se poate accede doar în mod tranzitoriu la sahaja, stadiul suprem, stadiul non-dual de dincolo de Eu şi de non-Eu, dar că această cucerire este greu de stabilizat, ca şi cum ar fi vorba doar de un atac prin surprindere, şi nici nu se poate proceda la toate operaţiile concepute de Yoga pentru forţa kundalinl în ascensiune. Chiar şi în textele tantrismului budist se vorbeşte uneori despre maeştri care, după ce au atins iluminarea prin intermediul practicilor sexuale, s-au ţinut după aceea departe de femeie şi au urmat altă cale, profesînd o doctrină severă.
În cazul în care practicile tantra nu sunt corect controlate, pericolul este o intoxicare şi o subjugare sexuală completă. Se poate regresa de la condiţia de om la cea de demon, de instrument al forţei de care ai ales să te slujeşti.

56. Practicile sexuale în daoismul chinez
Este considerată yang partea corpului situată mai sus de diafragmă. Tot ce se află mai jos de diafragmă este yin.
În manualele daoiste despre sex Yin-dao (calea ascunsă) denumeşte unirea sexuală. Şi aici, oprirea procesului ejaculării are un rol primordial.
Practica este însoţită de nenumărate interdicţii, precum şi de imperativul unei stări de transă activă.

57. Practici sexuale arabe şi simbolistică hermetică
Practici orgiastice cu scopuri mistice sunt atestate şi în spaţiul arabo-persan. Este de notat că ele implică persoanele care sunt înclinate îndeosebi spre sex. O altă calitate indispensabilă este probarea incapacităţii de a fi hipnotizat.
Şi aici, aceeaşi interdicţie a ejaculării.

58. Myriam şi “piromagia”
Încă de către teologia mistică creştină, Maria, Fecioara Theotokos (= Mama lui Dumnezeu), a fost concepută ca personificarea Bisericii care, ca dispensatoare de viaţă supranaturală, dă naştere lui Dumnezeu, lui „Cristos în noi", şi o idee similară se întîlneşte şi în ezoterismul ebraic în legătură cu Shekhina, care a fost şi ea identificată cu forţa mistică şi eficientă a unei anumite organizaţii iniţiatice.
Piromagia este aprinderea unui foc psihic prin intermediul unui raport între doi indivizi de sex opus ce exclude contactul fizic.

59. “Lumina Sexului” şi “Legea Thelemei”
În primul caz este vorba de o serie de scrieri publicate în perioada cuprinsă între cele două războaie mondiale de către Maria de Naglowska. Se pare că este vorba de o doctrină secretă pe care autoarea a ajuns s-o cunoască în urma contactului cu unele cercuri ruso-caucaziene.
În al doilea caz este vorba despre englezul Aleister Crowley, mort în 1947 după o existenţă aventuroasă. În ceea ce-l priveşte, a făcut paradă de satanism ostentativ. “Legea Thelemei”, al cărei apostol fusese, este de inspiraţie tantrică. Ea promova dragostea sexuală în scopul descoperirii propriei naturi prin experienţe erotice speciale.
Tehnicile descrise de Crowley sunt cele ale excesului. Este adevărat că magia sexului, dacă nu conduce la ruină şi pierzanie, presupune o fortificare specială a voinţei şi o asceză sui generis, lucru care cel puţin în cazul lui Crowley este adevărat. Spre deosebire de mulţi dintre apropiaţii săi, şi-a sfârşit viaţa la 72 de ani, în deplinătatea facultăţilor mintale. Ceea ce nu se poate spune despre cei care l-au frecventat, şi care mulţi au murit nebuni, sau s-au sinucis.

60. Precondiţiile în magia sexualis operativă
Magia sexualis operativă este “posibilitatea de a acţiona asupra celorlalţi sau asupra mediului înconjurător altfel decît pe baza legilor fizice şi a determinismelor materiale sau psihologice cunoscute astăzi.” (p. 401)
Din punct de vedere metafizic, prin eros tinde să se realizeze misterul lui Trei, adică reintegrarea fiinţei unitare în lumea condiţionată de Diadă. Tradiţiile magice sunt concordante în afirmaţia că orice acţiune eficace în termeni extranormali are drept premisă o stare de exaltare.
Pacal Bewerly Randolf, autorul lucrării Magia Sexualis, a expus mai multe dintre condiţiile pe care această practică le presupune.
Prima dintre calităţi, numită “volancie”, se referă la calitatea de a te domina în orice împrejurare, de a vrea în mod ferm şi constant. Un exemplu este forţa irezistibilă a fulgerului, care arde dar nu se topeşte.
A doua calitate este pandantul pozitiv al primeia, este calitatea dictatorială, puterea pozitivă a fiinţei umane, capacitatea de a emite ordine peremptorii, liniştit şi sigur, fără a nutri nici o îndoială asupra efectului voit.
Cea de-a treia calitate este “pozismul”, constând în atitudini, gesturi sau poziţii ale corpului care sunt întrupări, expresii plastice sau sigle ale unui gând anume.
Ultima calitate, pe care Randolf o numeşte tiroclerism, este puterea de a evoca şi forma imagini nete şi ferme cu ajutorul văzului interior.

Cuvânt final
“Sexul este „cea mai mare forţă magică a naturii"; în el acţionează un impuls care prefigurează misterul Unului, chiar dacă aproape totul, în relaţiile dintre bărbat şi femeie, se degradează în îmbrăţişări animalice, se descompune şi se risipeşte în sentimentalisme fade şi idealizante sau în regimul domesticit al legăturilor conjugale socialmente autorizate. Metafizica sexului subzistă chiar şi în cazurile în care, văzînd situaţia mizerabilă a omenirii şi vulgaritatea nenumăraţilor amanţi de nenumărate rase — măşti şi indi-viduaţii nesfîrşite ale Bărbatului Absolut în căutarea Femeii Absolute într-o succesiune mereu sincopată în ciclul procreaţiei animalice — este greu să-ţi reprimi un sentiment de dezgust şi de revoltă şi ai fi ispitit să accepţi teoria biologică şi fizică ce derivă sexualitatea umană din viaţa instinctelor şi din animalitatea pură. Şi totuşi, dacă în existenţa obişnuită se manifestă involuntar un reflex al unei transcendenţe trăite, asta se întîmplă prin sex şi, cînd e vorba de omul comun, se întîmplă numai prin sex. Nu cei ce se consacră speculaţiilor şi activităţilor intelectuale, sociale sau „spirituale", ci numai cei ce se ridică pînă la o experienţă eroică sau ascetică merg, în această privinţă, mai departe. Pentru omenirea comună însă doar sexul procură, fie şi doar în extazul, în mirajul sau în trauma obscură de o clipă, deschideri dincolo de condiţionările existenţei pur individuale. Acesta e adevăratul fundament al însemnătăţii, neegalată de nici un alt impuls, pe care dragostea şi sexul au avut-o şi o vor avea totdeauna în viaţa umană.” (p. 410)


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Julius Evola, Carlo Michelstaedter, (fragment)

Cet extrait fait partie du volume Explorations. Hommes et problémes, paru chez Puiseaux 1989.

Carlo Michelstaedter est l'un des auteurs qui ont affirmé, à l'époque moderne, la nécessité pour l'individu de s'élever à l'être, à une valeur absolute en mettant fin à tous les compromis sous lesquels se masque une abios bios, une vie qui n'est pas vie, n’acceptant ce dont l'homme a plus peur que de toute autre chose: se mettre en face de soi, prendre sa propre mesure en fonction, précisément, de l'"être". L'état correspondant à l'être est appelé par Michelstaedter l'état de la "persuasion"; il est défini essentiellement comme une négation des corrélations. Chaque fois que le Moi ne pose pas en soi-même mais dans l'"autre" le principe de sa propre consistance, chaque fois que sa vie est conditionnée par des choses et relations, chaque fois qu'il succombe à des dépendances et au besoin - il n'y a pas "persuasion", mais privation de valeur. Il n'y a valeur que dans l'existence en soi-même, dans le fait de ne pas demander à l'"autre" le principe ultime et le sens de sa propre vie: dans l'"autarcie", au sens grec du terme. Aussi bien l'ensemble d'une existence faite de besoins, d'affections, de "socialité", d'oripeaux intellectualistes et autres, mais aussi l'organisme corporel et le système de la nature (lequel, en tant qu'expérience, est compris comme engendré, dans son développement spatio-temporel indéfini, par la gravitation incessante en quête de l'être, qu'on ne possédera cependant jamais tant qu'on le cherchera hors de soi) (1), rentrent-ils dans la sphère de la non-valeur.

Le Moi qui pense être en tant qu'il se continue, en tant qu'il ignore la pléntitude d'une possession actuelle et renvoie sa "persuasion" à un moment successif dont il devient par là dépendant; le Moi qui dans chaque instant présent s'échappe à lui-même, le Moi qui ne se possède pas, mais qui se cherche et se désire, qui ne sera jamais dans un quelconque futur, celui-ci étant le symbole même de sa privation, l'ombre qui court en même temps que celui qui fuit, sur une distance entre le corps et sa réalité qui reste inchangée à chaque instant - tel est, pour Michelstaedter, la sens de la vie quotidienne, mais aussi la "non-valeur", ce qui "ne-doit-pas-être". Face à cette situation, le postulat de la "persuasion" est le suivant: l'autoconsistance, le fait de résister de toutes ses forces et à tout moment à la déficience existentielle, ne pas céder à la vie qui déchoit en cherchant hors de soi ou dans l'avenir - ne pas demander, mais tenir dans son poing l'"être": ne pas "aller", mais demeurer.

Alors que la déficience existentielle accélère le temps toujours anxieux du futur et remplace un présent vide par un présent successif, la stabilité de l'individu "pré-occupe" un temps infini dans l'actualité et arrête le temps. Sa fermeté est une traînée vertigineuse pour les autres, qui sont dans le courant. Chacun de ses instants est un siècle de la vie des autres - "jusqu'à ce qu'il se fasse lui-même flamme et parvienne à se tenir dans le présent ultime". Pour éclairer ce point, il est important de comprendre la nature de la corrélation qui est contenue dans les prémisses: étant donné que le monde est compris comme engendré par la direction propre à la déficience, dont il est comme l'incarnation tangible, c'est une illusion de penser que la "persuasion" puisse être réalisée au moyen d'une consistance abstraite et subjective dans une valeur qui, comme dans la stoïcisme, aurait contre elle un être (la nature expérimentée) dont on peut dire que, pourtant sans valeur, il est. Celui qui tend à la persuasion absolue devraint en fait s'élever à une responsabilité cosmique. Ce qui signifie: je ne dois pas fuir ma déficience - que le monde reflète -, mais la prendre sur moi, m'adapter à son poids et la racheter. C'est pourquoi Michelstaedter dit: "Tu ne peux pas te dire persuadé tant qu'il reste une chose qui n'a pas été persuadée". Il renvoie à la persuasion comme "à l'extrême conscience de celui qui est un avec les choses, qui a en soi toutes les choses: e ounekes".

Pour rendre plus intelligible le problème central de Michelstaedter, on peut rattacher le concept d'insuffisance au concept aristotélicien de l'acte imparfait. L'acte imparfait ou "impur", c'est l'acte des puissances qui ne passent pas d'elles-mêmes (kath auto) à l'acte, mais qui pour cela ont besoin du concours de l'autre. Tel est par exemple le cas de la perception sensorielle: en elle, la puissance de perception n'étant pas autosuffisante, ne produit pas d'elle-même la perception, mais a pour ce faire besoin de la corrélation à l'objet. Or, le point fondamental dont dépend la position de Michelstaedter est le suivant: sur le plan transcendental, l'acte imparfait ne résout qu'en apparance la privation du Moi. En réalité, il la confirme de nouveau. À titre d'exemple, prenons une comparasion. Le Moi a soif; tant qu'il boira, il confirmera l'état de celui qui ne suffit pas a sa propre vie, mais qui pour vivre a besoin de l'"autre"; l'eau et le reste ne sont que les symboles de sa déficience (il importe de fixer l'attention sur ce point: on ne désire pas parce qu'il y a privation de l'être, mais il y a privation de l'être parce qu'on désire - en second lieu: il n'y a pas désir, par exemple celui de boire, parce qu'il y a certaines choses, par exemple l'eau, mais parce que les choses désirées, à l'instar de la privation de l'être qui pousse vers elles, sont créés au même moment par le désir qui s'y rapporte, lequel est donc le prius qui pose la corrélation et les deux termes de celle-ci, la privation et l'objet correspondant, dans notre exemple la soif et l'eau). En tant qu'il se nourrit de cette déficience et lui demande la vie, le Moi se repâit seulement de sa propre privation et demeure en elle, s'éloignant de l'"acte pur" ou parfait, de cette eau éternelle au sujet de laquelle on pourrait citer les paroles même du Christ, eau pour laquelle toute soif, et toute autre privation, seraient vaincues à jamais. Cette appétence, cette contrainte obscure qui entraîne le Moi vers l'extérieur - vers l'"autre" -, voilá ce qui engendre dans l'expérience le système des réalités finies et contingentes. La persuasion, qui va brûler dans l'état de l'absolue consistance, du pur être-en-soi - cet effort a donc aussi le sens d'une "consommation" du monde qui se révèle à moi.

Le sens de cette consommation, il faut, pour l'éclairer, aller jusqu'à des conséquences que Michelstaedter n'a pas complètement développées.

Tout d'abord, dire que je dois pas fuir ma déficience signifie notamment que je dois me reconnaître comme la fonction créatrice du monde expérimenté. De là pourrait suivre une justification de l'Idéalisme transcendental (à savoir du système philosophique selon lequel le monde est posé par le Moi) sur la base d'un impératif moral. Mais on a vu que, selon la prémisse, le monde est considéré comme une négation de la valeur. Du postulat général exigeant que le monde soit racheté, que sa déficience soit assumée, procède donc, toujours comme postulat moral, mais aussi sur le plan pratique, un second point: la négation même de la valeur doit être reconnue, d'une certaine façon, comme une valeur. Cela est important. En effet, si je considère l'impulsion qui a engendré le monde comme une donnée pure, irrationnelle, il est évident que la persuasion, en tant qu'elle est conçue comme la négation de cette impulsion, va en dépendre, donc qu'elle n'est pas absolument autosuffisante mais dépend d'un "autre", dont la négation lui permet de s'affirmer. Dans ce cas, donc dans le cas où le désir même n'est pas réinséré dans l'ordre de l'affirmation de la valeur, mais reste intégralement une donnée, la persuasion ne serait donc pas du tout persuasion - le mystère initial en réduirait inévitablement la perfection à une illusion.

Il faut donc admettre comme postulat moral que l'antithèse même participe, d'une certain façon, de la valeur. Mais de quelle façon? Ce problème amène à inclure dans le concept de persuasion un dynamisme. En effet, il est écident que si la persuasion ne réduit pas à une suffisance pure et autonome - donc à un état - , mais est suffisance en tant que négation d'une insuffisance - donc est un acte, une relation -, l'antithése a certainement und valeur et peut être expliquée ainsi: le Moi doit poser dans un premier moment la privation, la non-valeur, y compris sous la condition òu la privation n'est posée que pour être niée, car cet acte de négation, et lui seul, engendre la valeur de la persuasion. Mais que signifie nier l'antithèse - qui en l'occurence revient à dire la nature? On se rappelle que pour Michelstaedter la nature est non-valeur en tant que symbole et incarnation du renoncement du Moi à la possession actuelle de soi-même, en tant que corrélat d'un acte imparfait ou "impur" au sens défini plus haut. Il ne s'agit donc pas de nier telle ou telle détermination de l'existant, parce qu'on n'atteindrait par là que l'effet, la conséquence, non la racine transcendentale de la non-valeur; il ne s'agit pas non plus d'éliminer en général toute action, car l'antithèse n'est pas l'action en général, mais l'action en tant que fuite de soi, "écoulement" - et il n'est pas dit que toute action ait nécessairement ce sens. Ce qu'il faut résoudre, c'est plutôt le mode - passif, hétéronome, extraverti - d'action. Or, la négation d'un tel mode est constitutée par le mode de l'action autosuffisante, laquelle est aussi puissance - tel est donc le sens du rachat tout à la fois cosmique et existentiel. De même que la concrétisation de la persuasion est le développement d'un monde d'autarcie et de domination; et le moment de la négation pure n'est que le moment neutre entre les deux phases.

Aussi bien le développement des vues de Michelstaedter dans ce qu'on pourrait appeler un "Idéalisme magique" apparaît-il obéir à une continuité logique. En fait, Michelstaedter s'est d'une certaine façon arrête à une négation indeterminée, et ce, en grande partie, pour n'avoir pas considéré suffisamment que le fini et l'infini ne doivent pas être rapportés à un objet particulier ou à une action particulière, mais sont deux modes de vivre n'importe quel objet ou n'importe quelle action. En général, le vrai Maître n'a pas besoin de nier (au sens d'annuler) et, sous le prétexte de la rendre absolue, de réduire la vie à une unité indifférenciée, comme, si l'on veut, dans une espèce de fulguration: l'acte de puissance - qui n'est pas acte de désoir ou de violence - , loin de détruire la possession parfaite, l'atteste et la confirme. Le fait est que Michelstaedter, à cause de l'intensité même avec laquelle il vécut l'exigence de la valeur absolue, ne sut pas donner à cette exigence un corps conret, donc la développer dans la doctrine de la puissance, ce qui pourrait avoir quelque relation avec la fin tragique de son existence mortelle.

Toutefois, c'est Michelstaedter qui a écrit: "Nous ne voulons pas savoir par rapport à quelles choses l'homme s'est déterminé, mais bien comment il s'est déterminé". Au-delá de l'acte, il s'agit donc de la forme ou valeur sous laquelle cet acte est vecú par l'individu. De fait, toute relation logique est, d'une certaine façon, indéterminée, et la valeur est une dimension supérieure où elle se spécifie. L'un des mérites de Michelstaedter, c'est d'avoir réaffirmé la considération selon la valeur dans l'ordre métaphysique: en effet, la "rhétorique" et la "voie vers la persuasion" peuvent être distinguées non d'un point de vue purement logique, mais du point de vue de la valeur. Dans ce contexte, il est très important que Michelstaedter reconnaisse qu'il y a, d'une certaine manière, deux voies. Cette coexistence est elle-même une valeur: car l'affirmation de la persuasion ne peut valoir comme affirmation d'une liberté que si l'on a conscience de la possibilité de l'affirmation comme valeur de la non-valeur elle-même, selon d'indifférence: seul étant libre et infini le "Seigneur du Oui et du Non" (sur cette problématique, cf. notre Teoria dell'Individuo Assoluto, I, 1-5). L'autre justification de l'antithèse dont il a été question plus haut, a évidemment pour présupposé l'option positive pour la "persuasion".


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10 mars 2006

Nicolas Berdiaeff, L’amour, (fragments)

Dans l’acte créateur de l’amour, se dévoile le secret créateur de la face de l’aimé. Celui qui aime aperçoit l’aimé, à travers le nuage du monde naturel, à travers le masque qui s’étend sur chaque visage. L’amour est le chemin qui mène à la découverte du secret d’un visage, de la compréhension de la personne jusqu’à la profondeur de son être. Celui qui aime sait sur l’être aimé ce que le monde ignore, et en cela il est plus près de la vérité que le monde entier. Ce n’est qu’en aimant qu’on peut comprendre intégralement une personnalité, pénétrer son génie. Nous tous qui n’aimons pas, nous ne connaissons les êtres qu’en surface, et non dans leur ultime secret. La tristesse mortelle de l’acte sexuel réside en ceci que dans son impersonnalité se perd et s’obscurcit le secret à la fois de l’aimant et de l’aimé. L’acte sexuel fait pénétrer dans le cycle de la nature impersonnelle, il se place entre la personne de celui qui aime et celui qui est aimé, et dissimule le secret de leurs visages. Ce n’est pas dans l’espèce, ce n’est pas dans l’acte sexuel, que s’accomplit l’union amoureuse, celle qui crée une vie différente, la vie éternelle de la personne. C’est en Dieu que se rencontrent l’aimant avec l’aimé, c’est en Dieu que s’incarne le visage de l’amour. Dans le monde de la nature, ceux qui s’aiment se divisent. La nature de l’amour est cosmique et supra-individuelle, et l’on ne peut saisir son secret à la lumière de la psychologie individuelle. L’amour est destiné à la hiérarchie cosmique; c’est cosmiquement qu’il réunit, sous la forme de l’androgyne, ceux qui dans l’ordre de la nature restaient séparés. L’amour est la voie par quoi chacun peut découvrir en soi l’homme androgyne.

(Nicolas Berdiaeff, Le Sens de la création, Un essai de justification de l’homme, 1916)

L’éternelle tragédie de la famille est due à ce que l’homme et la femme représentent deux mondes distincts, dont les fins ne coïncident jamais. Ce principe tragique existe déjà dans l’amour, mais il se cristallise dans la famille, où tout s’alourdit, se solidifie, et où le tragique lui-même acquiert un caractère banal. La femme a une structure psychique et un sentiment de la vie qui se différencient radicalement de ceux de l’homme. Elle attend de la famille et de l’amour incommensurablement plus que lui. Il y a, en effet, dans son attitude à l’égard du sexe une intégralité et une absoluité, auxquelles ne peuvent correspondre le dédoublement et la relativité de l’attitude masculine. En somme, la plupart des mariages sont malheureux. Ils dissimulent de pénibles conflits mettant aux prises le conscient et l’inconscient. Le premier, élaboré par la quotidienneté sociale, cherche à étouffer le second, qui engendre dans la famille un nombre incalculable de difficultés. Seul l’amour authentique parvient à surmonter leurs conflits et à résoudre merveilleusement leurs relations. Mais l’amour véritable est une fleur rare dans notre monde, il n’appartient pas à la quotidienneté.
Lorsque l’amour existe, en tant que fondement ontologique de l’union conjugale, la question de la nécessité de la monogamie absolue ne se pose pas. Elle ne se pose que lorsque le sentiment véritable a disparu, qu’il s’est refroidi ou a péri et que l’on s’efforce de substituer à l’intérieur ce qui est extérieur, à l’énergie bienfaisante, la loi. L’union monogamique absolue n’est créée qu’en prévision d’un malheur possible, car dans le bonheur, on n’y songe même pas et il n’est point utile d’avoir recours à la loi pour l’affirmer. La monogamie n’apparaît contradictoire que dans l’amour malheureux, dans l’incompatibilité fatale. Et il faut bien reconnaître qu’en fait elle ne correspond pas à la loi naturelle de l’union sexuelle. Elle n’est en aucune façon inhérente à la "nature" de l’homme, elle n’a pas toujours existé et ne s’est formée qu’à un certain stade du développement humain. Si la monogamie est possible, elle ne l’est réellement que selon la grâce, mais nullement selon la nature ou selon la loi. Elle est bien plus un phénomène d’ordre spirituel et mystique que d’ordre naturel et social. C’est en cela que réside d’ailleurs son paradoxe fondamental. En effet, le mariage monogamique est revendiqué par la quotidienneté sociale, à laquelle précisément il n’est pas inhérent par sa nature. Nous sommes donc amenés à reconnaître qu’on ne peut l’affirmer que nominalement, mais non réellement. Dans le royaume de la banalité civilisée, le foyer monogamique trouve son corrélatif et son correctif dans l’effroyable phénomène de la prostitution, au sens large du terme, un des phénomènes les plus infamants de la vie humaine, légalisés par la quotidienneté. À vrai dire, la monogamie réelle n’existe pas dans la société contemporaine; elle n’est qu’un mensonge, qu’une hypocrisie conventionnelle et qu’un nominalisme de la loi. Aussi une révolte contre la vieille famille monogamique était-elle absolument normale.

(Nicolas Berdiaeff, De la Destination de l’homme, Essai d’éthique paradoxale, 1931)

La débauche ne peut être vaincue que par le retour de l’élément sexuel à sa signification universelle, sa fusion avec le sens de la vie. L’indignation "bourgeoise" et "mondaine" qui accueille la débauche n’en saisit absolument pas le sens, et les vérités superficielles, utilitaires, conditionnelles, émises à ce sujet, n’atteignent pas le fond métaphysique du problème. Le moralisme d’opportunité, le traditionalisme social, ne sont pas de force à percer le mystère accablant de la débauche, le secret du non-être. Dans ce qu’on appelle le mariage, la débauche trouve un abri comme dans tous les lieux qui ne se justifient pas. La débauche a sa place partout où le but ne semble pas être l’union de ceux qui s’aiment, l’élucidation par l’amour du secret d’une personne. Le problème de la débauche n’est pas d’ordre moral, mais métaphysique. Tous les critères biologiques et sociologiques ne sont que conditionnels, c’est la voix de la bourgeoisie de ce monde qui parle en eux. Selon ce code, la débauche représente une forme vénale et monstrueuse de l’union des sexes, alors qu’en fait c’est l’absence d’union qui crée la monstruosité. L’acte sexuel est un acte de débauche en ce qu’il est incapable de réaliser une union profonde. Aussi la définition de la débauche, en tant qu’anomalie sexuelle, apparaît-elle superficielle. Notre vie sexuelle est elle-même une anomalie, où "le normal" pourrait apparaître plus débauché que "l’anormal". La débauche ne doit pas être interdite, elle doit être vaincue ontologiquement, par un être différent. L’amour est l’antidote de la débauche, et l’autre antidote en est une vie spirituelle supérieure. La volupté en elle-même n’est pas la débauche, seule est débauchée la volupté de la désunion, et sainte, au contraire, la passion voluptueuse de la réunion. Est débauche la volupté qui ne pénètre pas dans l’objet, qui s’absorbe en elle-même, et sainte l’extase orgiaque de l’amour, se répandant sur l’être aimé.
(Nicolas Berdiaeff, Le Sens de la création, Un essai de justification de l’homme, 1916)


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Joseph de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition spaniole, (note de lectura)

Paru chez Editions Louis Lesne, Lyon, 1844.
Exergue au commencement de l’ouvrage: « Tous les grands hommes on été intolérants, et il faut l'être. Si l'on rencontre sur son chemin un prince débonnaire, il faut lui prêcher la tolérance, afin qu'il donne dans le piège, et que le parti écrasé ait le temps de se relever par la tolérance qu'on lui accorde, et d'écraser son adversaire à son tour. Ainsi le sermon de Voltaire, qui rabâche sur la tolérance, est un sermon fait aux sots ou aux gens dupes, où à des gens qui n'ont aucun intérêt à la chose. » (Correspondance de Grimm, 1er juin 1779, Ire partie, tome II, page 242 et 243)

Lettre première
« [...] le monument le plus honorable pour l'Inquisition était précisément le rapport officiel en vertu duquel ce tribunal fut supprimé, en l'année 1812, par ces Cortès, de philosophique mémoire, qui, dans l'exercice passager de leur puissance absolue, n'ont su contenter qu'eux-mêmes. » Il s’agit précisément du document Informe sobre el Tribunal de la Inquisiciòn con el proyecto de decreto acerca de los tribunales protectores de la religiòn, presentado a las Cortes generales y extraordinarias por la comisiòn de constituciòn: mandado imprimir de orden de S.M.
L’origine de l’Inquisition remonte au concile de Vérone, tenu en 1184, et ne fut confiée aux Dominicains qu’en 1233, c’est-à-dire douze ans après la mort de Saint Dominique (en dépit des allégations qu’il a été le fondateur de ce tribunal).
L’hérésie des Manichéens, connus sous le nom d’Albigeois, menaçait l’Eglise et l’Etat.
Pour les Dominicains, appelés également Frères Prêcheurs, l’Inquisition n’était qu’un appendice de leur activite.
Comme toutes les institutions destinées à produire de grands effets, l’Inquisition ne commença point par être ce qu’elle devint. Si ses commencements sont impossible à établir précisement, l’Inquisition fut établie légalement par la bulle Ille humani generis, de Grégoire IX, le 24 avril 1233.
Les premiers inquisiteurs, et Saint Dominique surtout, n’opposèrent jamais à l’hérésie d’autres armes que la prière, la patience et l’instruction.
Il n’est pas bien de confondre le génie primitif d’une institution avec les variations que les besoins ou les passions des hommes la forcent à subir dans la suite du temps. « L'inquisition est, de sa nature, bonne, douce et conservatrice: c'est le caractère universel et ineffaçable de toute institution ecclésiastique [...]. »
L’inquisition a été d’abord dressée contre le judaïsme et l’islam, en Espagne.
Axiome politique: « Jamais les grands maux politiques, jamais surtout les attaques violentes portées contre le corps de l'état, ne peuvent être prévenues ou repoussées que par des moyens pareillement violents. »
L’Inquisition fut, dans son principe, une institution demandée et établie par les rois d’Espagne, dans des circonstances difficiles et extraordinaires.
Les recherches faites par l’Inquisition pour vérifier si les accusés avaient un aïeul ou un bisaïeul juif ou musulman avaient comme but d’effrayer tous les membres de ces deux religions. « Il fallait donc effrayer l'imagination, en montrant sans cesse l'anathème attaché au seul soupçon de Judaïsme et de Mahométisme. C'est une grande erreur de croire que, pour se défaire d'un ennemi puissant, il suffit de l'arrêter: on n'a rien fait si on ne l'oblige de reculer. »
Trois erreurs capitales sont plantées dans les esprits des gens quant à l’Inquisition:
1) la croyance que l’Inquisition est un tribunal purement ecclésiastique;
2) la croyance que les ecclésiastiques qui siègent dans ce tribunal condamnent certains accusés à la mort;
3) la croyance que les condamnations avaient comme base les simples opinions.
D’abord, le tribunal de l’Inquisition est purement royal. C’était le roi qui désignait le grand inquisiteur, et celui-ci désignait les inquisiteurs particuliers.
Etablis par la bulle du pape, mais validés par l’autorité du roi, les tribunaux de l’Inquisition étaient à la fois ecclésiastiques et royaux. Apparemment il s’agit d’un équilibre entre deux pouvoirs, mais en vérité, l’autorité papale n’est que de principe, pendant que l’autorité royale est effective.
Quand les modernes parlent contre l’Inquisition, ils ne disent rien sur le caractère de ce tribunal.
Suite à une propagande forcenée, on est arrivé « insensiblement à regarder l'Inquisition comme un club de moines stupides et féroces, qui font rôtir des hommes pour se divertir ».
« Parmi les innombrables erreurs que le dix-huitième siècle a propagées et enracinées dans les esprits, avec un déplorable succès, aucune, je vous l'avoue, ne m'a jamais surpris autant que celle qui a supposé, soutenu, et fait croire enfin à l'ignorante multitude que des prêtres pouvaient condamner un homme à mort. »
Axiome du Christianisme: L’Eglise abhorre le sang!
Sur le prêtre: “Qui ne sait qu'il est défendu au prêtre d'être chirurgien, de peur que sa main consacrée ne verse le sang de l'homme, même pour le guérir? Qui ne sait que dans les pays d'obédience, le prêtre est dispensé de déposer comme témoin dans les procédures de mort et que, dans les pays où l'on a cru devoir lui refuser cette condescendance, on lui donne acte au moins de la protestation qu'il fait, de ne déposer que pour obéir à justice et de ne demander que miséricorde. Jamais le prêtre n'éleva d'échafaud; il y monte seulement comme martyr ou consolateur: il ne prêche que miséricorde et clémence; et, sur tous les points du globe, il n'a versé d'autre sang que le sien. »
A cause du fait que beaucoup de prêtres ont exercé en Allemagne des souverainetés ecclésiastiques, il y a un proverbe: « Il est bon de vivre sous la crosse. » (Unterm Krummstabe is gut wohnen.) C’est l’expérience du peuple, encore une fois, qui ne trompe jamais.
Sous le régime des pontifes, Rome est la seule place de l’Europe où les Juifs ne connurent aucune persécution. Un autre proverbe appelait Rome le paradis des Juifs.
Tout ce que l’Inquisition montre de sévère et d’effrayant, surtout la peine de mort, appartient au gouvernement. Toute la clémence est l’action de l’Eglise. Les prêtres ne peuvent prononcer des jugement de mort.
Un exemple important est celui des Templiers. Ils demandèrent d’être jugés par l’Inquisition, car ils savaient bien que s’ils obtenaient de tels juges, ils ne pouvaient plus être condamnés. Le roi de France a refusé cette requête.
Les inquisiteurs n’ont prononcé, même pas en Espagne, de peine plus sévère que celle de la confiscation des biens, et même celle-ci était remise à celui qui abjurait ses erreurs dans le terme appelé de grâce.
L’Inquisition a commencé à prononcer la peine de mort en devenant royale, parce que tout jugement de mort demeure par sa nature étranger au sacerdoce.
Le tribunal de l'Inquisition est composé d'un chef suprême, nommé grand inquisiteur, qui est toujours archevêque ou évêque; de huit conseillers ecclésiastiques, dont six sont toujours séculiers, et de deux réguliers, dont l'un est toujours Dominicain, en vertu d'un privilège accordé par le roi Philippe III.
Voltaire a parlé de « pouvoir monacal ». Il se trompait, parce que sur onze juges, seulement deux sont religieux.
Sur les sources de cet ouvrage, Joseph de Maistre dit: « Je ne cite, autant que je le puis, que des ouvrages contraires à l'Inquisition, pour être sûr de ne pas me tromper dans tout ce qui leur échappe de favorable à ce tribunal. »
Exemple de condamnation: « Nous avons déclaré et déclarons l'accusé N. N. convaincu d'être hérétique-apostat (1), fauteur et receleur d'hérétiques, faux et simulé confessant (2), et impénitent relaps; par lesquels crimes il a encouru les peines de l'excommunication majeure et de la confiscation de tous ses biens au profit de la chambre royale et du fisc de sa majesté (3). Déclarons de plus que l'accusé doit être abandonné, ainsi que nous l'abandonnons, à la justice et au bras séculier que nous prions et chargeons très affectueusement, de la meilleure et de la plus forte manière que nous le pouvons, d'en agir à l'égard du coupable avec bonté et commisération. »

(1) Il ne s'agit donc pas de l'hérétique simple, mais de l'hérétique apostat, c'est-à-dire du sujet espagnol convaincu d'avoir apostasié et d'en avoir donné des preuves extérieures, sans lesquelles il n'y aurait pas de procès.

(2) Ceci est pour le relaps, et l'on y voit que le coupable qui confesse son crime, qui dit: J'ai péché, je m'en repens, est toujours absous au tribunal de l'Inquisition (ce qui n'a pas d'exemple dans aucun autre tribunal de l'univers). S'il retourne aux mêmes erreurs après le pardon reçu, il est déclaré faux et simulé confessant et impénitent relaps.

(3) Ainsi le tribunal est purement royal, malgré la fiction ecclésiastique, et toutes les belles phrases sur l'avidité sacerdotale tombent à terre.

Une expression favorite de tous les écrivains qui ont parlé contre l’Inquisition consiste à nommer tous les coupables condamnés par ce tribunal « des victimes de l’Inquisition ». Cependant, ceux jugés par cette institution ne sont pas plus victimes que les autres coupables du monde.
Les rois ont exercé un contrôle total sur les tribunaux ecclésiastiques, parce qu’aucune ordonnance de l’inquisition n’a pas été ni exécutée, ni publiée, sans le consentement préalable du roi.
Thèse de l’ouvrage: l’Inquisition religieuse n’était qu’une Inquisition politique.
Fin de la lettre: « Soyons donc toujours disposés à pardonner ces sortes d'aberrations; mais ne nous laissons pas séduire. L'indulgence n'est permise que jusqu'au moment où elle devient complicité. »

Lettre II
On a dit aussi, par ignorance malveillante, que l’Inquisition condamnait à mort pour de simples opinions, et qu’un Juif était condamné sans autre délit que celui d’être Juif.
Sur une allégation de Montesquieu: « Une jeune fille innocente, brûlée dans une grande capitale d'Europe, sans autre crime que celui de croire à sa religion, serait un forfait national si horrible, qu'il suffirait pour flétrir un peuple et peut-être un siècle entier. Heureusement cette supposition est une calomnie absurde, déshonorable seulement pour celui qui se l'est permise. »
En réalité, en Espagne et en Portugal, ceux qui ont souffert sont ceux qui ont prêché dans le public, qui ont porté atteinte contre la religion officiale, chose commune partout dans le monde. « Si donc la loi espagnole, écrite pour tout le monde, porte la peine de l'exil, de la prison, de la mort même contre l'ennemi déclaré et public d'un dogme espagnol, personne ne doit plaindre le coupable qui aura mérité ces peines, et lui-même n'a pas droit de se plaindre, car il y avait pour lui un moyen bien simple de les éviter: celui de se taire. »
En ce qui concerne les Juifs, l’Inquisition ne poursuivait que le relaps, c’est-à-dire le Juif qui retournait au Judaïsme après avoir solennellement adopté la religion Chrétienne, et le prédicateur du Judaïsme.
Les inquisiteurs ordonnaient la torture en vertu des lois espagnoles, et parce qu’elle était ordonnée par tous les tribunals espagnols. La torture n’appartient pas plus au tribunal de l’Inquisition qu’à tous les autres. C’est le comble de l’injustice de repprocher aux inquisiteurs une pratique admise dans tous les temps et dans tous les lieux.
Quant à la peine du feu, c’était un autre usage universel. Dans toute l’Europe, on a brûle le sacrilège, le parricide, le criminel de lèse-majesté (divine ou humaine), ont été toujours brûlés, longtemps avant l’Inquisition.
Réflexion: « Pour que l'Inquisition soit irréprochable, il suffit qu'elle juge comme les autres tribunaux, qu'elle n'envoie à la mort que les grands coupables, et ne soit jamais que l'instrument de la volonté législatrice et écrite du souverain. »
L’hérésiarque, l’hérétique obstiné et le propagateur d’hérésie, doivent être rangés incontestablement au rang des plus grands criminels. « Ce qui nous trompe sur ce point, c'est que nous ne pouvons nous empêcher de juger d'après l'indifférence de notre siècle en matière de religion, tandis que nous devrions prendre pour mesure le zèle antique, qu'on est bien le maître d'appeler fanatisme, le mot ne faisant rien du tout à la chose. »
Le sophiste moderne, qui utilise les arguments de Luther, ne s’embarrasse guère du fait que ceux-ci ont produit la guerre de trente ans.
Le tribunal de l’Inquisition aurait certainement prévenu la révolution française de 1789.
Si un tribunal séculier exerce la justice, les tribunaux de l’Inquisition ont exercé la justice et la miséricorde. « [...] l'accusé traduit devant ce tribunal est libre de confesser sa faute, d'en demander pardon, et de se soumettre à des expiations religieuses. Dès ce moment le délit se change en péché, et le supplice en pénitence. Le coupable jeûne, prie, se mortifie. Au lieu de marcher au supplice, il récite des psaumes, il confesse ses péchés, il entend la messe, on l'exerce, on l'absout, on le rend à sa famille et à la société. Si le crime est énorme, si le coupable s'obstine, s'il faut verser du sang, le prêtre se retire, et ne reparaît que pour consoler la victime sur l'échafaud. »
Un ministre de la république française, M. Bourgoing, dans Nouveau voyage en Espagne, ouvrage paru au commencement du XVIII siècle, témoigne: « J'avouerai, pour rendre hommage à la vérité, que l'Inquisition pourrait être citée de nos jours comme un modèle d'équité. »
Il n’y a pas de puissance qui, pour de grands et justes motifs, n’ait établi de temps en temps certains tribunaux extraordinaires presque entièrement affranchis des formes usitées. L’ancienne justice prévôtale des Français, concernant uniquement la sûreté des voyageurs, punissait les voleurs en vingt-quatre heures, par le rouage à vif. Ce fut, à l’époque, la méthode qui a rendu les grandes routes parfaitement sûres. « Cette jurisprudence n'était pas tendre, sans doute: mais il était notoirement libre à tout Français de ne pas voler sur les grandes routes, et le roi voulait qu'on pût les parcourir en tout sens, et même s'y endormir impunément: chacun a ses idées. »
L’Inquisition n’a pas été une invention des papes, mais ceux-ci l’ont accordée aux instances des souverains, parfois à contre-cœur.

Lettre III
Sur l’utilisation presque exclusive, comme sources du présent ouvrage, des documents qui sont contre l’Inquisition: « Lorsque, pour défendre un coupable, le défenseur ne tire ses moyens que de l'acte d'accusation, j'espère que l'accusateur n'a point à se plaindre. »
Une autre source, utilisée pour examiner les méthodes de l’Inquisition, est celle d’un protestant, membre de l’Eglise anglicaine: Joseph Townsend, Voyage en Espagne, pendant les années 1786 et 1787, Londres, 1792, 2-ème édition.
Dans certaines contrées d’Europe, l’incendiaire d’une maison était brûlé vif, sans que quelqu’un y voit un inconvénient. Pourquoi ceux qui sont coupables d’infamies théoriques et pratiques soient meritait moins qu’un incendiaire?
Grotius a ainsi défini l’équité: « C'est le remède inventé pour le cas où la loi est en défaut à cause de son universalité. » (De Jure belli et pacis)
Les lois générales sont injustes en partie, parce qu’elles ne sauraient jamais saisir tous les cas. L’exception à la règle est aussi juste que la règle même, et partout où il n’y aura point de dispense, il y aura nécessairement violation. Le pouvoir de l’équité est réservé, dans l’ordre criminel, au souverain, qui doit en user sobrement.
L’Inquisition a été à la fois: cour d’équité, moyen de haute police et censure.

Lettre IV
Les meilleures institutions ne sont pas celles qui donnent aux hommes le plus grand degré de bonheur à tel ou tel moment donné, mais celles qui donnent la plus grande somme de bonheur possible au plus grand nombre de générations possibles. C’est le bonheur possible.
L’Inquisition a été le moyen politique employé pour maintenir l’unité religieuse et prévenir les guerres de religion.
Les méfaits attirés par le protestantisme:
- la guerre de trente ans allumée par les arguments de Luther;
- les excès inouïs des Anabaptistes et des paysans;
- les guerres civiles de France, d'Angleterre et de Flandre;
-le massacre de la Saint-Barthélémy, le massacre de Mérindol, le massacre des Cévennes; - l'assassinat de Marie-Stuart, de Henri III, de Henri IV, de Charles Ier, du prince d'Orange, etc.
« Un vaisseau flotterait sur le sang que vos novateurs ont fait répandre; l'Inquisition n'aurait versé que le leur. »
La question n’est pas si l’Inquisition a produit tel ou tel abus, mais si, pendant les trois derniers siècles, il y a eu, en vertu de cette institution, plus de paix et de bonheur en Espagne qu’en autres contrées de l’Europe.
Voltaire sur l’Inquisition: « Il n'y eut, dit-il, en Espagne, pendant le XVIe et le XVIIe siècle, aucune de ces révolutions sanglantes, de ces conspirations, de ces châtiments cruels, qu'on voyait dans les autres cours de l'Europe. Ni le duc de Lerme, ni le comte Olivarès ne répandirent le sang de leurs ennemis sur les échafauds. Les rois n'y furent point assassinés comme en France, et n'y périrent point par la main du bourreau comme en Angleterre. Enfin, sans les horreurs de l'Inquisition, on n'aurait eu alors rien à reprocher à l'Espagne. » (Voltaire, Essai sur l'Histoire générale, tome IV, chap. CLXXVII, pag. 135, Œuvres complètes, in-8o, tome XIX)
C’est illogique de reprocher à un peuple que sans les horreurs de l’Inquisition, on n’aurait rien reproché à cette nation qui n’a échappé que par l’Inquisition aux horreurs qui ont déshonnoré toutes les autres.
Réflexion sur la situation de la France: « Le Saint-Office, avec une soixantaine de procès dans un siècle, nous aurait épargné le spectacle d'un monceau de cadavres qui surpasserait la hauteur des Alpes, et arrêterait le cours du Rhin et du Pô. »
De toutes les nations européennes, l’Espagne n’a pas été complice de la révolution française.
Il existe une influence indéniable de l’Inquisition sur le caractère espagnol.
« Voulez-vous éteindre cet enthousiasme qui inspire les grandes pensées et les grandes entreprises, glacer les coeurs, et mettre l'égoïsme à la place de l'ardent amour de la patrie, ôtez à un peuple sa croyance, et rendez-le philosophe. »

Lettre V
L’Angleterre tolère toutes les sectes et ne proscrit que la religion. L’Espagne, au contraire, proscrit toutes les sectes et n’admet que la religion.
« Les Anglais font un singulier raisonnement: ils établissent, sous le nom spécieux de tolérance, une indifférence absolue en fait de religion; puis ils partent de là pour juger des nations aux yeux desquelles cette indifférence est le plus grand des malheurs et le plus grand des crimes. »
La vérité étant intolérante par sa nature, professer la tolérance religieuse c’est professer le doute.
Les Anglais ont eu eux aussi une Inquisition, mais débarassée des formes prises par l’Inquisition catholique. Ils prêchent la tolérance aux autres nations, sans l’avoir pratiqué chez eux. Les lois contre les catholiques de l’Irlande de Nord représentent un abus dans leur genre.
Sur la coutume qui dit que le roi d’Angleterre ne doit pas être catholique: « Je trouve étrange, en vérité, que le parlement d'Angleterre ait le droit incontestable de chasser le meilleur de ses rois, qui s'aviserait d'être catholique, et que le roi catholique n'ait pas le droit de chasser le dernier de ses sujets qui s'aviserait d'être protestant. »
Pleins de contradictions, les Anglais sont le peuple de la terre qui ont le moins le droit de reprocher aux Espagnols leur législation religieuse.
Voltaire disait que lorsqu’on a une maison de verre, il ne faut pas jeter des pierres dans celle de son voisin.
La tolérance dont se vante l’Angleterre n’est que de l’indifférence parfait quant à la vérité.
Une autre preuve de l'indifférence anglaise, en matière de religion, se tire de l'indifférence des tribunaux anglais pour tous les attentats commis contre la foi présumée du pays.
Il est superflu d’observer que, dans le dictionnaire moderne, l’action des tribunaux que défendent la religion de l’état contre ses ennemis s’appele « persécution ».
Joseph de Maistre fait une incursion documentée dans les croyances de plusieurs noms importants de l’Eglise anglicane. Il démontre, tour à tour, des hérésies qui n’ont rien en commun avec la foi chrétienne.
L’Angleterre n’est réellement tolérante que pour les sectes, mais nullement pour l’Eglise dont elle se sent détachée. « L'Anglais ne veut point du système qui lui propose de croire plus; mais tout homme qui vient lui proposer de croire moins est sûr d'être bien reçu. »
« Comme établissement religieux, comme puissance spirituelle, l'Église anglicane n'existe déjà plus. Deux siècles ont suffi pour réduire en poussière le tronc de cet arbre vermoulu; l'écorce subsiste seule, parce que l'autorité civile trouve son compte à la conserver. »

Lettre VI
Le XVIIIe siècle n’a pas produit un plus grand ennemi de la religion que David Hume. « Son venin glacé est bien plus dangereux que la rage écumante de Voltaire. »
Sur David Hume: « Quel appareil dialectique n'a-t-il pas déployé pour renverser toute idée de liberté, c'est-à-dire pour anéantir la morale par sa base? L'esprit le plus exercé à ces sortes de méditations chancelle plus d'une fois au milieu des sophismes accumulés par ce dangereux écrivain. On sent que Hume a tort avant de savoir dire pourquoi. Si jamais, parmi les hommes qui ont pu entendre la prédication évangélique, il a existé un véritable athée (ce que je ne m'avise point de décider), c'est lui. Jamais je n'ai lu ses ouvrages anti-religieux sans une sorte d'effroi, sans me demander à moi-même comment il était possible qu'un homme, à qui rien n'avait manqué pour connaître la vérité, avait pu néanmoins descendre jusqu'à ce point de dégradation? Toujours il m'a semblé que l'endurcissement de Hume, et son calme insolent, ne pouvaient être que la dernière peine d'une certaine révolte de l'intelligence, qui exclut la miséricorde, et que Dieu ne châtie plus qu'en se retirant. »
L’Inquisition a été dressée comme une barrière « contre les novateurs de toute espèce ».
Thèse: « l'Inquisition est en soi une institution salutaire, qui a rendu les services les plus importants à l'Espagne, et qui a été ridiculement et honteusement calomniée par le fanatisme sectaire et philosophiques. »
Prophéties: « La moitié de l'Europe changera de religion pour donner une femme à un prêtre libertin, ou de l'argent à des princes dissipateurs; et cependant le monde ne retentira que des abus de l'Église, de la nécessité d'une réforme et de la pure parole de Dieu. On fera de même des phrases magnifiques contre l'Inquisition, mais cependant les avocats de l'humanité, de la liberté, de la science, de la perfectibilité, etc., ne demandent, dans le fond, pour eux et leurs amis, que la liberté de faire et d'écrire ce qui leur plaît. Des nobles, des riches, des hommes sages de toutes les classes, qui ont tout à perdre et rien à gagner au renversement de l'ordre, séduits par les enchanteurs modernes, s'allient avec ceux dont le plus grand intérêt est de le renverser. Inexplicables complices d'une conjuration dirigée contre eux-mêmes, ils demandent à grands cris pour les coupables la liberté dont ceux-ci ont besoin pour réussir. On les entendra hurler contre les lois pénales, eux en faveur de qui elles sont faites, et qui abhorrent jusqu'à l'ombre des crimes qu'elles menacent. C'est un délire dont il faut être témoin pour le croire, et qu'on voit encore sans le comprendre. »
Les lettres sont signées: Philomathe de Civarron.


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Anca Manolescu, O comoară neştiută ascunsă în propriul pământ…, (note de lectura)

Articol publicat în Dilema, nr. 508.
Legenda hasidică despre cel care pleacă în căutarea unei comori, pentru a afla (de la altul ce pare să fi avut un vis simetric) că a lăsat o comoară acasă, poate fi o ilustrare a exerciţiului de a înţelege o altă cale spirituală. În cele din urmă, inevitabil, cel pornit se întoarce îmbogăţit la propria tradiţie.
În fiecare religie există adevăruri explicite şi adevăruri implicite. Ceea ce este explicit în creştinism se regăseşte implicit în celelalte religii.
Tema convergenţei spirituale are adepţi de o remarcabilă calitate intelectuală, adepţi care atacă problema din postúri foarte diferite: e vorba despre orientalişti profesionişti, ca H. Zimmer ori H. Corbin, despre filozofi vizionari, ca N. Berdiaev ori S. Weil, despre "expozanţi ai Tradiţiei", ca R. Guénon ori A.K. Coomaraswamy, despre călugări creştini, ca A. Scrima ori Th. Merton.


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Nicolas Berdiaeff, L’esprit, (fragment)

Il est impossible de définir rationnellement l’esprit, ce serait là pour la raison une vaine tentative. Une telle définition tue l’esprit, le transforme en objet, tandis qu’il est sujet. On ne peut élaborer un concept de l’esprit. Mais on peut saisir les caractères de l’esprit. On peut dire que la liberté, le sens, l’activité créatrice, l’intégralité, l’amour, la valeur, la tendance vers un monde supérieur et divin et l’union avec celui-ci figurent parmi ces caractères. Cette série de caractères englobe le pneuma de l’Écriture Sainte et le nous de la philosophie grecque. En tant que l’esprit est liberté, le spirituel se caractérise principalement par son indépendance par rapport aux déterminations de la nature et de la société. L’esprit s’oppose avant tout au déterminisme. L’esprit est l’intérieur par rapport à l’extérieur, à tout ce qui dépend de l’extérieur. L’intérieur est le symbole de l’esprit. On peut également définir le caractère de l’esprit par des symboles spatiaux: profondeur et hauteur. L’esprit est profondeur infinie et hauteur céleste. On ne peut, comme le fait Max Scheler, retirer l’activité à l’esprit pour la conférer uniquement à la vie. L’esprit, précisément, est activité; quant à la vie au sens biologique de ce mot, elle est passivité. Mais Scheler comprend parfaitement que l’esprit n’est pas un épiphénomène de la vie, qu’on ne saurait le comprendre d’une manière vitaliste. L’esprit est une évasion hors de ce monde alourdi, il représente l’élément dynamique, créateur, une sorte d’envol. Pic de la Mirandole affirme que l’esprit humain est d’origine céleste, c’est-à-dire qu’il ne provient pas du monde naturel. L’esprit ne serait pas déterminé par le monde naturel, il échapperait à celui-ci. C’est l’esprit qui fait de l’homme l’image de Dieu. L’esprit est l’élément divin dans l’homme. Et c’est grâce à l’esprit que l’homme peut accéder aux plus hautes sphères divines. L’esprit est l’acte créateur intégral de l’homme. L’esprit est la liberté qui se perd dans les profondeurs préontiques du monde. La liberté a la primauté sur l’être qui est une liberté déjà figée. C’est pourquoi l’esprit ne peut se définir par l’être, qui a une forme complètement finie, qui est pour ainsi dire statique. C’est pourquoi l’esprit est l’acte créateur; l’esprit crée un être nouveau. L’activité créatrice, la liberté créatrice du sujet est primitive. Le principe de causalité ne s’applique ni à l’esprit, ni à la vie spirituelle. L’esprit est de Dieu, et l’esprit mène à Dieu. L’homme reçoit tout de Dieu par l’esprit et c’est par l’esprit que l’homme donne tout à Dieu, qu’il multiplie les dons qu’il a reçus, qu’il crée ce qui n’existait pas auparavant. L’esprit vient de Dieu. L’esprit n’est pas créé par Dieu comme l’est la nature, il émane de Dieu, il est versé, insufflé par Dieu à l’homme.
(fragment de l’ouvrage Esprit et réalité, 1937)


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Mircea Cărtărescu, Postmodernismul românesc, (note de lectura)

Bucureşti, Humanitas, 1999.

Partea întâi. Postmodernitatea ca experienţă ontologică, epistemologică şi istorică “slabă”
Postmodernism şi postmodernitate
Conceptul de postmodernism nu poate fi înţeles în afara lumii care l-a făcut cu putinţă.
Virgil Nemoianu, în Notes sur l'état de postmodernité, în Euresis, 1-2/1995, p. 17. propune una dintre cele mai interesante încercări de sistematizare a postmodernităţii, caracterizata prin nouă elemente principale:
1. centralitatea elementului comunicare/mobilitate;
2. societatea postindustrială;
3. tranziţia de la revoluţia lui Gutemberg la vizualul televizat şi la prezenţa virtuală;
4. stabilirea de noi raporturi între bărbaţi şi femei;
5. tensiunea între globalism şi multiculturalism;
6. conştiinţa de sine, auto-analiza;
7. relativizarea şi incertitudinea valorilor;
8. jocul parodic cu istoria;
9. o religiozitate postmodernă, spiritual/mistică, pp. 18-19.
Artiştii postmoderni acordă o mai mare atenţie inserţiei operelor lor în viaţa cotidiană, în dilemele etice, estetice, religioase ale timpului.
Critica postmodernă este o critifiction, surfiction, cu tendinţe ironice, ludice, parodice. Punctul de vedere postmodern presupune o pluralitate a discursurilor posibile, un relativism al valorilor, caracterul proteic, nedeterminat al fenomenelor artistice.

O lume în schimbare
“Dacă nu imediat după război, în orice caz pe la sfîrşitul anilor '60 (probabil că anul de cotitură ar putea fi considerat, nu cu totul arbitrar, celebrul 1968), lumea concretă, de toate zilele, a suferit transformări vizibile pentru oricine. Ele au fost atît de puternice, încît, în ciuda tuturor măsurilor izolaţioniste luate de diverse state şi comunităţi, au devenit curînd un fenomen globalizat.” (p. 11)
McLuhan a numit noua înfăţişare a lumii “satul planetar”. Noile tehnologii transformă lumea industrială într-una postindustrială. Datorită abundenţei, apare “societatea de consum”. Noua lume în emergenţă seamănă cu cea din Republica lui Platon.
Caracterul cel mai important al societăţii postmoderne este aspectul ei informaţional. Conform lui Gianni Vattimo, s-a ajuns la o “transparentizare” a lumii, caracterizatã prin accesul aproape nelimitat al fiecãrui individ la toatã informaţia.
Ecuaţia în stare să definească starea actuală a lumii: liberalism - economie de piaţă – tehnologie informaţională. O altă ecuaţie, propusă de Aries şi Duby: creştinism – tehnologie – drepturile omului.
Imaginea empirică a postmodernităţii: “[...] o lume eliberată de ameninţări directe, fie ele războaie, foamete sau disconfort, trăind în prosperitate o viaţă liberă, tolerantă, în care este loc pentru toate stilurile şi ideile, în care arta, experimentul, fantezia sînt la îndemîna oricui.” (p. 14)
Socitatea postmodernă are însă probleme şi dileme specifice. Toffler a observat şocul accelerării exponenţiale a ritmului vieţii, a schimbării tot mai frecvente a decorurilor, şi a numit asta tranzienţă. Vattimo vorbeşte de depeizare, de dezinserţia omului din lumea în care trăieşte. Andrei Codrescu vorbeşte de dispariţia realităţii, a lui outside.
“Perspectivismul lumii moderne, tradus prin dezagregarea oricărei autorităţi şi prin relativizarea valorilor, poate produce şi el un sentiment de dezorientare şi perplexitate culturală, într-un cuvînt, toate vechile obişnuinţe umane, legate de viaţa într-o lume relativ statică şi stabilă, cu valori tradiţionale bine stabilite, cu o împărţire clară a rolurilor sociale, par să se dezintegreze într-un flux anarhic, aleatoriu, semireal de evenimente. Viaţa devine ceva asemănător unui vis sau unei ficţiuni literare.” (p. 15)
Lumea postmodernă refuză orice fundamentare metafizică şi orice valoare absolută.
Trecerea lumii româneşti la postmodernitate nu s-a produs, deşi unele simptome se manifestã deja încă din anii ’70. În anii ’60, ieşind din stalinism, România nu se conecta la lumea occidentală, liberă, ci reînnoda cu propriile experienţe culturale interbelice, pandantul cultural al industrializării din economie. “Explozia metaforică a poeziei generaţiei lui Nichita Stănescu, spectaculoasă în sine, a creat iluzia ca „avem una dintre cele mai mari poezii ale lumii" într-un moment cînd nicăieri în lume nu se mai scria poezie metaforică de tip modernist.” (p. 16)
Despre o atitudine explicit postmodernă se poate vorbi în România după 1980.
Concepte tipic postmoderne: pluralism, toleranţă, afirmarea minorităţilor, decanonizarea culturii, democratizarea artelor.

Ontologia postmodernă
Moştenitoare a raţionalismului iluminist al secolului al XVIII-lea, modernitatea a fost un idealism bazat pe umanism şi progres. Această viziune utopică a fost contestată de apariţia categoriilor negative: hazard, neant, inconştient.
“Marele demolator” al modernităţii este Fr. Nietzsche, filosof a cărui influenţă este astăzi mai mare ca oricând.
Atât Nietzche, cât şi Heidegger, pun în discuţie ideea de fundament metafizic. Fiinţa, pentru cei doi filosofi, nu mai este un plan imuabil la care se raportează fenomenele lumii reale, ci o entitate fluctuantă, contextuală, aleatorie.
Vorbind despre influenţa nitzscheeană, filosofii umanişti au folosit sintagmele: “distrugerea ontologiei”, “slăbirea fiinţei”, “nihilism”.
Postmodernitatea optează pentru valori “slabe”, pieritoare, pentru că prin disoluţia metafizicii se pune în evidenţă caracterul “slab” al fiinţei şi al gândirii. Postmodernitatea nu mai consideră adevărul un concept gnoseologic, pentru că el nu mai este întemeiat pe o realitate metafizică stabilă. Adevărul a devenit un concept instrumental de comunicare şi relaţie, foarte apropiat de conceptele estetice.
Devalorizarea valorilor supreme în societate coincide cu “moartea lui Dumnezeu”.
Consecinţa inevitabilă a perspectivismului nitzscheean este o anumită derealizare a lumii. Lumea postnitzscheeană se goleşte de realitate.
“Eşecul umanismului este vizibil pretutindeni în secolul nostru, în care nu numai comunismul a dus la dezastre fără precedent, dar şi mişcări filozofice şi artistice serioase (existenţialismul, suprarealismul, futurismul, avangardele) s-au compromis sprijinind toate dictaturile, de la stalinism la fascism, de la maoism la terorismul internaţional. [...] Oriunde s-a produs dezideologizarea şi abolirea credinţelor absolute (ca în lumea occidentală şi mai ales în cea americană de azi), societatea a devenit mai complexă, mai prosperă şi mai liberă, în ciuda costurilor psihologice despre care am mai vorbit.” (p. 23)
Odată cu decăderea metafizicii se crează premisele unei estetizări generale a existenţei. În postmodernitate arta este dizolvată în corpul social. “Condiţia supravieţuirii artei devine renunţarea la orice „absolut", aşa încît devine artă tocmai ceea ce în mod obişnuit nu este considerat drept artă.” (p. 25)
Mediile de comunicare postmoderne sunt o realizare perversă a ideii hegeliene de spirit absolut.
Opera postmodernă conţine în sine propria negare, manifestată prin distanţă, ironie, pastişă, ceea ce face ca moartea artei să fie implicată în orice produs artistic.
Reproducerea la nesfârşit a obiectului artistic prin procedee tehnologice duce la “moartea vie” a artei.
Mass-media, fãrã a acorda atenţie artei “serioase”, distribuie informaţie şi divertisment în funcţie de un singur criteriu estetic: plăcutul.
Ideea morţii artei, în sens “tare”, înseamnă sfârşitul artei “mari”, în sens “slab”, înseamnă dizolvarea artei prin mass-media. Cele două accepţiuni sunt simultane.
Dacă îşi pierde viaţa, în sensul tradiţional al cuvântului, arta îşi pierde şi moartea în postmodernitate. Ea are parte de o viaţă moartă, de o agonie blândă, de o veselă apocalipsă.
Ideea de exemplaritate a operei de artă dispare şi ea. Opera artistică produce doar o percepţie distrată, laterală, marginală. Arta însăşi devine în postmodernitate ornamentală, decorativă, periferică.
Lumea postmodernă este “un imens şantier de supravieţuiri” (R. Gulden).

Cunoaştere în postmodernitate
Cea mai lucidă analiză a epistemologiei postmoderne a făcut-o Jean-François Lyotard. El găseşte rădăcinile postmodernismului nu doar în Nietzsche şi Heidegger, ci şi în psihanaliza freudiană, relevarea conexiunii dintre spiritul protestant şi capitalism făcută de Max Weber, gândirea marxistă şi neokantiană.
Postmodernismul critică programul Iluminismului european, cu credinţa sa în raţiune şi în marile scenarii teleologice. În cadrul acestuia, omul modern, chiar dacă fisurat profund, ocupa un loc central.
Postmodernitatea nu are încredere în metapovestiri, pe care de deconstruieşte pentru a evita prezumţiile ideologice din spatele lor.
Pentru postmodernitate, doctrine şi ideologii aparent deosebite, ca: hegelianismul, naţionalismul, marxismul, hermeneutica şi liberalismul economic clasic, sunt feţe diferite ale unei modernităţi “totalitare”.
Postmodernismul nu se substituie modernismului, ci convieţuieşte cu acesta, stabilind cu el relaţii complicate de interdependenţă.
Vechii poli de interes alcătuiţi din state-naţiuni, partide, profesiuni, instituţii şi tradiţii istorice îşi pierd din interes. Lor li se substituie o pătură formată din şefi de întreprinderi, din înalţî funcţionari, din conducători de organisme sociale, profesionale, sindicale, politice, confesionale.
Pentru Jean-François Lyotard, problema cea mai mare a postmodernităţii este inventarea legitimării deciziei. Prăbuşindu-se legitimările religios-metafizice, postmodernitatea face apel la o legitimare prin consens.
Versiunea filozofică a povestirilor de legitimare are în centrul ei metafizica văzută ca o sintetizare, la un nivel superior şi integrator, a tuturor ştiinţelor.
“Dacă legitimarea este obsesia modernităţii europene de cel puţin două secole încoace, în postmodernitate are loc procesul de delegitimare ideologică prin pierderea credibilităţii marilor scenarii. Accentul se deplasează, în acest proces, de pe scopuri (teleologic, progres, utopie) pe mijloace.” (p. 37)
Noile forme de legitimare vin din partea lingvisticii şi a interacţiunii comunicaţionale.
În viziunea postmodernă, cercetarea se legitimează prin performativitate. Acesta este un criteriu pragmatic, şi nu metafizic.
Godel a demonstrat că toate sistemele au limitări, care apar datorită traducerii lor în limbaj natural, inconsistent şi generator de paradoxuri. Astfel, nici un sistem nu poate fi epuizat prin demonstraţie, şi acest lucru este considerat de către postmoderni ca fiind constructiv. Acceptând aleatoriul, incompletitudinea, contradicţia, însăşi ideea de raţiune se modifică fundamental.
“Deosebirea dintre postrno-dernitate şi toate epocile precedente în privinţa cunoaşterii ştiinţifice devine evidentă: dacă paradoxul era intolerabil în ştiinţa clasică şi modernă, postmodernitatea îşi găseşte în el însăşi forţa argumentării.” (p. 39)
Ecuaţia administrării probelor necesare validării unei teorii ştiinţifice este: bogăţie-eficienţă-adevăr. Ordinea termenilor este una cauzală.
Ştiinţa postmodernă nu mai este o garanţie a progresului nelimitat a societăţii, ci un moment în circulaţia capitalului. Cercetarea începe să funcţioneze după normele organizării muncii în întreprinderi.
Principalele jocuri de limbaj postmodern sunt: denotativ (ştiinţific), prescriptiv (juridic) şi tehnic (performativ). Puterea politică îl revendică pe ultimul dintre ele.
Legitimarea este dată de putere, singura care pune la dispoziţie tehnicile de investigare a realităţîi. Acesta este singurul mod real de legitimare cunoscut de postmodernitate.
Dacă în modernitate tehnica era considerată un adjuvant al ştiinţei, în postmodernitate ea preia întâietatea.
Învăţământul postmodern nu mai formează caractere, ci competenţe. În acest context, ideea “autonomiei universitare” nu are sens, pentru că universităţile sunt subordonate puterii, care le dă posibilitatea să funcţioneze.
În cadrul procesului de învăţământ, întrebarea “e adevărat?” este înlocuită cu “e vandabil?”
Băncile de date sunt “natura” pentru omul postmodern. “Ideea că savantul nu mai explorează nemijlocit natura, ci băncile de date despre aceasta, adică o realitate secundă, creată de om şi în care omul se integrează de-acum înainte locuindu-şi confortabil i-realitatea, este poate emblema absolută a postmodernităţii.” (p. 41)
Realitatea virtuală este substanţa iluzorie a postmodernităţii.
Atunci când cunoaşterea este complet transparentă, avantajul într-o luptă a competenţelor vine din partea imaginaţiei.
Principiul de indeterminare a lui Heisenberg: observarea tuturor condiţiilor dintr-un sistem necesită mai multă energie decât cea conservată în acel sistem. Cu cât creşte precizia creşte şi incertitudinea.
Alături de imanenţă, indeterminarea este a doua caracteristică importantă a postmodernităţii.
Sfârşitul povestirilor de legitimare coincide cu sfârşitul sistemelor închise.

Sfârşitul istoriei sau trezirea din coşmar
James Joyce: “Istoria e coşmarul din care nu mă pot trezi.” Odată cu postmodernitatea coşmarul ia sfârşit şi omul se trezeşte din istorie. Ideea de “sfârşit al istoriei”, care semnifică ideea de abandonare a ideii de evoluţie lineară şi de teleologie, apare la toţi teoreticienii postmodernităţii.
Simultaneitatea istorică prin intermediul media este una din trăsăturile cele mai importante ale postmodernităţii.
Hegel, considerând că libertatea este cu putinţă în condiţiile unui stat constituţional, plasase sfârşitul istoriei la realizarea acestuia, după bătălia de la Jena din 1806.
Marx a întrevăzut şi el un sfârşit al istoriei după victoria comunismului în lume.
Scrierea istoricului american Francis Fukuyama, Sfârşitul istoriei şi ultimul om, este axată tot pe ideea de încheiere a linearităţii şi de dispariţie a teleologiei. El crede să fi identificat condiţiile care produc deplasarea tuturor formelor societare spre una singură: liberalismul democratic burghez.
Industrializarea produce societăţi burgheze, iar acestea au nevoie de democraţie pentru garantarea libertăţii cetăţenilor lor. Pe de altă parte, statele autoritare se dovedesc la fel de capabile pentru asigurarea bunăstării cetăţenilor lor.
Richard Rorty, în Philosophy in the Mirror of Nature, a arătat că azi, o cultură euroamericană generalizată mai permite existenţa vechilor societăţi doar ca nişte “şantiere de supravieţuire”.
Fukuyama caută componenta democratică în natura umană. Omul ar avea, aşadar, dorinţa de a fi recunoscut de ceilalţi, lucru care nu se poate împlini decât în democraţie.
Fukuyama foloseşte conceptul platonic de thymos, preluat din Republica, pe care îl pune la baza celor mai multe evenimente istorice. Thymosul întruchipează spiritul de dreptate al omului şi revolta împotriva nedreptăţii. El este însă o componentă duplicitară a spiritului, care cunoaşte o formă exagerată în megalothymiei.
“Tocmai morala sclavului, însă, deşi atît de dispreţuită de Fr. Nietzsche, s-a impus şi a triumfat în istorie, de la revoluţia creştină pînă la cea burgheză. Sclavul s-a dovedit mai complex sufleteşte decît îşi închipuiau cei vechi sau chiar Nietzsche, avînd şi el o natură thymotică, opusă celei a stăpînului.”
Pe baze thymotice realizează Francis Fukuyama joncţiunea dintre necesitatea unei economii avansate şi opţiunea liberă a democraţiei. Concluzia sa este că istoria a luat sfârşit odată cu înfrângerea de către democraţie a tuturor tipurilor de totalitarism.
Spaţiul postmodern este unul fractalic, paradoxal, virtual, generând iluzii şi vertije. Timpul postmodern este unul transistoric, “slab”, estetizat. “Album de fotografii, set de diapozitive, bandă video cu imagini filmate de .noi înşine, timpul postmodern suferă acelaşi proces de irealizare ca şi spaţiul, devenind un mozaic colorat, simultan, lipsit de adîncime.”
Datorită sutelor de muzee, trecutul devine un fel de prezent în care istoria amestecă într-o suprarealitate imagini fără adâncime temporală. Putem vorbi de o prezenteificare şi o aplatizare a trecutului. Reversul ei este istoricizarea prezentului (prezentarea în muzee a unor momente foarte aproape de prezen cu o stranie distanţă istorică).
Există sentimentul că americanii trăiesc deodată întreaga istorie, iar pe de altă parte îşi vizitează propriul prezent ca şi cum ar aparţine trecutului.

Opţiunea postmodernă
Fundamentul postmodernităţii este slab, imperfect, euristic, mai degrabă decât solid, temeinic, adecvat.
“Este o iluzie faptul că evoluţia sistemului literar mai poate fi explicată doar apelînd la logica sa internă. Mutaţiile globale din arhitectura lumii actuale şi din mentalitatea omului modern sînt determinante şi ele pentru demersul artistic, care, azi mai mult decît oricînd, participă la ţesătura socială şi comunicaţională a lumii, modelînd-o şi fiind în acelaşi timp un epifenomen al acesteia.” (p. 59)
Postmodernismul, ca nouă civilizaţie în emergenţă, poate fi numit şi postumanism sau posteuropenism.
Trecerea la postmodernitate este dureroasă: “Resurecţia naţionalismelor, a tribalismelor de toate felurile şi a funda-mentalismelor, escalada antiamericanismului chiar în statele europene civilizate sînt răspunsul angoasat al unor popoare şi indivizi în cazul cărora teama de viitor a atins apogeul, aşa încît singura soluţie acceptabilă li s-a părut refugiul în trecut. Sentimentul de intimitate, securitate şi căldură umană pe care ţi le dau credinţa într-o religie, o patrie, un neam (şi care, împins la extrem, are drept costuri şovinismul, intoleranţa şi naţionalismul) poate părea pentru mulţi, astăzi, mai atrăgător decît impersonalitatea unei societăţi de o infinită şi abstractă complexitate şi cu o concurenţă sufocantă între indivizi, aşa cum o cere regula performativităţii.” (p. 60)
Postmodernitatea implică nişte costuri. Ele pot fi sintetizate sub forma unor întrebări: cum se poate păstra credinţa în Dumnezeu în condiţiile în care toate credinţele sunt contextiale? Cum să faci artă în condiţiile relativizării valorilor?

Partea a doua: Postmodernismul: sfârşitul artelor sau un nou început?
Lumea postmodernă
Dacă omul modernist era prin excelenţă tragic, strivit de confruntarea cu neantul, vehiculând o mistică a suferinţei şi o paranoia intelectualistă bazată pe omniprezenţa sensului, omul postmodernist şi-a găsit cel mai confortabil adăpost chiar în inima neantului.
Omul postmodern consideră că lumea este o povestire, pe care un eu iluzoriu o poate explora hedonist, ca pe o imensă epidermă.
Hermeneuticii moderne i se opune o erotică textuală: dacă modernii presupun că fiecare text are un sens, postmodernii practică odihna în obiectul estetic. Gestul omului postmodern nu mai este sfâşierea aparenţelor, ci mângâierea.
La sfârşitul deceniului şapte al secolului XX a avut loc o coborâre a artei în cotidian, în sensul estetizării masive a lumii. Aspectul comercial a devenit un criteriu esenţial.
Ideea de libertate este legată în postmodernism de posibilitatea unei experienţe senzoriale fără limită. “Poate că obiectul estetic emblematic al lumii de azi ar trebui să fie considerat videoclipul, sincretism uneori foarte sofisticat de imagerie suprarealistă, muzică şi animaţie pe computer, tinzînd către un spectacol senzorial total.” (p. 69)
Noile fenomene culturale postmoderne: zapping-ul pe canale TV, literatura de supermarket, serialele TV, jocurile pe computer etc.

Arta în postmodernitate
Ne putem întreba dacă nu cumva singurele forme de artă acceptate de către postmodernitate sunt cele “populare”. Se vorbeşte de moartea artei “înalte” prin epuizarea posibilităţilor ei imanente.
Ceea ce agonizează nu este arta în sine, ci dimensiunea ei modernistă, ezoterică şi totalitară.
Arta înaltă nu mai defineşte întreaga cultură, ci a devenit unul din aspectele acesteia, fără drept de preeminenţă. Monismul şi autoritarismul cultural modern este substituit de perspectivism şi dialog.

Aspecte ale modernităţii
Paradox: deşi modernitatea este prin excelenţă un concept progresiv, şi deci puternic legat de temporalitate, ea valorizează doar foarte subţiri “felii” de temporalitate, care nu mai pot fi studiate diacronic, ci în sincronia structurală a componentelor.
Pentru modern, esenţială este numai noutatea, clipa prezentă, făcută să fie depăşită de clipa ulterioară.
Modernii nu pot înţelege decât operele contemporane, pe cele vechi le privesc din perspectiva primelor, ca prin nişte filtre ale modernităţii. Reputaţia marilor maeştri nu poate fi păstrată în modernitate, din cauza slăbirii conexiunii vechi-etern-valoros.
Modernitatea presupune o mutaţie culturală majoră, care s-a produs odată cu trecerea de la o estetică a permanenţei, bazată pe credinţa într-un ideal de frumuseţe neschimbător şi transcendent, la o estetică a tranzitoriului şi a imanenţei, ale cărei principale valori sunt schimbarea şi noul.
Renaşterea europeană este prima conştientizare a “noutăţii” lumii.
Inclusiv în secolele XVII-XVIII, noţiunea de “modern” avea mai curând conotaţii negative. Însă odată cu iluminiştii şi romanticii, noţiunea de frumos devine istorică, pierzându-şi astfel transcendenţa. Se pierde categoria sublimului, în favoarea: caracteristicului, interesantului, grotescului etc.
De la romantici încoace, arta s-a construit în principal pe negarea lumii moderne, pe o estetică puristă şi antiutilitaristă.
Charles Baudelaire a fost cel mai important teoretician al esteticii modernităţii. Pentru el, frumosul modern este tranzitoriu, fugitiv, contingent. El a valorizat şi categoriile negative: urâtul, spleenul, revulsivul, satanicul, perversitatea.
Se pot distinge patru faze ale modernităţii. Prima are loc în Evul Mediu, sub forma opoziţiei modern/antic. Întreaga pondere axiologică era pe cel de-al doilea termen.
În Renaştere, conflictul modern/creştin ia forma laic/religios. A fi modern presupunea a fi liber cugetător, opus dogmelor religioase.
Al treilea moment este romantismul, în cursul căruia modern şi creştin devin sinonime. Apare noţiunea timpului creştin ireversibil, care duce spre catastrofă, precum şi ideea morţii lui Dumnezeu.
În cele din urmă, la sfârşitul secolului al XIX-lea, religia intră în criză, ceea ce duce la o religie a crizei. Utopii şi antiutopii se oferă să-i ia locul. “Marea artă a secolului nostru este, în mod straniu, pe de-o parte utopică, derivîndu-şi nevoia de ordine şi coerenţă din proiectul iluminist, iar pe de altă parte obscură, rătăcită în ceţurile imaginarului şi scufundată în propria ei agonie, protestînd împotriva aceluiaşi umanism iluminist, vinovat de falsificarea omului şi de pustiirea lumii actuale. Artiştii se-nverşunează împotriva trecutului cu disperare, conştienţi de paradoxul esenţial al modernităţii: distrugerea tradiţiei pentru a face loc unei noi tradiţii.” (p. 75)
Termenul de “modernism” a început să fie folosit într-un sens pozitiv abia la sfârşitul secolului XIX – începutul secolului XX. În Italia conotaţiile negative sunt mult timp persistente. În SUA începe să fie folosit abia în deceniul patru.
Pentru Manuel Machado, modernismul nu este o şcoală, ci sfârşitul complet şi definitiv al tuturor şcolilor.
Există trei faze în folosirea termenilor modernism, modern, modernitate: o fază originară, în care termenii sunt folosiţî neutru, o fază intermediare, în care ei sunt transformaţi în arme ideologice în bătăliile literare, şi în cele din urmă o fază istoricizantă.
Modernismul a fost în conflict cu contemporanii său, rămânând relativ inaccesibil şi elitist. Vocaţia lui a fost creaţia prin ruptură şi criză. Totuşi, modernismul păstrează o puternică nostalgie pentru sens şi transparenţă. Este deci normal ca opera modernă să fie deschisă interpretării, pe mai multe paliere. Pansemantismul este marca modernismului.
În tradiţia europeană, textul este o realitate secundă. În exegeza lui, atingerea ultimului strat semnificativ înseamnă contemplarea adevăratei Realităţi. Astfel, arta modernistă este un instrument de cunoaştere metafizică.
Modernismul este un purism. El are o nevoie de sens, tânjeşte după o interpretare şi după idealul tăcerii.
Avantgardele au în centrul lor cultul progresului tehnic, al vitezei, al noului stil de viaţă, pentru care operele trecute devin inutile şi lipsite de valoare.

Ce este postmodernismul?
Postmodernismul este epifenomenul cultural, artistic şi literar al postmodernităţii. Trăsăturile sale ideologice sunt: perspectivismul nitzschean, pierderea simţului realităţii, estetizarea existenţei, asocierea constantă cu societatea democratică, înalt tehnologică, informatizată şi mediatică de astăzi.
Paradoxal, tocmai pentru că astăzi postmodernismul este o prezenţă de la sine înţeleasă, mulţi cercetători îl neagă. Pentru Umberto Eco şi Jean Barth, postmodernitatea este un postromantism, o reîntoarcere la formele istoricizante, o continuitate, dar într-un mod ironic, parodic, metatextual, ceea ce este o ruptură. Pentru ei, postmodernitatea este o sincronie stilistică.
Pentru postmodernitate, sfârşitul istoriei nu este o apocalipsă, ci un carnaval exuberant şi în acelaşi timp neliniştitor.
Robert Scholes vede în compromiterea noţiunii de realism adevărata şansă a postmodernităţii. Spre deosebire de literatura realistă, textul postmodern nu este o reflectare a realităţii, ci o altă realitate.
Ce sens trebuie dat prefixului “post-“? Primul răspuns este: “soft”, moale, tandru. Modernismul este rejectat nu ca fiind trecutul, ci pentru că dispreţuieşte trecutul. Postmodernismul este o reacţie la izgonirea din poezie, de către modernişti, a plăcerii lecturii, a fabulaţiei, a digresiunii.
Alţi comentatori văd în prefixul “post-“ mai mult ruptură decât continuitate. După un modernism clasicizant, academic, postmodernismul este cu mult mai experimentalist, în spiritul neoavantgardist. Pervaziv, difuz, experimentul postmodern este unul “slab”, fără vocaţii demolatoare, fără pretenţii exhaustive.
Arnold Toynbee, în Studiul istoriei, este cel care foloseşte termenul de “postmodernism” într-un mod coerent şi consecvent. El îi plasează începutul în 1875, după prăbuşirea utopiei iluministe şi proliferarea culturii de masă. Pentru Toynbee, postmodernismul înseamnă iraţionalitate, nedeterminare şi anarhie.
Pentru Irving Howe, postmodernismul este societatea de masă, consmistă şi pasivă.
În anii ’60, termenul începe să însemne fenomene de contracultură, mişcări underground şi alternative.
Heisenberg, Popper, Prigogine, încep să se preocupe de relaţiile de indeterminare, de sisteme-departe-de-echilibru, de timpul ireversibil ca sursă de ordine. În matematici, apare teoria catastrofelor, pornind de la ecuaţiile lineare (R. Thom). În filozofie, gânditori ca Foucault, Deleuze, Derrida, Vattimo, Lyotard, demitizează modernitatea şi pornesc demitizarea demitizării.
Modernismul şi postmodernismul nu se exclud, ci coexistă: “Este aproape imposibil să încercăm o definire a postmodernismului fără să ne referim la modernism si, pe de altă parte, să înţelegem în spirit modern modernismul fără să-1 privim dintr-o perspectivă postmodernă.” (p. 87) Joyce şi Beckett au fost contemporani.
În postmodernitate, cu cât discursul devine mai conştient de sine însuşi, mai întors asupra sa, cu atât el încetează de a mai oglindi altceva decât forma sa goală şi scânteietoare, despre care nu se mai poate spune nimic.
Postmodernul ştie că nu există un sens ultim al lucrurilor, deci nici nu-l caută. El construieşte o lume ludică, dezordonată, lipsită de iluzii, imprevizibilă, unde gustul fluctuează, unde valoarea se concentrează şi se destramă asemenea fumului. Ex: muzica lui John Cage, fotografiile lui Andy Warhol, povestirile modulare ale lui Robe-Grillet, Cortàzar, Coover.
“Eclectic, versatil, difuz, „androgin", lipsit de agresivitate, postmodernismul tinde să părăsească locurile înalte ale culturii, să se asocieze cu cultura de masă, cu kitsch-ul, paraliteratura, design-ul, să devină ambiental, erijîndu-se astfel în însăşi arta lumii democratice, pluraliste şi tolerante a sfîrşitului de mileniu.” (p. 89-90)
Conform lui Ihab Hassan, opoziţia modern/postmodern este coerentă cu opoziţiile epistemologie/ontologie (Brian McHalle), autoritate/anarhie, utopie/heterotopie (Vattimo), hermeneutică/erotică (Susan Sontag), negentropie/entropie, schizofrenie/paranoia (Thomas Pynchon).
O figură stilistică des folosită în postmodernism este palinodia, semnificând luarea progresivă a sensului pe măsură ce se formează, ca în scrierile lui Beckett.
Principalii autori postmoderni sunt prozatori:
- şcoala americană: Barth, Pynchon, Coover, Hawkes, Berthelme, Federman, Sukenik;
- şcoala sud-americană: Marquez, Cortàzar, Llosa, Fuentes;
- austrieci ca Th. Bernhardt, Peter Handke;
- italieni: Eco şi Calvino;
- francezi din le nouveau roman: Robbe-Grillet, Butor, Pinget, Claude Simon;
- cehul Milan Kundera.
O serie de poeţi ilustrează şi ei atitudini postmoderniste: poeţii de la Black Mountain, Generaţia Beat (Ginsberg, Corso), şcoala din New York (J. Ashberry, Kenneth Koch, Frank O’Hara).
Postmodernismul a fost expus, încă de la apariţia sa, unor critici foarte dure. Clement Greenberg, în cartea sa Noţiunea de postmodernitate, din 1980, îl identifica cu kitsch-ul şi se pronunţa pentru apărarea purităţii estetice a artelor.
Critica neomarxistă vede în postmodernism un epifenomen al capitalismului târziu, mai dezumanizant ca oricând. Simptomatic este volumul lui Hal Poster: Antiesteticul: eseuri despre cultura postmodernă.

Trăsăturile postmodernismului
Critica postmodernă este supusă straniilor legi ale postmodernităţii. O astfel de critică (critifiction, după Raymond Federman) nu mai operează cu concepte clare, univoce, ci cu turbioane semantice, ludice, vizionare. Distanţa dintre critică şi literatură tinde să dispară, operele, autoreflexive, conţinându-şi propria critică, pe de o parte, iar pe de alta, articolele critice tind să capete veleităţi de critică literară.
Ihab Hassan este cel care a arătat că critica trebuie să-şi asume paradoxul, contradicţia, nedesăvârşirea, şovăiala caracteristică întregii epoci actuale.
Imaginea integrală, rotundă, a operei moderne, est abandonată în favoarea framentării şi a pluralismului.
Ihab Hassan, combinând cuvintele indeterminacy şi immanence, ajunge să vorbească de indetermanence ca noţiune definitorie a culturii, artei şi literaturii postmoderne. El descrie 11 aspecte ale noului curent:

1. Indeterminarea – pune în discuţie primul principiu al esteticii thomiste: claritas. Prăbuşirea, în filosofia ultimelor două secole, a tuturor fundamentelor, a dus inevitabil la pierderea încrederii în ideea de capodoperă artistică, de valoare artistică, de perfecţiune. S-a descoperit concomitent domeniul aleatoriului, al hazardului, al indeterminării, al ambiguităţii, al fragmentarului.

2. Fragmentarea – pune în discuţie al doilea principiu al esteticii thomiste: integritas. Discontinuitatea textului, literar, muzical sau plastic, este un principiu ce pare să se fi impus definitiv. În postmodernism, care se inspiră din dizolvarea decadentă, fragmentarismul devine un adevărat principiu generativ, funcţionând ca scop în sine.

3. Decanonizarea. Marea tradiţie europeană, Cultura, Artele, Literatura sunt puse în discuţie astăzi cu o libertate de gândire stupefiantă de către reprezentanţii minorităţilor culturale. Pentru ei Shakespeare, Goethe sau Wagner sunt doar nişte albi, bărbaţi, europeni, morţi – aceasta fiind definiţia omului de cultură tradiţional în optica celor care urmăresc decanonizarea valorilor. Idealul culturii globale este cel al egalităţii prin diferenţă, principiu care permite coexistenţa tuturor formelor culturale în pluralism şi interdependenţă.

4. Lipsa-de-sine. Lipsa-de-adâncime. Aceste noţiuni sunt legate de nihilismul nitzschean, care arată că subiectul însuşi este o ficţiune. Arta postmodernă nu este o manifestare a eului creator, ci o proliferare a unor false euri. De aceea, textul postmodern sfidează hermeneutica, manifestând o pronunţată semioclastie.

5. Neprezentabilul. Nereprezentabilul. Pentru artistul postmodern, referentul nu mai există. Scrieri ca cele ale lui Barth, Eco sau Marquez, nu mai au ca referent realitatea, ci o foarte sofisticată invenţie. Textele lor se răsfrâng asupra lor însele, devenindu-şi propriul referent.

6. Ironia (sau perspectivismul). Eco este de părere că trecutul nu mai poate fi recuperat cu candoare, ci cu ironie. Postmodernul nu crează, ci mimează. “Jidov rătăcitor, personaj picaresc în continuă schimbare a mediilor şi perspectivelor, incapabil să întemeieze, dar trăind cu frenezie şi exces de imaginaţie situaţii efemere, construindu-şi lumi fragile şi autosuficiente ca baloanele de săpun, postmodernul trăieşte ironia cu atîta intensitate, încît ea, pînă la urmă, dispare, la fel de pervazivă ca şi aerul pe care îl respiri.” (p. 102) Ironia postmodernă, spre deosebire de cea modernă, este “slabă”, fără veleităţi social-politice.

7. Hibridizarea. Postmodernismul are o disponibilitate formală fără frontiere, şi o propensiune către impuritate. Este imperiul hibrizilor, a textelor încrucişate cu pansiune mendeliană, a eclectismului nelimitat.

8. Carnavalizarea. Proteism dilatat monstruos, pasiune pentru polifonia stilistică şi narativă, perpetue formări şi deformări ale limbajului, propensiune pentru burlesc, alegorii complicate şi abstruse.

9. Performanţă. Participare. Textul postmodern este făcut să fie manipulat prin scrieri şi rescrieri ulterioare, chiar prin deformare şi dezagregare. De aici toate formele de artă participativă: happening-ul, arta ambientală, body-art, arta pe computer etc.

10. Construcţionism. Una din consecinţele perspectivismului postmodern este pierderea realităţii, inclusiv a timpului şi a istoriei.

11. Imanenţa. Lumea se dizolvă în limbaj şi limbajul în lume, iar hibridul care se naşte îşi este sieşi suficient, este obsedat de sine însuşi, se scrutează la nesfârşit, se referă continuu la propria sa formă, fapt ce generează o exuberanţă intertextuală, metatextuală, hipertextuală, autoreferenţială.

“Natura fractalică, nelineară, probabilistică a fenomenului artistic postmodern permite criticii literare să se situeze de multe ori în plin paradox. Logica lui sau/sau cedează uneori locul celei a lui şi/şi, adevărul e substituit, ca în logica modală a lumilor posibile, de posibil, de probabil sau de eventual, iar realul — de virtual şi iluzoriu.” (p. 106)
În eseul Postmodernism, Ihab Hassan mai distinge încă şapte trăsături ale fenomenului (numite categorii negative):

01. urbanismul este caracterizat de: fragmentare, diversitate, ecologie, crimă;

02. tehnologismul e dominat de: genetică, informatică, tehnologii spaţiale;

03. dezumanizarea provoacă anarhie, antielitism, umor negru, parodie, negare;

04. negativismul duce la fenomene New Age: magie, animis, mişcări de tip beat, hippy etc;

05. erotismul se îmbogăţeşte cu noi specii: romanul homosexual, poezia lesbiană, pornografia comică;

06. antinomianismul (prezenţa, simultană, a unor tendinţe contradictorii) explodează în contracultură, mişcări de emancipare, Black Power, feminism, filosofii orientale, misticism, vrăjitorie;

07. experimentalismul generează forme deschise, discontinui, aleatorii, improvizate.

Cine sunt postmodernii?
Modern şi postmodern sunt cuvinte care definesc stări complementare, aflate în relaţii de ruptură, dar şi de continuitate şi înterpătrundere.
Nu se pot face liste de autori postmoderni cu precizie chirurgicală. Mulţi autori au glisat, de la o operă la alta, de la un modernism în floare la un postmodernism incipient.
Dintre toate curentele trecute, spiritul manierist are cele mai multe afinităţi cu postmodernismul.
Postmoderni avant la lettre ar fi: William Blake, Lautréamont, Tristan Tzara, Alfred Jarry, Gertrude Stein, Marcel Duchamp, Antonin Artaud, Raymond Roussel, Queneau, Bataille, Kafka, Hermann Broch. Rabelais şi Lawrence Sterne sunt adesea citaţi ca precursori.
Nedeterminarea, dizolvarea valorilor, pierderea reperelor şi a simţului realităţii, ambiguitatea erotică, sunt tot atâtea caracteristici esenţiale ale romanului Omul fără calităţi a lui Musil.
“Părinţi” ai postmodernismului sunt consideraţi fără dubiu: Samuel Beckett, James Joyce, Borges, Nabokov, Ezra Pound şi Charles Olson.
Postmoderni în filosofie sunt: Derrida, Lyotard, Georg Steiner, Rorty pe alocuri.
Postmoderni în istorie: Foucault, Hayden White.
Postmoderni în psihanaliză: Lacan, Deleuze, R. D. Laing, Norman O. Brown.
Postmoderni în filosofie politică: Marcuse, Jean Baudrillard, Habermas.
Postmoderni în filosofia ştiinţei: Thomas Kuhn, Paul Feyerabend, Ilya Prigogine, Schrodinger.
Postmoderni în teoria literară: Roland Barthes, Julia Kristeva, Wolfgang Iser, criticii din Yale.
Postmoderni în dans: Merce Cunningham, Alwin Nikolais, Meredith Monk.
Postmoderni în muzică: John Cage, Pierre Boulez, Stockhausen.
Postmoderni în arte: Rauschenberg, Tinguely, Joseph Beuys (dar Andy Warhol, Arman, Jasper Jones, Cristo.
Postmoderni în arhitectură: R. Venturi, Charles Jencks, Brent Bolin.
Autorii şcolii de proză americane din deceniul şapte au fost primii care s-au numit pe ei înşişi “postmoderni”. Punctul lor de plecare se regăseşte în modernismul târziu al lui Joyce şi chiar în încâlcitul univers ficţional al lui Faulkner.

Postmodernism “and beyond”?
După inventarea conceptului de postmodernism, nu a mai apărut încă nici unul la fel de pervaziv. “Marea confruntare dintre metafizica/hermeneutica modernistă şi estetica/erotica postmodernă pare să continue, deşi nu la fel de încrîncenat.” (p. 116-117)
Noile concepte teoretice (deconstrucţionism, body-art, environmental art etc) par să fie doar nişte pseudopode ale postmodernismului.
Cultura “mare” nu mai este “formativă” şi “spiritualul” nu mai este văzut ca o asceză.
“Cred, într-adevăr, că, o dată cu experienţa postmo-dernă, nu numai istoria „mare", ci şi istoria literară unică, progresivă şi cu tendinţe autoritare, aşa cum o cunoaştem în prezent, va ceda locul istoriilor locale, alternative, multiple, fără pretenţia de a stabili valori o dată pentru totdeauna.” (p. 119)
Începând cu partea a treia (Către un postmodernism românesc), lucrarea devine pur literară, şi complet lipsită de interes.


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Anca Manolescu, O aptitudine aristocratică, (note de lectura)

Articol apărut în Dilema, nr. 387.
Paradoxul creştin: deşi lumea în care trăia omul tradiţional era una ierarhică, indiferent de locul pe care îl ocupa în aparatul social el avea o relaţie directă cu Dumnezeu.
„Muştele caută o rană, albinele flori, oamenii buni calităţi, cei de pe treapta cea mai de jos defecte.” (Kautilya, Tratat despre ştiinţa conducerii)


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Abu Hamid al-Ghazali, A Dissertation on Islamic Mysticism, (full text)

The heart of man has been so constituted by the Almighty that, like a flint, it contains a hidden fire which is evoked by music and harmony, and renders man beside himself with ecstasy. These harmonies are echoes of that higher world of beauty which we call the world of spirits; they remind man of his relationship to that world, and produce in him an emotion so deep and strange that he himself is powerless to explain it. The effect of music and dancing is deeper in proportion as the natures on which they act are simple and prone to motion; they fan into a flame whatever love is already dormant in the heart, whether it be earthly and sensual, or divine and spiritual.

Accordingly there has been much dispute among theologians as to the lawfulness of music and dancing regarded as religious exercises. One sect, the Zahirites, holding that Allah is altogether incommensurable with man, deny the possibility of man's really feeling love to Allah, and say that he can only love those of his own species. If he does feel what he thinks is love to his Creator they say it is a mere projection, or shadow cast by his own fantasy, or a reflection of love to the creature; music and dancing, according to them, have only to do with creature love, and are therefore unlawful as religious exercises. If we ask them what is the meaning of that "love to Allah" which is enjoined by the religious law, they reply that it means obedience and worship. This is an error which we hope to confute in a later chapter dealing with the love of Allah. At present we content ourselves with saying that music and dancing do not put into the heart what is not there already, but only fan into a flame dormant emotions. Therefore if a man has in his heart that love to Allah which the law enjoins, it is perfectly lawful, nay, laudable in him to take part in exercises which promote it. On the other hand, if his heart is full of sensual desires, music and dancing will only increase them, and are therefore unlawful for him. While, if he listens to them merely as a matter of amusement, they are neither lawful nor unlawful, but indifferent. For the mere fact that they are pleasant does not make them unlawful any more than the pleasure of listening to the singing of birds or looking at green grass and running water is unlawful. The innocent character of music and dancing, regarded merely as a pastime, is also corroborated by an authentic tradition which we have from the Lady Ayesha, who narrates: "One festival-day some Negroes were performing in a mosque. The Prophet said to me, 'Do you wish to see them?' I replied, 'Yes.' Accordingly he lifted me up with his own blessed hand, and I looked on so long that he said more than once, 'Have not you had enough of watching?"

Another authentic tradition narrates what follows: "One festival day two girls came to my house and began to play and sing. The Prophet came in and lay down on the couch turning his face away. Presently Abu Bakr entered, and seeing the girls playing, exclaimed, 'What! the pipe of Satan in the Prophet's house!' Whereupon the Prophet turned and said, 'Let them alone, Abu Bakr, for this is a festival-day'."

Passing over the cases where music and dancing rouse into a flame evil desires already dormant in the heart, we come to those cases where they are quite lawful. Such are those of the pilgrims who celebrate the glories of the House of Allah at Mecca in song, and thus incite others to go on pilgrimage, and of minstrels whose music and songs stir up martial ardour in the breasts of their auditors and incite them to fight against infidels. Similarly, mournful music which excites sorrow for sin and failure in religious life is lawful; of this nature was the music of David. But dirges which increase sorrow for the dead are not lawful, for it is written in the Qur'an, "Despair not over what you have lost." On the other hand, joyful music at weddings and feasts and on such occasions as a circumcision or the return from a journey is lawful.

We come now to the purely religious use of music and dancing: such is that of who by this means stir up in themselves greater love towards Allah, and, by means of music, often obtain spiritual visions and ecstasies, their heart becoming in this condition as clean as silver in the flame of a furnace, and attaining a degree of purity which could never be attained by any amount of mere outward austerities. The Sufi then becomes so keenly aware of his relationship to the spiritual world that he loses all consciousness of this world, and often falls down senseless.

It is not, however, lawful for the aspirant to Sufism to take part in this mystical dancing without the permission of his "Pir," or spiritual director. It is related of the Sheikh Abu'l Qasim Girgani that, when one of his disciplines requested leave to take part in such a dance, he said, "Keep a strict fast for three days; then let them cook for you tempting dishes; if then, you still prefer the "dance," you may take part in it." The disciple, however, whose heart is not thoroughly purged from earthly desires, though he may have obtained some glimpse of the Mystics' path, should be forbidden by his director to take part in such dances, as they will do him more harm than good.

Those who deny the reality of the ecstasies and other spiritual experiences of the Sufis merely betray their own narrow-mindedness and shallow insight. Some allowance, however, must be made for them, for it is as, difficult to believe in the reality of states of which one has no personal experience as it is for a blind man to understand the pleasure of looking at green grass and running water, or for a child to comprehend the pleasure of exercising sovereignty. A wise man, though he himself may have no experience of those states, will not therefore deny their reality, for what folly can be greater than his who denies the reality of a thing merely because he himself has not experienced it! Of such people it is written in the Qur'an, "Those who have not the guidance will say, 'This is a manifest imposture.'"

As regards the erotic poetry which is recited in Sufi gatherings, and to which people sometimes make objection, we must remember that, when in such poetry mention is made of separation from or union with the beloved, the Sufi, who is an adept in the love of Allah, applies such expressions to separation from or union with Him. Similarly, "dark locks" are taken to signify the darkness of unbelief; "the brightness of the face," the light of faith, and drunkenness the Sufi's ecstasy. Take, for instance, the verse:

Thou may'st measure out thousands of measures of wine,
But, till thou drink it, no joy is thine.

By this the writer means that the true delights of religion cannot be reached by way of formal instruction, but by felt attraction and desire. A man may converse much and write volumes concerning love, faith, piety, and so forth, and blacken paper to any extent, but till he himself possesses these attributes all this will do him no good. Thus, those who find fault with the Sufis for being powerfully affected, even to ecstasy, by these and similar verses, are merely shallow and uncharitable. Even camels are sometimes so powerfully affected by the Arab-songs of their drivers that they will run rapidly, bearing heavy burdens, till they fall down in a state of exhaustion.

The Sufi bearer, however, is in danger of blasphemy if he applies some of the verses which he hears to Allah. For instance, if he hears such a verse as "Thou art changed from thy former inclination," he must not apply it to Allah, who cannot change, but to himself and his own variations of mood. Allah is like the sun, which is always shining, but sometimes for us His light is eclipsed by some object which intervenes between us and Him.

Regarding some adepts it is related that they attain to such a degree of ecstasy that they lose themselves in Allah. Such was the case with Sheikh Abu'l Hassan Nuri, who, on hearing a certain verse, fell into an ecstatic condition, and, coming into a field full of stalks of newly cut sugar-canes, ran about till his feet were wounded and bleeding, and, not long afterwards, expired. In such cases some have supposed that there occurs an actual descent of Deity into humanity, but this would be as great a mistake as that of one who, having for the first time seen his reflection in a mirror should suppose that, somehow or other, be had become incorporated with the mirror, or that the red-and-white hues which the mirror reflects were qualities inherent in it.

The states of ecstasy into which the Sufis fall vary according to the emotions which predominate in them - love, fear, desire, repentance, etc. These states, as we have mentioned above, are often the result not only of hearing verses of the Qur'an, but erotic poetry. Some have objected to the reciting of poetry, as well as of the Qur'an, on these occasions; but it should be remembered that all the verses of the Qur'an are not adapted to stir the emotions - such, for instance, as that which commands that a man should leave his mother the sixth part of his property and his sister the half, or that which orders that a widow must wait four months [and ten days] after the death of her husband before becoming espoused to another man. The natures which can be thrown into religious ecstasy by the recital of such verses are peculiarly sensitive and very rare.

Another reason for the use of poetry as well as of the Qur'an on these occasions is that people are so familiar with the Qur'an, many even knowing it by heart, that the effect of it has been dulled by constant repetition. One cannot be always quoting new verses of the Qur'an as one can of poetry. Once, when some wild Arabs were hearing the Qur'an or the first time and were strongly moved by it, Abu Bakr said to them, "We were once like you, but our hearts have grown hard," meaning that the Qur'an loses some of its effect on those familiar with it. For the same reason the Caliph Omar used to command the pilgrims to Mecca to leave it quickly. "For," he said, "I fear if you grow too familiar with the Holy City the awe of it will depart from your hearts."

There is, moreover, something pertaining to the light and frivolous, at least in the eyes of the common people, in the use of signing and musical instruments, such as the pipe and drum, and it is not befitting that the majesty of the Qur'an should be, even temporarily, associated with these things. It is related of the Prophet that once, when he entered the house of Rabia, the daughter of Muaz, some singing-girls who were there began extemporizing in his honour. He abruptly bade them cease, as the praise of the Prophet was too sacred a theme to be treated in that way. There is also some danger, if verses of the Qur'an are exclusively used, that the bearers should attach to them some private interpretation of their own, and this is unlawful. On the other hand, no harm attaches to interpreting lines of poetry in various ways, as it is not necessary to apply to a poem the same meaning which the author had.

Other features of these mystic dances are the bodily contortions and tearing of clothes with which they are sometimes accompanied. If these are the result of genuine ecstatic conditions there is nothing to be said against them, but if they are self-conscious and deliberate on the part of those who wish to appear "adepts," then they are merely acts of hypocrisy. In any case the more perfect adept is he who controls himself till he is absolutely obliged to give vent to his feelings. It is related of a certain youth who was a disciple of Sheikh Junaid that, on hearing singing commence in an assembly of the Sufis, he could not restrain himself, but began to shriek in ecstasy. Junaid said to him, "If you do that again, do not remain in my company." After this the youth used to restrain himself on such occasions, but at last one day his emotions were so powerfully stirred that, after long and forcible repression of them, he uttered a shriek and died.

To conclude: in holding these assemblies, regard must be had to time and place, and that no spectators come from unworthy motives. Those who participate in them should sit in silence, not looking at one another, but keeping their heads bent, as at prayer, and concentrating their minds on Allah. Each should watch for whatever may be revealed to his own heart, and not make any movements from mere self-conscious impulse. But if anyone of them stands up in a state of genuine ecstasy all the rest should stand up with him, and if anyone's turban falls off the others should also lay their turbans down.

Although these matters are comparative novelties in Islam and have not been received from the first followers of the Prophet, we must remember that all novelties are not forbidden, but only those which directly contravene the Law. For instance, the "Tarawih," or night-prayer, was first instituted by the Caliph Omar. The Prophet said, "Live with each man according to his habits and disposition," therefore it is right to fall in with usages that please people, when non-conformity would vex them. It is true that the Companions were not in the habit of rising on the entrance of the Prophet, as they disliked this practice; but where it has become established, and abstaining from it would cause annoyance, it is better to conform to it. The Arabs have their own customs, and the Persians have theirs, and Allah knows which is best.

Know, O brother, that in the Qur'an Allah bath said, "We will set up a just balance on the Day of Resurrection, and no soul shall be wronged in anything. Whosoever has wrought a grain of good or ill shall then behold it." In the Qur'an it is also written, "Let every soul see what it sends on before it for the Day of Account." It was a saying of the Caliph Omar, "Call yourselves to account before ye be called to account"; and Allah says, "O ye believers, be patient and strive against your natural desires, and maintain the strife manfully." The saints have always understood that they have come into this world to carry on a spiritual traffic, the resulting gain or loss of which is Heaven or Hell. They have, therefore, always kept a jealous eye upon the flesh, which, like a treacherous partner in business, may cause them great loss. He, therefore, is a wise man who, after his morning prayer, spends a whole hour in making a spiritual reckoning, and says to his soul, "Oh my soul, thou hast only one life; no single moment that has passed can be recovered, for in the counsel of Allah the number of breaths allotted thee is fixed, and cannot be increased. When life is over no further spiritual traffic is possible for thee; therefore what thou dost, do now; treat this day as if thy life had been already spent, and this were an extra day granted thee by the special favour of the Almighty. What can be greater folly than to lose it?"

At the resurrection a man will find all the hours of his life arranged like a long series of treasure-chests. The door of one will be opened, and it will be seen to be full of light: it represents an hour which he spent in doing good. His heart will be filled with such joy that even a fraction of it would make the inhabitants of Hell forget the fire. The door of a second will be opened; it is pitch-dark within, and from it issues such an evil odour as will cause everyone to hold his nose: it represents an hour which he spent in ill-doing, and he will suffer such terror that a fraction of it would embitter Paradise for the blessed. The door of a third treasure-chest will be opened; it will be seen to be empty and neither light or dark within: this represents the hour in which he did neither good nor evil. Then he will feel remorse and confusion like that of a man who has been the possessor of a great treasure and wasted it or let it slip from his grasp. Thus the whole series of the hours of his life will be displayed, one by one, to his graze. Therefore a man should say to his soul every morning, "Allah has given thee twenty-four treasures; take heed last thou lose anyone of them, for thou wilt not be able to endure the regret that will follow such loss."

The saints have said, "Even suppose Allah should forgive thee, after a wasted life, thou wilt not attain to the ranks of the righteous and must deplore thy loss; therefore keep a strict watch over thy tongue, thine eye, and each of thy seven members, for each of these is, as it were, a possible gate to Hell. Say to thy flesh, 'If thou art rebellious, verily I will punish thee'; for, though the flesh is headstrong, it is capable of receiving instruction, and can be tamed by austerity." Such, then, is the aim of self-examination, and the Prophet had said, "Happy is he who does now that which will benefit him after death."

We come now to the recollection of Allah. This consists in a man's remembering that Allah observes all his acts and thoughts. People only see the outward, while Allah sees both the outer and the inner man. He who really believes this will have both his outer and inner being well disciplined. If he disbelieves it, he is an infidel, and if, while believing it, be acts contrary to that belief, he is guilty of the grossest presumption. One day a Negro came to the Prophet and said, "O Prophet of Allah! I have committed much sin. Will my repentance be accepted, or not?" The Prophet said, "Yes." Then the Negro said, "O Prophet of Allah, all the time I was committing sin, did Allah really behold it?" "Yes," was the answer. The Negro uttered a cry and fell lifeless. Till a man is thoroughly convinced of the fact that he is always under Allah's observation it is impossible for him to act rightly.

A certain sheikh once had a disciple whom he favoured above his other disciples, thus exciting their envy. One day the sheikh gave each of them a fowl and told each to go and kill it in a place where no one could see him. Accordingly each killed his fowl in some retired spot and brought it back, with the exception of the sheikh's favourite disciple, who brought his back alive, saying, "I have found no such place, for Allah sees everywhere." The sheikh said to the others, "You see now this youth's real rank; he has attained to the constant remembrance of Allah."

When Zuleikha tempted Joseph she cast a cloth over the face of the idol she used to worship. Joseph said to her, "O Zuleikha, thou art ashamed before a block of stone, and should I not be ashamed before Him who created the seven Heavens and the Earth?" A man once came to the saint Junaid and said, "I cannot keep my eyes from casting lascivious looks. How shall I do so?" "By remembering," Junaid answered, "that Allah sees you much more clearly than you see anyone else." In the traditions it is written that Allah has said, "Paradise is for those who intend to commit some sin and then remember that My eye is upon them and forbear." Abdullah Ibn Dinar relates, "Once I was walking with the Caliph Omar near Mecca when we met a shepherd's slave-boy driving his flock. Omar said to him, "Sell me a sheep." The boy answered, "They are not mine, but my master's." Then, to try him, Omar said, "Well, you can tell him that a wolf carried one off, and he will know nothing about it." "No, he won't", said the boy, "but Allah will." Omar then wept, and, sending for the boy's master, purchased him and set him free, exclaiming, "For this saying thou art free in this world and shalt be free in the next."

There are two degrees of this recollection of Allah. The first degree is that of those saints whose thoughts are altogether absorbed in the contemplation of the majesty of Allah, and have no room in their hearts for anything else at all. This is the lower degree of recollection for when a man's heart is fixed and his limbs are so controlled by his heart that they abstain from even lawful actions, he has no need of any device or safeguard against sins. It was to this kind of recollection that the Prophet referred when he said, "He who rises in the morning with only Allah in his mind, Allah shall look after him, both in this world and the next."

Some of these recollectors of Allah are so absorbed in the thought of Him that, if people speak to them they do not hear, or walk in front of them they do not see, but stumble as if they collided with a wall. A certain saint relates as follows: "One day I passed by a place where archers were having a shooting match. Some way off a man was sitting alone. I approached him and attempted to engage him in talk, but he replied, "The remembrance of Allah is better than talk." I said, "Are you not lonely?" "No," he answered, "Allah and two angels are with me." Pointing to the archers, I asked, "Which of these has carried off the prize?" "That one," was his reply, "to whom Allah has allotted it." Then I inquired, "Where does this road come from?" Upon which, lifting up his eyes to heaven, he rose and departed, saying, "O Lord! many of Thy creatures hold one back from the remembrance of Thee!"

The saint Shibli one day went to see the Sufi Thaury; he found him sitting so still in contemplation that not a hair of his body moved. He asked him, "From whom didst thou learn to practice such fixity of contemplation?" Thaury answered, "From a cat which I saw waiting at a mouse-hole in an attitude of even greater fixity than this." Ibn Hanif relates: "I was informed that in the city of Sur a sheikh and his disciple were always sitting lost in the recollection of Allah. I went there and found them both sitting with their faces turned in the direction of Mecca. I saluted them thrice, but they gave no answer. I said, 'I adjure you, by Allah, to return my salutation.' The youth raised his head and replied, 'O Ibn Hanif! The world lasts but for a little time, and of this little time only a little is remaining. Thou art hindering us by requiring us to return thy salutation.' He then bent his head again and was silent. I was hungry and thirsty at the time, but the sight of those two quite carried me out of myself. I remained standing and prayed with them the afternoon and evening prayer. I then asked them for some spiritual advice. The younger replied, 'O Ibn Hanif, we are afflicted; we do not possess that tongue which gives advice.' I remained standing there three days and nights; no word passed between us and none of us slept. Then I said within myself, 'I will adjure them by Allah to give me some counsel.' The younger, divining my thoughts, again raised his head: 'Go and seek such a man, the visitation of whom will bring Allah to thy remembrance and infix His fear in thy heart, and he will give thee that counsel which is conveyed by silence and not by speech.'"

Such is the "recollection" of the saints which consists in being entirely absorbed in the contemplation of Allah. The second degree of the recollection of Allah is that of "the companions of the right hand." [Qur'anic expression for the righteous.] These are aware that Allah knows all about them, and feel abashed in His presence, yet they are not carried out of themselves by the thought of His majesty, but remain clearly conscious of themselves and of the world. Their condition is like that of a man who should be suddenly surprised in a state of nakedness and should hastily cover himself, while the other class resemble one who suddenly finds himself in the presence of the King and is confused and awestruck. The former subject every project which enters their minds to a thorough scrutiny, for at the Last Day three questions will be asked respecting every action: the first, "Why did you do this?" the second, "In what way did you do this?" the third, "For what purpose did you do this?" The first will be asked because a man, should act from divine and not merely Satanic or fleshly impulse. If this question is satisfactorily answered, the second
will test in what way the action was done, wisely, or carelessly and negligently, and the third, whether it was done simply to please Allah, or to gain the approval of men. If a man understands the leaning of these questions he will be very watchful over the state of his heart, and how he entertains thoughts which are likely to end, action. Rightly to discriminate among such, thoughts is a very difficult and delicate matter and he who is not capable of it should attach himself to some spiritual director, intercourse with whom may illuminate his heart. He should avoid with the utmost care the merely worldly learned man who is an agent of Satan. Allah said to David, "O David! ask no questions of the learned man who is intoxicated with love of the world, for he will rob thee of My love," and the Prophet said: "Allah loves that man who is keen to discern in doubtful things, and who suffers no doubt." Contemplation and discrimination are closely connected, and be in whom reason does not rule passion will not be keen to discriminate.

Besides such cautious discrimination before acting, a man should call himself strictly to account for his past actions. Every evening he should examine his heart as to what he has done to see whether he has gained or lost in his spiritual capital. This is the more necessary as the heart is like a treacherous business partner, always ready to cajole and deceive; sometimes it presents its own selfishness under the guise of obedience to Allah, so that a man supposes be has gained, whereas he has really lost.

A certain saint named Amiya, sixty years of age, counted up the days of his life. He found they amounted to twenty-one thousand six hundred days. He said to himself, "Alas! if I have committed one sin every day, how can I escape from the load of twenty-one thousand six hundred sins?" He uttered a cry and fell to the ground; when they came to raise him they found him dead. But most people are heedless, and never think of calling themselves to account. If for every sin a man, committed he placed a stone in an empty house, he would soon find that house full of stones; if his recording angels demanded wages of him for writing down his sins, all his money would soon be gone. People count on their rosaries with self-satisfaction the numbers of times they have recited the name of Allah, but they keep no rosary for reckoning the numberless idle words they speak. Therefore the Caliph Omar said, "Weigh well your words and deeds before they be weighed at the judgment." He himself before retiring for the night, used to strike his feet with a scourge and exclaim, "What hast thou done today?" Abu Talha was once praying in a palm-grove, when the sight of a beautiful bird which flew out of it caused him to make a mistake in counting the number of prostrations he had made. To punish himself for his inattention, he gave the palm-grove away. Such saints knew that their sensual nature was prone to go astray, therefore they kept a strict watch over it, and punished it for each transgression.

If a man finds himself sluggish and averse from austerity and self-discipline he should consort with one who is a proficient in such practices so as to catch the contagion of his enthusiasm. One saint used to say, "When I grow lukewarm in self-discipline, I look at Muhammad Ibn Wasi, and the sight of him rekindles my fervour for at least a week." If one cannot find such a pattern of austerity close at band, then it is a good thing to study the lives of the saints; he should also exhort his soul somewhat in the following way: "O my soul! thou thinkest thyself intelligent and art angry at being called a fool, and yet what else are thou, after all? Thou prepared clothing to shield thee from the cold of winter, yet makest no preparation for the After-life. Thy state is like that of a man who in mid-winter should say, 'I will wear no warm clothing, but trust to Allah's mercy to shield me from the cold.' He forgets that Allah, at the same time that He created cold, showed man the way to make clothing to protect himself from it, and provided the material for that clothing. Remember this also, O soul, that thy punishment hereafter will not be because Allah is angry with thy disobedience; and say not, 'How can my sin hurt Allah?' It is thy lusts themselves which will have kindled the flames of a hell within thee; just as, from eating unwholesome food, disease is caused in a man's body, and not because his doctor is vexed with him for disobeying his orders.

"Shame upon thee, O soul, for thy overweening love of the world! If thou dost not believe in Heaven or Hell, at any rate thou believest in death, which will snatch from thee all worldly delights and cause thee to feel the pangs of separation from them, which will be intenser just in proportion as thou hast attached thyself to them. Why art thou mad after the world? If the whole of it, from East to West, were thine and worshipped thee, yet it would all, in a brief space, turn to dust along with thyself, and oblivion would blot out thy name, as those of ancient kings before thee. But now, seeing thou hast only a very small fragment of the world, and that a defiled one, wilt thou be so mad as to barter eternal joy for it, a precious jewel for a broken cup of earthenware, and make thyself the laughingstock of all around them?"


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René Guénon, Extractos de cartas a Fernando Guedes Galvao

Cruseilles, 16 de octubre de 1929. En Cahier de l´Herne, París, 1985:

( ... ) pues debo confesaros que no conozco ninguna de las traducciones francesas de Dante, no habiendo nunca leído más que el texto italiano. Está la traducción de Aroux, pero no creo que pueda seros de gran ayuda para la aprehensión del sentido profundo, pues está hecha desde un punto de vista político-religiosa muy especial; por otro lado he indicado las reservas que hay que hacer sobre esta interpretación. Además, esta traducción, publicada en 1856, es hoy muy rara; Chacornac me dice que se la puede encontrar a veces de ocasión a 150 ó 200 Francos. Las otras traducciones, que se encuentran más corrientemente, están hechas desde un punto de vista casi únicamente literario. Parece que la de Artaud de Montor, en la colección de los clásicos Garnier, es bastante buena, Entre las más recientes, se me han dicho cosas bastante favorables de la del padre Berthier, editada por Desclée. Yo no tenga sobre las otras más que informaciones contradictorias, y generalmente poco favorables. ( ... )

El Cairo, 31 de enero de 1938:

( ... ) Para el orden posible de las traducciones, me parece en suma que se puede considerar Oriente y Occidente, La Crise du Monde moderne y Autorité spirituelle et Puovoir temporel como formando una especie de serie independiente de la de las obras propiamente doctrinales, y que se puede empezar por una o por otra según la ventaja que se encuentre para alcanzar antes a los lectores. En cuanto a las obras doctrinales, es cierto que lo mejor sería comenzar por la Introducción general y continuar seguidamente en el orden mismo en que han aparecido: L´homme et son devenir, Le Symbolisme de la Croix, Les etats multiples del être.

Extracto del 14-11 de 1946. En Dossier H:

( ... ) "En cuanto a las informaciones biográficas, sabéis cuán opuesto soy por principio a que se hagan intervenir todas esas cuestiones individuales allá donde sólo la doctrina debe contar... A propósito de los retratos hay otra cosa aún, me refiero a un verdadero peligro en el caso de que caigan en manos de gentes malintencionadas; aquí mismo, yo no sé cuantas gentes (europeos y judíos) han buscado vanamente por todos los medios, procurarse fotografías mías ¿Qué querrían hacer con ellas? Debo decir por otra parte que, si he logrado estar tranquilo hasta ahora, es solamente a condición de arreglármelas para no tener la menor relación con los medios europeos... Lo que se os ha dicho respecto al viaje a La Meca es desgraciadamente inexacta; solamente ha ido mi mujer con nuestra hija primogénita (era antes del nacimiento de la segunda). Esperamos ir todos juntos otra vez, pero ¿quién sabe cuándo?
En todo caso, el Cristianismo, actualmente al menos, es la única tradición en la cual se permite comer indistintamente no importa qué; luego no puede haber ningún inconveniente para un católico en comer la carne de un animal abatido según el rito de una tradición cualquiera, tanto como sin ningún rito, tanto más cuanto que ello no implica la participación en el rito mismo de muerte. He dicho “actualmente” porque quizás no era igual en los primeros tiempos; la única cosa de la que estoy seguro (y eso sería bien insuficiente para tratar la cuestión en un artículo, tanto más cuanto que no he hecho yo mismo investigaciones al respecto, sino que es Clavelle quien me lo ha comunicado), y es que, en el origen, la prohibición de la sangre existía en el Cristianismo como en otras partes; ha caído poco a poco en desuso, en épocas diferentes según los países, pero, cosa curiosa, ¡jamás ha sido abrogada por ningún decreto oficial!

Extracto del 9 de mayo de 1947.En Dossier H:

"En efecto, hay que tener en cuenta para todo lo concerniente al Budismo, los trabajos de Coomaraswamy, que cambian completamente el aspecto de la cuestión, antes de eso nunca había tenido yo ocasión de examinar las cosas más de cerca e incluso debo deciros que la manera como se presenta habitualmente al Budismo lo torna tan poco interesante que no me impulsaba del todo para ocuparme de ello más particularmente...
( ... ) “Con respecto a la comunión bajo las dos especies, de la que me habláis a propósito de la degeneración que se ha producido en el Cristianismo, sabéis quizás que ha sido siempre mantenida en todas las Iglesias orientales, comprendidas las que están vinculadas a Roma."

El Cairo, 24 de diciembre de 1947. En Dossier H:

( ... ) “Estamos muy de acuerdo sobre la dificultad que habría para identificar el Buda al 9º Avatâra; los que sostienen esta opinión están además obligados a conciliarla con el hecho de que éste debía ser un Mlêchha-Avatâra, el pretender, apoyándose sobre una etimología muy dudosa, que los Shâkyas eran Shakas, es decir, un pueblo de origen escita. Quizás se podría más bien ver solamente en él un Avatâra menor; éstos son naturalmente en número indeterminado ( ... ) Con respecto a las posibilidades de iniciación, de cualquier lado que se las quiera considerar ¿veis otras actualmente que la Tarîqah, quiero decir, otras que permitan esperar obtener algo más ue una iniciación simplemente virtual?... sabéis que una iniciación cristiana parece no existir ya de hecho, salvo quizás en algunos grupos tan cerrados y restringidos, que prácticamente es inútil hablar de ellos; es posible también que subsista algo en ciertos monasterios de la Iglesia griega, pero, en todo caso, ello también es evidentemente inaccesible.
( ... ) Otra cosa a este respecto: no sé si estáis al corriente, por parte del Shaij Aïssa, de las relaciones muy interesantes que se han establecido estos últimos tiempos con los indios de América del Norte. Debo decir que he quedado sorprendido de saber que, a pesar de tantas circunstancias desfavorables, muchas cosas se han conservado allí intactas hasta ahora, de forma que un despertar de su tradición siempre permanece posible; puede por lo demás que las cosas tomen pronto por ese lado un desarrollo imprevisto (...)

Extracto del 2 de diciembre de 1948. En Dossier H:

( ... ) Por lo que hace al libro que sería mejor hacer aparecer ahora en primer lugar, sois también quien podréis naturalmente daros cuenta mucho mejor que yo de lo que es mejor. Yo había creído comprender, por lo que me habéis dicho precedentemente, que estabais ya decidido por Autorité spirituelle, que podría hacerse más rápidamente que Le Règne de la Quantité, puesto que es mucho menos largo; ya no recuerdo si habéis recibido la nueva edición, sobre la cual sería preferible hacer seguidamente la traducción para evitar tener que hacer modificaciones seguidamente. En todo caso, pienso que hará falta primero que terminéis el libro del Shaij Aïssa; hay que esperar que podrá ser publicado sin dificultad; ¿no pensais poder hacerlo aceptar por el mismo editor? Sh. A. ha terminado finalmente por poner a punto su otro libro, L´Oeil du Coeur, pero no sabemos aún demasiado cuándo aparecerá, pues, en Gallimard, las cosas marchan siempre muy lentamente; Hindouisme et Bouddhisme, de Coomaraswamy, que es el 1º volumen a aparecer en la colección y cuya traducción estaba lista desde hace mucho tiempo, solamente acabe de enviarse a la impresión. A propósito del Sh. A., no sé quién ha podido hablar de la “realización de mis sueños”, pues no recuerdo del todo el haber empleado jamás esta expresión, pero debo por otra parte reconocer que corresponde bien a algo cierto, pues es seguro que, sin él, muchas cosas habrían permanecido en el estado de posibilidades en cierto modo “teóricas” y no habrían podido llegar a realizarse. (... )

Extracto del 2-12-1948

"Estoy sorprendido de ver que tres de mis cartas se han perdido en el camino, en cuanto a las vuestras, me parece que no haya más que una, la que trataba del obispo de Bragança"

El Cairo, 12 de junio de 1950. En Dossier H::

( ... ) “Nuestro joven Ahmad tiene ahora 9 meses, e intenta ya andar; muy felizmente, desde su nacimiento, nunca ha estado enfermo ni un solo día; ¡deseamos que eso continúe así!
( ... ) no he tenido ocasión de leer el libro de L. Lallement, pero lo que me decía concuerda muy bien con lo que yo he sabido de otra parte. Creo como usted que debe conocer algo de nuestros escritos, pero quizás no hay que sorprenderse de que no los cite nunca; no es ciertamente el único en actuar así, y puede también que sea por su parte un especie de “táctica”, porque debe probablemente estar al tanto de la hostilidad de ciertos medios con respecto a nosotros. Y es posible que no quiera arriesgarse a que rebrote sobre él; pero en suma no ha lugar a lamentarse si eso le permite al menos expresar ciertas ideas sin despertar la desconfianza y la malevolencia de toda esas gente, lo que no dejaría de producirse si vieran la mención de mi nombre o de alguno de nuestros colaboradores.
Sin duda hay verdad en lo que decís con respecto a Santo Tomás; estaría totalmente de acuerdo con M. Préau, que llega incluso hasta a considerar a Aristóteles y Santo Tomás como los primeros responsables del racionalismo moderno... lo que es quizás incluso un poco exagerado. Desde el momento que ellos afirman la existencia del intelecto puro, no se puede hablar de racionalismo en lo que les concierne; pero prácticamente, apenas sacan consecuencias de esta afirmación de principio, y su método exclusivamente dialéctico ha podido servir después a los racionalistas (bien que éstos, comenzando por Descartes, se hayan siempre mostrado hostiles a Aristóteles y a la escolástica). No pienso sin embargo que eso deba impedir “utilizarlos”, sobre todo a causa de su gran influencia en el mundo occidental, para indicar similitudes en la medida que sus doctrinas están al menos de acuerdo con las ideas tradicionales, aun mostrando también sus limitaciones en cuanto haya lugar, y en suma es así como he actuado siempre. Lo que no es dudoso, es que el Catolicismo habría tenido una orientación intelectual muy diferente si la influencia platónica hubiera continuado ejerciéndose como antes de Santo Tomás, en lugar de ser reemplazado por la influencia aristotélica; este cambio ha tenido, entre otras fatales consecuencias, la de hacer desdeñar el estudio de los Padres de la Iglesia, y sobre todo de los Padres griegos, que son ciertamente los más interesantes desde el punto de vista doctrinal. Entiéndase bien, nada semejante se ha producido en la Iglesia oriental, y sin duda por ello su teología, hasta nuestra época misma, da la impresión de ser mucho más comprehensiva y no haberse encerrado nunca en límites tan estrechos.
( ... ) Desde mi segunda respuesta, ese individuo se ha mantenido tranquilo y no ha reaccionado ya de nuevo; viendo la reprobación de casi todo el mundo, quizás ha terminado por comprender que haría mejor en ser más prudente. Acabo de ver, en una revista belga, un programa de conferencias de un grupo “radiestesista” donde su nombre figura junto al de ocultistas ¡ de la especie más sospechosa!

El Cairo, 24 de agosto 1950. En Dossier H::

( ... ) “A la cuestión que me planteáis, creo que es necesario que os diga exactamente cuál es actualmente la situación, y desgraciadamente, como vais a ver, no se presenta de una manera muy encorajinante. Primero, en lo que concierne a la posibilidad de una iniciación específicamente cristiana, no hay nada, al menos prácticamente, del lado católico; la organización del Paráclito, sobre la cual habíamos fundado algunas esperanzas en cierto momento, parece, desde la muerte de nuestro amigo Charbonneau-Lassay, haber recaído en el sueño donde estaba durante largo tiempo antes de él, y no veo actualmente a nadie que pueda sacarla de él de nuevo. Del lado de la Iglesia ortodoxa, está el hesicasmo, que parece haber guardado todos los caracteres de una verdadera iniciación, pero de hecho, debe ser casi inaccesible, parece que extremadamente difícil el encontrar para esta vía un guía cualificado; haría falta poder ir al Monte Athos que es su centro (ha sido trasferido allá desde el Sinaí hacia el siglo XIV), ser admitido y residir allí durante cierto tiempo, y ganarse suficientemente la confianza de los monjes para obtener de uno de ellos la transmisión y las instrucciones técnicas requeridas, y todo ello está lejos de carecer de dificultades, sobre todo para los que no son ortodoxos de origen. Para completar el cuadro, y bien que ello no presenta aquí interés práctico, añadiría aún que, en la India, los falsos gurúes y los personajes más sospechosos o dudosos desde el punto de vista tradicional se multiplican desde hace algún tiempo de manera inquietante; por el contrario, los que son realmente interesantes, se mantienen más y más ocultos, y ello se comprende demasiado bien, dadas las tendencias claramente antitradicionales del gobierno actual (e bastante significativo, a este respecto, que éste subvenciona una sedicente “Academia de Yoga” en la cual se pretende estudiar esas cosas según los métodos “científicos”, en el sentido occidental y moderno de la palabra); ¿quién sabe qué ocurrirá y si eso será sólo pasajero?
( ... )Hay sin duda algo anormal en todo lo que se ha producido hace algún tiempo con mi correspondencia... Es sobre todo cuando diferentes signos son concordantes, bien que presentándose independientemente unos de otros, cuando conviene prestarles atención, pues no hay ni simples puramente accidentales”

Extracto del 12 del 11 de 1950

"Sobre el Paráclito, os he dicho en mi última carta lo que hay, de modo que no insistiré en ello, evidentemente, su "clausura" casi completa es debida a un conjunto de circunstancias que no son culpa de nadie... En cuanto a la Tarîqah, se ha visto últimamente la constitución en París de una nueva rama independiente... Yo nunca he pretendido ser maestro o jefe de nadie y estimo además muy feliz el no haber sido forzado a ello por las circunstancias, pues ¡apenas conozco calamidad peor que tener discípulos!
( ... ) Sobre la vinculación a varias organizaciones, a condición de que no haya incompatibilidad entre ellas, (pues puede también ocurrir en ciertos casos), me parece que se podría ahí aplicar un proverbio que dice. porque, sobre todo en medio de la confusión actual, alguno puede muy bien no saber exactamente de antemano de qué lado le será posible obtener los mejores resultados. Las circunstancias son ciertamente cada vez menos tranquilizadoras, todas sus reflexiones al respecto son demasiado justas; a decir verdad, no creo que sea necesario que una nueva guerra estalle para que la situación en Europa termine por devenir por completo intolerable..."


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Joseph de Maistre, Les Soirées de Saint-Petersbourg, (note de lectura)

Le titre complet est Les Soirées de Saint-Pétersbourg, ou Entretiens sur le gouvernement temporel de la Providence (1821). Lecture à partir de la version de 1842, Editeur Louis Lesne.

Premier entretien
Trois symposiaques (le sénateur, le comte, le chevalier) débattent des choses sérieuses.
D’abord l’idée largement répandue que les méchants sont heureux sur terre, et que tout leur réussit (le bonheur des méchants, le malheur des justes – l’ensemble des voies de la Providence dans le gouvernement moral)
Les prédicateurs disent: « Les méchants sont heureux dans ce monde; mais ils seront tourmentés dans l'autre: les justes, au contraire, souffrent dans celui-ci; mais ils seront heureux dans l'autre. » Beaucoup de chrétiens considèrent qu’on ne peut pas justifier la Providence dans cette vie.
En réalité, les biens et les maux arrivent de la même manière aux justes et aux méchants, tellement que la juste question devrait être: « Pourquoi, dans l’ordre temporel, les justes ne sont pas exempts des malheurs qui arrivent aux méchants, et pourquoi les méchants ne sont pas privés des bonheurs qui arrivent aux justes? »
Idée: « […] l'homme droit est assez communément averti, par un sentiment intérieur, de la fausseté ou de la vérité de certaines propositions avant tout examen, souvent même sans avoir fait les études nécessaires pour être en état de les examiner avec une parfaite connaissance de cause. »
Il existe une « conscience intellectuelle » qui est, dans l’homme droit dont les intentions sont pures, à peu près infaillible quand il s’agit de « philosophie rationnelle, de morale, de métaphysique et de théologie naturelle ».
La loi juste n’est pas celle qui a des effets sur tous, mais celle qui est faite pour tous.
Il est faux de considérer que l’homme de bien souffre parce qu’il est homme de bien, et que le vicieux est heureux dans son vice. En réalité, les maux de toutes espèces pleuvent sur le genre humain sans choisir.
Le mal est sur terre. Il y est très justement et Dieu ne saurait en être l’auteur.
Saint Thomas a dit: « Dieu est l’auteur du mal qui punit, mais non du mal qui souille. » (Deus est auctor mali quod est poena, non autem mali quod est culpa. (S. Thom. S. Theol. p. 1. Quaest. 49, art. 11.)
Tout comme on ne peut pas dire qu’un homme droit qui punit son fils cesse d’être bon, il ne faut pas dire que Dieu, qui punit les hommes, est moins bon.
Le mal physique n'a pu entrer dans l'univers que par la faute des créatures libres; il ne peut y être que comme remède ou expiation, et par conséquent il ne peut avoir Dieu pour auteur direct.
Etant donné que le monde est gouverné par les lois générales, exiger que le mal soit épargné à l’homme vertueux serait un miracle. De même, attendre que le mal arrive immédiatement au méchant serait un autre miracle. Or, si le miracle arrivait selon les goûts des hommes, les lois générales se trouveraient annulées.
Loi générale: tout homme, en tant qu’homme, est sujet à tous les malheurs de l’humanité.
Le plus grande masse de bonheur, même temporel, appartient non pas à l’homme vertueux, mais à la vertu.
Le crime est puni pour assurer l’ordre de la société humaine. Il y a sur terre un ordre universel et visible pour la punition universelle des crimes.
Quant aux innocents exécutés, il faut supposer que la Providence se sert de ce moyen pour punir un crime inconnu.
« […] je ne puis me refuser au sentiment d'un nouvel apologiste qui a soutenu que toutes les maladies ont leur source dans quelque vice proscrit par l'Évangile; que cette loi sainte contient la véritable médecine du corps autant que celle de l'âme; de manière que, dans une société de justes qui en feraient usage, la mort ne serait plus que l'inévitable terme d'une vieillesse saine et robuste; opinion qui fut, je crois, celle d'Origène. »
L’origine des maladies du corps est l’écart par rapport à la norme établie par la religion. Nulle maladie n’a une cause matérielle.
Beaucoup de sagesse est enfermée dans l’adage: Sustine et abstine! (Souffre et abstiens-toi).
« […] il doit toujours y avoir dans le monde, en vertu de sa constitution actuelle, une conspiration immense pour justifier, pour embellir, j'ai presque dit pour consacrer ce vice […] ».
Sur la Tradition Primordiale: « Les sages de l'antiquité, quoique privés des lumières que nous possédons, étaient cependant plus près de l'origine des choses, et quelques restes des traditions primitives étaient descendus jusqu'à eux; […]. »
Les vices moraux peuvent augmenter le nombre de l'intensité des maladies jusqu'à un point qu'il est impossible d'assigner; et réciproquement, ce hideux empire du mal physique peut être resserré par la vertu, jusqu'à des bornes qu'il est tout aussi impossible de fixer.

Deuxième entretien
La matière existant seule, sans intelligence, est inimaginable.
Sur la nature du mal: « Tout mal étant un châtiment, il s'ensuit que nul mal ne saurait être considéré comme nécessaire, et nul mal n'étant nécessaire, il s'ensuit que tout mal peut être prévenu ou par la suppression du crime qui l'avait rendu nécessaire, ou par la prière qui a la force de prévenir le châtiment ou de le mitiger. L'empire du mal physique pouvant donc encore être restreint indéfiniment par ce moyen surnaturel, vous voyez... »
Nous souffrons peut-être aujourd’hui pour des excès commis il y a plus d’un siècle.
Le pêché originel explique tout, et sans lui rien n’est explicable.
Tout être qui a la faculté de se propager, ne saurait produire qu’un être semblable à lui. Si un être est dégradé, sa postérité ne peut être que dégradée.
Certaines maladies morales, qui vicient l’homme, deviennent un pêché originel de second ordre.
Sur Jean-Jacques Rousseau: « […] l'un des plus dangereux sophistes de son siècle, et cependant le plus dépourvu de véritable science, de sagacité et surtout de profondeur, avec une profondeur apparente qui est toute dans les mots […] ».
Le sauvage n’est pas l’homme primitif, mais l’homme détaché de l’arbre de la civilisation par une prévarication quelconque.
Toute dégradation individuelle ou nationale est annoncée par une dégradation proportionnelle dans le langage.
« Il y a donc une maladie originelle comme il y a un péché originel, c'est-à-dire qu'en vertu de cette dégradation primitive, nous sommes sujets à toutes sortes de souffrances physiques en général; comme en vertu de cette même dégradation nous sommes sujets à toutes sortes de vices en général. Cette maladie originelle n'a donc point d'autre nom. Elle n'est que la capacité de souffrir tous les maux, comme le péché originel (abstraction faite de l'imputation) n'est que la capacité de commettre tous les crimes, ce qui achève le parallèle. »
L'innocent, lorsqu'il souffre, ne souffre jamais qu'en sa qualité d'homme; et l'immense majorité des maux tombe sur le crime.
Les langues des sauvages sont des restes, et non pas des rudiments de langues.
Si l’homme est sujet à l’ignorance et au mal, ce n’est pas à cause de son essence, mais à cause d’un crime qui l’a dégradée.
De tous les êtres, l’homme seul a le sentiment de sa dégradation, ce qui constitue sa grandeur. A cause de la souillure, l’homme entier n’est qu’une maladie.
La volonté de l’homme déchu est brisée.
Il n’y a rien de si attesté, de si universellement formulé, que la théorie du pêché originel. Elle se trouve, par exemple, chez Socrates, Cicéron…
Les châtiments sont proportionnels aux crimes, et les crimes sont proportionnels aux connaissances. Ainsi, le déluge biblique suppose des crimes inouis, mais aussi des connaissances qui dépassent les nôtres.
Notre temps est celui qui voit difficilement les causes à partir des effets, celui qui se préoccupe uniquement des effets et néglige les causes. Les temps d’auparavant étaient ceux des effets qui se voyaient dans les causes. « Si l'homme pouvait connaître la cause d'un seul phénomène physique, il comprendrait probablement tous les autres. »
Toutes les traditions, toutes les révélations, sont d’accord sur la nature merveilleuse de l’homme primordial. La seule discordance est l’opinion des modernes.
« Non seulement donc les hommes ont commencé par la science, mais par une science différente de la nôtre, et supérieure à la nôtre; parce qu'elle commençait plus haut, ce qui la rendait même très dangereuse; et ceci vous explique pourquoi la science dans son principe fut toujours mystérieuse et renfermée dans les temples, où elle s'éteignit enfin, lorsque cette flamme ne pouvait plus servir qu'à brûler. »
Sur la science moderne: « Quoi qu'il en soit, observez, je vous prie, qu'il est impossible de songer à la science moderne sans la voir constamment environnée de toutes les machines de l'esprit et de toutes les méthodes de l'art. Sous l'habit étriqué du nord, la tête perdue dans les volutes d'une chevelure menteuse, les bras chargés de livres et d'instruments de toute espèce, pâle de veilles et de travaux, elle se traîne souillée d'encre et toute pantelante sur la route de la vérité, baissant toujours vers la terre son front sillonné d'algèbre. Rien de semblable dans la haute antiquité. Autant qu'il nous est possible d'apercevoir la science des temps primitifs à une si énorme distance, on la voit toujours libre et isolée, volant plus qu'elle ne marche, et présentant dans toute sa personne quelque chose d'aérien et de surnaturel. Elle livre aux vents des cheveux qui s'échappent d'une mitre orientale; l'éphod couvre son sein soulevé par l'inspiration; elle ne regarde que le ciel; et son pied dédaigneux semble ne toucher la terre que pour la quitter. Cependant, quoiqu'elle n'ait jamais rien demandé à personne et qu'on ne lui connaisse aucun appui humain, il n'est pas moins prouvé qu'elle a possédé les plus rares connaissances: c'est une grande preuve, si vous y songez bien, que la science antique avait été dispensée du travail imposé à la nôtre, et que tous les calculs que nous établissons sur l'expérience moderne sont ce qu'il est possible d'imaginer de plus faux. »
L’état primitif, naturel, est celui de la civilisation et de la science, et non pas celui de la barbarie. Ce que Rousseau et ses semblables appelent « état de nature » n’est qu’un abrutissement.
Sur la nature des sauvages: « Il est voleur, il est cruel, il est dissolu, mais il l'est autrement que nous. Pour être criminels, nous surmontons notre nature: le sauvage la suit, il a l'appétit du crime, il n'en a point les remords. »
Nulle langue n'a pu être inventée, ni par un homme qui n'aurait pu se faire obéir, ni par plusieurs qui n'auraient pu s'entendre. Il faut convenir que l’homme avait parlé d’abord, parce qu’on lui avait parlé.
D'où vient qu'on trouve dans les langues primitives de tous les anciens peuples des mots qui supposent nécessairement des connaissances étrangères à ces peuples? Il est à constater un prodigieux talent des peuples enfants de former des mots, et une incapacité manifeste des philosophes modernes dans la même direction. Il n’y a qu’une seule réponse: ce que nous savons sont des débris d’une langue ancienne, détruite ou oubliée.
L’époque de la « civilisation » et de la « philosophie » est celle de la stérilité linguistique. On ne crée plus de mots, on emprunte.
« […] c'est qu'à mesure qu'on s'élève vers ces temps d'ignorance et de barbarie qui virent la naissance des langues, vous trouverez toujours plus de logique et de profondeur dans la formation des mots, et que ce talent disparaît par une gradation contraire, à mesure qu'un descend vers les époques de civilisation et de science. »
Les langues ont sans doute commencé quelque part, mais la parole jamais, et pas même avec l’homme.
Sur la formation des langues: « Lorsqu'une nouvelle langue se forme, elle naît au milieu d'une société qui est en pleine possession du langage; et l'action, ou le principe qui préside à cette formation, ne peuvent inventer arbitrairement aucun mot; il emploie ceux qu'il trouve autour de lui ou qu'il appelle de plus loin; il s'en nourrit, il les triture, il les digère; il ne les adopte jamais sans les modifier plus ou moins. On a beaucoup parlé de signes arbitraires dans un siècle où l'on s'est passionné pour toute expression grossière qui excluait l'ordre et l'intelligence; mais il n'y a point de signes arbitraires, tout mot a sa raison. »
Actuellement, les langues ne se forment que d’autres langues, qu’elles tuent pour se nourrir. La formation des mots les plus significatifs, les plus philosophies, appartient aux époques de simplicité.
La parole est éternelle, tandis que toute langue est aussi ancienne que le peuple qui la parle.
La question de l’origine de la parole est la même que celle de l’origine des idées.
Là où la raison s’egarre, il faut user de l’autorité des maîtres. De Maistre donne pour exemple: Pythagore, Platon, Cicéron, Origène, saint Augustin, Descartes, Cudworth, Lami, Polignac, Pascal, Nicole, Bossuet, Fénélon, Leibnitz, Malebranche.
Parmi les maîtres de la bêtise, Joseph de Maistre cite: Rousseau, Locke, Condillac. Leur renommée factice a été créé comme une boîte ou un soulier.
Le double caractère du philosophisme moderne est celui de l’ignorance et de l’effronterie. De Maistre fait cette observation à propos de l’essai de mettre à l’origine du matérialisme les œuvres d’Aristote et d’Hippocrate.
Selon Saint Thomas, le sens ne connaît que l’individu, l’intelligence seule peut s’élever à l’universel. Ainsi, il ne suffit pas de voir un triangle, l’intelligence doit fournir l’idée de triangularité. Les sens ignorent toute idée spirituelle, ils s’ignorent même eux-mêmes, la vue n’étant pas capable de voir qu’elle voit.
Saint Thomas a donné une définition de la vérité: « La vérité est une équation entre l’affirmation et son objet. »
Contrairement à ce qu’affirment les philosophes modernes, les idées universelles sont innées en nous. Demander l’origine des idées, c’est demander l’origine de l’origine.
Avertissement quant aux philosophes modernes: « […] toutes les fois que vous voyez un philosophe du dernier siècle s'incliner respectueusement devant quelque problème, nous dire que la question passe les forces de l'esprit humain; qu'il n'entreprendra point de la résoudre, etc., tenez pour sûr qu'il redoute au contraire le problème comme trop clair, et qu'il se hâte de passer à côté pour conserver le droit de troubler l'eau. »
Peut-on concevoir la pensée comme accident d’une substance qui ne pense pas? C’est une hypothèse tout à fait aérienne.
La question de l’origine des idées est la même que celle de l’origine de la parole. L’idée et la parole sont synonymes.

Troisième entretien
Lorsque les disciples de l'Homme-Dieu lui demandèrent si l'aveugle-né qui se trouvait sur son chemin était dans cet état pour ses propres crimes ou pour ceux de ses parents, le divin Maître leur répondit: Ce n'est pas qu'il ait péché ni ceux qui l'ont mis au monde (c'est-à-dire, ce n'est pas que ses parents ou lui aient commis quelque crime, dont son état soit la suite immédiate); mais c'est afin que la puissance de Dieu éclate en lui. Le P. de Ligni a vu dans cette réponse une preuve que toutes les maladies ne sont pas la suite d'une crime.
Il faut observer que les disciples de Jésus-Christ considéraient que les maladies sont les réponses divines à un pêché, soit commis par le malade, soit par son ascendance.
Dans l’état actuel de dégénérescence spirituelle, tout homme est soumis aux maux qui affectent les hommes, parce qu’il est homme. La régénération spirituelle d’un individu ne peut avoir aucune influence sur cette loi.
On a l’impression que dans la plupart des affaires le vice a un avantage sur la vertu.
Sur le rôle de la mère dans l’éducation des enfants: « C'est à notre sexe sans doute qu'il appartient de former des géomètres, des tacticiens, des chimistes, etc.; mais ce qu'on appelle l'homme, c'est-à-dire l'homme moral, est peut-être formé à dix ans; et s'il ne l'a pas été sur les genoux de sa mère, ce sera toujours un grand malheur. Rien ne peut remplacer cette éducation. Si la mère surtout s'est fait un devoir d'imprimer profondément sur le front de son fils le caractère divin, on peut être à peu près sûr que la main du vice ne l'effacera jamais. Le jeune homme pourra s'écarter sans doute; mais il décrira, si vous voulez me permettre cette expression, une courbe rentrante qui le ramènera au point dont il était parti. »
Tout vérité a besoin de préparation. Généralement, les hommes n’acceptent pas ce qui les dépasse, même si c’est vrai.
Jamais la vertu ne trouve nécessaire de se plaindre d’elle-même. C’est l’orgueil révolté, l’ambition, l’impiété, qui se plaignent des désavantages temporels de la vertu.
Sur la raison et ses limites: « J'accorde à la raison tout ce que je lui dois. L'homme ne l'a reçue que pour s'en servir; et nous avons assez bien prouvé, je pense, qu'elle n'est pas fort embarrassée par les difficultés qu'on lui oppose contre la Providence. Toutefois ne comptons point exclusivement sur une lumière trop sujette à se trouver éclipsée par ces ténèbres du coeur, toujours prêtes à s'élever entre la vérité et nous. Entrons dans le sanctuaire! c'est là que tous les scrupules, que tous les scandales s'évanouissent. Le doute ressemble à ces mouches importunes qu'on chasse, et qui reviennent toujours. Il s'envole sans doute au premier geste de la raison; mais la Religion le tue, et franchement c'est un peu mieux. »
Selon Leibnitz, les châtiments de l’autre vie sont démontrés par cela qu'il a plu au souverain Maître de toutes choses de laisser dans cette vie la plupart des crimes impunis et la plupart des vertus sans récompense.
Quand même, il ne faut pas oublier que le pêcheur est son propre bourreau, un cœur coupable prenant contre lui-même le parti de la justice divine.
« Il me semble que l'existence et la marche des gouvernements ne peuvent s'expliquer par des moyens humains, pas plus que le mouvement des corps par des moyens mécaniques. »
Nous parlons des succès du vice, et nous ne savons pas ce que c'est qu'un succès. Ce qui nous paraît un bonheur, est souvent une punition terrible.
Il n’y a pas d’erreur plus commune que celle de prendre une bénédiction pour une disgrâce.
Dire que le crime est heureux dans ce monde, et l'innocence malheureuse, c'est une véritable contradiction dans les termes; c'est dire précisément que la pauvreté est riche et l'opulence pauvre.
Le raisonnement des modernes a bani la raison.
Ceux qui plaignent les maux qui frappent le juste veulent ilogiquement que celui-ci soit invulnérable à tous les coups du sort.
D’autre part, qui peut prétendre être innocent? Qui peut prétendre posséder l’innocence?
Si nous otons de nos « vertus » ce que nous devons au tempérament, à l’honneur, à l’impuissance, aux circonstances – que ne reste-t-il?
Sur la différence de mesure entre la justice divine et la justice humaine: « S'il y a des vérités certaines pour nous, c'est que l'homme n'a aucun moyen de juger les coeurs; que la conscience dont nous sommes portés à juger le plus favorablement, peut être horriblement souillée aux yeux de Dieu; qu'il n'y a point d'homme innocent dans ce monde; que tout mal est une peine, et que le juge qui nous y condamne est infiniment juste et bon: c'est assez, ce me semble, pour que nous apprenions au moins à nous taire. »
La chose étrange c’est que toujours le crime se plaint des souffrances de la vertu, jamais la vertu ne se plaint elle-même. Plongé dans les délices et regorgeant des seuls biens qu’il estime, le crime ose quereller la Providence lorsqu’elle refuse ces mêmes biens à la vertu.

Quatrième entretien
Tout mal étant un châtiment, il s’ensuit qu’aucun mal n’est nécessaire. Tout mal étant la punition d’un crime, il peut être évité, tout comme le crime peut être évité.
La philosophie nous avertit qu’il faut se garder de faire Dieu semblable à nous. Quant à la religion, elle nous exhorte de devenir semblables à Dieu. « […] la moindre ressemblance avec le souverain Etre est un titre de gloire qu'aucun esprit ne peut concevoir. »
Sur la prière: « N'ayons […] aucune répugnance à croire et à dire qu'on prie Dieu, comme on prie un souverain, et que la prière a, dans l'ordre supérieur comme dans l'autre, le pouvoir d'obtenir des grâces et de prévenir des maux: ce qui peut encore resserrer l'empire du mal jusqu'à des bornes également inassignables. »
Sur Voltaire, de Maistre dit qu’il faut refuser les honneurs du génie à celui qui abuse de ses dons. Voltaire avait prononcé contre lui-même un arrêt terrible: « Un esprit corrompu ne fut jamais sublime. »
Dès que Voltaire parle en son nom, il n’est que joli. Il est charmant – et cela est une critique!
Sur l’art de Voltaire: « Il est nul dans l'ode: et qui pourrait s'en étonner? l'impiété réfléchie avait tué chez lui la flamme divine de l'enthousiasme. Il est encore nul et même jusqu'au ridicule dans le drame lyrique, son oreille ayant été absolument fermée aux beautés harmoniques comme ses yeux l'étaient à celles de l'art. Dans les genres qui paraissent les plus analogues à son talent naturel, il se traîne: il est médiocre, froid, et souvent (qui le croirait?) lourd et grossier dans la comédie; car le méchant n'est jamais comique. Par la même raison, il n'a pas su faire une épigramme, la moindre gorgée de son fiel ne pouvant couvrir moins de cent vers. S'il essaie la satire, il glisse dans le libelle; il est insupportable dans l'histoire, en dépit de son art, de son élégance et des grâces de son style; aucune qualité ne pouvant remplacer celles qui lui manquent et qui sont la vie de l'histoire, la gravité, la bonne foi et la dignité. Quant à son poème épique, je n'ai pas droit d'en parler: car pour juger un livre, il faut l'avoir lu, et pour le lire il faut être éveillé. Une monotonie assoupissante plane sur la plupart de ses écrits, qui n'ont que deux sujets, la bible et ses ennemis: il blasphème ou il insulte. Sa plaisanterie si vantée est cependant loin d'être irréprochable: le rire qu'elle excite n'est pas légitime; c'est une grimace. »
Tentation perfide: celle de croire aux lois invariables de la nature. Celui qui succombe à cette tentation séduisante perd sa vie spirituelle (ne prie plus).
La prière est la seule possibilité d’écarter les possibilités funestes.
Aucune objection ne peut être admise contre la vérité, autrement la vérité ne serait plus elle.
Formule: « toutes les fois qu'une proposition sera prouvée par le genre de preuve qui lui appartient, l'objection quelconque, même insoluble, ne doit plus être écoutée. »
Question: pourquoi les enfants qui n'ont pu encore ni mériter ni démériter, sont sujets dans tout l'univers aux mêmes maux qui peuvent affliger les hommes faits?
Question: en vertu de quelle cause il est devenu nécessaire qu'une foule d'enfants meurent avant de naître; que la moitié franche de ceux qui naissent, meurent avant l'âge de deux ans; et que d'autres encore en très grand nombre, meurent avant l'âge de raison?
« La toute-puissante sagesse qui règle tout, a des moyens si nombreux, si diversifiés, si admirables, que la partie accessible à nos regards devrait bien nous apprendre à révérer l'autre. »
Adage: « L’orgueil est le commencement de tous nos crimes. » Et de toutes nos erreurs!
Tout fléau du ciel est un châtiment.
Les soi-disantes lois éternelles et immuables tendent à l’extinction de toute moralité et à l’abrutissement de l’espèce humaine.
L’innocence peut prévenir le mal, la prière peut l’écarter.

Cinquième entretien
Sur les idées innées: « Nul être vivant ne peut avoir d'autres connaissances que celles qui constituent son essence, et qui sont exclusivement relatives à la place qu'il occupe dans l'univers; et c'est à mon avis une des nombreuses et invincibles preuves des idées innées: car s'il n'y avait pas des idées de ce genre pour tout être qui connaît, chacun d'eux, tenant ses idées des chances de l'expérience, pourrait sortir de son cercle, et troubler l'univers; or, c'est ce qui n'arrivera jamais. »
Un animal qui voit tous les signes des idées de justice, de crime, de punition, ne saisit jamais les idées pures, parce que celles-ci ne sont pas pour lui.
Mais, si les idées sont innées, pourquoi l’expérience est nécessaire?
« J'ai lu des millions de plaisanteries sur l'ignorance des anciens qui voyaient des esprits partout: il me semble que nous sommes beaucoup plus sots, nous qui n'en voyons nulle part. »
En réalité, il n’y a pas à proprement parler de « cause matérielle », parce que « cause » et « matière » s’excluent réciproquement. La matière n'a d'action que par le mouvement: or, tout mouvement étant un effet, il s'ensuit qu'une cause physique, si l'on veut s'exprimer exactement, est un NON-SENS et même une contradiction dans les termes.
Le mouvement suppose une cause qui n’est pas matérielle. La matière elle-même ne peut rien, elle n’est que la preuve de l’esprit.
Il faut être aveugle pour chercher des causes dans la nature, tandis que la nature n’est qu’un effet. Dans les sciences naturelles, on découvre toujours des faits, mais jamais des causes.
Les objets matériels ne sont rien de ce que nous voyons, mais ils sont réels par rapport à nous.
Une matière pourvue de qualités est une contradiction dans les termes, car la matière est par définitie inerte, donc sans qualités.
« On ne cesse de parler de la grossièreté de nos aïeux: il n'y a rien de si grossier que la philosophie de notre siècle; le bon sens du douzième s'en serait justement moqué. »
Les anciens nous surpassaient certainement en force d'esprit: ce point est prouvé par la supériorité de leurs langues. Au contraire, leur physique est à peu près nulle; car, non seulement ils n'attachaient aucun prix aux expériences physiques, mais ils les méprisaient, et même ils y attachaient je ne sais quelle légère idée d'impiété.
Sur Bacon: « […] Bacon avait le fantaisie d'injurier les connaissances de son siècles, sans avoir jamais pu se les approprier; et rien n'est plus curieux dans l'histoire de l'esprit humain que l'imperturbable obstination avec laquelle cet homme célèbre ne cessa de nier l'existence de la lumière qui étincelait autour de lui, parce que ses yeux n'étaient pas conformés de la manière à la recevoir; car jamais homme ne fut plus étranger aux sciences naturelles et aux lois du monde. »
Plein d'une rancune machinale contre toutes les idées spirituelles, Bacon a attaché de toutes ses forces l'attention générale sur les sciences matérielles, de manière à dégoûter l'homme de tout le reste.
Bacon détestait Platon, auquel il préférait Démocrite. Cette erreur a été reprise par la modernité.
Sur Démocrite: « […] la philosophie corpusculaire, effort désespéré du matérialisme poussé à bout, qui, sentant que la matière lui échappe et n'explique rien, se plonge dans les infiniment petits; cherchant, pour ainsi dire, la matière dans la matière, et toujours content au milieu même des absurdités, partout où il ne trouve pas l'intelligence. »
Bacon a engagé les hommes à chercher la cause des phénomènes naturels dans la configuration des atomes ou des molécules constituantes, ce qui est l’idée la plus fausse et la plus grossière qui ait jamais souillé l'entendement humain.
La prière est une cause seconde, et il est impossible de faire contre elle une seule objection.
Dieu est le moteur universel, mais chaque être est mu selon la nature qu’il en a reçu. « Il [Dieu] meut les anges, les hommes, les animaux, la matière brute, tous les êtres enfin; mais chacun suivant sa nature; et l'homme ayant été créé libre, il est mu librement. Cette loi est véritablement la loi éternelle, et c'est à elle qu'il faut croire. »
Il existe un accord de l'action divine avec notre liberté et les événements qui en dépendent.
Aucune force ne peut être agrandie infiniment; chaque avantage attire des désavantages, et la perfection d’une qualité a pour conséquence l’affaiblissement d’une autre.
Le but favori de la philosophie du XVIIe siècle a été de détacher l’homme de Dieu. Elle était théophobique. Sa dogme: nul événement physique ne peut avoir de cause superieure relative à l’homme.

Sixième entretien
Fénélon: « Si Dieu vous ennuie, dites-lui qu'il vous ennuie; que vous préférez à sa présence les plus vils amusements; que vous n'êtes à l'aise que loin de lui; dites-lui: « Voyez ma misère et mon ingratitude. O Dieu! prenez mon coeur, puisque je ne sais pas vous le donner; ayez pitié de moi malgré moi-même. »
Le désir n’est pas la même chose que la volonté. Ainsi, l’homme peut prier contre le désir, parce que la prière est un acte de volonté.
Le fonds de la prière est la foi.
Il ne peut y avoir de prière efficace sans pureté.
« Si la crainte seule de mal prier, peut empêcher de prier, que penser de ceux qui ne savent pas prier, qui se souviennent à peine d'avoir prié, qui ne croient pas même à l'efficacité de la prière? Plus vous examinerez la chose, et plus vous serez convaincu qu'il n'y a rien de si difficile que d'émettre une véritable prière. »
Il n’y a pas de composition plus difficile que celle d’une véritable prière écrite, qui doit être l’expression fidèle de la prière intérieure.
Platon a dit que l’homme réduit à lui-même ne sait pas prier.
Puisque rien n’est plus difficile que de prier, c’est le comble de l’aveuglement et de la témérité de dire qu’on a prié et qu’on n’a pas été exaucé. Au lieu de se plaindre de ne pas être exaucé, il faut trembler d’avoir mal demandé, ou d’avoir demandé le mal.
Nul homme ne peut savoir, même lorsqu'il prie parfaitement, s'il ne demande pas une chose nuisible à lui ou à l'ordre général.
Toute prière véritable est efficace de quelque manière.
Critique de l’Essai sur l’entendement humain, de Locke.
En affirmant que la liberté est le pouvoir de faire ou de ne pas faire une chose, Locke a commis une erreur similaire à l’affirmation que la sensation a le pouvoir de sentir. En réalité, le sage seul est libre, comme disaient les stoïciens, parce que là où se trouve l’esprit de Dieu, là est aussi la liberté.
L’orgueil et l’engagement étaient plus fort chez Locke que la conscience.
Locke fait partie de la famille des penseurs qui ont beaucoup regardé, mais peu vu.
Il est intéressant de constanter que pour Locke, comme pour Descartes, la vue était le plus instructif des sens. Ce qui contredit l’acception traditionnelle, qui fait de l’« entendement » le résultat de l’ouïe.
« Tous les écrivains qui se sont exercés contre les idées innées se sont trouvés conduits par la seule force de la vérité à faire des aveux plus ou moins favorables à ce système. »
Sur Hume: « le plus dangereux peut-être et le plus coupable de ces funestes écrivains qui ne cesseront d'accuser le dernier siècle auprès de la postérité, celui qui a employé le plus de talent avec le plus de sang-froid pour faire le plus de mal ».
Locke évoque toutes sortes d’histoires à faire vomir pour prouver qu’il n’y a pas de morale innée. Il serait la même chose s’il citait une nosologie pour prouver qu’il n’y a pas de santé.
« Toute doctrine rationnelle est fondée sur une connaissance antécédente, car l'homme ne peut rien apprendre que parce qu'il sait. Le syllogisme et l'induction partant donc toujours de principes posés comme déjà connus, il faut avouer qu'avant de parvenir à une vérité particulière nous la connaissons déjà en partie. »
L'essence des principes est qu'ils soient antérieurs, évidents, non dérivés, indémontrables, et causes par rapport à la conclusion, autrement ils auraient besoin eux-mêmes d'être démontrés; c'est-à-dire qu'ils cesseraient d'être principes.
Sur le postulat qui valide toute connaissance, tout en lui servant d’appui: « Toutes les sciences communiquent ensemble par ces principes communs; et prenez bien garde, je vous en prie, que, par ce mot commun, j'entends exprimer non ce que ces différentes sciences démontrent, mais ce dont elles se servent pour démontrer; c'est-à-dire l'universel, qui est la racine de toute démonstration, qui préexiste à toute impression ou opération sensible, et qui est si peu le résultat de l'expérience que, sans lui, l'expérience sera toujours solitaire, et pourra se répéter à l'infini, en laissant toujours un abîme entre elle et l'universel. »
La vérité est une équation entre la pensée de l’homme et l’objet connu.
Tout idée étant innée par rapport à l’universel dont elle tient la forme, elle est totalement étrangère aux sens par l’acte intellectuel qui l’affirme.
Il y a dans l’homme un principe immatiériel dans lequel réside la science.
Comment combattre un mauvais livre: « Quand un mauvais livre s'est une fois emparé des esprits, il n'y a plus, pour les désabuser, d'autre moyen que celui de montrer l'esprit général qui l'a dicté; d'en classer les défauts, d'indiquer seulement les plus saillants et de s'en fier du reste à la conscience de chaque lecteur. »
Le moteur des écrits de Locke est le désir de tout contredire, surtout l’autorité des idées reçues. Le niveau de ces écrits est médiocre.
Ce que Sénéque a dit des hommes, peut être dit des livres: certains ont la gloire, d’autres la méritent!
Sur le succès des livres: « […] la réputation des livres, si l'on excepte peut-être ceux des mathématiciens, dépend bien moins de leur mérite intrinsèque que des circonstances étrangères à la tête desquelles je place, comme je viens de vous le dire, la puissance de la nation qui a produit l'auteur. […] Tant qu'un livre n'est pas, s'il est permis de s'exprimer ainsi, poussé par une nation influente, il n'obtiendra jamais qu'un succès médiocre; je pourrais vous en citer cent exemples. »
Comment juger les livres: « Il y a une règle sûre pour juger les livres comme les hommes, même sans les connaître: il suffit de savoir par qui ils sont aimés, et par qui ils sont haïs. Cette règle ne trompe jamais […]. »
Pour les livres, tout comme pour les hommes, certaines fortunes sont des malédictions, qui n’ont rien en commun avec les chances. Le succès seul ne prouve rien.
Comment se fait la réputation des livres: « Défiez-vous surtout d'un préjugé très commun, très naturel et cependant tout à fait faux: celui de croire que la grande réputation d'un livre suppose une connaissance très répandue et très raisonnée du même livre. Il n'en est rien, je vous l'assure. L'immense majorité ne jugeant et ne pouvant juger que sur parole, un assez petit nombre d'hommes fixent d'abord l'opinion. Ils meurent et cette opinion leur survit. De nouveaux livres qui arrivent ne laissent plus le temps de lire les autres; et bientôt ceux-ci ne sont jugés que sur une réputation vague, fondée sur quelques caractères généraux, ou sur quelques analogies superficielles et quelquefois même parfaitement fausses. »
Sur l’affirmation de Locke que les prêtres auraient inventé la religion: « Il faut être possédé de la maladie du XVIIIe siècle, fils du XVIe, pour attribuer au sacerdoce l'invention d'un système, malheureusement peut-être aussi rare, mais certainement aussi ancien que le bon sens. »

Septième entretien
L'homme étant donné avec sa raison, ses sentiments et ses affections, il n'y a pas moyen d'expliquer comment la guerre est possible humainement.
« Toutes les fois qu'un homme, qui n'est pas absolument un sot, vous présente une question comme très problématique après y avoir suffisamment songé, défiez-vous de ces solutions subites qui s'offrent à l'esprit de celui qui s'en est ou légèrement, ou point du tout occupé: ce sont ordinairement de simples aperçus sans consistance, qui n'expliquent rien et ne tiennent pas devant la réflexion. »
« Il y a cependant dans l'homme, malgré son immense dégradation, un élément d'amour qui le porte vers ses semblables: la compassion lui est aussi naturelle que la respiration. Par quelle magie inconcevable est-il toujours prêt, au premier coup de tambour, à se dépouiller de ce caractère sacré pour s'en aller sans résistance, souvent même avec une certaine allégresse, qui a aussi son caractère particulier, mettre en pièces, sur le champ de bataille, son frère qui ne l'a jamais offensé, et qui s'avance de son côté pour lui faire subir le même sort, s'il le peut? »
On dit que la gloire explique la guerre, mais la gloire n’est réservée qu’aux chefs, pas aux soldats.
Vision sur la guerre: « J'imagine qu'une intelligence, étrangère à notre globe, y vient pour quelque raison suffisante et s'entretient avec quelqu'un de nous sur l'ordre qui règne dans ce monde. Parmi les choses curieuses qu'on lui raconte, on lui dit que la corruption et les vices dont on l'a parfaitement instruite, exigent que l'homme, dans de certaines circonstances, meure par la main de l'homme; que ce droit de tuer sans crime n'est confié, parmi nous, qu'au bourreau et au soldat. « L'un, ajoutera-t-on, donne la mort aux coupables, convaincus et condamnés; et ses exécutions sont heureusement si rares, qu'un de ces ministres de la mort suffit dans une province. Quant aux soldats, il n'y en a jamais assez: car ils doivent tuer sans mesure, et toujours d'honnêtes gens. De ces deux tueurs de profession, le soldat et l'exécuteur, l'un est fort honoré, et l'a toujours été parmi toutes les nations qui ont habité jusqu'à présent ce globe où vous êtes arrivé; l'autre, au contraire, est tout aussi généralement déclaré infâme; devinez, je vous prie, sur qui tombe l'anathème? »
Phénomène: le métier de la guerre ne tend nullement à dégrader, a rendre féroce ou dur celui qui l’exerce, au contraire, il tend à le perfectionner.
Il existe un côté divin dans la guerre, qui fait que celle-ci ne soit qu’un des chapitres des lois qui pèsent sur l’univers.
Le principe de la vie est mis à découvert par des moyens violents.
Les guerres sont envoyées par Ciel pour que les hommes expient leurs crimes. La guerre est divine en elle-même, parce qu’elle est une loi du monde.
« Il y a des guerres qui avilissent les nations, et les avilissent pour des siècles; d'autres les exaltent, les perfectionnent de toutes manières, et remplacent même bientôt, ce qui est fort extraordinaire, les pertes momentanées, par un surcroît visible de population. »
La guerre est divine par l’indéfinissable force qui en détermine les succès.
« C'est l'opinion qui perd les batailles, et c'est l'opinion qui les gagne. »
Une bataille perdue est une bataille qu’on croit avoir perdu. L'opinion est si puissante à la guerre qu'il dépend d'elle de changer la nature d'un même événement, et de lui donner deux noms différents, sans autre raison que son bon plaisir.
C’est l’imagination qui perd les batailles.
Les batailles ne se gagnent ni ne se perdent point physiquement. La puissance morale est une action immense à la guerre. La puissance du nombre peut être produite, excitée, affaiblie ou annulée par une foule de circonstances qui ne dépendent pas de nous
Sur Te Deum: « [...] ce cantique inimitable, conservé, [...] ne présente pas la plus légère trace du travail et de la méditation, n'est point une composition: c'est une effusion; c'est une poésie brûlante, affranchie de tout mètre; c'est un dithyrambe divin où l'enthousiasme, volant de ses propres ailes, méprise toutes les ressources de l'art. Je doute que la foi, l'amour, la reconnaissance, aient parlé jamais de langage plus vrai et plus pénétrant. »
La prière de chaque nation est une espèce d’indicateur qui nous montre avec une précision mathématique la position morale de cette nation.
« [...] la liaison des idées presque invisible chez les Orientaux, dont le génie bondissant n'entend rien aux nuances européennes [...] »
Sur les Psaumes: « Les Psaumes sont une véritable préparation évangélique; car nulle part l'esprit de la prière, qui est celui de Dieu, n'est plus visible, et de toutes parts on y lit les promesses de tout ce que nous possédons. Le premier caractère de ces hymnes, c'est qu'elles prient toujours. »
Analyse des Psaumes.
Sur la théorie des idées innées: « [...] quoiqu'il y ait des notions originelles communes à tous les hommes, sans lesquels ils ne seraient pas hommes, et qui sont en conséquence accessibles, ou plutôt naturelles, à tous les esprits, il s'en faut néanmoins qu'elles le soient toutes au même point. Il en est au contraire qui sont plus ou moins assoupies, et d'autres plus ou moins dominantes dans chaque esprit; et celles-ci forment ce qu'on appelle le caractère ou le talent [...] »
Chaque lecteur reçoit par la lecture exactement ce qui convient à son temperament intellectuel, et laisse échapper le reste.
Le XVIIIe siècle a demandé à quoi servent les gens qui prient?
Le temps du sommeil est favorable aux communications divines.
Les formes éternelles d'une religion positive se retrouveront partout: « Les voyageurs modernes ont trouvé en Amérique les vestales, le feu nouveau, la circoncision, le baptême, la confession, et enfin la présence réelle sous les espèces du pain et du vin. »

Huitième entretien
« Les hommes ne peuvent être réunis pour un but quelconque sans une loi ou une règle qui les prive de leur volonté: il faut être religieux ou soldat. »
Toutes les vérités ne peuvent pas se tenir debout toutes seules. Elles s’appuient sur d’autres vérités, d’où la maxime: Pour savoir bien une chose, il faut savoir mille autres.
Nul homme n’est puni comme juste, mais comme homme. Le plus grand bonheur n’est pas promis à l’homme vertueux, mais à la vertu.
Un homme qui a éprouvé l’infortune sait ce qu’il vaut. « Les souffrances sont pour l'homme vertueux ce que les combats sont pour le militaire: elles le perfectionnent et accumulent ses mérites. »
Le purgatoire est le dogme du bon sens, parce que tout doit être expié dans ce monde ou dans l’autre.
Un des grands motifs de la brouillerie du XVIIIe siècle fut précisément le purgatoire.
« Le juste, en souffrant volontairement, ne satisfait pas seulement pour lui, mais pour le coupable par voie de réversibilité. »
Les athées disent: Dieu est injuste (parce qu’il laisse impunie l’injustice), donc Dieu n’existe pas. Ainsi, pour les athées l’existence du mal est une preuve contre l’existence de Dieu. Ce raisonnement suppose donc que Dieu est justice par essence, et c’est bizarre que quelqu’un qui nie l’existence de Dieu connaît un de ses traits.
L'homme ne peut concevoir que ce qui est; ainsi, l'athée, pour nier Dieu, le suppose.
Le nombre est la barrière évidente entre la brute et nous dans l'ordre immatériel, comme dans l'ordre physique l'usage du feu nous distingue d'elle d'une manière tranchante et ineffaçable.
Le miroir de l’intelligence c’est le nombre. De là vient notre goût pour la symétrie, qui est le signe de l’ordre.
Ceux qui parlent de désordre dans l’univers sont obligés de faire appel à l’ordre antérieur.
La philosophie du XVIIe siècle est entièrement athéistique.
Une loi humaine est injuste lorsqu’elle viole une loi de Dieu. Une injustice de Dieu envers l’homme est un non-sens, parce qu’il n’y a pas de législateur au-dessus Dieu.
« Plus Dieu nous semblera terrible, plus nous devrons redoubler de crainte religieuse envers lui, plus nos prières devront être ardentes et infatigables: car rien ne nous dit que sa bonté y suppléera. La preuve de l'existence de Dieu précédant celle de ses attributs, nous savons qu'il est avant de savoir ce qu'il est; même nous ne saurons jamais pleinement ce qu'il est. Nous voici donc placés dans un empire dont le souverain a publié une fois pour toutes les lois qui régissent tout. Ces lois sont, en général, marquées au coin d'une sagesse et même d'une bonté frappante: quelques-unes néanmoins (je le suppose dans ce moment) paraissent dures, injustes même si l'on veut: là-dessus, je le demande à tous les mécontents, que faut-il faire? sortir de l'empire, peut-être? impossible: il est partout, et rien n'est hors de lui. Se plaindre, se dépiter, écrire contre le souverain? c'est pour être fustigé ou mis à mort. Il n'y a pas de meilleur parti à prendre que celui de la résignation et du respect, je dirai même de l'amour; car, puisque nous partons de la supposition que le maître existe, et qu'il faut absolument servir, ne vaut-il pas mieux (quel qu'il soit) le servir par amour que sans amour? »
« [...] s'il y a une chose sûre dans le monde, c'est, à mon avis, que ce n'est point à la science qu'il appartient de conduire les hommes. »

Neuvième entretien
Le peuple le mieux constitué est celui qui a le moins écrit de lois constitutionnelles. Toute constitution écrite est nulle.
Le dogme du sacrifice d’un être pour le bonheur de plusieurs, ou pour l’expiation des pêchés, est sans doute d’origine surnaturelle. Elle se retrouve dans toutes les religions, chez tous les peuples.
Le Christianisme repose sur le dogme de l’innocence payant pour le crime.
La philosophie moderne nous dit que tout est bien, tandis que le mal a tout souillé. En réalité, tout est mal, parce que rien n’est à sa place.
« Lorsque l'homme le plus habile n'a pas le sens religieux, non seulement nous ne pouvons pas le vaincre, mais nous n'avons même aucun moyen de nous faire entendre de lui, ce qui ne prouve rien que son malheur. »
Si la tendresse de Dieu ne pardonne rien, c’est pour n’avoir plus rien à pardonner.
L’occasion ne fait point le méchant, elle le manifeste.
Le remède du désordre est la douleur.
« [...] le Christianisme, dans son berceau, était pour les Chrétiens une initiation, et pour les autres un système, une secte philosophique ou théurgique. »
Certains, en lisant Sénèque, ont cru que celui-ci a été chrétien. On est autorisé à croire qu’il a connu l’apôtre Paul.
Pendant les deux premiers siècles, il est très difficile de distinguer entre les chrétiens et les juifs, parce que les premiers suivaient des préceptes de la loi mosaïque.
Les Romains étaient tolérants envers les autres religions.

Dixième entretien
« Plus on examine l'univers, et plus on se sent porté à croire que le mal vient d'une certaine division qu'on ne saurait expliquer, et que le retour au bien dépend d'une force contraire qui nous pousse sans cesse vers une certaine unité tout aussi inconcevable. »
Il existe une malédiction héréditaire, tout comme une bénédiction héréditaire.
« La famille est dans doute composée d'individus qui n'ont rien de commun suivant la raison; mais, suivant l'instinct et la persuasion universelle, toute famille est une. »
« Il est des crimes qui ne sont consommés et caractérisés qu'au bout d'un assez long espace de temps; il en est d'autres qui se composent d'une foule d'actes plus ou moins excusables, pris à part, mais dont la répétition devient à la fin très criminelle. Dans ces sortes de cas, il est évident que la peine ne saurait précéder le complément du crime. »
« Le roi ne peut naître, il ne peut mourir qu'une fois: il dure autant que la royauté. »
Le vice écarte les hommes, comme la vertu les unit.
Il n’y a pas de dogme chrétien qui ne fût appuyé sur quelque tradition universelle et aussi ancienne que l’homme.
Les hommes ont toujours attaché une extrême importance au repas pris en commun: « Point de traités, point d'accords, point de fêtes, point de cérémonies d'aucune espèce, même lugubres, sans repas. »
Nous vivons au milieu d’un système de choses invisibles manifestées visiblement.
Sur la métaphysique: « Dès qu'on sort du domaine de l'expérience matérielle et palpable pour entrer dans celui de la philosophie rationnelle, il faut sortir de la matière et tout expliquer par la métaphysique. J'entends la vraie métaphysique, et non celle qui n'a été cultivée avec tant d'ardeur durant le dernier siècle par des hommes qu'on appelait sérieusement métaphysiciens. plaisants métaphysiciens! qui ont passé leur vie à prouver qu'il n'y a point de métaphysique; brutes illustres en qui le génie était animalisé! »
Plus les sciences se rapportent à l’homme, comme la médecine, moins elles peuvent se passer de religion.
Les mathématiques sont un instrument plutôt qu’une science, puisqu’elles n’ont de valeur qu’en nous conduisant à des connaissances d’autre ordre.
Sur les dangers de la science: « On peut même, je crois, prouver jusqu'à la démonstration qu'il y a dans la science, si elle n'est pas entièrement subordonnée aux dogmes nationaux, quelque chose de caché qui tend à ravaler l'homme, et à le rendre surtout inutile ou mauvais citoyen [...] »
Plus l’intelligence connaît et plus elle peut être coupable.
« Nous partons toujours de l'hypothèse banale que l'homme s'est élevé graduellement de la barbarie à la science et à la civilisation. C'est le rêve favori, c'est l'erreur-mêre, et, comme dit l'école, le protopseudès de notre siècle. Mais si les philosophes de ce malheureux siècle, avec l'horrible perversité que nous leur avons connue, et qui s'obstinent encore malgré les avertissements qu'ils ont reçus, avaient possédé de plus quelques-unes de ces connaissances qui ont dû nécessairement appartenir aux premiers hommes, malheur à l'univers! ils auraient amené sur le genre humain quelque calamité d'un ordre surnaturel. Voyez ce qu'ils ont fait et ce qu'ils nous ont attiré, malgré leur profonde stupidité dans les sciences spirituelles. »
La religion est l’aromate qui empêche la science de se corrompre.
« J'ai souvent observé dans ce monde que ce qui suffit ne suffit pas [...]. »
« Il m'a toujours paru que, dans la haute métaphysique, il y a des règles de fausse position comme il y en avait jadis dans l'arithmétique. C'est ainsi que j'envisage toutes les opinions qui s'éloignent de la révélation expresse, et qu'on emploie pour expliquer d'une manière plus ou moins plausible tel ou tel point de cette même révélation. »
L’homme, qui est fils de la vérité, est si bien fait pour la vérité, qu’il ne peut être trompé que par la vérité corrompue ou mal interprétée.

Onzième entretien
La puissance divinatrice ou prophétique est un appanage inné de l’homme. L’homme est assujeti au temps; mais, par nature, il est étranger au temps.
Jamais il n’y eut dans le monde de grands événements qui n’aient été prédits de quelque manière.
« Les savants européens sont dans ce moment des espèces de conjurés ou d'initiés, ou comme il vous plaira de les appeler, qui ont fait de la science une sorte de monopole, et qui ne veulent pas absolument qu'on sache plus ou autrement qu'eux. »
Sur les « illuminés »: « En premier lieu, je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon: je dis seulement que tous ceux que j'ai connus, en France surtout, l'étaient; leur dogme fondamental est que le Christianisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est qu'une véritable loge bleue faite pour le vulgaire; mais qu'il dépend de l'homme de désir de s'élever de grade en grade jusqu'aux connaissances sublimes, telles que les possédaient les premiers Chrétiens qui étaient de véritables initiés. C'est ce que certains Allemands ont appelé le Christianisme transcendantal. Cette doctrine est un mélange de platonisme, d'origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne. »
La position de Joseph de Maistre est visiblement contre ces « illuminés ». Le motif principal est le fait que ceux-ci refusait l’autorité du sacerdoce chrétien.

Eclaircissement sur les sacrifices
Chapitre premier
L’axiome qui dit que la crainte a fait les dieux est fausse. D’abord, parce que les hommes, en donnant à Dieu des noms qui expriment la grandeur, la justice, le pouvoir et la bonté, montrent que l’idee de divinité ne provient pas de la crainte. Après, parce que la musique, la poésie, la danse étaient appelées à la cérémonie du culte, et que l’idée d’allégresse est mêlée intimement à celle de fête, au point où elles sont presque synonymes.
Le sacrifice est à la base de tout action de culte, sans distinction de lieu, de temps, d’opinion, ou de circonstance.
« L'antiquité ne croyait point qu'il pût y avoir, entre l'esprit et le corps, aucune sorte de lien ni de contact (1); de manière que l'âme, ou le principe sensible, était pour eux une espèce de moyenne proportionnelle, ou de puissance intermédiaire en qui l'esprit reposait, comme elle reposait elle-même dans le corps. »
L’existence de l’âme et de l’esprit dans l’homme est prouvée par le fait que nous pouvons nous commander à nous mêmes (donc, nous sommes deux en un seul corps), que nous pouvons nous dépasser nous mêmes (il y a donc quelque chose de plus fort et quelque chose de plus faible en nous), et que nous pouvons aimer et haïr à la fois quelque chose.
Sur Voltaire: « Il n'y a pas, dans les jardins de l'intelligence, une seule fleur que cette chenille n'ait souillée. »
La doctrine des deux âmes fut condamnée dans les temps anciens, mais nous devons nous poser le problème si le tribunal fut compétent. « Que l'homme soit un être résultant de l'union des deux âmes, c'est-à-dire de deux principes intelligents de même nature, dont l'un est bon et l'autre mauvais, c'est, je crois, l'opinion qui aurait été condamnée, et que je condamne aussi de tout mon coeur. Mais que l'intelligence soit la même chose que le principe sensible, ou que ce principe qu'on appelle aussi le principe vital, et qui est la vie, puisse être quelque chose de matériel, absolument dénué de connaissance et de conscience, c'est ce que je ne croirai jamais, à moins qu'il ne m'arrivât d'être averti que je me trompe par la seule puissance qui ait une autorité légitime sur la croyance humaine. »
L’homme est coupable par son principe sensible, par sa chair, par sa vie. L’anathème tombe sur le sang. Il y a une croyance fort répandue que le principe vital est dans le sang, d’où l’interdiction de le consommer.
L’organisation n’a rien de commun avec la vie, elle est un instrument, une machine qui a besoin d’un principe vital.
Il existe une opinion, du moins aussi ancienne que Pline, conformément à laquelle le sang est un fluide vivant.
Une opinion aussi ancienne que le monde est que le ciel irrité contre la chair et le sang ne pouvait être apaisé que par le sang. On croyait que l’innocent pouvait payer pour le coupable, et qu’une vie moins précieuse pouvait être offerte et acceptée pour une autre.
Il faut remarquer que dans le sacrifice les animaux carnassiers, ou étrangers à l’homme, comme les bêtes fauves, les serpents, les poissons, les oiseaux de proie n’étaient point immolés. Les animaux sacrifiés étaient brûlés, pour attester que la punition du sacrifice était le feu.
« Rien n'est plus frappant dans toute la loi de Moïse que l'affectation constante de contredire les cérémonies païennes, et de séparer le peuple hébreu de tous les autres par des rites particuliers; mais, sur l'article des sacrifices, il abandonne son système général; il se conforme au rite fondamental des nations, et non seulement il s'y conforme, mais il le renforce au risque de donner au caractère national une dureté dont il n'avait nul besoin. Il n'y a pas une des cérémonies prescrites par ce fameux législateur, et surtout il n'y a pas une purification, même physique, qui n'exige de sang. »

Chapitre II. Des sacrifices humains
Etant donné que l’efficacité des sacrifices était proportionnées à l’importance de la victime, cette croyance a dévié dans la superstition des sacrifices humains.
L’homme n’adopte point l’erreur, il peut seulement ignorer la vérité, ou en abuser, c’est-à-dire l’étendre, par une fausse induction, à un cas qui lui est étranger.
Deux sophismes ont égaré les hommes: pour sauver une armée, une ville, un grand souverain, qu’est-ce qu’un homme? Et encore: qu’est-ce que la vie d’un coupable, ou d’un ennemi?
Il faut toujours partir d’une vérité pour enseigner une erreur.
Le paganisme comme altération de la Tradition Primordiale (le concept est guénonien): « On s'en apercevra surtout en méditant sur le Paganisme qui étincelle de vérités, mais toutes altérées et déplacées; de manière que je suis entièrement de l'avis de ce théosophe qui a dit de nos jours que l'idolâtrie était une putréfaction. Qu'on y regarde de près: on y verra que, parmi les opinions les plus folles, les plus indécentes, les plus atroces; parmi les pratiques les plus monstrueuses et qui ont le plus déshonoré le genre humain, il n'en est pas une que nous ne puissions délivrer du mal (depuis qu'il nous a été donné de savoir demander cette grâce), pour montrer ensuite le résidu vrai, qui est divin. »
Si Joseph de Maistre connait tres bien le christianisme, il se trompe au moment où il commence à débiter des réflexions sur l’hinduisme et l’islam, pour lesquels sa compréhension est très limitée.


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02 mars 2006

Anca Manolescu, „Locul călătorului”, (note de lectura)

Articol apărut în Dilema, nr. 348.
Ioana Pârvulescu a publicat o ediţie bilingvă a lucrării lui Angelus Silesius, Cherubinischer Wandersmann (Călătorul heruvimic).
Precursori: benedictinul Bernard de Clairvaux (sec. XII), dominicanul Tauler, augustinianul Ruusbroec şi franciscanul Bonaventura (sec. XIV), Heinrich Herp ori Dionysius Carthusianus (sec. XV), carmelitul Nicolaus a Jesus Maria şi benedictinul Louis de Blois ori iezuitul Maximilianul Sandaeus (sec. XVI).
Nicolaus Cusanus: "Călătorul... care înaintează, adică se mişcă pe o cale nesfîrşită, de e întrebat unde se află, va răspunde «pe cale»; dacă îl întrebi de unde vine, îţi răspunde «de pe cale»; dacă-l întrebi încotro merge, îţi spune «către cale, venind de pe cale». De aceea calea nesfîrşită e numită locul călătorului, şi de aceea ea este Dumnezeu".


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René Guénon, Extractos de cartas con destinatario desconocido

1.- Extracto, con destinatario ignorado, del 15 de noviembre de 1910. En "Rivista di Studi Tradizionali", nº 87, p. 203.

"Por lo que a nosotros respecta, no pretendemos hacer ninguna innovación, puesto que nos remitimos a una tradición que es mucho más antigua que todas las religiones, y no tiene que plegarse a las exigencias de la mentalidad especial de cualquier siglo o de cualquier país".

2.- Idem del 15-10-16. Sobre la Iglesia Gnóstica. En Jean Robin, René Guénon, témoin de la Tradition (en adelante: R), p. 196.

"(...) en mi opinión, lo mejor es dejar la cosa totalmente "en sueños", y, si debiera retomarse un día u otro, haría falta que fuera de forma muy distinta a la de Iglesia, de la cual por mi parte, no veo la razón de ser, pues nunca sobre ese terreno se hará algo serio"

3.- Extracto del 1 de marzo de 1919. En R., p. 192.

"Sin duda habéis sabido de la muerte de Téder y su reemplazo por el ilustre Bricaud; ¡valía la pena combatir a Boullan como lo hizo antaño Papus, para llegar a tener como sucesor al representante directo y auténtico del susodicho Boullan! Era preciso que todo terminara de esta manera ridícula, es incluso de lamentar que "La France Anti-maçonnique" no aparezca ya..."

4.- Extracto del 12-3-25. En "Rivista Studi T." (En adelante: RST), nº 65, p.187.

"En todo caso, mientras la mentalidad occidental permanezca como la actual, ninguna escuela oriental verdaderamente seria podrá pensar en establecer filiales en Europa o aceptar recoger grupos ahí constituidos. Por lo demás, no se encontrarían ciertamente los elementos necesarios para constituir una verdadera organización y los peligros de desviación serían demasiado grandes para que, aunque sólo sea una tentativa, pueda efectuarse con alguna probabilidad de éxito. En cuanto a la eventualidad de dar una ayuda a individualidades aisladas, proporcionándoles el punto de apoyo necesario sin una organización constituida sobre el terreno, la cosa se presenta imposible, si no desde el punto de vista teórico, al menos desde el punto de vista práctico puesto que una acción ejercitada a semejante distancia sería demasiado atenuada para ser realmente eficaz, y probablemente no bastaría para neutralizar las reacciones hostiles del ambiente. Añadiré aún cuanto sigue: los métodos orientales, así como se presentan, no están adaptados al temperamento occidental (puede naturalmente haber excepciones, y el inconveniente puede ser mucho menor para los occidentales que viven en Oriente; pero yo hablo por los que se encuentran en Europa y de modo general); si un día u otro fuera posible hacer en Occidente algo al respecto, será sin duda siempre necesaria una adaptación... "

5.- Extracto del 1-11-27. En "RST", nº 65. Sobre la tarîqah Alawiyyah

"Parece que esta cofradía se esté extendiendo notablemente; he sido informado además que tiene una zawiya en París, en el bulevar saint-Germain, a pocos pasos de aquí, por lo demás, ello hace temer que se convierta en demasiado abierta y pueda así desviarse como muchas otras"

6.- Fragmento del 31-12-27. En "RST", nº 65. Sobre la tariqah Alawiyah.

"Creo haberle ya dicho que los Alawitas tienen un centro en París, destinado además exclusivamente a los Arabes y a los Cabilos; aunque he sido invitado a ponerme en contacto con ellos no he tenido tiempo para eso, aunque estoy aquí cercano; con todo, será oportuno que consiga verlo, puesto que puede ser más interesante que la filial en formación y en la cual serán admitidos también Europeos, como me parece haberos ya dicho; la introducción de los elementos occidentales es muy fácilmente causa de desviación".

7.- Idem del 22-4-32. En R., p. 266.

"Me parece casi seguro que está ahí el verdadero centro de todas las cosas malvadas que sabéis. He podido darme cuenta que se emplea en ciertos ritos la sangre de animales negros; al respecto, ¿no habéis comprobado nunca en vuestro caso manifestaciones que tomen la forma de animales negros?

8.- Idem del 22-5-32. En R., pág. 265 y 266. Sobre Jean Bricaud

"(...) bien que él sea ciertamente mucho menos inteligente que Cr. (Aleister Crowley), lo creo mucho más peligroso en realidad".

(...)

"He tenido hace tiempo también un ataque de oso, en tiempos de las historias de Téder; incluso tuve en el codo una mordedura de la cual guardé la marca durante cierto tiempo".

9.- Extracto del 21-7-1932. En Robin, René Guénon, la dernière chance de l´Occident, (en adelante: D), p. 119

"A propósito de la cabeza de asno, se cuentan aquí (El Cairo) historias sobre un diablo muy temible, nombrado El- Mârid: él toma la forma de una asno que se encuentra errando solo en las calles de noche; si se monta sobre su lomo, se engrandece desmesuradamente, después bruscamente vuelve a su talla ordinaria, si bien el imprudente es proyectado a tierra y se mata; ello parece tener alguna relación con el asno de Typhon"

10.- Extracto del 2-9-32. Sobre el Califato. En R., p. 232.

"Me preguntáis sobre la cuestión de la , si ha cambiado algo desde la publicación de algunas de mis obras. Os responderé muy claramente: sí, ciertas puertas, del lado occidental, se han cerrado de manera definitiva. Por otra parte, yo no me he hecho jamás ilusiones, pero no tenía derecho a parecer desdeñar ciertas posibilidades, era preciso que la situación devenga totalmente clara y lo que yo he hecho ha contribuido a ello por su parte. Quizá habría aún un último resultado (negativo) que obtener para que cada uno sepa a qué atenerse sin equívoco posible (...)."

"(...) En cuanto al Islam político, más vale no hablar de él, pues no es más que un recuerdo histórico, es ciertamente en este dominio político donde las ideas occidentales, con la concepción de las "nacionalidades", han hecho los mayores estragos, y con una singular rapidez. Hasta tal punto que ahora los egipcios no quieren venir en ayuda de los sirios, ni estos de los palestinos y así todo, y hay muchos a los que no se les puede hacer llegar a comprender cuán contrario es ese particularismo a los principios tradicionales". Ello no ha impedido a un sedicente francés, que no es probablemente más que un vulgar jurista, el pretender, en un libro reciente, que el Califato existe siempre de hecho, y, más aún, que tiene su sede aquí mismo, en El-Azhar. Sería para estallar de risa si la realidad, a este respecto, no fuera tan triste en realidad; ¿sabéis que en el Congreso de Jerusalén en el diciembre último, habiéndose planteado la cuestión del restablecimiento del Califato, ha sido imposible llegar a un entendimiento y a una solución cualquiera? ¿Y sabéis también, en lo que concierne más especialmente a El-Azhar, que el rector, hace cerca de un año, ha rechazado el firmar una protesta contra las atrocidades italianas en Tripolitania, con el pretexto de que "era una cuestión política en la que no tenía que intervenir"?

11.- Extracto del 7-9-32. Sobre el Califato. En R, pág. 232 y 184.

"Para lo del artículo sobre el Califato, veo bien de qué se trata: es una mala pasada que Francia quiere jugarle a Inglaterra, la cual querría, también ella, y desde hace mucho tiempo, tener un "Califa" de fachada que no sería en realidad más que un instrumento entre sus manos, y ahora me explico el viaje de cierto personaje marroquí que nos había intrigado un poco hace unos meses... De hecho, apenas valdría más una solución que otra, dado sobre todo lo que ocurre actualmente en Africa del Norte (sin hablar de Siria); jamás los franceses se habían todavía comportado así hasta ahora, ¡sin duda es un efecto de las bellas promesas hechas durante la guerra! Comoquiera que sea, es más bien torpe el confiar el "lanzamiento" de esta idea a gentes tan groseramente ignorantes como el autor del artículo en cuestión. "Potencia sacerdotal", "soberanía pontifical", tantas sandeces como palabras... es además totalmente falso que la presencia de un Califa sea necesaria para mantener la ortodoxia, y no lo es menos que el Califa debe cumplir tales o cuales condiciones definidas; se preferiría en general que fuera de origen árabe pero eso incluso no es necesario, y de hecho, no importa quién puede ser designado. Durante el Congreso de Jerusalén, algunos pensaban en llevar adelante la candidatura de alguien que conozco muy bien, y que no cumple ninguna de las pretendidas condiciones; es solamente un hombre enérgico y muy instruido en las cosas del Islam, y ahí está lo esencial(...). por otra parte, hay tres modos posibles de designación de un Califa, todas tan regulares una como otra y que corresponden propiamente a los tres títulos respectivos de "Califa", de "Imâm" y de "Amîrul-Muminîn"; veis que es bastante complejo y que nadie en Europa conoce nada de ello: En cuanto a Mustafá Kémal, comprendo bien por qué entraría en la combinación, y podéis estar seguro que sus razones nada tienen de "espiritual", pero ¿cómo él y sus partidarios podrían continuar con sus pretensiones, yo no digo "sunnitas" sino simplemente "ortodoxas", cuando se sirven en las mezquitas, de una traducción del Corán, que es de lo que hay más rigurosamente prohibido? Por lo demás, gentes que han hecho del portar una gorra el símbolo de la "civilización" están juzgadas por eso mismo: no quiero decir que haya ahí una cuestión de principio (es menos importante de lo que creen ellos mismos), pero tomo eso como un "signo" que da bastante exactamente la medida de su "

12.- Extracto de 1933. Sobre la "Revue I. S. Secrètes". En R, p. 278.

"No puedo evidentemente esperar que Chacornac comprenda que los artículos de esa gente son el soporte de ataques psíquicos lanzados contra mi, y que mis respuestas desempeñan exactamente el mismo papel. Por ello os ruego que no se cambie en ellas ni una palabra ni una coma... "

13.- Extracto del 24-9-33. En R., p. 233 y en D., p. 122.

"Roma, condenando todo lo que se vincula al esoterismo, pronunciaría en realidad su propia condenación, pues ello sería la ruptura definitiva con el "Centro"; es muy comprensible que se consideren las cosas dos veces, incluso si no se tiene conciencia clara de lo que está en juego. Pero una reanudación de contactos verdaderamente efectiva es muy inverosímil también, ahora más que nunca ( ...) hay que preguntarse si la susodicha ruptura no sería preferible pues volvería al menos la situación más clara y desbrozaría en cierto modo el terreno..."

14.- Fragmento de carta del 28 septiembre 1933. Sobre Masonería operativa. En "RST", nº 54-55, enero-dic. de 1981.

" .... En cuanto a las Logias llamadas "clandestinas" en Inglaterra, son Logias anteriores a la fundación de la Gran Logia y que no han querido unirse a ella, sino que han continuado ignorándola pura y simplemente; deben de existir todavía 4 en actividad".

15.- Extracto del 1-11-1933. En J. P. Laurant, Le sens caché dans l´oeuvre de Guénon (en adelante: L), p. 230.

"Los transmisores son inconscientes, en esta guerra que se me hace, todos los medios son buenos..."

16.- Fragmento del 11 de noviembre de 1933. En "Rivista Studi Tradizionali", nº 88, p. 196.

"Las disensiones y sospechas entre Reyor y Préau me matan literalmente"

17.- Extracto del 1-12-33. En L.

"Chacornac no desconfía lo bastante. Es preciso que me abstenga de volver a Francia como se me incita. Estas maniobras subterráneas corresponden a la detención de los ataques contra mí"

18.- Extracto del 5-12-33. Sobre los Cátaros. En R., p. 195.

"La expresión ed-dîn el-hanîf designa la religión de Abraham; justamente se trataba aquí, hace algún tiempo, del sentido de esta palabra "hanîf" y se consideraban diferentes significados; finalmente, se ha estado de acuerdo para admitir la que yo daba, hanîf=tâher, es decir, "puro". Los hunafâ son pues literalmente los "puros" (como los Cátaros, lo que es bastante curioso); son aquellos de entre los Arabes que habían conservado intacta la religión de Abraham, pues los ha habido siempre hasta el Islam (algunos han podido ser profetas, pero no todos); y Muhammad mismo, antes de su misión era hanîf".

19.- Idem del 6-1-34. Sobre Tubalcaín. En R., p. 256.

(...) a este propósito, no sé ahora dónde he visto, no hace mucho tiempo, que se habían hecho descubrimientos bastante curiosos sobre los herreros que habitaban la península del Sinaí y que serían los Kénitas, que algunos dicen ser Kainitas; en todo caso, todas esas historias de herreros se vinculan siempre de una u otra manera a Tubalcaín".

20.- Extracto del 25-1-34. Sobre el Compagnonnage. En "Rivista S. Tradizionali", nº 51.

"En el fondo, (el Compagnonnage), está aún en peor estado que la Masonería"

21.- Fragmento del 12-2-34. En "Rivista di Studi Tradizionali", nº 49. Sobre Ramanûja.

" (... Râmânuja) Su doctrina es válida para cierto punto de vista relativo y no más allá. Se podría decir que es heterodoxa "negativamente", cuando se inmiscuye en la negación de lo que supera el propio punto de vista; por lo demás, ocurre lo mismo con cualquiera que, siendo sólo competente en cierto ámbito, pretende juzgar lo que va más allá, y podéis hacer la aplicación a los doctores de las religiones exotéricas, cualesquiera que sean, que tengan la pretensión de formular una consideración cualquiera sobre lo que se refiere al esoterismo"

22.- Idem del 22-2-34. "Rivista S. T." Nº, 51. Sobre el Rito de Memphis-Misraim

"Lo que me inquieta también es el proyecto de A. con respecto al "Rito de Memphis y Misraim"; Préau me había ya hablado de ello la semana última, y yo le he dado seguidamente unas explicaciones (...) rogándole transmitírselas, espero que eso bastará para disuadirlo. A. parecía, por lo demás, no saber muy bien de qué se trataba, pues confundía ... la "Co-Masonería"; me preguntaba si era una organización masónica regular, a decir verdad, no lo es del todo ¡incluso irregular! Es preciso evitar absolutamente todo contacto con agrupaciones de este tipo, dirigidas por individuos como Cr. (Aleister Crowley) y Bric. (J. Bricaud); pensáis bien que no hay ninguna ventaja que sacar de ello, sino que aún no puede ser más que peligroso desde muchos puntos de vista"

23.- Fragmento del 10 marzo de 1934. "RST", nº 54-55. Sobre fundación de G. L Inglaterra.

".... Es cierto que los fundadores de la Gran Logia de Inglaterra han desviado su espíritu, pero, con todo, no se les puede considerar simplemente como usurpadores, porque habían sido primero ellos mismos miembros regulares de la antigua Masonería operativa. Esta última, por disminuida que estuviese en la época, no estaba sin embargo extinguida, y además nunca lo ha estado, puesto que existe aún actualmente... Hay incluso grados escoceses que fueron instituidos sobre todo para reaccionar contra la intrusión de la mentalidad protestante."

24.- Extracto del 19-3-34. En D., p. 35

"La tradición islámica admite también la posibilidad de unión entre los djjin y los humanos".



25.- Fragmento del 17-6-34. "Rivista Studi Tradizionali", nº 87, p. 97.

"Todas las veces que me he servido en tal forma de otras firmas, existían para ello razones particulares, y esto no debe ser atribuido a R. G. (en cuanto) semejantes firmas no eran "seudónimos" a la manera literaria, sino que representaban, si así puede decirse, realmente distintas.

26.- Extracto del 27-7-34. Sobre el Martinismo de Papus. En "RST", nº 65, p. 183.

"Yo ignoraba completamente esta nota de los "Anales Iniciáticos"; bien evidente que el Shaij nunca ha sabido quién fuese Bricaud y menos el Martinismo, y que todo ello no es debido más que a la iniciativa de P."

27.- Idem del 17-8-34. En Idem, nº 71. Sobre la H. B. of L.

"Para la cuestión referente a la H. B. of L., debo decir que ha habido ciertamente en ella algo que no había en las numerosas organizaciones de carácter puramente de fantasía; se puede por ello calificar la cosa como 'seria', por lo menos en este sentido; ahora, evidentemente se puede preguntar hasta qué punto eso era 'ortodoxo', lo que es otra cuestión, y, a decir verdad, parece que en ella haya habido como una mezcla de diversas corrientes, y que no haya terminado por prevalecer la mejor"

28.- Idem del 4-9-34. En "Rivista..." nº 81 y "Etudes Traditionnelles", enero-marzo de 1986.

El Cairo, 4 de septiembre de 1934.

Muy Señor Mío:

( ... )

Voy a intentar responder a las cuestiones contenidas en vuestra carta siguiendo el orden indicado.

-I). En el No-Ser, no se puede considerar realmente ni multiplicidad ni incluso unidad; por ello se habla solamente de "no-dualidad". Pero, por otro lado, es bien evidente que todo está ahí en principio, incluso la distinción de los seres; hace falta solamente observar que distinción, aquí, no quiere decir separación, esta última no siendo sino la plasmación de las condiciones limitativas inherentes a los estados contingentes.

-II). Bien entendido que el No-Ser no es afectado por el Ser, ni con mayor razón por la manifestación de la cual es él el principio. Pero la ausencia de toda manifestación no puede incluso suponerse, puesto que vendría a suprimir las posibilidades de manifestación, es decir, las pondría fuera de la Posibilidad universal, luego limitaría a ésta. Análogamente, no se puede excluir un solo punto del espacio, bien que la extensión del espacio sea nula.

El error no es más que la consecuencia de la ignorancia, y, por consiguiente, es forzosamente negativo como ésta; ella no puede nunca ser positiva en realidad, pues nada puede oponerse a la Verdad, siendo ésta infinita e idéntica a Brahma ("Satyam Jnânam Anantam Brahma"). Más generalmente, todos los atributos de los seres manifestados que resultan solamente de sus limitaciones (debidas a las condiciones especiales que definen sus estados contingentes) son realmente negativos, incluso si toman "para nosotros" la apariencia de cualidades positivas. Rectificando así las cosas, no veo por qué hay ahí la menor dificultad, pero yo creo que hablando de "contra-verdad", habéis confundido las verdades parciales y contingentes, a las cuales, en efecto, puede oponerse un error, con la Verdad total que es la única a considerar aquí.

III--a). Os preguntáis cómo se sabe que existen de hecho hombres que poseen el estado de "jîvan-mukta" (y yo diría incluso que existen siempre); se podría responder que se sabe por la tradición, pero esto, naturalmente exigiría otros desarrollos... Sin embargo, se puede decir también que si no existieran, el lazo "consciente" de la humanidad terrestre con el Principio se encontraría roto, y que entonces esta humanidad misma, cesaría de existir.

--b). Siendo los estados del ser en multitud indefinida, toda clasificación que se da de ellos no puede ser forzosamente más que esquemática; lo que ella indica, son siempre "conjuntos", si así puede decirse, o aún de las etapas principales si uno se coloca en el punto de vista de la "realización".

--c). Hay efectivamente estados donde el ser toma la apariencia de aquel que está sumergido en el sueño profundo; pero el término de "éxtasis", que concierne a los estados místicos, no conviene aquí, pues significa "salida de sí-mismo", y, si se trata verdaderamente de realización metafísica en un grado cualquiera, el ser está, por el contrario, "concentrado en sí-mismo".

IV). Las razones por las cuales los seres que han llegado a ciertos estados pueden ejercer "accidentalmente" unos "poderes" más o menos extraordinarios, proceden de lo que se llama a veces el "gobierno oculto del mundo", sería pues bien difícil explicarse al respecto con alguna precisión.

V). Siendo los animales, como nosotros mismos, seres en un determinado estado de manifestación, es natural que tengan como nosotros su "evolución póstuma", pero su "vía" es distinta que la de los seres que pasan por el estado corporal en tanto que individuos humanos, sería, pues, carente de todo interés para nosotros el buscar conocerlos con detalle.

VI). El espacio y el tiempo no son más que condiciones especiales del estado corporal; pero ¿qué relación necesaria puede haber entre ellos y la causalidad? Esta asociación me parece completamente ininteligible... La necesidad de la causalidad, además, "imponiéndose" a la razón humana (a pesar de todas las discusiones artificiales de los filósofos), no podría ser establecida por ella, sino que procede de lo que le es superior, es decir, de la intuición intelectual; ¿y qué se podría preguntar más, puesto que la intuición intelectual es el conocimiento inmediato e infalible?

VII). No, ciertamente, no tengo nada de un "convertido", desde ningún punto de vista, y no concibo incluso que esas cosas puedan haber tenido un "comienzo" para mí; es además por lo que mi "ejemplo", si así puede decirse, no podría ser de ninguna utilidad para quienquiera que sea...

La "escisión" que se ha hecho entre Oriente y Occidente no puede explicarse sino como consecuencia de las "leyes cíclicas", es decir, que está cuestión nos llevaría muy lejos. He hecho ya alusión a ello en "La Crise du Monde moderne", quizá volveré al respecto más explícitamente en otra obra que sería en cierto modo su continuación, y que me propongo escribir cuando me sea posible encontrar tiempo para ello.

(...)

29.- Extracto a M. F. 4-9-34. En L., p. 224

"No puedo daros ningún consejo de realización práctica, es precisa una transmisión regular..."

30.- Carta del 19-11-34. En "Etudes Traditionnelles", enero-marzo de 1986.


El Cairo, 19 de noviembre de 1934

Muy Señor Mío,

( ... )

Lo que decís a propósito del "Vêdânta" es justo, pero yo creo que desgraciadamente la mayor parte de los Occidentales, en nuestros días, han devenido incapaces de reflexionar... No se puede hablar de "adquirir" la buddhi", puesto que ella está en todos los seres; se trata solamente de tomar consciencia de lo que es, pero, bien entendido, que todos los individuos humanos no están "cualificados" para ello.



I). No entra en mi función el indicar medios "prácticos" de realización, ello sería además de todo punto inútil, no solamente a causa de la incomprehensión occidental, sino porque, sin transmisión iniciática regular, esos medios son inoperantes, lo que puede ser aprendido por libros no sirve pues absolutamente para nada.

II). Se me había ya señalado que G.... en su nueva obra, había omitido el citarme, y yo no he quedado sorprendido, ha debido recibir al respecto observaciones del grupo de Maritain, que habrán provocado esta supresión... Bien entendido que sus interpretaciones son tendenciosas y que hay que guardarse de aceptarlas tal cual y sin examen. Lo que es exacto en lo que concierne a Râmânuja, es que hay en él un predominio de la vía de "bhakti"; pero no se puede decir en ningún caso que esta vía lleve al mismo fin que la de "Jnâna" o del Conocimiento: "Ishwara" no es el Supremo Brahma, sino solamente el No-Supremo.

III). Si el hombre no fuera susceptible de la identidad suprema, no sería ya el hombre; no es cierta forma corporal la que le hace ser tal; no podría pues ser cuestión de humanidad. La existencia material no es además algo que pueda ser concebido como teniendo una realidad propia y separada: la manifestación, si no estuviera ligada al Principio, no existiría de ninguna manera.

IV). La humanidad ocupa el centro de un determinado estado de manifestación; pero éste no es más que un estado entre otros, los cuales son en multitud indefinida, tanto del lado de los estados inferiores como del de los estados superiores(inferiores y superiores con relación a aquel que consideramos así más especialmente porque es el nuestro),

V). R... era ciertamente bastante "erudito" por haber podido pensar en el "Abismo" de los gnósticos derivando de ellos la frase que citáis, pero el hecho de haberles plagiado este término no prueba que haya habido por su parte una comprehensión real, de lo cual parece haber sido totalmente incapaz.

VI). Si yo no hablo de la doctrina de los antiguos Egipcios, es porque no tengo la pretensión de conocerla, y pienso incluso que incluso actualmente nadie puede saber lo que era en realidad. La tradición que está viva ahora en Egipto es la tradición islámica y ninguna otra. La antigua tradición egipcia es cosa muerta desde hace muchos siglos, y nadie aquí se ocupa de ella (los egiptólogos son todos occidentales). Observad que el caso es casi el mismo para el Druidismo en Francia; y aun los Franceses actuales son en parte de ascendencia céltica, mientras que se ignora totalmente lo que han podido devenir los descendientes de los antiguos Egipcios.

--2). He oído decir que Hegel habría tomado algunos préstamos de las doctrinas hindúes, pero sin duda a la manera de Schlegel, Schopenhauer y otros, es decir, desnaturalizarlas para reconducirlas a su propia manera de ver. De todos los filósofos alemanes, sólo Leibnitz ha tenido algunos conocimientos reales, y aún ello no iba muy lejos. Por lo demás, en el fundo, todo lo que es "filosofía" no es más que una especie de juego al cual sería equivocado el vincular una importancia real; puede ocurrir que lo que diga el filósofo sea verdadero o falso, pero, en todo caso, no son más que construcciones en el aire...

--3). No conozco nada de W. Ok..., si no es su nombre; en todo caso, lo que es muy cierto, es que la teoría del Cero metafísico no tiene "creador" puesto que es tradicional, y es sobre todo en el Taoísmo donde se desarrolla con más claridad.

VII). La indiferencia de los Hindúes con respecto a los Occidentales se explica simplemente por la ausencia de todo deseo de "propaganda"; en cuanto a mí, por la misma razón, me limito a exponer ciertas cosas sin intención de convencer a quienquiera que sea, y únicamente para los que pueden comprenderlo...si es que los hay; en todo caso, desde el momento que se hace tal cosa (poco importa por quién), es inútil que otros la rehagan. -Pero ¿porqué calificarse de "europeo"? Os aseguro que ¡nunca me he sentido tal en ningún aspecto!



VIII). Otros además de Vd. me habían ya hecho la misma observación con respecto al "Symbolisme de la Croix"; evidentemente, siempre es posible añadir algunas figuras, no me había parecido sin embargo que fuera necesario, pues pensaba que cada uno podía fácilmente trazarlas si sentía la necesidad, en fin, ya se verá en caso de reedición...

(...)

31.- Extracto a C. en 1935. En L.

"No he hecho nunca la menor promesa...salvo, si se quiere, la de escribir todo lo que pudiera para los que son capaces de aprovecharse de ello... no quiero influir sobre vuestras decisiones..."

32.- Extracto del 5-5-35. En "Etudes Traditionnelles" enero-marzo de 1986.

El Cairo, 5 de mayo de 1935.

Muy Señor mío:
(... )

Sobre vuestra observación respecto al "mundo etérico", es Steiner mismo quien ha colocado su organización "antroposófica" bajo el patronazgo de Goethe, puesto que ha dado el nombre de "Goetheanum" a su instituto de Dornach, en el fondo, yo creo que la única razón que puede encontrarse para ello es que Goethe ha pasado siempre, con razón o sin ella, por haber pertenecido a algún grupo más o menos "rosacruciano" (Cf. Comptes Rendus, pp. 220-221, N. de la R.). Yo había oído hacer frecuentes elogios del segundo Fausto: pero debo decir que, cuando he tenido ocasión de leerlo (en traducción, es cierto, puesto que no sé alemán) he quedado muy decepcionado; no sé si es porque aparece una forma de expresión a la que no estoy habituado, pero no veo ahí sino un simbolismo muy vago y nebuloso, que yo compararía de buena gana al de Peer Gynt de Ibsen. No creo que se pudiese encontrar ahí una derivación gnóstica; a decir verdad, la leyenda de Fausto tiene un origen iniciático, pero la cuestión sería el saber hasta qué punto Goethe ha conservado su carácter primitivo ... (Cf. Etudes sur la Franc-Maçonnerie, tomo I, pp. 146-147 y Symboles de la Science Sacrée, p. 385, N. de la R.)

I). Es bien difícil hablar de la "contra-iniciación" más claramente de como lo he hecho en algunos de mis artículos; responde a un designio propiamente "satánico", es decir, que ella tiende a desarrollar al ser en un sentido al contrario de la espiritualidad; en cuanto a su acción general en el mundo, pretende ir a la contra de la realización del plan divino, lo que, por lo demás, es forzosamente ilusorio, pues nada puede oponerse a ello realmente, e incluso, todo contribuye a realizarlo, de mejor o peor grado.

II). Vuestra presentación sistemática para los tres "gunas" me parece muy ac